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Vol à l'arraché [PV. Caoimhe O'Kelly] 20/04

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Dim 7 Mai - 13:24
VOL À L'ARRACHÉ


OST | Chet Baker - Almost Blue :
 

Un séjour sous la pluie pour laver mon âme. Le ciel pleure, compense ma tentative ratée de salut. La quelconque entité suprême, là-haut, m'observe et sourit ; je lui rends un rictus jaune, fade – une coquille vide où mes fantômes se prélassent.

Pas de parapluie. Pas de col relevé. Je ferme les yeux et attends, seul sur les quais, les mains dans les poches, une cigarette détrempée entre mes lèvres. Je me lacère la conscience à la manière d'un extrême religieux. Qu'importe le temps que j'y réfléchis : je suis incapable de poser le doigt sur mon problème. Sinon de m'être rendu compte de la légitimité de mon plan. Ce mur utopique. Et je m'y suis fracassé les dents.

Mon portable vibre. Je reprends mes esprits, promène mon regard aux alentours. Un couple de passants me dévisage au loin, la femme s’agrippant au bras de son amant.

Une deuxième vibration. Puis une troisième. Je fronce les sourcils, avance vers le minuscule préau d'un toit en tuiles. Un quatrième message me convainc de l'urgence de la situation. Mes employeurs ? Pike, peut-être ? Je sais déjà quoi leur dire. Je sais déjà comment jouer le jeu, encore une fois. Une dernière fois, j'espère.

Je suis las.

« Hey. »

Hey ? Je zieute le numéro. Ça me rappelle quelque chose. Je divague sur mon journal d'appel et découvre son destinataire : Caoimhe O'Kelly, a.k.a. le marteau de fonte sur l'enclume en verre de ma conscience, ce soir. Je m'efface un début de sourire niais.

« Ton Pokémon est venu me présenter des excuses, et m’expliquer ta situation. Je m’en voudrais de devoir couper les ponts avec un Ectoplasma aussi poli, or, le seul de vous deux qui a un téléphone, c’est toi.

Et je lui dois une fournée de Poffins.

Donc c’est quoi le plan ? Tu continues à bouder et j’adopte ton Pokémon ? Ou ton continue ton plan mi-drague mi-sauvetage foireux ?
»

J'avais une réponse à donner à Pike – des excuses bidons sur mon envie charnelle du moment, dans un plan alambiqué qui fera rire le groupe pour des mois et des mois. J'avais une réponse à donner à mes employeurs – cacher mon action contre-productive derrière une vendetta entre mafieux. Mais, une réponse à lui donner ?

Aucune.

Je relis ses messages deux, trois, quatre fois. Le ton y est plus doux à chaque relecture. Jusqu'à y percevoir un semblant de pardon. De cordialité. Même d'amitié.

Qu'est-ce que tu as bien pu lui dire, Ectoplasma ?

Les mots ne me viennent pas aux doigts. Je corrige trois fois mon premier mot avant d'en être content. Change la ponctuation finale d'un point à trois points, puis à deux. Puis garde mon index sur la touche supprimer jusqu'au retour de la page blanche.

Je l'appelle.

Ça sonne.

Et puis...

J'aurais bien besoin d'un Poffin.

Je déglutis.

Maintenant que tu es au courant, je peux t'en parler. On devrait se voir. Derrière une vitre double épaisseur, si tu veux. Mais tu mérites de connaître tous les détails de cette... croisade. Ectoplasma a vu quelque chose en toi. Je suis d'accord avec lui.

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Dim 7 Mai - 15:56
Voilà, content ? demanda Caoimhe à Toto en lui montrant ses multiples textos pleins de bonne foi. Elle avait lancé sa bouée, maintenant Troy n’avait plus qu’à s’y noyer. Elle regarda l’Ectoplasma droit dans les yeux, se lançant presque dans un défi de têtes de pioches à se fixer l’un et l’autre. Lui, blasé et narquois, elle, boudeuse et pleine de défi. Elle lui tira la langue, puérile, puisqu’il se décidait à jouer les adultes. Mais la réponse de Troy se faisait attendre. Elle finit par jeter un œil à son téléphone. Peut-être ne répondrait-il peut-être même pas.

Je te préviens, s’il ne répond pas, t’es à moi, plaisanta-t-elle, l’air le plus sérieux du monde, à l’adresse d’Ectoplasma. Mais heureusement – ou malheureusement – pour le Pokémon, l’écran affichait les trois petits points qui montraient que Troy réfléchissait à sa réponse. La tapait, la retapait, l’effaçait, la reprenait. Elle songea avec un certain soulagement que lui n’aurait probablement pas vu qu’elle avait choisi ses mots avec la même attention. Bien qu’elle regardât l’écran, le voir afficher soudain l’image signalant qu’elle avait un appel la surpris quand même. Elle décrocha dans la panique – de réveiller quelqu’un entendons-nous – et approcha le téléphone de son oreille, sachant déjà qui serait son interlocuteur.

J'aurais bien besoin d'un Poffin.
Ils gardèrent le silence tous les deux, ne sachant pas trop quoi se dire après leur dispute de plus tôt. Et cet Ectoplama qui continuait de la fixer avec des yeux de Barpau. Autant avoir ses parents en double-ligne en train d’espionner son appel.
Maintenant que tu es au courant, je peux t'en parler. On devrait se voir. Derrière une vitre double épaisseur, si tu veux. Mais tu mérites de connaître tous les détails de cette... croisade. Ectoplasma a vu quelque chose en toi. Je suis d'accord avec lui.

Elle garda le silence à son tour, soufflant par le nez, fixant l’Ectoplasma, puis répondit enfin.

Je te retrouve où ?

Elle songea à lui demander de venir la chercher, mais elle ne voulait pas admettre que sa victoire de plus tôt faisait qu’elle était perdue dans … ici. Où le réseau était étrangement efficace.
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Dim 7 Mai - 23:23
VOL À L'ARRACHÉ


OST | Chet Baker - Almost Blue :
 

Quatre mots brisant le silence. Quatre briques élémentaires d'une langue aux combinaisons infinies, et sens multiples pour chacune d'entre elles. Mais je ne peux retenir qu'une seule chose de ces quatre mots : Caoimhe a fait un pas vers moi après le mien. Simple curiosité ou intérêt supérieur, je ne peux encore trancher.

Je connais une adresse encore ouverte à cette heure, dis-je au travers du combiné. Je t'y attends dans... (Je relève la manche de ma veste et fixe les aiguilles de ma montre.) Une vingtaine de minutes. À trente. C'est un bar sur l'avenue Gallame – le Guinness. Tu ne pourras pas le rater. Les néons t’attireront l’œil à coup sûr.

Je rejoins l'artère principal des quais et hèle un taxi passant par-là. Le conducteur se range sur le bas-côté, abaisse sa vitre, me salue de son béret. Dans ses yeux miroitent un pêle-mêle d'émotions, entre incompréhension et jugement gratuit. Je pose mon derrière détrempé sur sa banquette. Il grimace. Je le comprends.

Je reprends le téléphone, écarte mes lèvres, hésite en ma phrase d'accroche, patauge dans le silence... puis décide d'attraper la première perche qui me passe à l'esprit.

On se dit à tout à l'heure, donc ?

* * *

OST | The Dubliners - Whiskey in the Jar :
 

Je lève ma chope devant un drapeau tricolore. Mes compagnons m'accueillent tous en chœur, portés par l'alcool et les instruments joués en direct sur la scène. Une flute, une guitare, un violon, une voix atypique ; rien de mieux pour égayer un bar, une salle de concert, un couple, un cœur.

Tiens, l'ami !

Le patron me tend une serviette verte ornée d'un trèfle à quatre feuilles blanc, aux couleurs du Guinness. J'essuie ma tignasse, grand sourire aux lèvres.

Dépêche-toi d'finir ta chope, ça t'réchauffera !
Haha, tu ne vas pas me le dire deux fois ! (Je plonge mon nez dans mon verre, avale trois immenses gorgées et l'éclate sur le comptoir.) Bon sang que ce bar m'avait manqué. Vous avez refait la décoration ? Et ce groupe... ce groupe ! Il est parfait.
Bah alors l'ami, qu'est-ce que t'as ce soir ? T'es surexcité !
Oh, si tu savais.

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Lun 8 Mai - 19:37
Elle raccrocha sous le regard insistant de l’Ectoplasma. Une vingtaine de minute, ça lui semblait serré.
Le Guinness sur Gallame Avenue ça te dit quelque chose ?

Elle se leva, plus courbatue que jamais et s’extirpa de la planque avec toute la discrétion nécessaire pour ne réveiller personne. Un fantôme, je suis là, je suis plus là. Une fois dehors, elle regarda sur son téléphone où elle se trouvait et se dirigea vers le métro le plus proche. La pluie ne la dérangeait pas le moins du monde, son épaisse chevelure la protégeant ; ça faisait même du bien après une soirée comme ça. Ça refroidissait les esprits et permettait de mieux réfléchir. L’Ectoplasma s’était glissé dans son ombre, la laissant libre de ses mouvements.

A une heure pareille, resquiller devenait un jeu d’enfant. Plus personne ne payait en fait. Les transports en commun devenaient le territoire d’infirmiers en fin de garde et de jeunes bondissant comme elle par-dessus les sécurités, dérapant dans une rame pour économiser et surtout pour l’adrénaline. La même qui différenciait enfant les premiers de la classe et les voleurs de bonbons. Elle se laissa tomber sur un strapontin sans prêter grande attention à deux frères qui riaient à s’en défoncer l’estomac à côté d’elle. D’expérience, elle pouvait dire qu’ils avaient goûté du Mystherbe. Elle regarda son téléphone. Juliette ne lui avait toujours pas répondu. Elle regarda où se trouvait le centre Pokémon le plus proche du Guiness, ce qui lui valut un peu de retard. A peine un quart d’heure. Autant dire le retard de politesse.

La musique l’attaqua dès qu’elle poussa la porte du Guinness, un bon vieux pub comme son père les adoraient. Une bonne voix râpeuse, des discussions fusant de partout. Elle était trempée comme une soupe, elle était fatiguée, mais le pub avait une certaine ambiance familiale, chaleureuse, qui lui faisait du bien. Ectoplasma sauta d’ombre en ombre jusqu’à son Maître, comme pour le prévenir de leur arrivée. Elle s’installa à côté de lui.

Je les aie emmenés dans un Centre pour les soigner, se justifia-t-elle, ne sachant pas trop par où commencer. Elle se décida donc à attaquer de front. Qu’on soit bien clair. Tu m’as dit tout à l’heure que tu ne me devais rien. Faux. Tu me dois deux choses : une bouteille de whisky, et de l’honnêteté, si tu veux qu’on bosse ensemble. Va falloir qu’on bosse cartes sur table, tous les deux. Alors voilà, j’étale mes cartes.

Elle ressortit son téléphone, ouvrit la messagerie à l’onglet « Juju » et montra son texto de plus tôt, auquel l’informaticienne n’avait toujours pas répondu.

« Hey Jul craké 1 server 2 stock ilégal pr fuck 1 Team sa te di ? »

Juju est une vieille amie, ainsi qu’une informaticienne de génie de Kanto. Si vos serveurs ont des failles, elle les trouvera.
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Mar 9 Mai - 3:33
VOL À L'ARRACHÉ


OST | Drunken Sailer - Irish Rovers :
 

Ectoplasma me saute dessus, virevolte autour de moi, désigne la femme venant de passer le seuil du Guinness. Caoimhe ! Je lève ma chope en l'air, écumes aux lèvres, les yeux papillonnants d'ébriété, les joues rouges à en crever de chaleur.

Caoimhe ! On ne t'attendait plus !

On ? Aaah, et puis je m'en fiche. Ce n'est pas un soir à jouer sur les mots, non ! Ce soir, je me vide l'esprit. Ce soir, je prends mon pied. Ce soir, je retrouve le Troy du passé ! Et bordel qu'il était impatient de refaire surface. Avec un hôte aussi caustique, c'est un coup à perdre la tête. « Guinness – sas de décompression depuis '83 ».

J'accoure vers ma nymphe et manque de l'enlacer. Tout doux, garçon. L'éthanol tient fermement mes brides, mais la fatigue ne m'a pas encore greffé d’œillères.

Je la regarde avec de grands yeux, son joli minois dévorant mon attention. Rien de mieux que la lumière artificielle d'un pub où l'alcool coule à flots pour admirer le chef-d’œuvre de Mère Nature. Et j'ai devant moi un spécimen ayant fugué des musées les plus prestigieux pour me faire l'honneur d'un bavardage à la bonne franquette.

Elle me montre l'écran de son téléphone. Je plisse les yeux, me rapproche, me concentre cinq secondes pour replonger dans ce professionnalisme hyper-sérieux qui semble me caractériser. Arrête de sourire, Troy. Il y a un temps pour tout. Un temps pour rire, un temps pour travailler ; un temps pour réfléchir, un temps pour embrasser.

Tic, tac, tic, tac, tic, tac...

Ton amie tombe bien, dis-je d'un clin d’œil. J'ai un plan en tête, et je ne dis pas non à dix doigts supplémentaires. Eh, patron ! Deux whisky on the rocks. (Il saisit une bouteille aléatoire derrière lui.) Du scotch, pardi !
Haha, je savais que tu allais réagir. Tu ne conduis pas ce soir, j'espère ?
Jamais quand je viens ici. Je te le promets sur l'honneur ! Pas vrai Caoimhe ?
Bah, tu sais ce que tu fais d'un sens. Tenez, dit-il en rebouchant sa bouteille à pleine main. Garde-le à l’œil, tu veux ? Le bougre ne sait s'attirer que des ennuis.

Le patron rebrousse chemin, un clin d’œil complice dans son sillage.

Doooonc, le fameux plan.

Je me rapproche de Caoimhe, colle mon coude au sien, promène mon regard sur sa chevelure trempée. Son parfum tranche ma corde sensible.

J'ai prévu de contaminer le réseau entier. Il me faut un programme dormant assez sophistiqué pour que nos crapules en chef le transmettent de planque en planque sans remarquer ne serait-ce que l'ombre de son orteil. Et puis, enfin, quand le temps sera venu... (Je claque des doigts, souris à m'en déchirer la peau.) On sabote tout et arrache le mal à la racine. Ton amie pourrait accoucher du malware ?

J'écarte les bras, m'étire, empoigne mon scotch et y trempe mes lèvres. Divin. Inutile de le complimenter sur sa robe, son goût fruité, son parfum ambré ou une quelconque autre connerie aux allures de branlette intellectuelle : il fait l'affaire en tout point.

Je bosse dans la police internationale.

L'aveu pulvérise le comptoir. Vlan ! Attention, la vérité éclabousse.

Tu voulais de l'honnêteté, en voilà. J'ai été envoyé sur l'archipel avec mon frangin pour enquêter sur la disparition du Maître de la Ligue. Une longue histoire. Le fait est que la Team Anima a sorti le bout de son nez peu après le retour du gosse. Un timing à toute épreuve. Je ne vais pas te mentir, ça m'a rappelé un moment assez... tempétueux de mon adolescence. Confer mon recrutement dans la Team Rocket pour les détruire de l'intérieur. Oui, tu m'as bien entendu. Je collectionne les mafias, les bassesses, et les sacrifices de mon estime de soi pour servir le plus grand bien.

J'avale une gorgée de scotch, serre les dents, déglutis mon nectar divin.

J'aurais peut-être dû me concentrer sur les timbres.

Je ris à cœur joie. Faire tomber le masque n'a jamais été aussi jouissif. Surtout en si bonne compagnie. Surtout ici. Pouvais-je rêver de mieux pour terminer la soirée ?

Bon sang que j'en avais besoin.

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Mar 9 Mai - 20:52

Il avait visiblement noyé son retard dans l’alcool. Elle lui avait néanmoins expliqué son plan, par fatigue surement. Et par souvenir du vieux dicton « La vérité se trouve au fond de la bouteille ». Il était difficile de mentir, enfin, de bien mentir après quelques verres de trop. S’il y avait un moment où il serait peut-être enfin franc avec elle, c’était maintenant. Mais s’il roulait sous le comptoir, ce ne serait pas utile non plus. Elle fit donc un petit geste discret au patron, lui conseillant de remplacer le whiskey on the rocks par un water on the rocks. Malheureusement, Troy remarqua vite la combine, et se rebiffa comme un véritable irlandais, réclamant son scotch. Elle compléta sa commande d’une bière nourrissante, comptant bien mettre le tout sur l’ardoise du détective.

Garde-le à l’œil, tu veux ? Le bougre ne sait s'attirer que des ennuis.

Elle lui adressa un clin d’œil compris avec un sourire en coin. Le gars disait à une fille qui avait la mâchoire gonflée d’un bel hématome rouge et la lèvre coupée de s’occuper d’un autre, qui l’avait conduit dans les embrouilles. Elle avait compris qu’il s’attirait pas mal d’ennui. Elle se passa nerveusement la langue sur sa coupure. Troy se laissa tomber à moitié sur elle, lui arrachant un rictus taquin alors qu’il déballait leur plan infaillible.

J'ai prévu de contaminer le réseau entier. Il me faut un programme dormant assez sophistiqué pour que nos crapules en chef le transmettent de planque en planque sans remarquer ne serait-ce que l'ombre de son orteil. Et puis, enfin, quand le temps sera venu...
Il s’éclaira brusquement, elle souleva un sourcil, les lèvres au bord de sa bière, son estomac grognant de devoir attendre.
On sabote tout et arrache le mal à la racine. Ton amie pourrait accoucher du malware ?
Quand elle aura fini sa série, surement.

Elle jeta un coup d’œil réprobateur au téléphone. Peut-être que les regards courroucés étaient aussi transmis par texto et la dérangeraient alors qu’elle devait suivre les dernières aventures du Trône d’Exagide. En attendant sa réponse, elle but quelques gorgées, sans se soucier que son cocktail personnel deviendrait bientôt un véritable Sevi’s bite. Pour le moment, elle avait faim, et la bière ferait office de complément alimentaire.

Je bosse dans la police internationale, explosa soudain Troy, frappant son verre sur la table pour accompagner son coming-out professionnel. Tu voulais de l'honnêteté, en voilà.
Je juge pas, laconique. Quoique. Son casier judiciaire était aussi vierge qu’elle. Est-ce qu’il pouvait lui reprocher un crime, enfin, à peine une infraction commise à Johto ? C’était pour une amie. A peine une connaissance. Elle noya le poisson dans la bière, qui lui faisait le plus grand bien. Bien grasse, bien mousseuse, bien brune…

J'ai été envoyé sur l'archipel avec mon frangin pour enquêter sur la disparition du Maître de la Ligue. Une longue histoire. Le fait est que la Team Anima a sorti le bout de son nez peu après le retour du gosse. Un timing à toute épreuve. Je ne vais pas te mentir, ça m'a rappelé un moment assez... tempétueux de mon adolescence. Confer mon recrutement dans la Team Rocket pour les détruire de l'intérieur. Oui, tu m'as bien entendu. Je collectionne les mafias, les bassesses, et les sacrifices de mon estime de soi pour servir le plus grand bien.

Il recommençait avec son histoire de héros oublié de l’histoire. Peut-être disait-il vraiment la vérité. Le groupe continuait de jouer, de chanter. Elle avait mal. Mal aux côtes, mal dans la mâchoire, mal au dos, mal dans les cuisses, dans les os. Mais elle avait toujours envie de danser, un peu. Danser pour oublier, danser pour se montrer, danser parce que la vie avait toujours été sa drogue mais que ça ne suffisait plus, il lui fallait une drogue plus dure maintenant qu’elle n’était plus coupée de Jujube et de soirées autour d’un feu mais de nuits blanches et de sang.

J'aurais peut-être dû me concentrer sur les timbres.
Elle se força à le rejoindre son rire et avala de longues lampées de bières, finissant son verre.
Ou en guide touristique ! L’Or Noir, les docks, le Guiness… que des bonnes adresses ! Like, je sais déjà où prendre mon petit déjeune, mon déjeuner et mon dîner maintenant !

La bière enfin finie, elle mâchonna dans le vide, appréciant ses dernières saveurs de houblon. Sa lèvre avait tenue. Place au dessert. Elle s’approcha avec délicatesse du whisky. L’alcool, c’est comme un Galopa, on s’en approche avec douceur et respect, on ne lui saute pas dessus comme un Cow-Boy ; c’était ce que lui avait appris son père après lui avoir laissé faire ses premières expériences chaotiques. Elle tira néanmoins une petite grimace, fronçant le nez comme un Chacripan goûtant un nouveau met. Le whisky était pas mal. Sobre, gentil, lui chauffant l’œsophage, lui mordant les lèvres, lui rosissant les joues. Un petit rire vint tout seul, un sourire en coin alors qu’elle s’offrait une pause, reposant son verre sur le comptoir un instant.
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Mar 9 Mai - 22:21
VOL À L'ARRACHÉ


OST | Flogging Molly - Devils Dance Floor  :
 

La petite fait mouche ! Dire qu'on était à deux doigts de s'étriper il y a moins d'une heure. Il suffit de lâcher un peu de lest pour que l'appel d'air comble le vide d'un doux zéphyr. Bordel, je ne sais plus ce que je raconte. Vent, air, zéphyr... tempête ? Non, pas ce soir. Je lève mon verre à la santé de Caoimhe et vide mon nectar d'une traite.

C'était un plaisir, milady. Tu verras que je suis un homme d'un infini savoir.

Je m'affale sur le comptoir, dévoile deux rangées de dents blanches au possible – foutu dentiste privé qui m'escroque à chaque rendez-vous. Je soupire, profite de la musique, profite de l'ambiance, profite de ma joie, profite de sa présence.

Je devais t'emmener ici. Le Guinness est comme un sanctuaire pour moi. Je vais m'y ressourcer quand ça va mal. Un réveil du mauvais pied, un pas dans une merde de chien, un oiseau qui te cible après l'espresso du matin... Il y a des journées où je me dis : « bon, Troy, serre les dents, acquiesce et souris, plus vite ça sera fait plus vite tu seras couché, et demain sera un bieeeen meilleur jour ». Ça devient pervers quand ta journée de merde dure huit mois, mais ce n'est qu'un détail.

Je me penche vers Caoimhe, le ton intimiste. Une machine bien huilée à qui on a injecté une once d'honnêteté et d'envie sincère. Je lui tends une perche explicite.

Je me souviens de ma mère qui nous racontait tout petits à mon petit frère John et moi qu'elle avait rencontré notre paternel dans un endroit de ce genre. Une bonne ambiance, de l'alcool qui coule à flots, des groupes de musique qui te dégoûtent définitivement des artistes qui passent à la radio... (Je lève les yeux au plafond.) Dommage qu'on l'ait jamais connu. On se serait tellement bien entendus. Mais bon, c'est ce qui peut arriver quand on choisit de défendre son pays. S'il m'aurait vu, à truander des quidams au nom du sacro-saint profit, lui, un foutu militaire... Hahahaha !

La nostalgie m'ébranle l'âme, le cœur, le sourire. Je m'empêche de sombrer dans la fosse contre-productive de mes problèmes œdipiens et me reprends aussitôt.

Bon dieu que je regrette de ne l'avoir jamais connu. Patron, une Casteel !

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Mer 10 Mai - 0:35

Elle l’écouta se confier, la joue sur le poing, un coude sur le bar, les ongles autour de son verre à demi plein. Lui s’était étalé sur le bar avec un sourire béat même avec le récit qu’il donnait. Il continuait de parler, bavard, mais ses paroles étaient moins dramatiques, plus vraies, plus franches. Il lui offrait un peu de sa vie à voir, sans chichi. L’alcool les rendaient enfin honnêtes envers l’un et l’autre. Elle saisit l’ombre d’Ectoplasma et lui offrit un bref clin d’œil. Ils se souvenaient enfin qu’ils s’étaient battus côte à côte.

Ça devient pervers quand ta journée de merde dure huit mois, mais ce n'est qu'un détail.
Oh, ça va, j’en suis qu’à une petite semaine, j’ai de la marge, ironisa-t-elle avant de le suivre dans sa descente sur la table, posant les deux coudes sur le comptoir, la tête basse. Les confidences continuaient. Un seul mot de trop aurait pu tout briser.

Je me souviens de ma mère qui nous racontait tout petits à mon petit frère John et moi qu'elle avait rencontré notre paternel dans un endroit de ce genre. Une bonne ambiance, de l'alcool qui coule à flots, des groupes de musique qui te dégoûtent définitivement des artistes qui passent à la radio...

Elle écoutait avec souplesse.

Dommage qu'on l'ait jamais connu. On se serait tellement bien entendus. Mais bon, c'est ce qui peut arriver quand on choisit de défendre son pays. S'il m'aurait vu, à truander des quidams au nom du sacro-saint profit, lui, un foutu militaire... Hahahaha !

Elle n’eut qu’un léger sourire à son rire jaunissant. C’était le genre d’anecdote où l’on tentait de rire pour décoincer la gêne, mais l’on ne riait jamais. Elle sentait que l’anecdote est allée trop loin. Mais c’est le charme de ces discussions : on parle, on oublie que l’on parle, et l’on s’exprime, au sens premier du terme. On laissait sortir ce que l’on avait de beau et de moins beau. C’était ce côté voyeur et exhibitionniste à la fois qui l’avait attiré dans le voyage. S’installer quelque part, et ronger ses secrets, jusqu’à la moëlle, jusqu’à voir l’endroit pour de vrai. Par Crefollet ce qu’il était bon ce whisky. Les joues chaudes, elle prenait enfin conscience que l’alcool faisait son effet, ce qui ne la découragea pas de reprendre une gorgée du liquide brûlant.

Bon dieu que je regrette de l'avoir jamais connu. Patron, une Casteel !

Le patron le regarda, semblant se demander s’il devait encore servir son habitué, puis se décida à le servir, bien que le verre soit un peu court. Le prochain serrait surement coupé d’eau. Caoimhe poussa un gros soupir. Ce gros soupir de fumeur, qui normalement laisse sortir sa fumée, mais qui, là, ne soufflait que l’air du pub. Puis elle sourit, comme un hoquet, se rappelant que Troy avait tenté de rire.

On en est déjà aux anecdotes d’enfance ?


Elle faisait jouer son verre entre ses doigts, écoutant son glissement contre le bois lustré, usé par de nombreux verres. Ses glaçons dansaient dans le fond du verre, dans le fond de whisky, ou ce qu’il en restait.

On s’est dit d’être francs après tout … alors à moi !

Elle s’était décidée brusquement. À elle de glisser sur ses propres mots, de les laisser venir doucement.

Mon père aussi était un militaire. Mais personne n’a jamais vraiment posé de questions dessus. On n’a jamais sorti le « Est-ce que t’as tué des gens ? » ni le « T’es allé en mission ? ». On a d’ailleurs peu de choses à la maison qui le rappellent. On le sait c’est tout, et parfois il en parle. Il parle de comment il a dressé ses propres pokémons, il parle de ses copains que l’on n’a jamais vus, ou alors rarement. Je crois qu’il était encore en service quand je suis née, on vivait à Féli-cité à ce moment-là. Puis mes parents ont acheté la ferme près de Floraville. Un coin tranquille, une fermette bien jolie. Je crois que ça le repose. Ça le repose de ce qu’il ne dit pas, et c’est bien comme ça. Ça ne dérange personne.

Ça devenait gênant d’un coup, ce groupe qui jouait trop joyeusement. La musique comblait les trous, les blancs, mais ça déformait tout. Elle ne laissait pas le récit avoir sa propre musique, ses propres pauses, son propre rythme. La jeune femme s'était laissée retomber en arrière, les reins contre la petite barre en bois qui servait de minuscule dossier au tabouret. Le verre penché obligeait les glaçons à s’empiler les uns sur les autres avant de retomber avec un tintement discret.

On est cinq enfants dans la famille. Moi, Lizzie, Nath, David et Bea. Je suis partie quand j’avais seize, dix-sept ans. Un voyage de classe qui m’avait fait découvrir que y avait un monde hors Féli-cité et Floraville, et que le goûter en vrai, c’était meilleur que de le regarder à la télé. La télé ne rend pas bien les sons, les odeurs, les goûts, la chaleur, les mouvements … I wanted the real thing. J’ai fait le tour de Sinnoh, pour commencer. Ça m’a pris plus de temps qu’on ne le croit. Au début, on va vite, on court d’une ville à l’autre, on veut tout goûter. Puis après tout se mélange et on a besoin de plus de temps pour goûter à tout. Je ne connais que ça. Courir comme un Galopa ou voyager à vitesse de Limagma. Pour goûter les petites choses.
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Mer 10 Mai - 1:24
VOL À L'ARRACHÉ


Je la regarde. Je la regarde et souris. Je souris à l'entendre s'étaler sur son passé. Sur sa vie. Sur ses anecdotes, ses détails, ses trésors qui, peut-être, ne traversent pas souvent ses lèvres. Une partie de moi l'espère. Étrangement.

Je repousse ma boisson. Croise mes bras sur le comptoir. Me perds dans les yeux de ma muse. Promène mon pouce auprès de mon coude. Souris, encore une fois. Toujours. Un sourire béat, je crois. Un regard attendri. Et le temps s'écoule sans que je n'entende la moindre aiguille, la moindre cloche, le moindre grain de sable.

Je...

Mes œillères se détachent. J'entends de nouveau la musique bruyante au fond du bar. J'entends les discussions des joyeux ivrognes. J'entends les chaises trainées sur le sol. J'entends du verre qui s'entrechoque. J'entends les bruits de pas, partout.

Ça danse. Ça crie. Ça vit. Ça m'arrache de l'attention de Caoimhe.

On s'est contenté de ce qu'on avait, mon frère et moi. Enfin, surtout moi. Ce n'était pas si terrible de jouer le bandit. Je me débrouillais comme je pouvais. Et puis, quand ça allait trop mal, il y avait John à la maison. Je ne me suis jamais vraiment lié d'amitié avec ma mère. Elle était malheureuse, ça se sentait. Elle se sacrifiait pour nous. Mais moi, j'étais encore un gamin dans un corps d'adulte. Je la trouvais égoïste d'être aussi altruiste. Elle me posait un fardeau bien trop lourd sur les épaules. Ça me rongeait l'intestin. C'est idiot, mais je me sentais mal. Alors... je suis parti. Lors de fugues de plus en plus longues. Et puis... (Je claque des doigts.) ... la Team Rocket. Elle était là, à magouiller dans un coin, et fomenter des coups bas dans l'autre.

Mes doigts torturent ma chope cristalline. Je pianote sur ma boisson, la pose sur le comptoir, saisis le dessous de verre et le mire sous toutes ses coutures. Le trèfle à quatre feuilles aspire ma conscience. Peut-être que ma joie y passe aussi. Après tout, les plaies rouvertes reviennent toujours avec un miasme de pus.

Je devais relâcher la pression de mes épaules. Alors j'ai décidé d'avoir un but, loin dans le temps, pour ne pas finir comme ma mère. Mais avec du recul...

La musique me hurle dans les oreilles. Elle me soulève les tripes, me tord les boyaux, me cogne l'estomac. J'ai envie de cracher de la bille sur ma pinte de Casteel encore pleine. D'éclater ma chope contre la vitrine de bouteilles derrière le bar. D'enfoncer la tête du violoniste dans son instrument ; puis l'inverse pour le flutiste. J'ai envie de...

Ça te dit de partir d'ici ? J'ai envie de prendre l'air.

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Mer 10 Mai - 1:59

Elle le regardait en face alors qu’il lui montrait déjà ses plaies les plus profondes. Elle était sincèrement désolée pour lui mais ne s’apitoyait pas. Elle n’avait pas même esquissé un geste vers lui, outre de le regarder. Elle le regardait et s’imaginait cette tignasse sombre sur une tête plus ronde, aux yeux déjà doubles : morts et vivants. Des yeux qui choisissaient à qui ils montraient qu’il y avait une vie derrière eux. Un enfant brouillon un peu, un enfant bagarreur. Un Nathanaël qui avait eu moins de chance. Il n’avait plus l’air si vieux d’un seul coup. Ses traits tirés n’étaient plus que le résultat d’une longue fatigue sur un visage jeune. Comme des cicatrices.

Elle se mordilla l’intérieur de la lèvre, sentant le pincement de ses propres blessures. Elle ne pouvait rien pour lui. Ce n’était ni l’endroit, ni le moment, ni la bonne personne. Elle n’était pas Dialga, elle ne rebrousserait pas le temps pour effacer ses erreurs avant qu’il ne les commette. Et même si elle l’était, cela ne servirait à rien. Si elle corrigeait sa vie, elle en aurait un milliard d’autres à changer. Et elle est trop fatiguée pour cela.

Ça te dit de partir d'ici ? J'ai envie de prendre l'air.

Il avait demandé ça soudainement, comme avec un sursaut. Elle se décida à fermer elle-même la soirée.

Je crois qu’on a surtout besoin de repos. En tout cas, je suis fatiguée, et je sens déjà la future gueule de bois demain. On ferait mieux de rentrer.

Son corps ne se le fit pas demander deux fois, elle sentit immédiatement un bâillement lui monter dans la gorge. Elle regardait à nouveau son verre entre ses mains, ses doigts tuméfiés par le combat. Elle devrait le boire et alors ce serait fini. Une dernière gorgée et Cendrillon rentrait se coucher dans la cendre. Son téléphone vibra dans sa poche. Juliette répondait enfin, mais trop tard. Elles verraient les détails entre elles demain. Pas besoin de mettre plus d'huile sur le feu.
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Mer 10 Mai - 3:16
VOL À L'ARRACHÉ


Du repos. Cette douce promesse qui me caresse dans le sens du poil. « Tu te reposeras quand tu seras mort ! » souffle le fantôme d'une mère devant le bulletin scolaire catastrophique de son enfant.

On ferait mieux de rentrer, oui. On a eu assez d'action pour le reste de la semaine. Mais ça faisait longtemps. Ça faisait du bien, même. La prochaine fois, je t'invite à passer directement à l'étape Guinness, qu'on en profite un peu plus...

Oh, et puis merde. Autant tenter le coup. Je suis un homme respectable ; Caoimhe est une femme respectable. Dans le pire des cas, ça ne sera qu'un énième râteau à ranger dans la cabane du refoulement du jardin de mon âme. Dans le meilleur des cas, nous nous tiendrons mutuellement la tête devant la lunette des toilettes.

L'objectif numéro un de la vie d'un adulte.

Tu veux passer prendre une tasse de thé à la maison ? Enfin, à la maison... J'ai loué une chambre d'hôtel au centre-ville. Je me dois de proposer, tu comprends.

Une perche tendue au gamin qui se noie dans le grand bassin de la piscine municipale. Sauf que le gamin, c'est moi ; et la perche tendue, mon opportunité de clore cette rencontre sur une ultime note parfaite.

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Mer 10 Mai - 12:49

Peut-être à cause de l’alcool mais elle s’esclaffa lorsqu’il lui dit que « ça », leur soirée en général, « faisait du bien ». Elle était couverte d’hématomes, son pokémon avait connu les flammes d’un combat inégal, elle qui était probablement née parmi les humains, et elle se dirigeait vers une gueule de bois le lendemain, mais oui, ça faisait du bien, peut-être. Le proverbe maso : J’ai mal donc je suis.

La prochaine fois, je t'invite à passer directement à l'étape Guinness, qu'on en profite un peu plus...
Non, la prochaine fois tu me devras ma bouteille, espèce d’escroc ! se récria-t-elle, avant de continuer, plus calme : Et j’amènerais les Poffins de mon côté…
Tu veux passer prendre une tasse de thé à la maison ? Enfin, à la maison... J'ai loué une chambre d'hôtel au centre-ville. Je me dois de proposer, tu comprends.
Je comprends, mais non, ça va aller.

Une phrase bateau pour ne pas expliquer pourquoi oui, pourquoi non. Pour ne pas froisser ce « je me dois de proposer » incertain, cet air de naturel qu’il prend. Se donner le temps à l’un et à l’autre d’atterrir. Elle renversa la tête et avala cul sec la dernière gorgée d’alcool, laissant les glaçons heurter ses dents, en saisissant même un entre ses dents pour l’emporter et le mâchonner sur le retour.
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Mer 10 Mai - 16:00
VOL À L'ARRACHÉ


Je me relève, enfile ma veste de costume. La fatigue gagne du terrain sur le visage de Caoimhe. Une partie de moi me supplie de la laisser tranquille, de ne pas étouffer les braises de notre relation ; le reste désire leur souffler dessus pour embraser un feu visible depuis l'espace. Je me noie dans les rouages de la drague passive, flirtant à la frontière entre l'amitié cordiale et les initiatives regrettables.

J'ai... un bon four, à la maison. À Port-Mirage. Il y a une belle vue. Et souvent du beau temps. Si tu as du temps libre, un week-end, on pourrait tous les deux régler nos dettes. Les sandwichs Magicarpe y sont succulents.

Je pourrais lui faire à manger. Ce serait l'occasion d'éprouver mes débuts culinaires. Et me surpasser pour lui faire détonner une explosion de saveurs en bouche. Je dois m'entraîner d'ici-là. Un repas pour un dessert – une coopération fructueuse. Et puis, nos Pokémons pourront jouer ensemble, dans le salon, pendant que nous...

Laisse-moi au moins te raccompagner. Tu ne tiens plus debout.

... pendant que nous dégusterons cette savoureuse bouteille de scotch. Au calme. Entre adultes. Les yeux dans les yeux. Le cœur ouvert. La langue pendue.

Et plus si affinités.

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Mer 10 Mai - 16:53
J'ai... un bon four, à la maison. À Port-Mirage. Il y a une belle vue. Et souvent du beau temps. Si tu as du temps libre, un week-end, on pourrait tous les deux régler nos dettes. Les sandwichs Magicarpe y sont succulents.

Une partie de son cerveau, acerbe, aimerait lui rappeler qu’ils ont des Pokémons à retrouver avant de roucouler et de se faire la cour. Elle sourit néanmoins.
That’s a deal, then.

Elle se leva, la main posée sur l’épaule de Troy. La fatigue, les courbatures et l’alcool l’embrumaient, elle ne rêvait plus que d’un lit où se laisser tomber, à la gigantesque courbature qui allait la prendre et la broyer toute entière quand ses muscles se relâcheraient. Elle en bâillait d’impatience, elle en oubliait qu’elle avait encore un sacré trajet jusqu’au centre où elle vivait depuis plusieurs jours.

Laisse-moi au moins te raccompagner. Tu ne tiens plus debout.
You’re just as drunk as I am, dit-elle, mi-figue mi-raisin, vexée qu’il critique sa capacité à tenir l’alcool, comme elle s’était sentie obligée de tenir la compétition physiquement durant toute leur soirée. Tenir debout aussi longtemps, avancer plus rapidement que lui, déduire aussi vite que lui. Lui prouver, depuis qu’il lui avait dit de rester assise à l’Or Noir, qu’elle n’était pas une « faible femelle », qu’elle s’assumait, qu’elle était son égale. Son regard s’était durci sans qu’elle ne le veuille.

… Ok, tu viens. Ta Nidorina aura bien besoin de soin, elle aussi.
Une lueur de malice lui passa dans les yeux. Pas la bonne malice. Le mischief.
Je te laisse payer ?
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Mer 10 Mai - 17:40
VOL À L'ARRACHÉ


OST | Cowboy Bepop - Don't Bother None :
 

On règlera nos comptes demain, au réveil. Celui qui fera la plus belle grimace de douleur aura perdu. Mais cette balade nocturne devrait nous faire le plus grand bien.

Dans d'autres circonstances, la soirée aurait été parfaite. Mais c'est le prix à payer lorsqu'on rajoute des mafieux dans la soupe, au milieu de morceaux de vols de Pokémons et de conflits d'intérêt marinés. Dommage. Une autre fois, peut-être.

Je te laisse payer ?
Parce que tu as de quoi payer ? Je rajoute ça sur ton ardoise, Cocotine. Entre mes services de détective et ces deux consommations... Ouh. Tu vas devoir travailler pour moi. Ça tombe bien, on a toujours besoin d'une furie implacable.

Trop tôt ?

Je m'autorise un rire guilleret pour diluer mon faux pas.

Tu t'es bien battue. Je n'ai jamais vue une femme aussi hargneuse. (Je me pince les lèvres.) Hm. Ça sonnait comme un compliment valable dans ma tête.

Je me retourne vers le comptoir, offre ma Casteel au voisin de droite – avec les compliments du généreux Troy O'Bowen. Sa réaction zigzague entre surprise et gratitude. Je perçois même une image détournée de moi lui faisant du gringue.

Une tape sur l'épaule, et je m'évade de cette impasse.

Le patron me sauve.

Elle est mignonne ta belle, mais je crois qu'elle vient de t'arnaquer.
Ne sois pas jaloux, patron. Toi aussi tu trouveras une parasite chérie.
Je l'ai déjà, elle s'appelle "une ardoise payée".

Je sors une liasse de billets de ma poche, humidifie mon index, compte grossièrement la somme. Deux, quatre, huit... Ma fibre gentleman vend mes reins à la sauvette. Tout ça pour alimenter la vision floue d'une Caoimhe fantasmée nue sur moi. Dix... onze ? Où j'en étais déjà ? À défaut de ses courbes, je fixe mes pokédollars sacrifiés.

Tu peux garder la monnaie, patron.
Tu me dois encore cinq pokédollars.
C'était un test. Et tu l'as réussi. Bravo.

Je rajoute un billet sous le dessous de verre, un clin d’œil en figure de proue. Bien rattrapé. Le patron n'y a vu que du feu. Et une quantité non négligeable d'éthanol.

Appelle un taxi, tu veux.

Je quitte le Guinness sans me retourner, un salut de la main adressé au tenancier. Je rejoins les côtés de Caoimhe, emplis mes poumons d'air humide, savoure l'odeur de bitume mouillé. Je la dévore du regard malgré moi. Inspiré par le décor.

Je vous suis, ma chère guide. Conduisez-nous à bon port. Chop-chop !

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