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Mastiquer et avaler la réalité

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Région d'origine : Rhode
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Sam 13 Mai - 1:37
Toi qui te tiens devant moi, qui es tu ? Même si je ne connais pas le danger des ténèbres, je ne souhaite pas m’en approcher. Mais il fait trop froid, je suis moi-même acculé...

Nous sommes en direction de Nox Illium. Tarsal et moi l’avons plus choisie par stratégie que par réelle envie, mais qu’importe. La route ne cesse pas d'être la seule que je vois à perte de vue. Je n’ai pas un seul pokédollar, ce qui m’empêche catégoriquement d’emprunter un ferry, et il est hors de question d’aller une nouvelle fois sur ce navire avec ce capitaine… Indescriptible. Nous empruntons donc les barques des habitants, pour aller d'île en île jusqu'à la capitale, lorsque ceux-ci les utilisent pour diverses raisons. Je vois, dans les yeux de Tarsal, se dire une nouvelle fois, pourquoi Nox Illium ? Je ne suis pas sûr non plus de la destination, mais c’est, stratégiquement parlant, le ville la plus apte à nous aider. Bien que Tarsal et moi, souhaitons progresser, nous restons bloqués sur le comment. Je n’ai jamais dressé de pokémon, et Tarsal…. Je n’en sais rien.

Je préfère les longues traversées en bateau, qu’une longue marche sur ce pont… Et ce soleil, me rend mal à l’aise et me donne si chaud dans ma fourrure, Tarsal lui semble endormi sous l’action dévorante du soleil de plomb. Mais nous sommes déterminés, et avons pas mal de provisions grâce au centre pokémon. Lorsque je pense à ce policier, j'esquisse à chaque fois un sourire, sans savoir pourquoi. Durant mon séjour là-bas, je n’ai pas vraiment eu d’information pertinente concernant ma soeur, mais je commence à douter de ce qu’elle fait. Cela fait de longue minutes que nous marchons sur ce pont sans fin, et mes pensées m'amènent toujours à d’autres questions auxquelles je n'ai pas le temps de répondre. Seul le vent faisant vibrer et trembler les câbles m’empêche d’entendre le silence. Il semble larmoyant lorsqu’il se frotte contre les frêles amarres, et lorsque j’y tends l’oreille, cela me donne si froid dans le dos, que même Tarsal le sent. Lui qui ne regarde que l’eau sur le bas côté, tourne rarement la tête vers moi. A quoi pense-t-il ? En dehors des choses les plus évidentes, j’ai du mal à le cerner.  

On aurait pu croire qu’il y aurait du monde sur un pont aussi gros, mais faut-il croire que la chaleur les empêches de le traverser. Brusquement, je sentis le frisson de Tarsal le parcourir, un danger approche. Il tremblait légèrement, et regardait dans toute les directions sans en trouver la cause, tandis que moi je l’observais. C’était la première fois que je le voyais dans tous ses états. Lui qui d’habitude n’émettait pas un bruit et ne faisait pas attention à grand-chose, semblait perdu. Je l’étais moi-même à vrai dire, j'étais pris au dépourvu par la situation.

J'entendais des battements d’ailes, ils étaient rapides, très rapides. Semblables à un tapotement doigts-poignet. Ce n’était qu’un écho, le bruit venait d’en-dessous du pont, il était impossible de savoir d'où précisément. L’instant fut long, et Tarsal était toujours aux aguets, inquiet par la situation. De gauche à droite, les battements ne cessaient de changer de côté, nous faisant tourner la tête. Après de longues secondes, l’auteur se montra enfin. J’eus un peu de mal à le reconnaître, mais en quelques instant, son nom me vint finalement. Bombydou. Je n’en avais croisé, et je n’aurais jam-

*Rugissement émis de Tarsal*
Tarsal n’avait plus une once de doute ou de peur, ses tremblement avaient disparu, et il semblait déterminé. Il avança promptement, et s’interposa entre le pokémon sauvage et moi.

Que… Tarsal ? Que se passe-t-il ?
*Rugissement émis de Tarsal*

J’avais du mal, une nouvelle fois, à comprendre ses intentions, la situation me préoccupait presque.... Je me souvins alors d’autre chose concernant ce pokémon. Il n’approche généralement que les personnes ayant une forte aura, heureuse ou triste. Ai-je ne serait-ce que l’une de ces auras ? Je suis trop lunatique, un pokémon sauvage se tient devant moi, et -

Tarsal ! Attention !!

Une bourrasque, luisant de mille couleurs, partant du pokémon sauvage, frappa Tarsal de plein fouet. Tarsal fut renversé par l’attaque, c’était la première fois que j'assistais à un combat pokémon, auquel je participais activement. Je ne savais pas quoi faire, je ne connaissais pas Tarsal, et tout ce que j’avais vu de lui, c’est le malin plaisir qu’il avait à m’imité lorsque je m'entraînais avec mes tonfas.

Tarsal !!
*Gémissement émis de Tarsal*
Silhe !!! J'en perdis la voix a la fin de mon souffle tant je criais fort
*Gémissement émis de Tarsal*

Tarsal puisa énormément dans ses forces pour parvenir à se relever, il avait l’air d'être aussi perdu que moi sur ce qu’il se passait. Je ne pouvais pas l’aider, je ne connaissais pas ses attaques, je ne savais pas grand chose de lui… Cesse d'être idiot Lemee, agis ! me dis-je, ayant eu un souvenir d’un des entraînements avec Tarsal. “Pas les poings tarsal, la tête, utilise ta tête…”

Tarsal ! Déplace toi ! Mouvoie toi plus rapidement !
*Rugissement de Tarsal*

Il semblait avoir compris de quoi je parlais. Tarsal et moi, nous ne nous connaissions peut-être pas si bien, et on ne communiquait pas souvent. Mais lorsqu’il le fallait, on se comprenait. Il semblait m’avoir compris, en me jetant ce regard sûr, et rassurer. Il se mit à se déplacer si vite, que j’avais du mal à le percevoir. Mes yeux n’arrivaient pas à suivre ses déplacements. Plus je me concentrais, moins j’analysais d’informations. Le paysage, les couleurs… J'étais fixé sur les déplacements de Tarsal. Cela avait l’air d’une éternelle. La vision aussi trouble que lorsque j'étais à Port-Lilas, avec ce sommeil me paraissant éternel. En réalité, cela ne dura qu’un instant, lorsque je vis le Bombydou sauvage attaquer. Je ne voyais plus Tarsal, mon coeur fut pris de panique sur le moment.

Un genre de pollen se mit à suivre le résidu de la bourrasque d’avant. Elle brillait, presque à m’en aveugler. J’avais encore plus de mal à en discerner Tarsal. Le para-spore du pokémon sauvage m’obscurcissait presque le lourd soleil. En d’autres circonstances, j’aurais trouvé cela agréable.
Le pokémon, Bombydou et moi même fûmes alors surpris d’entendre une voix, à notre droite. Je vis Tarsal, à l'arrêt et exténué, attaquant grâce à sa voix…  Je comprenais toujours et encore de moins en moins ce qu’il se passait, j’avais l’impression que même le pont, sous mes pieds n’était pas sûr. Le vent, lui, avait remplacé la bourrasque, reprenant sa place, et le son des amarres combiné à celui de l’attaque voix enjôleuse donnait un spectacle acoustique
incroyable.

Bombydou prit à son tour le coup de plein fouet, vascillant et manquant d’atteindre le sol du pont à plusieurs reprises. De nouveau stabilisé, et recouvrant à peine ses esprits, le pokémon sauvage se mit à charger une boule verte, et l’envoya sur Tarsal, épuisé. Tant d’instants me paraissent long, mais cette-fois, je ne pouvais pas réfléchir.

Comme toujours cachés dans mes manches, je sortis mes tonfas et subitement, m'interposai entre les deux pokémons, me protégeant via les bois, et attendis le moment propice ou l’attaque allait me frapper. Finalement, ce moment aussi me parut une éternité. J’eus même le temps de réfléchir, sur qui j’étais. Non, sur ce que je faisais pour être cette personne. Mais qui ?

Je suis… je suis un idiot !!

La boule verdâtre rencontrant enfin les tonfas, éclatant tous trois lors de l’impact, quelques bribes de la substance, mélangée aux morceaux du bois, s'envolèrent dans toutes les directions, avant d’atteindre en silence le sol du pont. Mes yeux ne voulaient pas s’ouvrir, malgré ma volonté de le faire, et lorsqu’ils m'obéirent enfin, je vis Bombydou, volant faiblement, manquant de nouvelles fois de toucher le sol du pont. Tournant la tête derrière moi, Tarsal lui, me regardait. Le même regard que les rares fois où il le faisait. Le même regard lorsque je ne le comprenais pas. Le même regard où les instants sont longs.

Le Pokémon sauvage s’envola plus haut dans le ciel avec difficulté, avant de quitter le pont, planant au-dessus de l’eau calme et paisible. Tout était aussi calme et paisible que que cet océan, le vent avait cessé, les fibres métalliques entrelacées ne chantaient plus, et seule ma respiration menaçait ce silence. Tarsal semblait fatigué, c’était la première fois que je le voyais combattre, et pourtant, il restait debout. Si tu n’en peux plus, dis-le moi…

Au bout de plusieurs minutes, des passants en vélo vinrent enfin traverser le long pont, sous ce soleil battant, et ce calme assourdissant. Comme si de rien n'était, comme si la vie continuait. Nous n’avons pas besoin d’eux, ils ne voient rien. Mais nous nous en sortons à peine tous seuls. J’ose à peine avouer la réalité, mais il nous faut de l’aide. Nox Illium se rapproche, et Tarsal semble avoir un peu récupéré.


Allons-y Silhe. Allons-y.
Traitez-moi de tous les noms, je n’en ferais pas de même vous concernant. Je ferai comme vous, je vous ignorerai, vous et votre vie. Menant la mienne. Mais pas seul… Nous ne devons pas être seuls.
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