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Whiskey et biscuits [Pv.Troy]

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Lun 22 Mai - 1:00

L’assaut de la base d’Anima n’avait pas été facile. Ils avaient tous senti le feu de près. Mais elle avait toujours une sensation de vide. Celle d’avoir mordu dans le vide. De tous les pokémons qu’ils avaient retrouvé au QG d’Anima, Jujube était absent, tout comme Bertie et Maggie. Au moins l’échange s’était-il bien passé. Ryusei était une tête brûlée doté d’un sale caractère, mais il n’était pas méchant. Le plus compliqué avait été sa relation avec les deux félins, qu’il s’obstinait à vouloir attaquer, ce qui finissait mal pour lui. Comme dans : il se prenait des torgnoles de Lily, qui ne s’en laissait pas conter. Elle n’avait rien envie de faire, juste de rester là, vautrée sur le lit de l’auberge, à s’ennuyer. Elle avait laissé un moment « indépendance » à Blanche, la laissant explorer la ville jusqu’à une heure donnée, où elle devrait revenir à la chambre pour rassurer sa « sœur » d’adoption. De quoi laisser tout l’espace nécessaire à sa déprime.

Les écouteurs vissés sur les oreilles, elle naviguait dans son téléphone, épluchant ses photos, ses contacts, ses textos. Elle retomba sur ceux du combat. Un échange bref avec Troy. Des indications en télégramme, des mots jetés dans le vide. Pourtant, ils avaient été sûrs que l’autre serait là pour les recevoir. Peut-être qu’elle se faisait des idées. C’était une simple fausse manipulation de Troy, qui avait peut-être envoyé le message à tous ses contacts sans distinction. Oui mais même là. Elle était dans ses contacts. Elle n’était pas un numéro perdu dans le journal des appels, elle était un téléphone relié à un nom, rangé proprement. Son téléphone lui échappa des mains et lui tomba sur le nez. Heureusement, le téléphone n’avait pas appelé Troy. Il avait juste sélectionné un message, lui proposant de le copier, de le transférer, de le supprimer. Et puis flûte.

Elle appuya sur l’espace d’écriture et commença à écrire un peu nerveusement.
« Hey t’es déjà en cavale sur un autre continent ou t’es dans le coin ? J’ai besoin d’un four »
Elle regarda deux secondes son écran et passa à autre chose. Elle était déjà surprise d’avoir écrit ça. Par ennui, elle sortit Ryusei de sa ball. Il la regarda de ses grands yeux rouges, l’air de lui demander pourquoi elle le sortait dans une chambre trop petite pour la regarder s’affaler sur le lit, les cheveux répandus autour d’elle, le regard éteint. Il grogna, se secoua, et décida de s’entraîner sur ses chaussures.

C’était la dèche. Son bras s’écrasa sur son visage, cachant ses yeux. Pourquoi avait-elle écrit ? Elle n’avait pas envie de cuisiner. Elle n’avait pas envie de bouger. Elle avait envie de rester couchée. Elle avait cette sensation de vide dans la poitrine, un vide qui la clouait au lit, qui lui alourdissait les joues. Elle baissa le volume du téléphone, qui criait trop à son goût. Elle aurait aimé avoir le même bouton sur la vie. Baisser le volume, passer, éteindre. Elle était fatiguée, elle en avait marre.


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Lun 22 Mai - 10:21
WHISKEY AND BISCUITS


OST | Francisco Tárrega - Capricho árabe :
 

Je déguste mon bol de céréales, perché sur le comptoir de la cuisine.

Couché à deux heures du matin. De l'alcool à foison pour fêter ma... victoire ? Seul. Ah ha ! Shame on you, petit espion. Huit mois de traque et de sacrifices pour un final spolié de toute gloire et d'intérêt. Je n'en sais pas plus sur les têtes de l'Hydre Anima. Toujours aussi discrètes, nimbées d'un voile de précaution. Et pourtant... c'était mon objectif. De démanteler l'organisation avant que je n'enlève le masque. Un masque qui me sied trop bien au visage pour l'arracher maintenant.

Je zieute mes trop nombreuses notifications, la bouche pleine de boules de maïs enrobées de miel. Un océan de louanges face à des remarques caustiques bien plus pertinentes. « Merci pour mon Pokémon, tu es mon héros ! » ; « Heureusement qu'il y a des bons samaritains comme lui ! » ; « Tout ça pour ça ? Il n'aurait pas pu prévenir les Rangers avant ? @TroyKanto #fauxheros » ; « Tu as trop raison, heureusement qu'il y avait les Rangers ! » ; « Hey, Troy. Il va falloir qu'on se parle. »

Expéditeur : @JohnKanto.

Ah.

Tu-weet. Encore une notification. Tu-weet. Et encore...

J'abandonne mon portable sur le comptoir, décale mon bol de céréales, plonge ma tête entre mes bras. Heureusement que j'ai déniché cette satanée clé USB.  Tu-weet. Et qu'on a coffré les trois-quart de l'organisation dans l'assaut. Hm. Ce n'est pas si mal, en fin de compte. Tu-weet. La pelouse est de nouveau verte et bien tondue ; mais le terreau, hélas, est toujours vicié, et rien de bon n'y poussera.

Quelque chose me tapote le crâne. Tu-weet. Je relève la tête. Ectoplasma, bien sûr.

Portable. Femme.

Une femme ?

Je lorgne l'écran de mon portable. Kouiva. Kouiva m'a envoyé un message. Elle m'a...

Merde. Merde, merde, merde. Qu'est-ce que je fais ?

Le spectre hausse les épaules. Je saute sur l'appareil, expulse le bol de céréales, jure de tous les noms pour couvrir le bris de céramique. Je m'empresse de taper mon code, foire, m'y reprends une deuxième fois, foire, une troisième, f-... Bingo.

Hey t’es déjà en cavale sur un autre continent ou t’es dans le coin ? J’ai besoin d’un four.

Je souris.

Oh, Lord... ~

Dans quoi suis-je en train de me fourrer ?

Oublier. Femme.

Oh, tais-toi. Il y a prescription. Nous n'avons plus de couverture d'agent secret à préserver. Nous sommes en roues libres, Ectoplasma. Et j'ai plus l'impression de faire du hors-piste plutôt que d'aller de l'avant. J'ai besoin d'un... tremplin.

Oublier. Femme.

Trop tard, mes doigts glissent.

Oublier.

« Je suis toujours à Port-Mirage ! Je t'en prie, viens, mon four te sera toujours ouvert, et il est chaud brûlant ! Haha »

Le spectre regarde par-dessus mon épaule. Il secoue la tête. Non : il me juge.

Maître. Ridicule.
Besoin. Charme.


Je relis ma phrase en diagonale.

Je vois ce que tu veux dire...
RIIIIIIIIIIIIINA !
Fais gaffe à la télé avec ta queue, Nidoqueen.

Le fantôme me prend le portable des mains, efface mon message, tapote sur les touches à son rythme. Des mots se forment, les uns après les autres.

« Toujours
Venir.ici.plaisir
Hâte.voir. »

Tu-weet. Non... il n'a quand même pas...

Tu as appuyé sur « Envoyer » ! TU LUI AS ENVOYÉ LE MESSAGE, ECTOPLASMA ! MAIS TU ES DÉBILE OU QUOI MA PAROLE ? Oh, bordel... Ça y est, c'est fichu.

Je récupère mon portable, relis son message, essaye d'accoucher d'une manière pour corriger le tir... en vain. « Désolé, mon Pokémon a répondu à ma place parce que j'hésitais trop sur ma réponse ! ». Digne d'une excuse d'écolier pour justifier son absence de devoir à rendre. Ectoplasma saisit une boule de maïs et la renifle.

« Je t'envoie l'adresse. Mais oui, tu peux passer à la maison.. On pourrait en profiter pour discuter de nos.. plans futurs. Pour l'Emblème. À très vite... »

Je verrouille mon portable. Mon reflet me dévisage, par-là l'écran noir éteint. Avec un splendide œil au beurre noir. Tu-weet. Dans quoi suis-je en train de me fourrer ?

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Mar 23 Mai - 0:41
Qu’est-ce qu’il lui arrivait à la fin ? Ses mains étaient glacées, elle le sentait. Elle était glacée, comme une morte. Elle entendait d’une oreille distraite la musique diffusée par son téléphone. La playlist passa d’elle-même à une autre musique, bien trop enjouée pour la jeune femme, qui passa les chansons à l’aveuglette jusqu’à tomber sur une reprise à la guitare des Heracross. Un truc avec son rythme calme, mélancolique sans se lamenter. Même si la chanson parlait de se lamenter. C’était calme. Le truc parfait pour le moment, qui la laissait écouter l’écho dans son crâne vide. C’était fou ce qu’on pouvait penser quand on n’avait rien dans le crâne.

Le premier « couplet » fut coupé par le petit cri d’un Etourmi. Probablement Troy qui répondait. A moins que ce ne soit un message d’insultes, ce qui n’était pas impossible non plus. C’était fou ce que ça faisait du bien d’avoir les yeux fermés. Elle avait toujours été sensible à la lumière, mais là, ses yeux la brûlaient littéralement. Ses organes foutaient le camp. Son cœur qui implosait, ses yeux qui brûlaient, son cerveau en absences, les os en roue libre … l’Etourmi piailla une seconde fois. Elle n’était toujours pas motivée pour faire le geste de relever les bras, d’ouvrir sa messagerie, de lire le message, de répondre peut-être même. Elle attendrait la fin de la chanson. Peut-être même de la suivante. Peut-être qu’elle ne regarderait pas du tout sa messagerie. C’était aussi une option.


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Mar 23 Mai - 11:48
WHISKEY AND BISCUITS


OST | Francisco Tárrega - Capricho árabe :
 

Et voilà. La bouteille est envoyée en pleine mer. Il n'y a plus qu'à attendre que les remouds la portent jusqu'au rivage Caoimhe. Ou qu'un raz-de-marée percute de plein fouet mon cours d'actualités. Quoi qu'il en soit... ça ma donne l'eau à la bouche.

Badum-tss.

Nidoqueen, Ectoplasma, j'aimerais que vous soyez sages aujourd'hui. Pas de bêtises. J'insiste là-dessus. Surtout toi, Nidoqueen. Oui, je te vois. Tu es derrière le rideau. Tu as grandi, ma pauvre. Il va falloir en prendre conscience. Et non, Ectoplasma, tu ne te caches pas dans mon ombre, et encore moins dans celle de Caoimhe. Pas de bêtises. Vous m'avez bien compris ? Pas. De. Bêtises.

Maitre. Panique.

Je vais te priver de rêves.

Je vide mon bol de céréales d'une traite et le balance dans l'évier. Le temps presse : je dois me préparer avant l'arrivée de Caoimhe qui pourrait pointer le bout de son joli minois d'une minute à l'autre. Mais de quel sursis parle-t-on ?

Je zieute mon téléphone : pas de nouvelles. Cinq minutes, et aucune réponse.

Je devrais la laisser tranquille. Relancer l'invitation flirterait avec le désespoir. Mais, en même temps, j'aimerais bien qu'elle vienne. Maintenant que l'idée est sur la table... Oui, je veux qu'elle vienne. Mon envie a des allures de caprice de gosse, mes tripes se nouent à l'idée de la voir à la maison, mais je la veux ici.

Non.

Je la veux tout court.

Ma couverture est brisée. L'affaire Anima est en train de sombrer au profit d'un calme plat. Des vacances s'imposent, et elles me feraient un bien fou. Alors...

« Hey. Ne te sens pas obligée de venir. Je ne te force pas la main, au contraire. Si ça se trouve tu as changé d'avis ou tu t'es rappelée de quelque chose de déjà prévu... »
« Mais ça me ferait énormément plaisir de te voir. »
« On peut reporter ça une autre fois. Mon four te sera toujours ouvert. »
« Non pas que j'insinue quoi que ce soit, hein. Bien que... »
« Je vais me taire. Ça vaut mieux. »

J'abandonne mon portable sur le canapé, tout soupir. Un vrai gamin. Je m'exaspère. C'est le prix à payer pour colmater une roue de vélo avec du scotch : on finit toujours par rajouter cinquante couches sans arriver à ses fins. Et en parlant de scotch...

Je pose ma bouteille pleine aux trois-quart sur le comptoir.

Voilà. , c'est mieux.

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Mar 23 Mai - 12:08
L’Etourmi s’énervait, son téléphone recevait message après message. Assez pour lui faire rouvrir les yeux. Elle soupira et observa son téléphone. Tous les messages étaient de Troy. Et de son Ectoplasma. Elle baissa le son de sa musique et commença à lire. Il balançait entre invitation et gêne. Elle hésita, laissant son pouce en suspens au-dessus de l’écran avant de commencer à taper sa réponse. Elle avait lancé la conversation, autant assumer.

« Je ne me sens pas de parler boulot. »
« Je vais chercher de quoi préparer des Poffins et j’arrive. Ça te laisse le temps de me trouver le scotch. J’en ai besoin. »
« Je t’appelle quand je suis sur Port-Mirage »


Elle arracha ses écouteurs et éteint la musique, seulement pour mieux entendre Ryusei se battre avec sa basket droite. Il avait envoyé la gauche Arceux savait où et avait avalé la moitié du lacet de la droite, qu’il tentait maintenant de recracher.

Ryusei !!

Il ne lui lança d’un regard noir. Oui, il savait son nom et oui, il était dans une situation embarrassante. Si elle pouvait l’aider maintenant, ça serait apprécié. Elle descendit du lit et s’agenouilla auprès du jeune dragon, le serrant près d’elle avant de saisir la basket et de la tirer doucement, sortant le lacet humide peu à peu. Le dragon se secoua, appréciant visiblement peu le traitement.

Ça t’apprendra, le taquina Caoimhe, mi-figue mi-raisin, en tambourinant des ongles sur la large écaille de son front. Elisthel ne plaisantait pas lorsqu’elle disait qu’il était d’un caractère difficile. Ne restait plus qu’à retrouver sa basket manquante …

******

Elle descendit peut-être une demie heure plus tard de la navette reliant Port-Mirage à Médéa. Elle avait sacrifié plus de pokédollars qu’elle ne l’aurait cru, même en tablant sur les articles premiers prix. La vie sur l’île coûtait une blinde. Enfin, ce n’était pas le sujet de la journée. Elle saisit de sa main libre son téléphone, l’autre étant bien lestée par son sac de courses, et appuya sur l’icône du téléphone, laissant le temps à Troy de répondre.

Troy ? C’est moi. Je suiiiis …. Croisement de l’avenue de la marée et de rue Grenousse. Je vais où maintenant ?


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Mar 23 Mai - 19:24
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OST | Francisco Tárrega - Capricho árabe :
 

* * *

Mon reflet me dévisage. Je fixe mes cheveux plaqués en arrière, une grimace pseudo-convaincue sur mes lèvres. Mais mon regard, lui, ne ment pas. Je me décoiffe à deux mains, tente un effet naturel malgré la cire qui me colle aux doigts ; je tente une coiffure aléatoire en plaçant des mèches aléatoires dans des directions aléatoires ; et soupire devant mon chef d’œuvre contre-nature.

Mon portable sonne.

Merde.

J'ouvre mon robinet à plein débit, me nettoie les mains vitesse grand V, récupère une serviette sur le chemin, les essuie jusqu'à atteindre le canapé. Kouiva m'appelle. J'éclaircis ma gorge, fronce les sourcils, fixe l'horizon pour me concentrer sur un seul objectif : rester maître de la situation. Mais je sais que ça ne tiendra pas.

Troy ? C’est moi. Je suiiiis …. Croisement de l’avenue de la marée et de rue Grenousse. Je vais où maintenant ?
Oh ! Rue Grenousse, tu dis ? Tu vois l'enseigne du « Frais comme chez Poissonnier » ? C'est à quelques maisons de là, juste après le... Hm. Tu sais quoi, je vais descendre. Ça sera plus facile. Ne bouge pas, profite du beau temps, j'arriiiiive.

Je raccroche, glisse mon portable dans la poche de mon pantalon, m'autorise un passage-éclair devant le miroir. Coiffure ? Meh. Tenue vestimentaire ? Peut mieux faire. Je resserre ma cravate, retrousse mes manches, plaque mes cheveux en arrière, m'essuie les mains une énième fois, affronte mon regard inquisiteur.

Ce n'est toujours pas mieux.

Mais je dois y aller.

Je récupère mes clés, ferme la porte derrière moi, me précipite de descendre les escaliers. J'ouvre la porte du hall, place ma main en visière pour déjouer les rayons du soleil. Je jette un coup d’œil à gauche, à droite ; puis aperçois la tignasse de Caoimhe au loin, près de mon poissonnier de cœur. J'y vais. Torse légèrement bombé, épaules relevées. Mâchoire contractée, sourcils froncés. Les mains dans les poches. Puis je la salue, de la paume, à quelques mètres d'elle. Elle semble si...

Hey.

Maigre ?

Une petite visite guidée de Port-Mirage ?

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Mar 23 Mai - 20:01

Eeeeh, non. Non, je ne vois pas non.

Elle tira le cou dans plusieurs directions, dansant sur ses pieds, se mangeant même un passant aussi distrait qu’elle. Elle rata donc une partie des paroles de Troy, mais compris qu’en gros, il lui demandait de l’attendre où elle se trouvait. Elle posa donc son sac à ses pieds – pas la peine de se démonter plus l’épaule – et s’appuya contre le panneau de l’abri bus. Profite du beau temps, don’t mind if I do. Elle regarda un peu mieux les rues autour d’elle. L’ambiance était différente qu’à Médéa même, mais en même temps, ça se ressemblait. Ça sentait la grande ville de second rang, bien pédante. Et ce n’était pas un jugement contre les grandes villes. A Unionpolis, capitale de Sinnoh, on se sentait accueilli comme chez soi, et elle ne disait pas ça seulement parce qu’elle était de Sinnoh. Doublonville grouillait de monde, mais on y sentait une certaine liberté, probablement due à la dynamique de la ville. C’était … comme plonger dans un courant. On était emporté, mais elle s’y était sentie bien. Ici, non. Sa première impression n’était pas la bonne, mais elle devait avoir ses raisons. Elle soupira et se gratta la tempe. Probablement qu’elle devrait donner à la ville une deuxième chance, quand elle serait de meilleure humeur. Au moins il faisait beau. Elle s’en rendait compte maintenant. Un grand soleil qui s’entêtait à la réchauffer.

Hey.
Elle tourna la tête et accusa le coup. Enfin, c’est plutôt Troy qui devait l’accuser. Il avait un œil poché et semblait en règle générale avoir vu lui aussi des jours meilleurs. Néanmoins, il se tenait droit. Presque raide.
Hey …
Une petite visite guidée de Port-Mirage ?

Faudrait déposer ça chez toi d’abord, dit-elle en se redressant d’un mouvement d’épaule avant de soulever son sac de courses. En fait d’avoir acheté de quoi faire « une fournée de Poffins » elle semblait en avoir acheté de quoi en faire deux, peut-être même trois. Tout bonnement parce qu’elle comptait bien faire preuve de ses talents culinaires avec un éventail de beignets typiques de Sinnoh. Mais pour ça, il fallait que ses ingrédients ne tournent pas.

Y a deux trois trucs à mettre au frais, mais après, je ne dis pas non à une visite guidée ! Tu habites loin ? demanda-t-elle en partant déjà, logiquement, dans la direction à laquelle Troy faisait dos. Au pire, heh, elle était la touriste ici. Elle avait parfaitement le droit de se perdre.


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Mer 24 Mai - 14:12
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OST | Francisco Tárrega - Capricho árabe :
 

Caoimhe me dépasse, direction mon appartement. Ses joues creusées confortent ma première impression : elle a maigri depuis notre dernière rencontre. Une rencontre d'il y a... quoi... une semaine ? Un laps de temps bien trop court pour épargner les conséquences d'un jeûne aussi aigu au corps. Ou d'une maladie laxative ayant essoré les fibres de ma collègue jusqu'à la dernière cellule adipeuse. Charmant.

J'empoigne la hanse de son sac, caresse les doigts de sa main sans faire exprès.

Je m'en occupe, le voyage a dû t'épuiser.

À ce que j'ai compris du personnage, Caoimhe n'apprécie guère de jouer les demoiselles en détresse. Mais mon rôle de chevalier servant transcende son avis tordu par la faim. J'accélère mon pas pour la devancer et désigne une porte ébène.

Home sweet home.

Je saisis mon trousseau de clés et enfonce l'une d'entre elles dans la serrure. Pas de bol : je m'y reprends à deux fois avant de trouver le trou. Shit happens.

Premier étage, porte de droite.

Je l'invite à entrer, referme l'accès derrière elle, grimpe les escaliers jusqu'au seuil de mon nid douillet. La fraicheur du hall me souffle sur les joues. Le bois craque sous nos pieds. Ma voisine de palier entrouvre sa porte pour nous épier, mon invitée et moi ; elle affiche un sourire indescriptible, caché derrière un « bonjour » presque muet.

Et voici...

J'ouvre la porte, replace mon paillasson « I <3 KANTO », me décale pour laisser passer ma collègue. Madame Bergeaux s'enferme chez elle pour occuper un second poste d'observation : l'œil de bœuf. J'offre une moue impassible à sa curiosité.

Fais comme chez toi. La cuisine est droit devant, jointe au salon.

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Mer 24 Mai - 17:33

Elle tira un peu de son côté quand il voulut lui prendre son sac, une petite pointe d’orgueil et de compassion la prenant.

Rooh, ça va. J’ai juste pris le bus, je pense que je vais survivre.

Toi, par contre, tu as l’air lessivé. La remarque resta muette. Ils savaient tous les deux pourquoi, et elle ne voulait surtout pas aborder le problème. C’était cette attaque d’une planque d’Anima. Cette damnée attaque que personne ne savait comment traiter, que tout le monde aurait souhaité oublier maintenant. Enfin, surtout elle. Elle aurait souhaité que tout le monde oublie. Difficile d’oublier un truc comme ça. Elle sentit un peu la chaleur de sa main quand elle céda, lui laissant son sac. Et de l’espace. Sur le coup, cela lui semblait encore la meilleure solution pour oublier Anima. Agir comme s’il n’était pas blessé, et elle non plus. Elle allait retrouver ses habitudes de routarde, laisser l’habitant lui montrer les beautés du coin, lui expliquer pourquoi il aimait vivre ici. Lui montrer ce qu’elle n’arrivait pas à voir. Lui montrer comment se sentir bien dans ce nid d’aiguilles. Partager un repas ensemble, discuter. Ce serait comme avant.

Ils arrivèrent enfin chez lui. Une sorte de vieil immeuble à la porte de bois dont le parquet grinçait et craquait. Elle fit ce qu’elle put pour balancer son poids sur les lattes imprévisibles, et fut plutôt fière de réussir à comprendre comment le bois fonctionnait, étouffant assez vite le bruit de ses pas, contrairement à Troy qui visiblement ne se souciait pas, ou plus, du grincement du plancher. Elle salua la voisine curieuse et entra dans l’appartement de Troy, reprenant son sac au passage.

Fais comme chez toi. La cuisine est droit devant, jointe au salon.
Je te prends au mot ! J’enlève mes chaussures ?

A bien y réfléchir, elle préféra les enlever, piétinant ses talons avant d’avancer en chaussettes dans l’appartement, les yeux curieux. Un appartement assez sobre, où l’on sentait néanmoins la présence de Troy. Peut-être grâce à quelques objets traînant ici et là. Un appartement plein de lumière, accueillant, qui laissait supposer que Troy vivait une vie moins solitaire qu’il ne le laissait entendre. Il y avait surement ici les soirées entre amis, les discussions, les rires. Et la cuisine ouverte dans laquelle elle s’engouffra, ouvrant le réfrigérateur sans plus de manière, y rangeant le lait, les œufs, le beurre avant de laisser les différentes baies, épices et autres denrées non périssables sur le comptoir, refermant la porte du frigo d’une pression du talon.

C’est bon ! On est repartis !

Elle jeta un dernier regard à l’appartement de Troy, se sentant un peu obligée d’émettre un petit commentaire.
C’est sympa chez toi.
Aussitôt suivi par une pique.
Je sais pas pourquoi, je me l’imaginais plus … spartiate. Des murs en béton, des stores cassés et un grand tableau avec tes différentes pistes et théories épinglées dessus … t’as fait le ménage ?

Elle lui décocha un sourire moqueur. Certes, l’appartement était sobre, mais faisait moins trou à rattata qu’elle ne l’aurait cru, surtout comparé à certains appartements dans lesquelles elle avait vécu, même si elle passait le plus clair de son temps dehors. Elle retourna vers ses chaussures, restant en équilibre sur un pied pendant qu’elle les renfilait. Elle tenta de chasser une mèche de plusieurs petits coups de tête et dû se résigner à parler à Troy à travers ses cheveux.

Alors, tu m’emmènes où ?


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Mer 24 Mai - 18:38
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OST | Bleach #22 Going Home  :
 

Et Caoimhe pénètre mon appartement comme aucune autre fille ne l'avait fait auparavant. Mon petit nid douillet n'appartient qu'à mes proches ; et depuis Anima, ceux-ci se comptent sur les doigts d'une main. Une main amputée de quelques phalanges. Mutilée. Et pourtant toujours pas sortie d'affaire. Disons que mon métier m'oblige à souvent me couper les ongles. Parfois jusqu'au sang. Mais...

Caoimhe est là.

Dans mon salon. Dans ma cuisine. Elle abandonne ses chaussures à l'entrée, délaisse ses provisions fragiles dans mon frigo et les autres sur le comptoir. J'appuie mon épaule sur le cadre de la porte, les pieds à terre, la tête dans les étoiles. Je me noie dans son immense crinière, au loin ; m'imagine perdre mes doigts entre ses mèches, effleurer sa nuque couverture d'une couverture de satin ; passer mon bras par-dessus ses épaules, nos flancs collés devant l'écran de la télévision, loin d'Anima.

C’est sympa chez toi. Je sais pas pourquoi, je me l’imaginais plus… spartiate. Des murs en béton, des stores cassés et un grand tableau avec tes différentes pistes et théories épinglées dessus… T’as fait le ménage ?

Je promène mon regard aux alentours, m'imaginant la planque de mon jumeau maléfique. Un halogène aux ampoules éclatées, une seule faisant office d'éclairage pour l'appartement entier ; une table basse recouverte de cartons de pizza, des conserves de fèves vides trainant ci et là ; un matelas miteux d'une personne dans un coin de la pièce, souillé d'urine de chat, les ressorts apparents ; tout un mur consacré à la campagne de ma carrière : le démantèlement de la Team Anima, et la domination du monde si affinités. Je laisse un rire m'éloigner de cette vision, mes yeux retrouvant le confort de mon appartement. Il m'a sauvé bien des fois de la dépression.

Il parait que je suis un être humain en dehors du boulot. Mais je donne souvent l'impression du contraire aux gens vu mon... Hm. Zèle ? Je crois que c'est le mot, répliqué-je tout sourire. J'ai une boite pleine de preuves sous mon lit, si ça peut te rassurer sur la marchandise. Toute affaire confondue. Ça permet de relativiser sur mon utilité quand tout semble aller mal. Ça arrive plus souvent qu'on y croit.

Comment a-t-on dévié sur le travail ? Change de conversation, Troy. Si tu l'as invité à la maison... Non. Si elle t'a demandé pour venir ici, ce n'est pas pour cracher du venin sur Anima et ses sbires. Prends-la par la main. Montre-lui qui tu es vraiment. En dehors du boulot, comme tu le dis si bien. Montre-lui l'être humain. Celui qui plait aux gens. Celui que tu mets en avant lorsque la situation l'exige, sous couvert de « stratégie de communication ». L'être humain complice, naturel, qui a convaincu si facilement ses amis mafieux. Troy O'Bowen. L'orphelin ayant toujours aidé les autres.

Je me reprends.

Caoimhe remet ses chaussures, les cheveux plein les yeux.

J'avance ma main.

M'arrête.

Hésite.

Puis dégage finalement son front, plaçant ses mèches derrière ses oreilles. Je croise son regard. M'y perds un instant. Retire ma main aussitôt. La gorge serrée.

J'aimerais te montrer le vrai Port-Mirage. Pas l'attrape-touriste de façade. Les ruelles de la ville suintent d'authenticité. Je m'y balade souvent, quand le temps s'y prête. On se croirait au beau milieu de nulle part. Dans un petit village de campagne. Avec ses habitants sincères. Ses cafés intimistes. Son atmosphère atypique.

Je brûle d'impatience d'utiliser mon joker. Ce panorama somptueux, par-delà la plage. Loin de la ville. Loin des touristes. Des rochers encerclant une baie privée, coupée du monde. Peu praticable à la nage. Une vue magnifique.

Je zieute les aiguilles de ma montre.

Il est encore tôt pour le coucher de soleil, mais...

Mais mon imagination a conclu ses nombreux scénarios possibles et imaginaux à cet endroit précis, sur cette simili-falaise, les pieds dans le vide, le cœur à l'horizon.

On fera un tour sur la plage, si tu veux. Je ne dis pas non à des crêpes chaudes.

J'ouvre la porte, invite Caoimhe à sortir.

Je crains que mon sourire naïf ne quittera pas mes lèvres, aujourd'hui.

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Mer 24 Mai - 21:32

Elle ferma un peu les yeux lorsqu’elle sentit les doigts de Troy effleurer son front, repoussant ses boucles, et les rouvrit droit dans les siens, sombres mais doux. Ils se rendirent brusquement compte que le temps avait passé plus qu’ils ne l’auraient cru et se détachèrent l’un de l’autre, Caoimhe rebaissa les yeux sur ses chaussures, quelques mèches retombèrent sur sa joue. Elle se faisait pitié. Franchement.

J'aimerais te montrer le vrai Port-Mirage. Pas l'attrape-touriste de façade. Les ruelles de la ville suintent d'authenticité. Je m'y balade souvent, quand le temps s'y prête. On se croirait au beau milieu de nulle part. Dans un petit village de campagne. Avec ses habitants sincères. Ses cafés intimistes. Son atmosphère bien à elle.

Parfait, c’était ce qu’elle voulait voir ! Sortir des sentiers battus, bien prévu pour les touristes. Trouver la véritable âme de Port-Mirage, derrière les apparences. Tiens, elle n’avait pas remarqué que même le nom portait ce visage double. Ahh, elle aurait dû faire plus attention, on nommait rarement un lieu n’importe comment. Il y avait des allusions, des doubles-sens, loin des décisions des syndicats d’initiative. Elle se redressa, enfin prête, agitant juste un peu ses chevilles dans ses baskets avant de décocher un sourire enthousiaste à son nouveau guide.

On fera un tour sur la plage, si tu veux. Je ne dis pas non à des crêpes chaudes.
T’as faim toi, dit-elle avec un rire en ressortant de l’appartement avant de baisser d’un ton, se souvenant que le parquet grinçait, que les voisins écoutaient etc. Le café, la poissonnerie, les crêpes … Soit tu vis dans le coin bouffe de Port-Mirage, soit t’es un sacré glouton !

Délestée de ses courses, elle dévala l’escalier sur la pointe des pieds, une véritable science développée par des années de fêtes entre ados dans une famille d’insomniaques et de colloc’ dans diverses villes qui demandait d’allier rapidité et discrétion si l’on ne voulait pas que l’inquisition d’un dormeur ne nous tombe dessus. Arrivée à la porte du hall, elle s’arrêta pour laisser Troy terminer de descendre les escaliers, d’abord, puis ouvrir la porte, ensuite. Si ce n’était pas pour son coquard et son éternel costard … quoique, elle était bien placée pour parler avec ses vêtements qui n’avait pas changé – mais qui avait été lavés régulièrement, on se calme – depuis son arrivée à Mhyone. Elle eut un petit pincement au cœur de honte. Certes, elle ne se promenait pas de ville en ville avec un dressing de starlette. Mais là … Elle avait un peu honte qu’il l’ait toujours vu dans le même jean, les mêmes baskets, le même T-Shirt accompagné du même blouson. Et puis mine de rien, il commençait à faire sacrément chaud. Les beaux jours revenaient … peut-être qu’elle ferait une dépense pour un short, pour d’autres vêtements. Enfin, elle devrait déjà payer des vêtements chauds pour partir au nord, dans le froid … rah non. Pas aujourd’hui. Aujourd’hui, il faisait beau, elle était en bord de mer, et elle allait en profiter.

Allez, je te laisse guider !


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Jeu 25 Mai - 1:28
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Je rejoins la chaussée, Caoimhe dans mon ombre. Je claque la porte derrière nous, plisse les yeux face aux rayons du soleil de plus en plus haut, plonge mes mains dans mes poches, longe le trottoir jusqu'à l'embouchure d'une ruelle. Je fais dos à la plage et m'engouffre dans l'ombre d'entre-deux rangées de bâtiments, un vent frais caressant mes joues roses. Je jette une œillade à ma collègue : elle me suit toujours, la curiosité en étendard. Je croise son regard, lui souris gentiment.

Tu sais pourquoi la ville a été baptisée Port-Mirage ?

Question rhétorique. J'éclaircis ma gorge, lève mes yeux au ciel, prends une grande inspiration – je profite de cette balade comme la dernière d'un condamné un mort.

Il y a plusieurs légendes à ce sujet. L'une d'entre elles remonte à des temps immémoriaux où Mhyone n'était qu'une plateforme de commerce d'un plus grand empire, convoitée par des pirates malintentionnés. Le protecteur de la ville, un animiste, fit un pacte avec les esprits de la nature – des Pokémons, selon toute vraisemblance – pour voiler d'un sortilège mystique la future Port-Mirage : l'illusion permanente d'une plage classique, déserte, sans intérêt.

Nous tournons à un virage, continuons sur notre route, zigzaguons à travers les ruelles aux noms atypiques pour nous retrouver au milieu du néant. Des couples se prélassent, main dans la main ; des habitants transportent des caisses d'une échoppe à une autre ; des gosses sortent d'un café avec des cornets de glace ; un vieillard profite de l'ombre d'un peuplier, assis sur un banc en pierre de cette place méconnue.

Bien sûr, il fallait que les marchands autorisés puissent passer au travers de ces défenses ; les navires commencèrent donc à être guidés par les esprits de la nature en question, et l'île de Mirabèce se développa comme jamais elle n'en fût capable. Puis l'ère des pirates s'acheva, et ces mesures drastiques s'oublièrent. Hélas.

Je foule la rue pavée, trébuche presque sur une pierre délogée, me retourne vers Caoimhe avec un sourire presque gêné. Je ralentis ma cadence pour revenir à sa hauteur, abandonnant mon rôle de guide pour embrasser celui de barde. Je me rapproche de son flanc au point que nos coudes s'effleurent. Que nos ombres s'enlacent. Nos esprits aussi. À un pas l'un de l'autre. À un geste de l'irréparable.

Une autre légende, plus terre-à-terre, justifie le nom de la ville à cause de la chaleur ambiante excitant le mercure des thermomètres. En regardant au loin, par certains jours de quasi-sécheresse, le soleil se réverbérant sur le sable jaune, on peut y voir un bras de mer à la place du village. Un problème lorsqu'on veut le trouver...

Un passant traverse la voie jusqu'à nous. L'homme nous salue de la tête, s'attendrit devant notre couple ; je lui rends ses salutations, ravalant mes pensées niaises. Il est dangereux de s'imaginer heureux dans les bras d'une femme. Elle pourrait refuser notre étreinte et briser notre bonheur cristallisé, bâti sur du vent et des fantasmes.

Mais n'est-ce pas ce qui est enivrant dans tout cela ? De se projeter vers un inconnu instable qui pourrait nous rendre surhumain comme nous dévaster à jamais ?

Je préfère la première légende. J'aime m'imaginer que de telles épopées aient pu voir le jour, pour justifier notre place dans ce monde hostile ; ou au contraire, la place de ces créatures surnaturelles dans le nôtre. Nous devons avoir un passé commun.

Je sors mes mains de mes poches. Les laisse pendre le long de mon corps.

Mes phalanges sont éperdument attirées par celles de Caoimhe.

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Jeu 25 Mai - 3:55

Elle suivait son guide de près, ne perdant pas une miette, ni de ses explications, ni du panorama, maintenant éclairé sous un autre visage. Celui de la piraterie, des flibustiers représentés le Pijako sur l’épaule, combattant des Clamirals. Le parquet de l’appartement de Troy prenait d’autres couleurs, peut-être poncé par des bottes de marins au cours des précédents siècles, tout comme certaines des rues qu’ils parcouraient dataient peut-être d’une autre époque. Elle avait lu quelque part qu’Hoenn avait été aussi une terre d’exil pour les différents pirates et corsaires faisant la terreur des mers. A cette époque, elle avait voulu devenir pirate, et elle était encore à peu près persuadée que si elle avait vécu à l’ère de la piraterie, elle se serait embarquée, ne serait-ce que pour le plaisir de voyager.

Port-Mirage avait réellement une autre face lorsque l’on empruntait les bonnes rues. Tout était plus petit, mais l’on respirait mieux. Elle observait tout autour d’elle avec des yeux gourmands, cherchant chaque détail qui aurait fait que cette rue n’était pareil à aucune autre dans le monde. Ici, un dessin dans le pavement, là une pancarte représentant un Poissirène, un parc de jeux pour enfants. L’endroit semblait être apprécié des couples au moins. On y voyait moins de touristes – à moins que ce ne soit pas un grand jour d’affluence – et plus de personnes qui semblaient flâner sans être perdues, un peu comme eux. Ils prenaient une rue comme au hasard, et avançaient en souriant. Elle s’en voulut presque de regarder tout avec de gros yeux de Barpau, au lieu de respirer et de prendre son temps.

Elle tourna brusquement la tête vers son guide, coupée dans ses reflexions, lorsqu’il trébucha sur elle ne sut trop quoi, perdant brièvement l’équilibre. Elle eut le souffle d’un rire et revint à son côté, le laissant continuer son exposé. Elle écoutait plus qu’elle ne regardait maintenant, voulant surtout profiter de la promenade et respirer de la pression de ces derniers jours. Il conclut sa petite présentation de la ville de manière plus subjective. Il préférait la légende lui aussi. Les pirates, l’aide des Pokémons et des pirates, ce secret loin de tout, cette complicité. Elle ramena une mèche de cheveux derrière son épaule en prenant la parole.

L’un n’empêche pas l’autre.

Sa main retomba le long de sa jambe. Son bras effleura celui de Troy, leurs mains se heurtèrent, puis repartirent chacune de leur côté, penaudes. Elle se mit à parler avec les mains, les agitant au même rythme que ses paroles pour les garder occupées, un œil sur Troy.

Je trouve que la légende et l’explication, um, scientifique, se recoupent pas mal. Peut-être qu’elles se rejoignent !

Troy, sa barbe pubère et ses cheveux en bataille. Ses yeux cernés mais vivants, visiblement heureux de partager un peu de son quotidien avec elle ; tout comme il avait partagé avec elle des batailles, des piques et des anecdotes. Elle détourna le regard, observant un peu mieux le parc autour d’eux.

A Sinnoh par exemple, nous avons deux triades divines. L’une des deux est composée de Créhelf, Créfadet et Créfollet, qui aurait donné aux humains, et aux êtres vivants les émotions. On en parle en disant qu’il a appris aux hommes « la beauté de la tristesse et la douleur de la joie ». C’est quelque chose d’assez … physique au fond. Et en même temps, c’est vrai que les émotions les plus fortes deviennent carrément physiques ! Avoir l’estomac noué quand on stresse, mal au cœur quand on s’énerve, ou même pleurer de joie !

Elle se rendit soudain compte du côté bancal de son argumentation, qui lui semblait bien mieux construite dans sa tête.
Haha, désolé, c’est le cours de ma sœur qui parle, mais c’est vrai que j’ai toujours adoré la manière dont les légendes et la réalité se recoupent. Parfois trop bien pour qu’on ait envie de se dire que c’est inventé… Tu viens souvent par ici ? demanda-t-elle soudain.

Etait-ce un endroit secret, connu seulement des meilleurs guides de la ville et des habitants curieux, ou était-ce un lieu où il venait régulièrement flâner, réfléchir au nom de sa ville d’adoption et aux pirates des temps anciens ?


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Jeu 25 Mai - 11:23
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Caoimhe prend le relai sur la narration, partage ses propres légendes de cœur. Elle s'attarde sur l'un des êtres d'un trio légendaire responsable de toutes les émotions, conflictuelles et synchrones à la fois. Elle décrit l'amour sous couvert de psalmodies. S'y attarde malgré le fil emmêlé de ses pensées. Je l'imagine avoir les joues en feu en croisant mon regard attendri. Mais je n'ose pas lui tendre cette perche.

Je lui laisse montrer les trésors que son cœur abrite. Je profite de sa voix peut-être un peu trop aigüe, peut-être un peu trop pressée ; et j'y perçois maintenant des allures de chant de sirène. Elle me happe dans sa caverne, sous des remouds salés. J'y plonge le sourire en premier. Je pourrais l'écouter pendant des heures...

Haha, désolé, c’est le cours de ma sœur qui parle, mais c’est vrai que j’ai toujours adoré la manière dont les légendes et la réalité se recoupent. Parfois trop bien pour qu’on ait envie de se dire que c’est inventé…

Sa sœur. Elle a une sœur.

Je ne sais rien d'elle. Et pourtant, je m'accroche au moindre détail de sa vie comme une moule sur un piquet. Combien a-t-elle de frères et de sœurs ? Qu'est-ce qui l'a amené ici, en Mhyone, sans aucune possession ? Quelle était sa vie, avant le vol de sa valise ? Pourquoi le destin a mis cette créature en travers de ma voie ? Une simple coïncidence ? J'ai jeté un œil à la couverture du livre de sa vie, et désire maintenant promener mon regard sur chaque lettre d'encre l'ayant caressée.

Tu viens souvent par ici ?

À moi de reprendre la parole. De m'ouvrir à elle, de souffler sur les braises de notre... duo... pour nourrir le feu qui me ronge l'estomac. Ce n'est pas la faim. Mais bien pire.

L'endroit est tranquille. Nous devions nous donner rendez-vous près de cette place, avec des amis, il y a quelques mois... et je me suis surpris à y flâner, ici et là, ayant un peu de temps libre avant l'heure pétante. J'ai fini par m'échouer dans ce café.

Je désigne l'enseigne du bâtiment de la main, avant de guider Caoimhe vers un chemin de terre étroit descendant en contrebas. Je l'invite à passer devant, posant soigneusement sa main sur son dos ; et décale mon corps pour lui laisser la place sur ce chemin à deux épaules de largeur. Un courant d'air soulève ma cravate.

Les piliers de bar m'ont invité boire un coup avec eux. Sûrement à cause de ma tenue. Mais ça m'intriguait de voir autant de candeur. Alors je les ai rejoint, et nous avons discuté. Longtemps. Au point d'en oublier mon rendez-vous. Si mes collègues ne m'avaient pas appelé, j'y serais resté jusqu'à la fermeture, et même après.

Nous descendons. Sur le chemin escarpé. Mes mains sur les façades de chaque côté de la voie pour me rattraper en cas de maladresse. Le vent m'apportant le parfum naturel de ma... collègue... sur un plateau d'argent. L'adrénaline foudroie mon corps. Mes poumons se gonflent d'excitation. Je ferme les yeux, serre les dents, dilate mes narines pour laisser passer ce... cet éternuement du cœur.

Et puis, enfin, nous atteignons le chemin de ronde cerclant le vieux Port-Mirage. Les pentes sont traitres : plus l'on s'éloigne de la plage, plus l'on grimpe. Et à cette hauteur, digne de celle d'un phare, nos esprits peuvent se perdre sur des lieux.

Alors j'ai loué un appartement sur le port. Loin de mon petit jardin secret. Proche des commerces pour survivre sans crapahuter machinalement dans ces ruelles et gâcher mon expérience, comme si l'on mangeait trop de baies Fraive au point de s'en dégoûter à vie. Je devais rationner mon pêché mignon. Donc, pour répondre à ta question... Non, je ne viens pas souvent ici. Et encore moins accompagné.

Je m'appuies sur la rambarde en pierre, me penche en avant, les bras croisés.

Tu disais avoir une sœur ?

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Jeu 25 Mai - 16:01

Son cœur se tordit lorsqu’elle sentit la pression de sa main dans ses cheveux, dans son dos, juste sous les omoplates. Elle remercia Créfollet tout en l’insultant in petto qu’il ne la voit pas rosir. Elle n’avait pas eu tant tort de parler de ce petit esprit farceur qui semblait s’être trouvé un nouveau jouet qu’il lançait, faisait retomber, rouler selon ses caprices. Elle aurait autant apprécié que son nouveau joujou ne se trouve pas être son cœur à elle. Non mais qu’est-ce qu’il lui prenait ? Elle n’était plus une ado fleur bleue à rougir de son crush en regardant ses chaussures et à balbutier dès qu’il posait les yeux sur elle. Elle n’avait jamais été de ce genre. Elle respira profondément, cherchant à se calmer et à écouter Troy, osant parfois un petit coup d’œil par-dessus son épaule.

Il lui expliquait pourquoi il vivait ici, il répondait à des questions qu’elle n’avait même pas posées, montrait que lui aussi grignotait son petit morceau de vie, mais avec parcimonie, avec précaution, contrairement à elle qui rongeait jusqu’à l’os, jusqu’à la moëlle. C’était une bonne façon de vivre, modeste, qui ne demandait rien à personne. Une manière de vivre qui lui allait bien, qui allait bien à la ville, qui allait bien à son éternelle cravate, à ce côté raisonnable et solitaire. Mais qui convenait aussi terriblement bien à ce mystère, à ces bras tatoués. Y en avait-il d’autres sous la chemise ? Elle rougit de l’imaginer sans, d’imaginer ses épaules, son cou, son dos … Elle fut sauvée du dérapage par un autre dérapage, un peu de terre cédant sous son talon, la faisant glisser un peu et s’accrocher par réflexe au mur. Un mur de vieille pierre et de crêpi, avec de la mousse qui poussait dans les interstices. C’était un beau mur auquel elle n’avait même pas fait attention jusqu’ici.

Ils arrivèrent enfin à un promontoire, surmontait un mur du vieux port, un endroit oublié, qui ne méritait pas d’être oublié. Un précipice abrupt s’ouvrait après une rambarde de vieux béton pierreux, et pourtant même là se trouvaient des fleurs, rares mais présentes, les vagues léchaient le bas de cette falaise artificielle, et l’on voyait loin les différentes plages. Elle remarqua alors la présence de vieilles fleurs dans l’eau. Des hibiscus entre autres. C’était beau. L’air marin les caressait, frais et salé. Elle s’appuya à son tour contre la rambarde. Elle sentait ses cheveux caresser les épaules de Troy, balayés par les embruns. Elle se rapprocha un peu de lui, laissa leurs coudes se frôler, continuant de s’emplir les yeux du camaïeu de couleur de la baie. Elle était au bord de l’apnée. Il n’y avait personne autour d’eux. Juste eux deux. Privilégiés. Avec une grosse envie de se rapprocher un peu plus l’un de l’autre. Il n’était jamais venu accompagné ici.

Tu disais avoir une sœur ?

Um, oui. Elle soupira, tenta de retrouver une composition, elle regarda droit devant elle, vers l’horizon, vers Sinnoh peut-être. Je suis l’aînée de cinq enfants en fait, trois filles et deux garçons. Et ma sœur Elisabeth étudie les Pokémons, enfin, surtout les légendes concernant les pokémons, l’archéologie, etc. Ensuite, il y a Nathanaël, Adam et Beatrice. Une grande famille !

Elle s’appuya mieux sur la rambarde, y laissant tout son poids. Parler de sa famille la détendait un peu.

C’est beau ces fleurs dans l’eau … c’est quoi à ton avis ? Une fête ?

Son cœur eut un petit pincement. Les rares fêtes auxquelles elle avait assisté où il y avait des lâchers de fleurs dans l’eau étaient des mariages. Autant dire que le sort s’acharnait sur elle.

Désolée si ma question est stupide, je voyage en ne prenant que peu d’infos sur les villes que je visite, je préfère découvrir sur place un peu. Apprendre hors des bouquins … elle le poussa d’un gentil coup de coude dans les côtes, et le mieux est encore de demander à quelqu’un du coin !


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