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Whiskey et biscuits [Pv.Troy]

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Ven 9 Juin - 0:13

Elle sentit une décharge parcourir son dos. Elle sentait les poils drus de la barbe de Troy contre sa joue, contre la naissance de son cou. Elle sentait son souffle tout près de son oreille. Son ton intimiste et espiègle se frayait un chemin dans son oreille. Elle le sentait sourire, si près de sa gorge. Elle sentit le sang lui monter aux joues. Il se recula, se retourna sur les enfants. Elle eut une courte pensée de regret pour ses lèvres qu’elle aurait aimé sentir sur elle, une pensée vite étouffée par la gêne.
Oui, nous sommes amoureux. Pardon. Nous nous baladions dans les rues de Port-Mirage pour nous raconter des petits secrets et nous faire... des bisous. Plait-il.

Son cerveau court circuitait pour de bon. Elle avait l’air d’un Psykokwak, les yeux écarquillés. Même à elle il lui faut deux secondes pour imprimer. Même à elle qui était impudique. Même à elle qui ne prenait pas ses amourettes au sérieux. Pourquoi est-ce qu’il lui faisait cet effet-là ? Pourquoi est-ce qu’avec lui, maintenant, ça la gênait de jouer au couple ? Un mois auparavant, sur les docks, elle lui aurait presque roulé une pelle par simple jeu d’actrice et là, l’entendre parler de « bisous », le mot le plus chaste du dictionnaire pour parler de baiser, lui faisait perdre toute contenance, les joues rouges et le souffle court. Elle avait eu moins de gêne en biologie lorsqu’il s’était agi d’étudier en détail le grand cycle de la vie ! Quand le courant revint pour de bon entre ses différents neurones, ce qui nécessita un ou deux chapelets de jurons in petto, les deux gosses s’éloignaient. Elle avait plus ou moins suivit la conversation.

Et lui qui se relevait comme si de rien n’était, la regardait en souriant, l’air content de son tour. Comme si de rien n’était. En même temps, c’était le cas en soit, hein. Rien de bien important. Mis à part que son cerveau se rappelait qu’il appartenait à une blonde et était parti se trouver plus sérieux comme propriétaire. Elle n’aurait pas dit non à un bain glacé tout de suite.

Ils ont soulevé un bon point. Je prendrais bien une petite crêpe...
Elle réussit à reprendre contenance avec un peu de retard. Son cerveau se remit en marche, à comprendre que l’on parlait de crêpe. Même si celui qu’il fallait remercier était plutôt son estomac. Et sa gloutonnerie.

Chantilly, pépites de chocolat, miettes de biscuit, boule de glace vanille, coulis de caramel. Dans une crêpe, oui. En cône. Parce que c'est ça aussi, Port-Mirage. Mais d'abord, il va falloir sécher tes larmes de Crocorible... ~
C’est possible de mettre autant de truc dans une crêpe ? demanda-t-elle en se relevant, essuyant rapidement le reste de larmes qui pouvait perler sur ses joues, se forçant un peu à sourire à nouveau. Au fait, bien trouvé avec les petits. Même moi je m’y attendais pas.

Saved. C’était évidemment la surprise qui lui avait causé de virer couleur écarlate avec des yeux de Barpau frit. Rien d’autre. Elle hésite entre la fuite en avant et le fait de ne pas bouger pour avoir l’air le moins suspect possible puis tire un petit sourire.

Tu avais dit sur la plage, non ? La plage, c’est toujours là où l’air est le plus frais !

Et c’est comme ça qu’avec ses simples sens de Nirondelle voyageuse, elle sortit du parc, le nez levé, repassa à côté du bar, sembla tester différents courants d’air, et s’engouffra dans une ruelle au petit trot sans même concerter son guide. Elle avait parfaitement confiance en son sens de l’orientation en milieu inconnu et en sa capacité de transformer le fait d’être perdue en promenade de santé. Et effectivement, après plusieurs détours et carrefours où elle se laissait guider autant par son odorat à la recherche de sel, que par sa vue à la recherche de bleu et d’ouverture, ils arrivèrent sur une promenade surplombant une plage.

Ta-dam ! ne put-elle s’empêcher de se vanter, les mains sur les hanches. Marcher en ignorant à moitié Troy lui avait fait du bien. Son visage avait retrouvé une teinte normale et elle put lui servir un sourire carnassier sans rougir.


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Ven 9 Juin - 22:55
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OST | Francisco Tárrega - Capricho árabe :
 

Les rôles s'inversent. Je lui donne ma casquette de guide pour la protéger des rayons de soleil et me réfugie dans son ombre. Nous voguons ci et là, navigateurs intrépides accros à l'aventure ; d'abord une première ruelle sans nom ; ensuite un passage escarpé à flanc de ravin ; enfin une rue piétonne aux mille parfums. Mais ni la plage, ni mon crêpier favori ne sont ici ; nous devons aller plus loin, toujours plus loin.

Ta-dam !

Devant nous, le sable fin et ses commerces sur ponton en bois. Caoimhe se retourne vers moi, me nargue, si fière de son sens de l'orientation. Mais elle attend de moi que je prenne le relais. Que je la mène vers cette crêpe tant promise. Que l'on foule le rivage pieds nus. Que l'on zigzague vers l'eau à cause de la chaleur, incapable de poser le pied plus d'une seconde. Que nos épaules se frôlent par mégarde...

Le crêpier est à quelques minutes d'ici. Il va falloir longer la plage. Son stand est à l'opposé de l'appartement, mais c'est l'occasion de brûler les centaines de calories que l'on est sur le point d'ingérer ! Je suis si prévoyant.

Je souris en coin, manque de ricaner, avance vers le sable, m'assieds sur une rambarde en pierre. Je me penche, défais mes lacets, retire mes mocassins, y enfonce mes chaussettes roulées en boule. J'empoigne la paire et pose un pied sur la plage.

Ou devrais-je dire, sur le tapis de braises s'étendant à perte de vue.

C'est... très chaud. Il va falloir presser le pas !

Et puis, l'idée du siècle.

Une qui ne déclenchera pas un cataclysme au sein de mes hormones, Caoimhe en pleurs dans mes bras, moi presque en pleurs dans ses bras, le destin s'amusant à faire léviter une branche de houx au-dessus de nos têtes. Cette fois, nous ne sommes que deux enfants profitant d'une journée ensoleillée entre deux devoirs maison.

On fait la course ?

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Sam 10 Juin - 0:35
Elle ne lui répondit qu’en s’élançant en avant, chaussures retenues par leurs lacets à la main. Le sable lui brûla la plante des pieds, mais seulement pour mieux l’éperonner. Elle ne lui jeta même pas un regard, même pas un rire. Il comprendrait bien en la voyant loin devant lui, et continuant de s’éloigner, sa crinière s’étendant derrière elle. Après seulement quelques foulées déséquilibrées par le sol s’affaissant sous ses pieds, elle courrait à pleine vitesse, avec un démarrage digne d’un Galopa. Tout son corps donnait le rythme, donnait le rythme, se lançait en avant, cherchait à distancer un peu plus son poursuivant. Son cœur entraîné bat la mesure, exulte, lui crie de continuer, de le semer, de lâcher ses chaussures qui lui font un poids, qui déséquilibre ses bras qui se balancent, qui regrettent l’époque où les humains comme les pokémons galopaient sur leurs quatre membres pour mieux s’élancer en avant.

Elle ralentit un instant pour repérer son objectif – relativement facile à repérer car surmonté d’un superbe cornet de glace en papier mâché – et repartit de plus belle, les poumons renâclant un peu de son rythme effréné et de son surplus de vêtements, mais parcourue de la joie animale de courir, et de l’envie de planter Troy, de gagner à tout prix leur ridicule compétition. Elle se promit de lui demander comme prix de vainqueur une glace « Port-Mirage » comme il lui avait décrite. Avec la moitié de la garniture du glacier dedans.


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Sam 10 Juin - 9:23
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OST | Estas Tonne - Song of the Golden Dragon :
 

Les étoiles s'alignent pour sublimer notre course. Des adolescents gesticulent dans tous les sens lors d'une partie de beach-volley ; un gamin lève son pied au-dessus d'un château fort bientôt annihilé ; un couple de retraités laissent les rayons du soleil leur ronger la peau ; deux amants se bécotent à l'ombre d'un parasol, l'un dans les bras de l'autre. Et nous, nous traversons ce dédale de tranches de vie avec l'espoir de connaitre tout cela ensemble. Dans un futur plus ou moins proche.

Caoimhe me dépasse, mutile le sable de ses empreintes de pas. Elle court à une vitesse improbable, le diable en personne à ses trousses ; et je la suis de près, de trop près peut-être, assez pour que mon haleine sulfureuse lui caresse la nuque.

Mais sa croupe me charme et mon regard s'y perd. Je lorgne sa tignasse de rêve une demi-seconde, perds mon rythme de croisé, saute une inspiration, lutte à la retrouver pour alimenter ma machine viciée de nicotine. Et lorsque je me ressaisis, referme mon poing, fronce les sourcils, accélère à m'en fouler une cheville, il est déjà trop tard.

Ma muse atteint le palier du crêpier, tout sourire, le souffle haletant. Une seconde et demi de distance. Il a suffi d'une seconde et demi pour qu'elle escalade le piédestal de mon cœur ; si belle lorsqu'elle se montre épanouie, fière d'elle, si forte.

J'en plierais le dos pour la vénérer chaque jour. Il existe des déesses ayant dicté les mœurs des hommes en tout temps ; je crois aujourd'hui avoir rencontré une descendante de leur longue lignée. Et peut-être ferait-elle de moi... un dieu ?

Tu es plus féroce que je ne le pensais ! Je vais sérieusement devoir arrêter la cigarette si je veux te surpasser un jour. Cette connerie me plombe la santé...

P.S. : je suis en train de cracher mes poumons.

Tout comme ces magnifiques crêpes que je vais dé-vo-rer.

J'avance vers Hypolithe, pose mes chaussures sur le ponton en bois sur lequel est bâti le stand, extirpe mon porte-cartes de la poche de mon pantalon, salue l'homme sans zieuter une seule seconde sur la carte ni sur les ingrédients en vitrine.

Tiens, Troy. Ça fait un bail. Et faisant du sport, qui plus est ! Tout va bien ?

Il ricane, s'appuie sur son comptoir, se penche en avant.

Quelle est donc la charmante personne t'ayant ridiculisé ?
Une bonne amie, attrapé-je la première perche me venant à l'esprit. Caoimhe, je te présente Hypolithe. Hypolithe, Caoimhe. Vous devriez bien vous entendre, vous avez tous les deux un nom à ronger des os.
Une amie, hm ?

Oui. Ne rebondis pas là-dessus s'il te plait. C'est déjà assez bizarre comme ça. Mais je crois que mon oeillade à demi-gênée dévoile déjà le fond de ma pensée...

Oh. C'est un honneur de faire ta connaissance, partenaire de nom alambiqué.
Je lui fais visiter Port-Mirage pour la journée, et je me suis dit : « tiens, peut-on vraiment faire le tour de la ville sans goûter aux délices de ce cher Hypolithe ? » ; bon, la réponse est bien évidemment oui, mais j'avais un petit creux, alors...
C'est de bonne guerre. J'ai demandé à classer ma crêperie comme bâtiment historique mais ils n'ont pas voulu.
Haha, t'es con.

Il saisit une louche, l'immerge dans un récipient de pâte, recouvre une poêle extra-fine posée sur un réchaud portable. La crêpe crépite, envoûte mes tympans.

Qu'est-ce que ce sera pour vous alors ?
Une spéciale pour moi, dis-je d'un clin d’œil complice. Et pour madame... ?

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Sam 10 Juin - 20:05

Elle trébucha, manqua de tomber à plat ventre dans le sable, jeta ses chaussures derrière elle pour rétablir son équilibre et continua sa course, un grognement aux lèvres, à demie pliée en deux, jetant de grandes gerbes de sable derrière elle. Elle bondit sur le ponton pied nus, sentant le bois sombre chauffer encore ses pieds qui sautillaient de leur arrêt précipité. Mais avant Troy. Elle en était persuadée, elle était arrivée avant lui. Elle s’écrasa à moitié sur le comptoir, la langue tirée sur son sourire cuspide, ce qui ne l’empêcha pas de claironner un bonjour joyeux au glacier.

Tu es plus féroce que je ne le pensais ! réussit à cracher Troy entre deux quintes de toux et sifflements. Je vais sérieusement devoir arrêter la cigarette si je veux te surpasser un jour. Cette connerie me plombe la santé...

Elle haussa les épaules avec un rire provocateur. En effet, peut-être qu’arrêter de fumer rendrait les courses poursuites un peu moins inégales. Et l’empêcherait d’empester le tabac à deux kilomètres. Surtout le tabac industriel. Autant se fumer un pot d’échappement.

Tout comme ces magnifiques crêpes que je vais dé-vo-rer.
J’ai gagné, tu m’en dois une. Décréta-t-elle aussitôt avant que l’occasion ne lui glisse entre les doigts.

Ce fut ensuite au glacier de s’en mêler, visiblement heureux d’avoir une cliente avec autant de répondant, au bras d’un fidèle consommateur visiblement. Elle le salua à nouveau, esquissant un salut d’un chapeau invisible, le coude contre le comptoir, riant dans sa barbe des sous-entendus d’Hypolithe. Troy était visiblement un homme d’habitude, qui quand il ne fonçait pas tête la première vers une mort certaine aux mains d’une organisation criminelle aimait son petit confort, ses petites adresses, son petit train-train. C’était la nomade qui se moquait du sédentaire. Littéralement. Mais pas méchamment. A charge de revanche. Et en profitant que l’attention de Troy soit sur son ami pour lui jeter de petits coups d’œil, par touches, puisque de toute manière, elle était tournée vers lui. Leur course avait un peu défait son col de chemise, dévoilant de l’encre sur sa nuque. Peut-être des chiffres anciens. Quelque chose de simple en soit, simple mais efficace : elle se rendit compte d’un coup qu’elle se mordillait un ongle, le menton dans la main, s’oubliant un peu. Son cerveau lui murmurait insidieusement qu’elle n’aurait pas dit non à un autre genre de quatre heures. Heureusement, une longue expérience lui avait appris à regarder sans montrer trop, aussi se redressa-t-elle pile au bon moment. Ni vu ni connu.

Une spéciale pour moi ! Et pour madame... ?
Um, tu m’as parlé d’une crêpe avec une tonne de garniture, je sais pas si c’est ça la spéciale, mais c’est ça que je veux ! Je vais te ruiner, haha !

Elle tapa sur le dos de Troy, geste venue d’elle ne savait trop où pour l’aider à nettoyer pour de bon ses bronches encrassées avant de s’éloigner vers la plage.

Je retourne chercher mes chaussures avant qu’un Pokémon ne les mange, si c’est pas déjà fait !

Elle lui sourit une dernière fois puis re-sautilla sur le sable, ses pieds grillant à chacun de ses pas, que ce soit sur le ponton ou sur la plage. Refaire le chemin plus doucement lui permit de regarder le paysage, de sentir le vent, d’arbitrer de loin le match de volley. Elle jeta un coup d’œil derrière à la silhouette de Troy, toujours sur le ponton, en pleine discussion avec Hypolithe. Sympa cet Hypolithe. Un bon sens de l’humour, de bons yeux rieurs. Le genre commercial, mais qui vous mettait à l’aise. Elle nota plus ou moins l’adresse dans un coin de son cerveau. Quelque part, sur la plage, sur un ponton, avec une grosse glace en papier mâché au-dessus de son local, parce qu’il vendait aussi des glaces. Elle aurait bien aimé une glace par cette chaleur, surtout alors qu’elle ne pouvait pas enlever son blouson.

Quand elle reporta son attention sur ses baskets, elle se retrouva nez-à-nez avec un Snubbull qui tenait sa chaussure droite entre ses pattes. Le pokémon appartenait visiblement à quelqu’un et n’avait pas peur d’elle, la regardant de haut en bas d’un air boudeur. En gros la seule tête qu’un Snubbull pouvait faire, même s’ils étaient connus pour leur bonne nature. Cependant, la manière avec laquelle le pokémon soutenait son regard donnait un mauvais pressentiment à Caoimhe.

Coucou toi, tu veux bien me rendre m-
Le Snubbull fit demi-tour et repartit avec sa chaussure.
HEY NON REVIENS.

Le Snubbull enfonça sa chaussure dans sa gueule et s’enfuit à toute vitesse. Caoimhe poussa un gémissement dépité, rattrapa sa chaussure orpheline et n’eut d’autre choix que de courir après le voleur. Et grands dieux qu’il était rapide. Ses petites pattes s’agitaient à toute vitesse, la laissant derrière, pieds nus. Au moins sa couleur rose vif lui permettait de voir le pokémon, mais s’il continuait comme ça, ça ne serait plus le cas longtemps. Elle libéra Lily de sa ball. La Luxray la regarda, l’air surprise.

Lily, catch that pink thing ! IT HAS MY SHOE.

Le Luxray cligna des yeux, semblant se verrouiller sur sa proie avant de s’élancer en avant. Une idée atroce traversa l’esprit de sa Dresseuse quant aux intentions potentielles de sa lionne.
DON’T KILL IT, glapit-elle au derrière poilu de Lily qui bondissait, pataude, dans le sable à la poursuite du pokémon fée. Même si elle le perdait de vue, elle saurait toujours le suivre, du moins c’était ce qu’espérait la jeune femme. Heureusement, une autre voix intervint assez vite.

Mister Beans !

Quelques explications avec une aimable quadragénaire plus tard, elle put enfin revenir vers le ponton, ses deux chaussures en main, même si elles avaient vu des jours meilleurs. Sa basket droite avait failli voir deux fois l’intérieur de l’estomac d’un pokémon dans la même journée – la deuxième gueule s’étant avérée bien plus baveuse que la première – et les deux étaient couvertes de sable.

Un Pokémon avait effectivement mangé ma chaussure s’expliqua-t-elle en riant aux deux hommes, cherchant des yeux les crêpes en s’essuyant rapidement la plante des pieds d’une main. Elle avait genre doublement mérité la sienne.


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Dim 11 Juin - 17:06
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OST | Estas Tonne - Song of the Golden Dragon :
 

Je retourne chercher mes chaussures avant qu’un Pokémon ne les mange, si c’est pas déjà fait !

Caoimhe s'éloigne après avoir fait connaissance avec Hypolithe. Son but : récupérer ses chaussures qu'elle a honteusement abandonnées pour gagner la course. Moi, je les ai gardées jusqu'au bout, à m'en trouver désavantagé à cause de la gêne causée !

Mais l'histoire ne retiendra jamais cette boutade.

Je me retourne vers mon ami. Il retourne ma crêpe d'un revers de poignet, trente ans d'expérience dans le geste. Il saisit un morceau de papier absorbant, le roule en cône dans un support de même forme, et y glisse un embout plus solide en plastique.

Une amie, donc ? se glisse-t-il dans les failles de mon jeu entre deux manœuvres.
Une amie.
Une amie que tu épèles « c-o-p-i-n-e » ? Tu n'es pas si enjoué d'habitude.

Il transfère la crêpe sur un plat, la laisse refroidir pour la manier plus tard.

Je mens mal à ce point ?
C'est le timbre de voix qui te trahit. Une octave trop aigüe par rapport à d'habitude. Que veux-tu, j'ai l'oreille musicale, et une mémoire auditive quasi-absolue.
Tu aurais dû faire espion.
Je n'aurais jamais rencontré Madame.
Justement !

Il rit à gorge déployée, verse d'une première main une seconde louche de pâte sur le réchaud ; et ouvre une vitrine réfrigérée de sa main libre, promenant un œil expert sur une dizaine de pots de glace entreposés côte à côte.

En tout cas, ne te fais pas de bile. La fille te dévore des yeux. Elle a presque le même regard que toi devant la spéciale O'Bowen, pour te situer sur l'échelle de l'envie. J'ai crû qu'elle allait te sauter dessus, haha.
Le même regard ? Impossible !

Il roule ma crêpe en cône, l'installe au sein du papier absorbant, récupère une cuillère à glace, la trempe dans de l'eau tiède, et arrache une boule au parfum vanille.

Haha, oui, tout de même, j'ai exagéré sur ce coup.
Je préfère.

Hypolithe s'occupe des dernières détails, chantilly, pépites de chocolat, miettes de biscuit, coulis de caramel, et me tend le tout d'un sourire charmeur. Il rajoute une petite cuillère en plastique transparent comme ultime touche – la cerise sur le gâteau.

Mais oui, j'avais remarqué que je lui plaisais.
C'est bien, tu n'es pas encore totalement aveugle.
Eh, ça arrivera bien un jour.

Il jette un œil derrière moi – vers Caoimhe en train de revenir de son périple.

Peut-être plus tôt que tu ne le prévois, Troy ~

J'empoigne l'offrande et mutile le parfait mélange d'ingrédients d'une bouchée.

C'est officiel entre vous ?

Je secoue vivement la tête, mes yeux écarquillés parlant à ma place.

Aaaah, je vois. L'amourette !
Boucle-la, elle va t'entendre.
Hahahaha. Vous êtes si mignons.
Schhhhht.

Hypolithe enchaine sur la commande de Caoimhe dans la foulée. Une réplique similaire en tout point, à l'exception faite que le gentleman prend son temps pour déposer chaque petit grain de biscuit ou de chocolat symétriquement afin de parfaire le rendu.

Quel escroc. Juste pour un pourboire et le joli sourire d'une jolie fille. Bon, pour le coup, il a raison. Car je vais aussi en profiter. Mais quand même ! Quand on parle du loup, on en voit la queue ; ma muse revient avec son trésor, le rire aux lèvres.

Tu t'es perdue en chemin ?
Un Pokémon avait effectivement mangé ma chaussure.
Rien de grave j'espère ?

Hypolithe pousse doucement la glace sur le comptoir, souriant à Caoimhe.

Et voici pour toi.

Et il me fait un clin d’œil.

Attends, pourquoi il me fait un clin d’œil ?

Je zieute immédiatement la glace de Caoimhe, certain d'y trouver une initiative gênante que seul Hypolithe se permettrait de m'imposer. Et je la trouve. Tout de suite. Sur la boule de glace vanille. Dessinée grâce à des copeaux de chocolat et des morceaux de biscuit. Là, tout juste sous les yeux de mon amie avec bénéfices.

Un cœur.

Et merde. Meeeerde.

Je détourne le regard aussitôt.

Eh bien, c'est qu'il fait beau aujourd'hui !

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Dim 11 Juin - 23:45

Evidemment, elle avait tout de suite vu le cœur dessiné sur la glace, et avait juste pris ça comme un clin d’œil, souriant à Hypolithe, toute prête à entrer dans son jeu pour lui dire qu’il était absolument adorable, ou le taquiner en lui demandant s’il faisait ça pour toutes ses clientes – ou s’il avait bien entendu que Troy payait. Mais c’était sans compter sur Troy justement.

Eh bien, c'est qu'il fait beau aujourd'hui !

Elle tourna la tête vers lui, le regard moqueur, les lèvres tordues par un rictus qui cherchait à contenir un rire.
T’es au courant que tu rends la situation encore pire ?

Elle ne retint pas plus longtemps un rire, ne résistant pas à l’air gêné de Troy.

Et pour répondre à ta question, non, rien de bien grave. Mes chaussures commencent même à se faire au faire d’être mâchée. En tout cas, merci Hypolithe ~ !

Elle attaqua sans plus de manière la crêpe en première. Il faisait chaud, certes, mais elle voulait profiter de sa crêpe à peine retirée du feu. Elle se posa contre une rambarde en guise de chaise, toujours pieds nus mais ses chaussures à ses côtés.
Ché délichieux ! Mais tu chais, Hypolith’, cha cher à rien de me faire gu gringue, ché pas moi qui paye, ché lui. Moi chai pas un rond ! Chuis une va-nu-pieds ! Littéralement ! 

Elle agita ses pieds et attaqua une deuxième bouchée de la crêpe, se laissant le temps de la savourer sans parler la bouche pleine, celle-là.

Ça fait longtemps que t’es installé ici ?


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Mar 13 Juin - 10:31
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OST | Estas Tonne - Song of the Golden Dragon :
 

Pas de clients à l'horizon. Hypolithe peut se livrer corps et âme à la question de Caoimhe. Les louanges envers la crêpe glacée du vieil homme l'a déjà charmé ; c'est donc la moindre des choses qu'il lui réponde avec le sourire.

Longtemps ? Ça dépend si tu veux parler du stand, ou moi et la ville. Donc laisse-moi préciser : non et non. Haha. Cela fait bien... oh oui, cinquante-deux que je me suis installé à Port-Mirage. Depuis le ventre de feu ma sainte mère, en réalité. Et j'ai aidé mon père vendeur de chouchous sur la plage Hibiscus dès que j'en ai eu l'âge. Vers douze ans, peut-être ? Ça fait un bail. Les mœurs ont changé, c'est certain. Les gens étaient bien plus pudiques. Maintenant, on voit des paires de fesses partout ! Je vais faire mon vieux râleur, mais la plage avait davantage... de charme.

Il croise ses bras, met sa bouche en coin, mire Caoimhe de la tête aux pieds.

Mais heureusement que tu es là pour rattraper le niveau, ma chère.

Je pouffe de rire, le nez dans ma glace. Hypolithe, ce charmeur. Il est l'oncle plein d'aventures dans les bottes que je n'ai jamais eu ; le roublard beau parleur animant chaque réunion de famille, du moins comme je les imagine grâce à une myriade de média, de ses blagues, anecdotes, et compliments parfois pas si bien jaugées.

Je m'installe aux côtés de mon amie, à une trentaine de centimètres, sur la même rambarde. J'extirpe mon portable, vérifie mes notifications, écoute leur discussion d'une oreille intéressée ; on ne sait jamais ce que je pourrais capter d'intéressant.

Et toi donc ? Depuis combien de temps es-tu là ? Et pourquoi, surtout. Ne me dis pas que Troy t'a honteusement kidnappé pour te faire visiter Port-Mirage.

Hypolithe pose la question qui fâche, le noeud du problème, le fantôme qui me hante depuis la balançoire. Pourquoi tu m'as appelé, Caoimhe ? Je bénis sa curiosité polie, sa politesse curieuse ; il me soulage d'un poids que je n'oserais jamais ôter.

Ce n'est pas mon genre, dis-je entre deux bouchées, un sourire en coin.
Non, bien sûr.

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Mer 14 Juin - 18:22

Elle dévorait sa crêpe, l’imbibant parfois de glace fondue, les yeux ouverts, curieux, rivés sur Hypolithe, buvant chacune de ses paroles. Il faisait partie de ses personnes qui semblaient être de véritables personnages de roman, dont on avait envie de savoir le moindre petit détail, la moindre petite anecdote ; ces personnes qui faisaient tout le charme d’un voyage et d’une curiosité pleine de spontanéité. Evidemment, il ne put s’empêcher de lui glisser un compliment dans la conversation, ce qui sembla faire rire Troy. Elle tourna la tête vers Troy, lui tirant sa langue encore colorée de caramel dans une grimace puérile, gardant pour elle son avis sur les fesses impudiques, les plages bondées, le nudisme, et la nostalgie d’une époque qu’elle n’avait pas connue.

Et toi donc ? Depuis combien de temps es-tu là ? Et pourquoi, surtout. Ne me dis pas que Troy t'a honteusement kidnappé pour te faire visiter Port-Mirage.

Elle sourit en coin aux petites piques qu’ils s’échangeaient avant de répondre à la question du glacier-crêpier. Elle s’offrit un petit instant de réflexion, achevant sa crêpe dans le même mouvement. Plus qu’à attaquer la glace. Même si elle avait vraiment faim maintenant.

En fait, je voyage, mon but à long terme c’est de faire plus ou moins le tour du monde. A mon rythme parce que franchement, un vrai tour du monde, ça se boucle pas en deux ans. Je veux tout voir. Bref. Je suis à Mhyone depuis bientôt un mois, et ça va faire bientôt deux semaines que Troy me doit une bouteille de whiskey, et que je lui dois une fournée de Poffins. Donc bon. J’étais dans le coin, je me suis dit : hey, serait temps qu’on règle nos ardoises. And here I am ! Comme quoi, j’ai eu raison de l’appeler, sinon je n’aurais jamais trouvé la meilleure crêperie de Mhyone. Et encore, je n’avance pas du monde, vu que, voilà, j’ai pas fait tous les crêpiers du monde, mais définitivement la meilleure depuis que je voyage ! 45 sur 20 ! Et je ne dis pas ça que parce que la crêpe vaut le détour ~

Elle termina sa tirade en s’offrant une bouchée de glace bien méritée, un grand sourire aux lèvres. Elle ne fut pas longue, cependant, avant que sa curiosité ne revienne au galop, encouragée par la familiarité bienfaisante d’Hypolithe, rouvrant ses grands yeux de Chacripan vers lui.

Et pourquoi tu dis que Troy m’aurait kidnappé pour m'amener ici ? C'est un coin où il amène beaucoup de monde ?



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Mer 14 Juin - 23:28
WHISKEY AND BISCUITS

OST | Estas Tonne - Song of the Golden Dragon :
 

Le même discours de frivolité. La liberté. L'esprit en mouvement. Le goût de l'aventure. Et pourtant, à ce moment, devant Hypolithe, en train de charmer mes papilles de cette glace somptueuse, mon cœur fermé aux anecdotes nostalgiques, je l'accepte. Caoimhe est la maitresse de sa propre existence. Ce n'est qu'une amie avec qui j'ai beaucoup d'affinité ; même si cette affinité plonge ses racines jusqu'à mon bas ventre. Pourquoi essayer de l'empêcher de suivre son destin ? J'ai tenté de lui ouvrir les yeux, tout à l'heure, mais n'ai réussi qu'à les noyer de larmes salées. Je ne dois pas lui imposer ma volonté. Je ne dois pas lui écorcher ses ailes angéliques et la cloitrer dans mes bras. Même si l'idée ébranle tout ce que je croyais être jusqu'à elle.

Troy ? Amener des gens ici ?

Hypolithe me cherche du regard, essaye de dénicher mon aval dans mon visage de marbre. Son petit silence en dit trop ; je hausse les épaules, m'occupe de ma glace.

C'est mon commercial préféré. Il m'envoie des tonnes de clients avides de saveurs, et moi, grand altruiste dans l'âme, je réponds à leurs besoins. Mais non, il n'est jamais venu ici avec quelqu'un. Toujours seul. De passage. Ou pendant ses jours de repos. Tu veux ajouter quelque chose, Troy ? J'ai peur de dire quelque chose de mal.
Tu ne dis rien de mal, c'est la vérité.
Oui, enfin, parler de toi à la troisième personne alors que tu es tout juste sous mon nez en train de déguster une glace, je t'avoue que ça me fait tout drôle.
Hey, Madame t'a posé une question ! C'était la moindre des choses de répondre.

Régler nos ardoises, hm. Une journée saine sans idée derrière la tête, à rompre le pain et boire de la vinasse divine. Pas de proposition tacite suite à notre balade dans les bois, à la construction du quartier général. Pas de perche tendue pour mon esprit noyer dans un océan d'hormones. Pas de baiser langoureux que j'aurais dû voler en contemplant le soleil se coucher. Et pourtant, tout semblait prévu. Par une entité supérieure jouant avec nos cœurs. Now, kiss her. Est-ce seulement l'envie d'une journée ? Une agréable sensation d'envie d'amour qui s'évanouira à son départ ?

Peut-être.

La seule chose qui pourrait me donner un semblant de réponse est de tendre moi-même ces perches audacieuses ; si elle les saisit à deux mains, son appel pourrait cacher de douces pensées inavouables. Et alors...

Et alors j'opterais pour le coucher de soleil.

D'ailleurs Caoimhe, je te dois toujours cette bouteille de scotch. On décale doucement ? J'aimerais passer chez Poissonnier avant midi, pour le déjeuner.
Ah, Poissonnier ! s'exclame Hypolithe. Il va bien, ce vieux loup de mer ?
En pleine forme. Il sort d'un régime méditerranéen, ça lui a bien réussi.
Il faudrait que j'aille lui rendre visite un de ces quatre, dit le glacier en hochant la tête de haut en bas. Mais je ne vous retiens pas plus longtemps. Filez, les jeunes.

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Jeu 15 Juin - 23:47

Elle acheva sa glace en quelques coups de cuillère rapide, mais tenta néanmoins de récupérer la crème fondue qui pouvait rester.
Ça a été un plaisir de te rencontrer, Hypolithe !

Elle sautilla sur un pied, pliée en deux, s’essuyant la plante des pieds une dernière fois avant de retrouver son équilibre, continuant d’égrener des promesses au glacier d’une voix pressée
Je reviendrai ! Promis !

Elle tapa ses chaussures sur le rebord du ponton pour en décoller le sable avant de renfiler ses chaussettes, se retournant vers Troy.
Par contre, tu sais comment y aller depuis ici ? J’veux dire, j’ai un bon sens de l’orientation, mais là j’ai un peu pris les rues au hasard donc… je suis perdue perso ! Hahaha !

Elle le laissa donc reprendre les devants vers le poissonnier. Encore une fois, elle était privilégiée. La seule à qui il faisait confiance, la seule à qui il avait souhaité dire adieu, la seule à qui il montrait les recoins cachés de Port-Mirage. Il l’aimait, elle en était à peu près certaine. Ou du moins il avait un faible pour elle. Et elle alors ? Pourquoi est-ce que la question lui importait autant ? Pourquoi est-ce que ça serait compliqué cette fois. C’était déjà compliqué en soit. Les circonstances de leur rencontre, de leurs disputes, la compétition qui les liait, la timidité, la pudeur aussi qui les retenait. Elle déglutit, se passant une main sur la clavicule. Il était temps de s’assumer comme une adulte sortie du lycée. Une grande fifille capable de prendre l’avion, de traverser plusieurs régions à pieds et de prendre rendez-vous pour ses vaccins toute seule. Est-ce qu’il lui plaisait ? Oui. Qu’est ce qui l’empêchait de concrétiser les choses ?

Son cœur galopait, et une partie d’elle avait envie de s’enfoncer dans le sable pour se cacher. L’autre avait juste envie de lui mettre un coup de pied au derrière et de lui dire de bouger. Au pire, elle ferait comme si de rien n’était, se collerait deux gifles d’elle-même et ne l’appellerait plus jamais. C’était aussi une solution. Elle avança sa main, la laissa frôler celle de Troy, la bousculer maladroitement et prit enfin son annulaire et son auriculaire entre ses doigts. Elle pouvait sentir ses joues la chauffer et son cœur s’écrabouiller timidement dans sa poitrine. Elle leva brièvement les yeux au ciel, suppliant Elekthor de la foudroyer sur place.


#4B996D - Voice actress : Ashly Burch (Aloy, Cassie Cage, etc.)


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Ven 16 Juin - 0:53
WHISKEY AND BISCUITS

OST | Estas Tonne - Song of the Golden Dragon :
 

C'est dangereux de marcher à l'instinct ! On s'y perd.

Madame demande un guide, et le guide s'exécute. Nous devrions mettre une dizaine de minutes d'ici jusqu'à « Frais comme chez Poissonnier », en s'autorisant quelques écarts vers des points d'intérêt sur notre chemin, des vitrines de la zone piétonne à la fontaine en marbre à l'effigie du fondateur de la ville. Mais le temps ne presse pas ; si nous devons doubler notre temps de trajet pour donner de la mie à quelques oiseaux de passage, alors nous le doublerons. Même si je m'amuserais à les poursuivre pour qu'ils s'envolent de panique, grand enfant que je suis redevenu !

Aaaaah, ça fait du bien.

Le boulot a bien trop pesé sur mon moral, ma vie, mes choix. Je me sens libre de tout boulet. Aucune chaîne ne tinte contre le sol derrière moi. Mon portable ne vibre pas toutes les cinq minutes, mis en sourdine. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Je... profite. Oui, c'est le mot. Je me contente de profiter de cette bulle d'oxygène dument méritée. Et la seule présence de Caoimhe semble consolider la fragile couche de ce havre de paix.

Nous nous baladons à travers Port-Mirage. Je choisis mon trajet avec soin. Cette fois, pas de course-poursuite endiablée sur un parterre de braises, ou dans des ruelles trop étroites pour que deux personnes n'y passent ; je guide mon amie vers des sentiers connus de tous, entourés par tous, ignorés par tous. Certains regards se perdent sur nous ; je souris en coin, m'imagine ce qu'ils peuvent imaginer de notre couple. Ça me donne du baume au cœur, quelque part. Sommes-nous crédibles, ensemble ?

Caoimhe se rapproche, effleure mon épaule de la sienne. Je promène mon regard sur les gens, les inspecte, les dévisage, leur donne une personnalité en fonction d'un style vestimentaire, d'une posture, d'une expression faciale. La main de mon ange saisit mon annulaire, mon auriculaire. Peut-être qu'un serial killer se cache dans cette foule impersonnelle. Ou le futur inventeur de l'année allant crier Euréka après un bienheureux accident. J'entremêle mes doigts avec ceux de ma muse. Lui prends la main. La caresse tendrement du pouce. Il y a tout de même un sacré paquet de gens. Peut-être est-ce à cause du soleil. Monsieur tout-le-monde adopte le comportement du jumeau maléfique du ver de terre, se cachant les jours de pluie pour sortir les jours d'été. Ont-ils prévu un barbecue pour le déjeûner ? Je balance doucement la main de Caoimhe d'avant en arrière, sans la brusquer. Hm. Tout ça m'a donné faim. Par chance, Poissonnier n'est plus qu'à cinq minutes d'ici, et il me préparera le meilleur poisson qu'un pêcheur ait pêché. Ce Magicarpe en papillote... une merveille !

Tu aimes le poisson j'espère ? J'ai une superbe recette ayant déjà fait des heureux. Trois fois rien. Des légumes, des agrumes, un Magicarpe, un four, et le tour est joué.

Je serre la main de Caoimhe, joue avec elle, danse avec ses doigts ; lui montre que son geste compte sans le crier sur tous les toits. Je ne lui jette aucune oeillade. Je ne veux pas envenimer la situation. Pourquoi compliquer les choses lorsqu'on peut prétendre du naturel d'un geste ? Nous nous baladons main dans la main. Comme n'importe quel autre couple l'ayant fait avant nous. Ce n'est pas si étrange.

Hm, quoique. Les Poffins réquisitionnent le four. Il faut que je change de recette...

Une épine dans le pied. Un bout de bois dans l'engrenage. Le train déraille et les défauts de mon plan me narguent. Les choses compliquées. Les éléments imprévus.

Caoimhe m'a pris la main.

Tu devrais réagir, Troy. Tu n'as pas les épaules pour encaisser ça sans broncher. Je te connais. Tu sautes de joie à l'intérieur. Tu n'es pas impressionnant, ni gentleman. La vérité est que tu n'oses pas conclure sur cette opportunité de touchdown. Tu te laisses faire en te berçant d'excuses. Tu n'as pas la mâchoire assez solide pour l'embrasser.

Disons des pavés à la poêle. Je devrai surveiller le feu, mais...

Tu pourras me reluquer pendant ce temps.

Je souris en coin, lève les yeux au ciel, censure ma libido plein d'espoir et dis :

Tu auras l'occasion de me voir dans mon beau tablier.

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Ven 16 Juin - 1:39
Elle se sentit pousser un soupir de soulagement. Pas de regard inquisiteur sur sa main, pas même de petit sourire narquois vers son visage cramoisi. Mieux et pire que ça à la fois : il lui prenait la main comme un geste normal. Quelque chose qui tombait sous le sens. Un sourire flottait sur ses lèvres. Elle en oubliait de regarder la rue et de goûter à l’atmosphère de Port-Mirage. Elle ne voyait plus que lui, ses gestes doux, le regard attendri. Elle l’écoutait lui promettre du poisson, soudain convaincue qu’elle allait goûter la meilleure recette de Mhyone.

Son sourire la réchauffa. Une partie d’elle avait envie de se blottir contre lui, contre ce sourire, contre son corps. Elle resserra un peu sa main sur la sienne.
Tu auras l'occasion de me voir dans mon beau tablier.
Sinon, tu sais, je n’aurais probablement pas le temps de faire les Poffins pour ce midi, vu qu’il faudra les laisser reposer un peu, donc tu peux prendre le four pendant ce temps-là ~

Elle roucoulait. Littéralement. Il y avait des trilles dans sa voix, elle haussait les épaules, faisait les yeux doux à son profil. Il avait une science du geste bien placé. Son esprit s’aventura sur la question des talents de ses doigts aux caresses. Mais elle ne disait rien, ne tentait rien. Elle avait envie de prendre tout son temps, de se laisser courtiser, charmer, cajoler. Elle n’avait pas envie de lui dire pourquoi elle l’avait appelé, ni les nouvelles de Kanto, ni de parler de quoi que ce soit. Elle aurait juste voulu être moins lourdement vêtue peut-être. Jouer d’un T-Shirt glissant sur son épaule. Ou tout simplement être là, avec lui.


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Ven 16 Juin - 11:31
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OST | Luciano Pavarotti - O Solo Mio :
 

Caoimhe m'assure de la longévité de notre rendez-vous. Elle ne pourra pas faire les Poffins à temps pour midi, glisse-t-elle l'air de rien. Autant les retarder le plus possible, quitte à les grignoter tard le soir, sous la couette ou devant un coucher de soleil...

Je serre sa main malgré moi, un frisson me parcourant l'échine.

Nous avons toute la journée devant nous.

Je lui offre une oeillade complice, mon sacro-saint sourire au coin de mes lèvres.

L'enseigne s'offre à nous à l'embouchure d'une rue, près de la côte. Je lâche la main de Caoimhe dans une dernière caresse, ouvre la porte du commerce. Une petite cloche annonce notre arrivée ; Poissonnier se retourne, son visage s'illumine.

Troy ! Tiens donc ! Que me vaut l'honneur de ta visite ?
Tu ne changes jamais de discours, pas vrai ?

Il pose ses mains sur ses hanches, promène son regard sur notre couple.

Et toi donc ? Magicarpe en papillote, deux personnes ?

C'est le genre de phrase complice, de private joke, qui porte confusion comme aucune autre. Je me dois de corriger le tir ; de me justifier auprès des oreilles de mon amie.

Alors, déjà, je maitrise le plat à la perfection maintenant, dis-je en levant mon index. Et ensuite, oui, cette fois, pour deux personnes, enchaîné-je d'un sourire, tapotant mon ventre. Je dois garder un peu de place pour le dessert !
Tu trahirais mes services ? Avec une telle pièce maitresse, il n'y a pas besoin de dessert ni d'entrée. Un poisson 100% frais, 100% naturel, 100% sans arête.
Tu prêches un converti.

Il pose un carré de papier sur son comptoir, l'orne de sa proie en son centre. Il replie les bords de l'emballage, le retourne, le pose sur sa balance, pianote sur ses touches dans une symphonie guillerette, colle une étiquette sur sa création et me la tend.

Ça fera six pokédollars.

Une réduction ? J'approuve le geste commercial.

Je hoche la tête, heureusement surpris, et dégaine mon porte-feuilles. Et comme toujours, je dégaine un billet de dix pour le tendre au meilleur poissonnier de Mhyone.

Tu ne m'auras pas. Garde la monnaie, répliqué-je d'un clin d’œil.
Je fais finir par avoir une ardoise longue comme le bras.
Haha, c'est de bonne guerre.
En passant, mes fils te remercient pour le croissant de la dernière fois.
Oh, c'était des croissants donc ?

Je jette un œil à Caoimhe, me doutant de sa perdition dans cette conversation trépidante bondée de rebondissements privés. Courage, lui souhaité-je en levant les sourcils, gardant mon sourire intacte pour qu'elle puisse s'accrocher à quelque chose.

On a longuement hésite, pour te dire. Mais notre boulangère a cette politique agressive de la « chocolatine », et je me suis juré de ne pas perdre la face contre elle.
Ça ne va pas mieux entre vous, si ?
C'est mon ex-femme. Je n'attends aucun changement venant d'elle.

Touché !

Le pêcheur récupère un sac plastique de son comptoir et y enfile mon achat.

Voilà pour vous. Bon appétit !
Prends soin de toi.

J’incline ma tête vers le pêcheur. Je fais claquer mes talons et rejoins la douce odeur de sel de la plage Hibiscus, la hanse du sac en plastique dans une main, l'autre discrètement tendue, prête à être empoignée, l'air de rien.

Promis, on rentre à la maison. Je suis sûr que tu as une image erronée de moi maintenant ! Je ne connais pas tout le monde de Port-Mirage. Seulement les meilleures adresses, haha. Et la meilleure des meilleures est à quelques maisons de là...

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Ven 16 Juin - 19:37
Elle lâcha la main de Troy avec un petit pincement. Elle aurait voulu continuer leurs caresses pendant des heures. Elle lui sourit puis entra à sa suite dans la poissonnerie aux murs en mosaïque, rangeant ses mains dans ses poches en jetant un œil curieux aux étals. Cette fois ne pas se trahir immédiatement. Ne pas dévorer Troy des yeux, malgré sa voix enjouée qui jouait avec ses nerfs. Elle avait beau ne pas le regarder, elle voyait son sourire… le contact de sa peau lui manquait déjà. Commença alors une conversation complice entre Troy et le poissonnier, pleine de sous-entendus. Elle écouta un peu mieux, un œil sur le poissonnier au sourire de Dentacrisse.

Et toi donc ? Magicarpe en papillote, deux personnes ?
Un pincement au cœur la surprit. Elle n’était donc pas la seule ? Ce n’était pas étonnant en soit mais. C’était dérangeant. Son cerveau lui jetait déjà l’image d’une rivale imaginaire la narguant depuis les bras de Troy.
Alors, déjà, je maîtrise le plat à la perfection maintenant, Et ensuite, oui, cette fois, pour deux personnes, la rassura-t-il d’un rire. Je dois garder un peu de place pour le dessert !

Elle sentit la brûlure dans son œsophage s’apaiser. Il y en avait eu d’autres, probablement, mais là, c’était simplement l’anecdote amusante d’un Troy glouton et maladroit. Une anecdote qui la ferait sourire plus tard. Il fallait qu’elle se calme. Qu’elle s’enfonce la tête dans un bac de glace s’il le fallait. Elle en était ridicule.

La discussion s’enchaîna sur une histoire de croissants et de divorce. Elle était larguée. Elle ressortit avec plaisir, retrouvant l’air frais, le soleil, et la main de Troy, la caressant du bout des doigts avant d’enlacer les siens.

Promis, on rentre à la maison. Je suis sûr que tu as une image erronée de moi maintenant ! Je ne connais pas tout le monde de Port-Mirage. Seulement les meilleures adresses, haha. Et la meilleure des meilleures est à quelques maisons de là...
Laisse-moi deviner… La boulangère ! T’as l’air de surtout connaître les adresses alimentaires ! T’es un fin gourmet en fait ~ J’ai intérêt à réussir mes Poffins.

Elle tira une petite moue avant de lui sourire à nouveau, serrant sa main, voulant la tirer à elle. Une partie d’elle avait envie de continuer leur promenade, de se laisser mener d’un bout à l’autre de Port-Mirage tandis que l’autre était pressée de retrouver l’intimité de son appartement, de se cacher aux yeux de tous. La simple idée lui évoquait un millier d’autres pensées, de tangos lascifs, sensuels. Ses canines lui taquinèrent l’intérieur de la lèvre tandis qu’elle lui jetait une brève œillade gourmande. Elle s’avança au-devant de lui pour lui tenir la porte en bois, privilégiée parmi les privilégiés, le laissant déverrouiller.

Si Monsieur veut bien s’en donner la peine ~


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