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Whiskey et biscuits [Pv.Troy]

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Ven 16 Juin - 21:16
WHISKEY AND BISCUITS

OST | Luciano Pavarotti - O Solo Mio :
 

J'enfonce ma clé dans la serrure, papillonnant des cils devant le visage amusé de ma muse. Je tourne le loquet, actionne la poignée, ouvre la porte ; et m'écarte pour laisser la place à Caoimhe de pénétrer le hall, crédo de gentleman oblige.

Si Madame veut bien entrer en premier ~ Mes yeux en seraient ravis.

L'abcès est crevé. Il n'y a plus à se cacher. Au moment où la porte s'est ouverte, où les regards du monde se sont détournés de notre couple, nous avons sauté à pieds joints dans le deuxième cercle des enfers : la luxure. Seule la curiosité de ma voisine de palier pourrait nous épier dans cette ascension vers le septième ciel ; mais sa chasteté l'empêcherait de trainer l’œil trop longtemps près du judas.

Je dévore ses forme du regard, me perds sur sa croupe alléchante, souris devant les promesses que m'offrent son corps. Je relève mes yeux, réalise la chance que j'ai de l'avoir rencontrée, souris de plus bel. Revenir à l'appartement est une mauvaise idée. Si près du canapé. Si près de la chambre. Si près du comptoir. Si près du sol. Le moindre faux pas nous emmènera sur une pente glissante et nous ne nous en relèverons pas ; du moins pas pendant l'heure qui suivra. Mais, après tout, qu'est-ce que nous risquons à sauter le pas ? Nous sommes des adultes conséquents. Majeurs, vaccinés. Il ne peut rien arriver de mal. Au contraire. Dans le pire des cas, nous en tirerions une joyeuse anecdote ; une piqûre de satisfaction et de confiance en soi pour la semaine à venir. Mais est-ce vraiment ce que je désire ? Le pire scénario ?

Non, bien sûr que non. Et c'est pour quoi je ne dois pas presser les choses...

Terminus, tout le monde descend !

Je change de clé, me répand en politesses devant Caoimhe, déverrouille la porte et l'ouvre aussitôt. Je la laisse entrer, emboite son pas, me dirige vers la cuisine pour y déposer mon poisson tout juste acheté. J'abandonne mes chaussures à l'entrée, dépose mes clés dans un bol fourre-tout, ouvre mes volets pour aérer et apporter un puits de lumière dans la pièce à vivre. Je zieute l'extérieur pendant une demi-seconde.

Tu as faim ? Que je sache si je dois commencer à préparer à manger, ou te laisse l'honneur de baptiser le four. Dans tous les cas, je mettrais la main à la pâte ~

Je lève une main vers elle, plonge l'autre dans la poche de mon pantalon.

Je te laisse y réfléchir. Je vais m'absenter aux toilettes en attendant... Fais comme chez toi. Sers-toi à boire, allume la télé, enlève ta veste... Mets-toi à l'aise.

Peut-être s'amusera-t-elle à inspecter en détails les breloques qui ornent mon appartement. Des indices sur l'homme qu'elle côtoie depuis ce matin. De rares photos de moi, mon frère, mes amis ; des rangées de bouquins policiers, philosophiques ; un Zippo finement ouvragé, gravé des initiales « L.O.B. » ; des prospectus empilés sur la table basse, du chinois à emporter au one-man-show amateur d'un comédien local ; des cartes de visite entreposées sur le meuble télé, les coordonnées de mon tatoueur trônant parmi toutes les autres. Je ferme la porte des toilettes derrière moi.

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Sam 17 Juin - 0:00
Elle ne chercha même pas à le tacler sur son allusion, ni à trouver une pique intelligente pour lui clouer le bec. Non, elle se contenta de pouffer de rire et d’entamer sa montée des escaliers. Doucement, sans manière, sans se presser. Sans avoir besoin de rouler exagérément des hanches, sans ressentir le besoin de bondir jusqu’au haut de l’escalier comme à son habitude. Leur petit jeu continuait, mais devenait conscient, délibéré. Ils arrachaient les ficelles des mains de Crefollet ou toute autre divinité joueuse que se fut et décidaient eux même des pas de leur danse.

Elle s’effaça aussitôt entrée dans l’appartement, retirant de nouveau ses chaussures et ses chaussettes pour s’aventurer pieds nus dans la pièce, un œil taquin sur l’homme, semblant le défier de la provoquer en retour, de lui montrer ce que lui pouvait bien préparer.
Tu as faim ? Que je sache si je dois commencer à préparer à manger, ou te laisse l'honneur de baptiser le four. Dans tous les cas, je mettrais la main à la pâte ~ Je te laisse y réfléchir. Je vais m'absenter aux toilettes en attendant... Fais comme chez toi. Sers-toi à boire, allume la télé, enlève ta veste... Mets-toi à l'aise.
Je te prends au mot.

Elle savait déjà parfaitement qu’elle allait le laisser cuisiner le premier. Elle savait même déjà comment le lui dire. Un sourire en coin étira son visage. Elle retira son blouson en cuir, l’abandonnant sur le dossier du canapé, se désarmant par la même occasion, déposant ses Pokéballs sur la table avant de trottiner vers la cuisine. Troy ne mettrait probablement pas des heures non plus, et elle n’avait pas envie qu’il la retrouve en train de retourner tout son appartement comme une fouineuse. Elle en aurait le temps plus tard, probablement. Elle se dirigea plutôt vers l’évier, se lavant les mains avant de chercher un torchon pour s’essuyer, ce qui lui permit d’explorer un peu la cuisine mine de rien. Elle continua de fouiller les placards à la recherche d’un verre, se servant une grande rasade d’eau. Elle remarqua alors la bouteille aux formes plus ou moins rectangulaires sur la table, que sa grande expertise des alcools désigna immédiatement comme le saint Graal : le fameux scotch promis.

You dirty Rattata ! T’en as sifflé un tiers ! glapit-elle depuis derrière le comptoir, bien que son ton colérique entrecoupé de gloussements ne soit pas des plus crédibles. Le sourire aux lèvres, elle tourna la bouteille, en lisant les moindres détails : marque, lieu de production, lot de conseil ou de demi-blagues aux amateurs, taux d’alcool. Il était bon d’avoir un alcoolique dans la famille parfois. Elle posa son verre, ouvrit la bouteille et promena son nez par-dessus, la reposant juste après pour se gratter une moustache invisible. Un des grands plaisirs du scotch, whisky ou whiskey selon les coins et les traditions : cette démangeaison qui vous prenait dès qu’on y baladait trop son nez, qui vous faisait froncer le museau comme un Skitty. Elle reboucha la bouteille. Il serait effectivement parfait entre deux Poffins, secs ou sucrés de préférence. Quoiqu’un Poffin salé pouvait aussi faire l’affaire.

Elle entendit le bruit de la chasse d’eau et posa familièrement ses coudes sur le comptoir, une jambe croisée derrière l’autre, tenant son verre du bout des ongles, puisque qu’on lui disait de prendre ses aises.

Je te sers quelque chose qui n’est pas mon scotch ?
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Sam 17 Juin - 1:42
WHISKEY AND BISCUITS

OST | Luciano Pavarotti - O Solo Mio :
 

Je tire la chasse d'eau, me précipite vers l'évier. Je dévisage mon reflet sur le miroir, m'inspecte d'un coup d’œil soutenu. Dents : check. J'ouvre le robinet d'eau froid, l'atténue d'un mince filet d'eau chaude, me lave les mains, en plonge une dans mes cheveux, me recoiffe sommairement. Coiffure : check. Je lève mon bras, renifle mon aisselle. Opérationnelle. Mais par acquis de conscience, je saisis mon déodorant à bille et étouffe le début d'odeur. Hygiène : check. J'essuie mes mains en répétant mon plus beau sourire ; puis me ravise aussitôt devant la grimace que je tire.

Je rejoins le salon, laisse trainer ma main sur le cadre de la porte, m'y appuies.

Je te sers quelque chose qui n’est pas mon scotch ?
Ton scotch ? La fournée de Poffins n'est qu'à moi, alors ?

Je la rejoins, laisse vivre ma bonne humeur et les rires qu'elle laisse dans son sillage. J'avance vers la cuisine, frôle mon invitée, la suis du regard pour ne pas en perdre une miette. Je tremperais bien mes lèvres sur son verre pour goûter aux siennes.

Tu n'as pas l'air d'être décidée à te salir les mains. Je m'en occupe ?

J'ouvre un placard, retire un tablier plié, l'enfile dos à Caoimhe, noue ses attaches d'une boucle rapide. Je jette un œil à la magnifique réplique de la tenue de Red et hoche la tête, prêt à dévoiler mon plus terrible secret. Je suis fan de son travail. Même si je crache ouvertement sur son nom pour avoir voler tous les mérites de notre opération. Il faut se rendre à l'évidence : Red mérite les légendes autour de lui.

Je me retourne vers mon amie, les mains sur la taille, le torse bombé.

Alors ? Je suis comment ?

Je ris pour anticiper ses moqueries, me rabats sur le poisson posé sur le comptoir. J'ouvre mon frigo, tire le bac à légumes, empoigne trois carottes, une courgette, un citron. J'attrape un économe et entame l'élaboration d'une julienne multicolore, sifflotant un air guilleret de Kanto, et essayant surtout de ne pas m'écorcher un doigt.

Mais non, je ne prends rien pour l'instant. Je dois faire attention à ma ligne, tu comprends. (Je pouffe de rire.) Hahaha, je plaisante. Tu veux bien me sortir une bière du frigo ? Première étagère, dans la porte. J'ai les mains prises ~

Je place mes quatre morceaux de Magicarpe sur des carrés d'aluminium et les recouvre d'une cuillère d'huile d'olive, d'un peu de persil, de sel et de poivre. Je m'essuie les mains sur un torchon à carreau et lance le préchauffage du four.

J'ai hâte de goûter à tes Poffins. J'en salive depuis tout à l'heure...

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Sam 17 Juin - 18:40

Pourquoi tu crois que j’ai acheté des quantités pareilles ? Quand je dis que je te dois une fournée, je prépare une fournée, pas une fournée avec prévision d’en entamer un tiers ~

Elle sentit un frémissement remonter le long de son dos lorsqu’il la frôla et croisa son regard sensuel sur elle. Elle sourit et garda la pose un instant, se laissant admirer avant de se redresser pour contourner le comptoir.

Tu n'as pas l'air d'être décidée à te salir les mains. Je m'en occupe ?

Son sourire se fit plus acéré, plus provoquant. C’était le grand moment de sa réplique, qu’elle lâcha sur un simple ton badin, simplement déçue qu’il lui tourne le dos : elle aurait voulu voir son visage, voir s’il flancherait, s’il rougirait peut-être même.
Evidemment ! Tu comptais rester derrière moi tout le temps ? Je sais que t’aimerais ça, mais quand même ~

Elle retourna s’asseoir sur un tabouret à côté de l’alcool, le gardant jalousement, son verre vidé toujours en main. Elle disséquait Troy du regard, imaginait ce que serait son corps sans sa chemise, ses épaules, sa nuque, cherchait le moindre muscle se tendant à son allusion en se donnant l’air le plus innocent possible. Et effectivement, il se retourna, révélant un tablier … de toute beauté.

Alors ? Je suis comment ?

Elle ne tint pas longtemps, éclatant d’un rire clair, hoquetant une main sur la bouche, un coude sur le comptoir, écroulée par le retournement de situation, par son humour. Elle leva quand même un pouce, approuvant son tablier qui n’avait même pas besoin de commentaire. Elle l’aimait – l’homme, pas le tablier, quoique ça pouvait se discuter. Elle aimait sa simplicité, leur complicité, son auto-dérision… elle l’aimait, là, maintenant. Elle hésiterait dans un jour ou deux peut-être, mais là, elle l’aimait. Elle se releva pour aller lui chercher une bière – et s’en offrir une du même coup. Evidemment, la première étagère, celle des boissons, était comme toujours la plus basse. Elle jeta un regard en biais à Troy puis se pencha en avant, de toute sa souplesse de danseuse, oubliant toutes les leçons de sa mère sur la bonne manière de se baisser : les jambes pliées, croisées, toutes en élégance et en chasteté. Elle remonta avec deux bouteilles de bière entre les doigts, ouvrant un tiroir au hasard pour y chercher un décapsuleur, ou un couteau si elle ne trouvait rien.

Parrrdon ~

Elle ouvrit les deux bières et tendit la sienne à Troy, la posant sur le plan de travail avant de retourner à sa place, de l’autre côté du comptoir. Elle jeta un œil à la recette de Troy, tentant de s’imaginer
J'ai hâte de goûter à tes Poffins. J'en salive depuis tout à l'heure...
Tu parles, je te prépare tout un programme ! Sucré, salés, épicés, je compte te faire un assortiment des saveurs de Sinnoh et d’ailleurs !

Elle lui sourit avec un clin d’œil en posant sa joue sur son poing.

Après tout, tu m’offres une visite guidée de ta ville, je peux bien t’offrir une visite culinaire de ma région ~ Et de mes voyages. Goûter à tout ça aide niveau cuisine. T’as déjà mangé des œufs centenaires ?
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Dim 18 Juin - 13:05
WHISKEY AND BISCUITS

OST | Luciano Pavarotti - O Solo Mio :
 

J'explose de rire, manque de lâche ma bière. Je viens de passer du sixième étage au troisième sous-sol ; de passer d'un cil du nirvana à un souterrain bien trop vide qui me renvoie l'écho de mon fou rire. Est-ce qu'elle se rend au moins compte de ce qu'elle vient de dire ? Haha, mon dieu ! Sa proposition avait clairement un second sens mielleux dont je me léchais les babines en avance. Un assortiment des saveurs de Sinnoh ? Quelle coïncidence que Caoimhe y soit originaire. Et puis... et puis...

Hahahaha !

J'abandonne ma bière près du four, pose une main sur mon ventre, me retient au plan de travail, fléchis mes genoux dans la transe ; j'en perds la respiration, en ai les larmes aux yeux, dévoile ma dentition, mes gencives, ma glotte, d'un rire à gorge déployée. Elle m'a achevé ! Qui peut passer d'un « je peux bien t’offrir une visite culinaire de ma région » explicite à « T’as déjà mangé des œufs centenaires ? » ?

Bon sang que j'aime cette fille.

Hahahaha, désolé, je vais me reprendre, hahaha !

J'essuie mes larmes, tente d'étouffer mon rire d'une main sur ma bouche, détournant le regard, mais l'hilarité revient de plus bel et de plus en plus forte.

Tu conserves tes ovaires de jeune fille ? dis-je entre deux éclats, trop fier de ma blague et de ma trouvaille pour la balancer sans le moindre soubresaut.

J'empoigne ma bière et y noie mon sourire, presque forcé malgré moi.

Oh bordel... haha... je n'aurais pas dû rire autant... hahaha...

Je récupère mon économe, reprend ma torture de légumes sans y être concentré. Je termine la demi-carotte qu'il me restait et attaque la courgette sans préliminaires.

C'était trop beau. Je t'adore, Caoimhe. Je... wow. Tu es géniale.

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Dim 18 Juin - 20:00
What ? What’d I say ? demanda-t-elle, perdue mais contaminée par le fou rire de Troy. Il avait un beau rire, franc, puissant, clair. Le genre de rire que l’on sentait assez rare pour vous remuer et vous faire du bien. Elle se repassa ses derniers mots en tête plusieurs fois sans réellement comprendre ce qui le causait.

Tu conserves tes ovaires de jeune fille ?
Oooooh fit-elle, ses yeux s’ouvrant sur le quiproquo. En effet, elle s’était laissée emporter et s’était emmêlée les pinceaux entre allusions coquines et réalité des choses. Elle éclata de rire à son tour.

I’ll just put it in my « blond moments » and forget about it, railla-t-elle en s’offrant une petite gorgée de bière à son tour.

C'était trop beau. Je t'adore, Caoimhe. Je... wow. Tu es géniale.
Elle fit plusieurs petits moulinets du poignet en se penchant sur le comptoir dans une sorte de révérence. Et dire qu’elle n’avait même pas essayé d’être drôle.
Faut bien que ça serve d’être blonde ! Bon, sinon, j’imagine que non. C’est une recette de Kanto en fait. Alors attends c’est … un œuf de Canarticho ou d’oiseau mais le Canarticho, c’est le plus utilisé. On l’enterre dans un mélange de boue, de cendre, de riz et de feuilles de thé je crois. Attends, je te cherche ça.

Elle sortit son téléphone de sa poche et trouva rapidement l’image sur le net. L’œuf avait l’air… pourri. Décomposé.

Je sais, c’est pas engageant. Mais c’est super bon en fait ! J’en mangerais peut-être pas tous les jours à tous les repas, mais ça a un goût très fort. Ça reste un œuf, mais ça a plus de goût, et ça vaut vraiment le coup avec de la sauce piment. On en trouve un peu partout...

Elle reprit son téléphone, navigua jusqu’à son site d’hébergement de photos et se mit à fouiller dans ses clichés de Kanto et chercha une photo d’elle ou de ses pokémons avec les fameux œufs.

On en trouve un peu partout, dans les épiceries Kanjo… L’est encore temps que j’aille en chercher s’tu veux ~
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Dim 18 Juin - 22:25
WHISKEY AND BISCUITS

OST | Luciano Pavarotti - O Solo Mio :
 

Le dilemme est de taille. Dois-je refuser sa proposition et passer pour un lâche n'osant pas expérimenter l'exotisme d'un plat ? Ou mettre mes papilles dans la gueule du mauvais goût et me réserver un aller simple vers les toilettes sans passer par la case dessert ? Je ne sais vraiment pas quoi choisir. D'un côté, l'amour donne des ailes ; mais à force de se rapprocher trop près du soleil, la cire risque de fondre.

Euuuuuuuh...

Je me concentre sur ma courgette, l'épluche, la coupe en rondelles, place le tout au fond du plat. J'empoigne la bouteille d'huile d'olive, rajoute un filet sur la préparation.

Je vais dire... oui ?

Je revêts ma plus belle impassibilité, mitigé. Oui, c'est le mot. La confiance que je m'oblige à avoir envers Caoimhe, et la méfiance qu'inspire naturellement ce plat à mon instinct de survie, se fusionnent pour donner ça. Un « Meh. » non constructif qui embourbe mon libre-arbitre et annihile mon illusion de contrôler les choses.

Sérieusement, je ne vais pas te mentir, ton œuf ne m'inspire pas confiance, mais vraiment pas confiance du tout. Je range ça dans la même catégorie que le fromage criblé de vers. À savoir le rayon des aliments non comestibles depuis un bail.

Le four me hurle sa tonalité criarde à l'oreille. J'ouvre la porte, enfourne le plat, joue sur la minuterie. Je me retourne vers Caoimhe, une réponse acceptable sur la langue.

Disons pour ce soir ? Si je tombe malade, tu seras là pour me tenir les cheveux.

Autant faire en sorte que mon sacrifice lui donne une raison de veiller tard cette nuit.

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Dim 18 Juin - 23:23
I mean, if you don’t feel it, I’m not forcing you... modula-t-elle avec une petite moue désolée en haussant une épaule. I tried it out myself out of curiosity. Mais j’ai pas envie que tu te rendes malade en te disant que tu vas bouffer un truc pourri.

Elle y avait pensé comme un « cap ou pas cap » taquin, dans la même fibre que leur course de plus tôt. Elle n’avait même pas pensé que Troy accepterait son défi. Le simple fait qu’il ait voulu tenter lui suffisait déjà comme preuve de … confiance ? Courage ? Compétitivité ? De bonne qualités, du moins selon ses critères. Elle préféra terminer sur une boutade pour alléger l’atmosphère.

Et je m’en voudrais que tu rendes mes Poffins au passage ~

Au pire, ça serait une expérience pour une prochaine fois, et l’idée n’était pas déplaisante. Elle dissimula son petit sourire derrière sa bouteille. Le premier service n’était pas fini qu’elle en redemandait déjà.

Sinon, t’as raté tes papillotes assez souvent pour que ton poissonnier t’en prépares une double dose de suite ?

Un Etourmi pépia et son écran s’éclaira sur un message de Blanche.
Ah, hang on.
La petite lui disait avoir trouvé de quoi diner le soir même, dans un endroit fréquenté. Elle l’en avait presque oublié en fait. Oups. Le problème au moins était réglé. Elle reposa le téléphone sur le comptoir.
And looks like it’s gonna be only you and me tonight ! Ah, oui, je devrais t’expliquer. En fait, je garde une gamine que j’ai rencontrée à Nox Illum. Elle veut voyager, je voyage donc elle m’accompagne. C’est un peu plus prudent que de laisser une ado partir sur les routes toute seule. Enfin, je suis bien placée pour le dire, j’étais une ado quand je suis partie sur les routes, mais c’est une autre histoire. Enfin bref. Elle a trouvé de quoi pour ce soir donc …

Elle ne voyait pas comment achever sa phrase sans qu’il entende « dîner aux chandelles » ou pire. Elle ne voulait pas rendre les armes si vite.

Plus de Poffins pour nous ! Si je me débrouilles bien, on pourra même faire un repas que de Poffins. Et sans bouffer ta part.

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Lun 19 Juin - 6:06
WHISKEY AND BISCUITS

OST | Luciano Pavarotti - O Solo Mio :
 

Caoimhe repose son téléphone sur le comptoir, m'explique qu'elle vient d'avoir une permission dans son boulot de babysitteuse. Une gamine rencontrée à Nox Illum l'ayant accompagnée jusqu'à Port-Mirage ; une gamine désirant partir à l'aventure.

Tout de même, je suis curieux. Comment m'aurait-t-elle présenté en face de la fille de ses clients ? Car, selon ses dires, elle comptait l'inviter à la maison pour un dîner à trois. Quitte à ce qu'elle tienne la chandelle pendant la danse de nos langues.

Oh, c'est dommage ! J'aurais bien aimé la rencontrer. Je suis sûr que c'est une fille superbe ! Mais oui, si ton emploi s'est libéré, je peux t'héberger pour la soirée. Ce serait l'occasion de te montrer un dernier endroit, d'ailleurs. Tout à l'heure, hein. Après le repas. Avec une petite balade sur la plage, tous les deux, pour digérer...

Je porte le goulot de la bière entre mes lèvres, la bascule en avant, avale deux gorgées de fraicheur et repose la bouteille sur le comptoir. Je profite de mon pas vers Caoimhe pour rester à ses côtés, délaissant ma place au coin du four.

Surtout s'il faut digérer toute une plâtrée de Poffins. Je vais m'engouffrer la fournée entière ! J'ai un appétit de loup, dis-je en faisant claquer mes dents. D'où la double dose de Magicarpe. Ou la spéciale d'Hypolithe. Ou n'importe quelle autre nourriture tant que ça a l'air comestible, dis-je en illustrant ma pique d'un clin d’œil.

Une fille accompagnée, donc. Intéressant. Je ne connais que trop peu la vie de Caoimhe. Elle voyage, certes. Mais que fait-elle pour financer son périple ?

Et donc, tu gardes une gamine ? Les parents te paient bien ?

Autrement dit, elle survit avec les boulots qui trainent sur son périple et accepte tout et n'importe quoi pour avaler quelque chose. Je me disais, aussi. Ses traits me paraissaient bien trop creusés par rapport à la construction du quartier général. Ce n'était pas la même luminosité, certes, mais l'ombre des arbres ne peut dissimuler de telles fossettes. Et maintenant, je m'inquiète. Je m'inquiète pour elle, son présent, son futur. Qu'est-ce qu'elle pourrait accepter pour vivre un jour de plus ?

Si jamais tu trouves un boulot à Port-Mirage, tu peux réquisitionner le canapé. Même pour une semaine, un mois, le temps de te refaire. N'hésite pas à toquer à la maison. Tu seras toujours la bienvenue, dis-je d'un ton entendu. Après tout, entre Guériaigles, il faut s'entraider. Tu pourras me rendre la pareille en Poffins ~

Je préfère la voir sous mes yeux que de l'imaginer dans les bras d'un quarantenaire en manque de vagin tangible. Et l'indigence est capable de plier l'esprit le plus tenace.

Santé ! conclus-je en tintant ma bière contre son scotch. Santé à l'Emblème ?

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Lun 19 Juin - 14:30

Il baratina quelques excuses et plaintes de circonstances bien qu’il fût clair que ni l’un ni l’autre ne regrettait l’absence de l’enfant. Il contourna le comptoir pour venir se glisser à ses côtés, au coude à coude avec elle. Son tablier et sa blague de plus tôt avaient un peu fait retomber leurs ardeurs en apparence, ils n’étaient plus aussi tendus, mais elle avait encore envie de lui, un peu. Envie de goûter à son sourire, de sentir à nouveau son souffle contre son cou…

Et donc, tu gardes une gamine ? Les parents te paient bien ?
Ça peut aller, mais je l’aurais prise sous mon aile même sans le salaire. Elle s’appelle Blanche. Quand je l’ai trouvée … c’est un peu compliqué en fait. Après la construction du QG, je suis revenue vers Nox Illum pour un petit contrat, et aussi parce que c’était là où j’aurais le plus de chance de trouver moi-même une piste, je pensais. Enfin bref, je reviens vers Nox Illum, mais je suis arrivée trop tard pour profiter d’une place en foyer, donc j’ai passé ma nuit dehors. T’inquiète, c’est pas la première fois que ça m’arrive, j’ai mes combines à force. Et le lendemain matin, quand j’allais pour repartir et chercher une place dans un foyer ou un boulot, je tombe sur cette gosse. Elle était en train de s’engueuler avec trois loubards, le genre que normalement t’évites de faire chier. Donc qu’est-ce que je fais : je vais l’aider. Les trois gars sont repartis vite fait et la petite s’est décidée à m’inviter chez elle. En fait de place en foyer, j’ai pu prendre une bonne douche chaude – parce que l’eau est souvent froide en foyer et même si c’est bon pour la santé, c’est froid – et dormir dans une chambre individuelle après discussion avec les parents. Des scientifiques qui d’un côté veulent que Blanche découvre du pays par elle-même et qui de l’autre, ben, sont pas chaud à l’idée de la voir partir toute seule. Donc voilà…

Elle laissa son récit mourir seul, n’ayant pas envie de parler de comment son contrat avait failli être interrompu par l’attaque sur Anima. Ni de comment l’argent pour le moment servait surtout au bien-être de l’enfant et des Pokémons, qui passait bien avant le sien, qui contribuait au sien. Elle savait qu’elle avait maigri. Elle savait qu’elle avait l’air misérable. Que ses cheveux s’emmêlaient, qu’elle n’avait pas d’autres vêtements que ceux qu’elle portait. Elle devrait être fière de son allure farouche, loin des soins domestiqués du style de vie qu’elle rejetait ; mais pourtant, elle sentait dans sa voix … de la pitié. Le Ponchien regardait le Grahyena avec des yeux doux, poussait sa gamelle vers elle sans se soucier de sa distance, de ses crocs.

Si jamais tu trouves un boulot à Port-Mirage, tu peux réquisitionner le canapé. Même pour une semaine, un mois, le temps de te refaire. N'hésite pas à toquer à la maison. Tu seras toujours la bienvenue… Après tout, entre Guériaigles, il faut s'entraider. Tu pourras me rendre la pareille en Poffins ~

Elle se força à un sourire et se laissa retomber un peu contre l’épaule de Troy, de guerre lasse, les yeux sur le goulot de sa bière. L’idée qu’il s’apitoie sur elle, même par simple bienveillance, par bonté, avait quelque chose d’insultant, quelque chose qui piquait son orgueil.
Merci Troy…
Santé ! Santé à l'Emblème ?

Elle garda le silence. Elle sentait ses ailes racler le sol.
I don’t want you to pity me. I can take care of myself… even if it doesn’t look like it.
Elle soupira. Elle n’avait pas envie que ça vire à la dispute, elle n’avait pas envie de mordre la main tendue vers elle. Elle se redressa et cogna sa bière contre celle de Troy.
Santé aux braves.

Elle renversa le goulot de sa bière et but une longue gorgée pour dénouer sa gorge. Elle dévia tant bien que mal la conversation vers un sujet plus simple.
En parlant de mon contrat, j’ai un nouveau pokémon ! Un Bébécaille que sa Dresseuse avait du mal à canaliser. Pour le moment, c’est encore compliqué, mais j’ai un bon feeling.
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