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La famille de Zépar [Solo] [Entrainement]
La famille de Zépar [Solo] [Entrainement]
Lun 28 Aoû 2017 - 15:47
Région d'origine : Hoenn
Messages : 1078

Alexandre Diame

Alexandre Diame
La famille de Zépar




Après les recherches que j’avais menée dans le but de retrouver l’environnement naturel de Zépar, le verdict était assez simple : Personne n’avait encore croisé d’Hippopotas à Mhyone. C’était un constat plutôt amer pour l’instant, même si je ne désespérais pas, loin de là. La région était encore jeune, et le jeune pokémon devait, après tout, bien venir de quelque part, non ? Et, vu son dynamisme, ce n’était sûrement pas d’un endroit trop éloigné du volcan. Enfin, je supposais, puisqu’il me semblait difficilement envisageable qu’il ait pu voyager très loin.

J’avais donc repris cette fameuse route vers le volcan, passant par ce qui me semblait être l’endroit le plus à même de pouvoir abriter une espèce comme la sienne. La route cendrée, qui me faisait drôlement penser à celle d’Hoenn. Du moins, c’était exactement la même ambiance. Seulement, c’était la première fois que je visitais un endroit comme celui-là à cette heure-ci. Effectivement, il m’avait fallu pas mal de temps pour l’atteindre, et la nuit commençait à tomber. Je m’installais donc contre un arbre, à peu près confortablement, pour passer la nuit. C’était loin d’être la première fois que je dormais à la belle étoile, et le temps était plutôt doux. Sous l’arbre, j’étais protégé des chutes de cendre, donc relativement en sécurité. Je fis alors sortir le petit Hippopotas de sa pokéball. Peut-être que lui reconnaitrait relativement l’endroit, où, au moins, me fournirait un petit indice de là où je devais chercher. Mais l’hippopotas paresseux était encore tout endormi, me faisant porter sur lui un regard attendri.

« T’as raison, mon grand. On verra ça demain. » Lui lançais-je doucement.

Appuyé contre l’arbre, je fermais les yeux, me laissant doucement glisser dans les bras de Cresselia. Un repos bien mérité et récupérateur. Je ne m’endormis pas tout de suite, pensant à toutes les choses que j’avais d’ores et déjà accomplies et à toutes celles qui me restaient à accomplir. Retrouver la « famille » de Zépar était l’une d’elle, et, même si je m’étais indéniablement attaché au petit pokémon sol, ce n’était pas à moi de décider ce qui était mieux pour lui. Finalement, je n’étais pas très pressé d’être au lendemain.

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La famille de Zépar [Solo] [Entrainement] Eefq

« Hey ! Qu’est-ce que tu fais là toi ? Et pourquoi t’as Hugo avec toi ?!  » Fis-une voix féminine, agressive et méfiante, me tirant alors brutalement du sommeil dans lequel j’étais plongé.

Je me frottais les yeux, tâchant de reprendre légèrement mes esprits. Une jeune femme se tenait devant moi. D’une taille moyenne, les cheveux et les yeux foncés. Elle paraissait à peine plus âgée que moi et une lueur de défi brillait dans son regard. Elle avait à ses côtés un énorme Hippodoccus, de couleur grise, ce qui indiquait que c’était une femelle. Zépar lui, c’était instinctivement placé devant nous, grognant contre l’énorme pokémon. Ce n’était pas une attitude que je connaissais de lui, loin de là, et je ne pus m’empêcher d’être surpris. Tâchant de remettre mes pensées en ordre, je pris la parole.

« Euh… Attends, là. Je ne sais pas du tout de quoi tu p-…  » Elle me coupa instantanément.

« Tais-toi ! Je sais très bien que t’es un voleur de pokémon ! Mais tu t’en es pris aux mauvaises personnes ! Je vais récupérer Hugo, et te mettre une correction dont tu vas te souvenir !  » Fulmina t’elle, alors que son Hippodoccus avançait vers moi.

« Non mais, attends, sérieux. Et puis c’est qui cet Hugo hein ? » Répliquais-je, un peu plus agressif, en me mettant sur pieds. Effectivement, j’étais indéniablement plus grand qu’elle, mais son aplomb restait impressionnant. Seulement, je n’allais certainement pas me laisser faire, surtout en étant accusé à tort. Et puis je ne comprenais absolument rien à ce dont elle me parlait. Dans tous les cas, ma réponse sembla la surprendre, la déstabilisant légèrement, mais elle reprit bien vite son aplomb.

« Arrête de m’embrouiller ! C’est un pokémon que tu nous as volé il y a quelques semaines ! T’aurais jamais dû revenir ici !  » Lança-t-elle, visiblement toujours furieuse. Elle allait être difficile à raisonner, surtout que son pokémon était toujours en train d’avancer vers moi. « Lola ! Séisme !  » Ordonna-t-elle à son pokémon.

La situation dégénérait bien trop vite à mon goût. Beaucoup trop vite. Je fis alors revenir Zépar dans sa pokéball, prestement, sans chercher à en comprendre davantage. Il risquait d’être touché par l’attaque et la différence de niveau entre lui et l’Hippodoccus risquait de le blesser assez solidement. Je plongeais alors sur le côté pour éviter l’attaque de justesse. Je jetais un coup d’œil vers l’arbre sur lequel j’étais appuyé, constatant que mes autres pokéballs s’y trouvaient toujours. Pas moyen d’obtenir l’aide d’un de mes compagnons de route sur ce coup-ci et, vu la puissance du pokémon en face, je risquais réellement de ne pas faire long feu. Heureusement, ce dernier était plutôt lent, et je connaissais un peu l’espèce, ce qui allait surement m’aider. La dresseuse, elle, semblait de plus en plus en colère.

« Rends moi Hugo, sale voleur !  » Fulmina-t-elle. « Utilise Bélier Lola !  »

Alors que le pokémon en colère me chargeait, je me rendis compte de quelque chose. Sous l’action, je n’y avais pas pensé, mais ça me paraissait maintenant assez évident. Elle parlait de Zépar, puisque c’était le seul pokémon qu’elle avait pu voir. Et puis, le gros pokémon gris pouvait clairement être sa mère. Cependant, il y avait malentendu, puisque je ne l’avais pas volé, loin de là. J’essayais alors de la raisonner, mais rien n’y faisait.

« Mais, arrête je te dis ! Laisse-moi m’expliquer ! » Lançais-je, esquivant une nouvelle fois la charge colossale du pokémon sol. La jeune femme sembla hésiter un instant, me toisant du regard.

Je remarquais alors que quelque chose semblait clocher. Derrière elle, un nuage de cendre se déplaçait. Visiblement un pokémon avait été réveillé par les attaques peu discrètes de l’Hippodoccus, et semblait bien déterminer à se venger. Seulement, voilà, ce n’était pas sur le pokémon gris qu’il fonçait, mais bien sur la jeune femme qui, trop en colère contre moi, ne le voyais pas venir. L’heure n’était pas vraiment à la réflexion et, lorsque j’aperçu de quel pokémon il s’agissait, j’écarquillais les yeux. Un Rhinocorne. La situation se compliquait. En voyant mon regard changer, la jeune femme commença à comprendre que quelque chose n’allait vraiment pas. Elle se retourna, alors, un instant, avant de s’arrêter, bouche bée, devant le spectacle qui se déroulait sous ses yeux, incapable de bouger.

Sans réfléchir, donc, je me lançais en avant. Bien sûr, à main nue, il n’y avait pas trente-six mille façons d’arrêter un pokémon comme celui-là. C’était même quasiment impossible, mais ce n’était pas vraiment important sur le moment. Tétanisée, la jeune femme n’arrivait pas à bouger. J’arrivais rapidement à sa hauteur et, lorsque je fus à son niveau, je la poussais de toutes mes forces sur le côté. Un instant après, le Rhinocorne me percutait de plein fouet.

J’avais l’impression que mes poumons se vidaient totalement d’air, alors que mon plexus et mon épaule étaient sévèrement touchés, me faisant cracher une gerbe de sang sous l’impact. Pourtant, je tins bon. Accroché au pokémon, je poussais de toutes mes forces sur mes jambes arrière. L’adrénaline me permit de ne pas m’évanouir immédiatement, et j’eus le temps de toucher la seule zone sensible des rhinocornes, en dessous du cou, ce qui sembla calmer la bête qui ralentit sa course avant de s’arrêter. Un voile noir tomba alors devant mes yeux, puis je perdis conscience.

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Mon épaule et ma poitrine me faisaient un mal de chien. Mais qu’est-ce qui m’étais arrivé ? Ah oui, le Rhinocorne. J’étais surpris d’être encore en vie à vrai dire. J’ouvrais difficilement les yeux, aveuglé dans un premier temps par la lumière de la pièce. La première chose que je vis alors, c’était le visage inquiet de la jeune femme que j’avais croisée plus tôt. Lorsqu’elle me vit reprendre conscience, elle sorti immédiatement de la pièce.

Je peinais alors à me redresser. J’étais dans une pièce confortable, assis sur un lit plutôt douillet. Mon bras avait été bandé et mis en écharpe, et un épais bandage entourait mon torse. Le moindre mouvement me causait de grandes douleurs dans la poitrine et au niveau de l’épaule. Une femme entra alors dans la pièce. La ressemblance avec la jeune fille était frappante, mais avec la différence d’âge. Elle prit alors la parole.

« Je vois que tu t’es réveillé, enfin…  » Me dit-elle, avec une voix plutôt douce. « Ne bouge pas trop, tu es assez loin d’être guéri, mon jeune ami.  » Me sourit-elle, m’intimant de rester appuyé contre la tête du lit et le coussin. Je pris alors une inspiration, difficilement, avant de lui répondre.

« Je… Combien de temps j’ai dormi ? » D’une voix encore peu assurée.

« Deux jours, enfin presque. » Me dit-elle, avant de poursuivre. « Eva t’as ramené ici dans un sale état, et je dois bien t’avouer qu’on a eu assez peu que tu ne te réveilles pas. Elle t’a veillé tout ce temps.  » Elle marqua une pause, semblant réfléchir, puis repris. « Je crois que nous te devons quelques excuses. Toutefois, je dois quand même te demander ce que tu fais avec l’un des pokémons qu’on nous a volé il y a peu. Tu n’as pas la tête d’un voleur et encore moins de quelqu’un qui achète des pokémons à la contrebande.  » Me lança-t-elle, plus sérieuse.

Je pris quelques secondes de réflexions. Même si j’allais leur dire la vérité, visiblement, ils étaient particulièrement sensibles au vol qui les avaient affectés il y a peu. Je repris assez rapidement la parole, toujours difficilement.

« En fait… Je l’ai trouvé dans le Volcan, si vous parlez de Zépar. Ça m’a paru bizarre de croiser un Hippopotas dans cet environnement alors je l’ai pris avec moi. Ça peut vous paraitre un peu cliché, mais je me suis dit que je devais le ramener chez lui. Du coup, je lui ai proposé de me suivre et c’est ce qu’il a fait. »

Un léger sourire en coin se dessina sur le visage de la femme, puis elle se releva doucement du bord du lit sur lequel elle était assise. Arrivé au niveau de la porte, elle glissa.

« Tu devrais te reposer, t’es encore très loin d’avoir récupéré.  » Puis elle me laissa seul.

Je remarquais alors qu’au coin de la pièce, sur une chaise, trônait ma ceinture de pokéballs. J’étais plutôt soulagé que mon équipe soit aussi en sécurité, alors je me laissais retomber dans l’oreiller confortable, pensant à la suite des évènements.

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Je me réveillais alors que la nuit était déjà tombée. Je me redressais à nouveau, laissant mes yeux s’habituer à l’obscurité. Il faisait chaud, et j’avais vraiment besoin d’air. J’entrepris alors de me lever. Je mis un certain temps pour ce faire, mais je finis par y arriver. Je me dirigeais alors vers la porte de sortie, espérant ne pas être tombé dans une maison trop labyrinthique. Heureusement, ce n’était pas le cas, loin de là. La maisonnette était plutôt petite, et offrait une sortie directe sur l’extérieur.

Nous étions sur les hauteurs, ce qui nous offrait une belle vue sur la route cendrée et son volcan au loin. La nuit était belle, dépourvue de nuages, et les étoiles y étaient particulièrement visibles. Je profitais alors du vent frais et vivifiant qui soufflait, me sentant revivre. Soudain, je vis une forme bouger dans le noir. Lourde, et lente, la silhouette approchait de moi, plus curieuse qu’agressive. Je reconnus alors l’Hippodoccus qui m’avait attaqué lors de notre rencontre. Je m’approchais alors d’elle, calmement, tendant la main vers son épais museau. Elle ne sembla pas rebutée devant cette idée de contact, et elle approcha à son tour. Le moment était particulier, je ne savais pas vraiment dire pourquoi. Soudain, la voix féminine que je connaissais brisa le silence.

« Essaye de ne pas nous la voler, celle-là.  » Dit la jeune femme, froidement.

Je me retournais vivement vers elle, mais elle avait déjà tourné les talons. J’avais dû la réveiller puisqu’elle ne portait qu’un short court et un Tee-shirt trop grand, et, visiblement, elle n’était pas vraiment encline à la discussion. Je ne répondais alors pas, m’éloignant de l’Hippodoccus et retournant me coucher. Je mis du temps à m’endormir. J’avais cru que la situation était réglée, puisque le malentendu était passé, mais, apparemment, la jeune fille m’en voulait toujours. Tâchant d’oublier cet incident, je tâchais de m’endormir.

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Deux jours passèrent durant lesquels je tâchais de récupérer le plus vite possible pour reprendre la route. La jeune femme ne me parlait pas, et m’évitait au maximum. Sa mère, elle, était beaucoup plus avenante. J’appris qu’elle s’appelait Anna, et que sa fille se nommait Eva. Elle ne m’en dit pas beaucoup plus, mais elle me fit la conversation, s’intéressant aussi à qui j’étais. Je ne lui cachais rien, je n’en avais pas vraiment l’intérêt. Le deuxième jour, alors qu’elle changeait les bandages autour de mon torse, je ne pus m’empêcher de lui poser une question qui me brûlait les lèvres.

« Dites, Anna. Je vous suis reconnaissant de ce que vous faites pour moi et tout ça mais… j’aimerais comprendre. J’ai fait quelque chose de particulièrement mal pour qu’Eva veuille à peine me parler ? Enfin, je sais que ça s’est pas très bien passé entre nous au début… Mais je pensais le malaise dissipé, pourtant. » Lui demandais-je, calmement.

Elle sembla prendre un moment de réflexion avant de me répondre.

« En fait… On va dire que ce sont des suppositions. Je ne suis pas dans sa tête mais je la connais mieux que personne. » Elle marqua un temps d’arrêt, avant de reprendre. « Notre famille est plutôt modeste. J’étais médecin, dans le temps, mais j’ai préféré me retirer pour vivre au grand air. Ma mère, elle, était une dresseuse. Une excellente dresseuse même. Elle était membre du Conseil des 4 de Sinnoh, pour te dire. Et son pokémon fétiche était Mimi, une Hippodoccus particulièrement puissante. » Je sentis alors sa voix vibrer, comme s’il pointait en elle une tristesse nostalgique. « Terry semble nous avoir oubliées depuis quelques années maintenant. Elle ne nous a plus donné signe de vie. Bien sûr, pour moi, ça a été terrible, mais c’est pour Eva que ça a été le plus difficile. Elle adulait sa grand-mère, qui était un modèle pour elle, comme tu peux l’imaginer. Et là… Plus rien…  » Anna semblait plus désolée pour sa fille que pour elle-même, et je commençais à peine à comprendre la raison qui poussait Eva à me détester.

Anna poursuivit, essuyant une larme qui perlait au coin de son œil, et prenant une profonde respiration.

« Enfin voilà. Terry n’était plus là. Donc nous nous sommes retrouvées toutes seules, avec Lola, la fille de Mimi. Eva a mis du temps à s’en remettre, et elle a prit la décision de remplacer sa grand-mère en tant que membre du conseil des 4, enfin de tout faire pour, dès que la progéniture de Lola naitrait. Et je pense que le fait d’avoir perdu Hugo l’a dévasté, puisque, en un sens, ça m’était fin à son rêve avant même qu’elle ait pu commencer.  » Elle marqua une courte pause, essuyant ses quelques larmes, et laissant échapper un petit rire. « Je ne sais pas pourquoi je te raconte tout ça, mais merci d’avoir écouté.  ». Je hochais simplement la tête, ne sachant trop quoi dire. Sa tirade avait été lourde de révélations, et il me fallait sûrement un peu de temps pour digérer tout ça. Le reste du changement des pansements se fit en silence. Nous avions tous les deux suffisamment à penser.

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Le soir arrivait et, après ce que m’avait raconté Anna, j’avais du mal à fermer l’œil. Je me relevais donc, plus facilement qu’avant, pour sortir à nouveau profiter de la brise et rafraichir le fil bouillonnant de mes pensées. Lola, l’Hippodoccus, vint une nouvelle fois à moi. Cette fois, j’avais pris soin de prendre la pokéball de Zépar, que je fis sortir. J’observais alors la rencontre de ces deux curieux pokémons.

Ils se tournèrent un temps autour. Je n’avais jamais vu mon Hippopotas si méfiant ni si concentré. La mère, elle, était beaucoup plus calme, attendant simplement patiemment que son fils daigne la reconnaitre. La rencontre se faisait tout en douceur, tellement que s’en était presque hypnotisant. La magie du moment sembla durer une éternité, et j’en savourais chaque instant. Alors que je reprenais mes esprits, je remarquais une présence à mes côtés. Eva était assise, en train d’observer la scène comme moi, sans un mot. Elle tourna soudainement la tête vers moi, et me glissa sur un ton calme que je ne lui connaissais pas.

« Je crois qu’il a fini par comprendre.  » Glissa-t-elle simplement.

« Je crois que moi aussi. Enfin, un peu mieux. » Répondis-je doucement, lui glissant un léger sourire.

Ses joues s’empourprèrent, alors qu’elle détournait les yeux brutalement, reprenant son visage colérique et boudeur.

« Ça m’étonnerait. » Répondit-elle sèchement, semblant vexée. « Les gens comme toi ne vivent que pour eux-mêmes, sans se soucier des autres, ou même du mal qu’ils peuvent faire autour d’eux. »

Je ne sus pas vraiment quoi répondre. En faisant le lien avec ce que m’avait dit Anna, elle avait raison. Être un dresseur demandait de sévères sacrifices. Je n’avais toujours pas donné de signe de vie à ma famille à Hoenn, et, surtout, je m’étais toujours battu de toutes mes forces pour remporter des victoires, sans même me soucier de ce que ces défaites pouvaient causer comme dégâts aux autres dresseurs. Je finis par avoir de la rancœur par rapport à tout ce que j’avais pu faire jusque-là. Ce fût elle qui rompit le silence.

« Tu ne trouves rien à dire ? Rien à répondre ?  » Me lança-t-elle avec un air de défi.

« Non.  » Répondis-je simplement. « J’imagine que te dire que je suis désolé n’a pas vraiment de sens. Alors je m’abstiens.  » Dis-je sur un ton calme.

« C’est moi qui suis désolée. Pour ce qui s’est passé. » Répondit-elle, me surprenant. « Ma mère m’a expliqué et je te crois. » Elle replongea son regard dans le mien, et continua avec un ton un peu plus froid. « Mais ne crois pas que ça change quoi que ce soit. Dès que tu seras remis, tu repartiras et tout ça sera vite oublié. Je n’ai pas envie qu’un énième dresseur n’entre dans nos vies trop longtemps.  »

Sur ces mots, elle se leva, retournant probablement dans sa chambre. Je regagnais alors la mienne, laissant Zépar aux bons soins de Lola. Leur moment ne m’appartenait pas et je préférais le laisser profiter puisque, en final, j’avais tenu ma promesse.

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Je me levais de bonne heure le matin, avant même que les deux femmes ne soient levées. Je ne pouvais m’empêcher de me demander où était passé le père d’Eva, mais, ne voulant pas non plus soulever de trop lourds souvenirs une nouvelle fois, j’évitais de poser la question. Mon épaule et mon torse me faisaient bien moins mal et, bien que je ne sois pas encore rétabli, je savais que j’étais en bonne voie. Je m’étirais donc avant de sortir de ma chambre.

Le soleil venait de se lever, et, à peine je fus dehors que Zépar vint vers moi en gambadant. Je ne l’avais jamais vu aussi énergique et motivé, mais, visiblement, avoir retrouvé sa mère avait débloqué quelque chose en lui. J’observais son cirque, lui caressant amicalement la tête, heureux de le voir aussi en forme. Sa mère nous observait du coin de l’œil, encore couchée.

Soudain, il commença à gesticuler partout, mimant les attaques que l’Hippodoccus avait utilisées contre nous hier. Je peinais à comprendre ce qu’il voulait me faire entendre, mais, finalement, la seule réponse ou interprétation que je parvins à trouver me laissa bouche bée quelques secondes.

« Quoi ? Tu veux t’entrainer ?  » Le cri d’enthousiasme de mon compagnon me confirma que j’avais visé juste. Lui qui auparavant préférait dormir en permanence voulait réellement que je l’entraine ? C’était un revirement de situation assez inattendu. Sauf que c’était un pokémon plutôt particulier et qu’il fallait que je réfléchisse à un moyen de le faire efficacement. Perdu dans ma réflexion, je n’entendis alors pas Eva arriver.

« Bien sûr qu’il veut s’entrainer. » lança-t-elle avec une voix froide, légèrement piquante, comme à son habitude. « Il vient d’une lignée d’Hippodoccus assez puissants, et faits pour le combat. Alors lâche l’affaire, il sera trop dur à entrainer pour un petit dresseur comme toi.  » Elle se voulait provoquante, mais je n’étais pas d’humeur à me laisser faire aujourd’hui, aussi, je répliquais.

« Et bah, puisque t’es si maligne, t’as qu’à me montrer comment faire, non ?  » Répondis-je, arborant à mon tour un sourire provocateur. « C’est bien beau d’être désagréable, mais je serais curieux de savoir ce que tu vaux comme dresseuse. »

Piqué au vif, la jeune femme serra les poings. Elle semblait particulièrement énervée, mais elle s’exécuta, sûrement pour affirmer sa supériorité où je ne sais quoi. Elle prit Lola avec elle et nous emmena un peu à l’écart. Tout le reste de la journée, nous la passâmes à essayer de faire faire à Zépar les mêmes gestes que sa mère.  La jeune femme semblait se dérider un peu, souriant et rigolant même parfois. Je pensais que le malaise était un peu passé, ne laissant qu’une petite rivalité entre nous mais, lorsqu’à la fin de la journée Zépar vint chercher mes félicitations, son visage s’assombrit de nouveau. Sans un mot, elle tourna les talons me laissant de nouveau seul.

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Pendant les jours qui suivirent, nous suivîmes le même quotidien. Nous entrainions Zépar et il semblait progresser assez vite. Au fur et à mesure, la jeune femme sembla se dérider un peu, rigolant et souriant plus franchement et fréquemment. Nous nous étions même mis à discuter entrainement, puis de tout et de rien, comme deux amis de longue date. Moi, je récupérais de jour en jour, mais l’envie de partir s’était pour l’instant envolée. Je voulais voir où me mènerait cet entrainement intensif car, même si Zépar restait, je pourrais au moins en apprendre davantage sur l’espèce et sur la façon d’élever mes pokémons.

Malgré la différence de taille qui les séparait, Zépar commençait à pouvoir rivaliser avec sa mère sur certains points. Il était rusé, ce qui était une bonne chose pour un pokémon assez lent, et surtout plutôt réactif. Parfois, j’avais l’impression qu’il essayait de m’impressionner, de montrer qu’il était à la hauteur de Shax, Caim et Zagan. Il intensifiait presque lui-même tous ses entrainements, et devenait réellement impressionnant, s’affermissant chaque jour. Eva, elle, semblait particulièrement fière de lui, voyant sûrement son rêve se rapprocher un peu plus. Pourtant, chaque soir, elle me disait bonne nuit avec une sorte de lueur de tristesse dans le regard, que je ne comprenais pas.

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Il pleuvait le jour qui marqua la fin de l’entrainement de Zépar, après plus d’une semaine de lutte. Nous avions décidé de poursuivre malgré la pluie et l’orage qui tonnait. Nous étions en milieu de journée, et, pourtant, les nuages étaient tellement noirs que nous aurions pu croire que la nuit était tombée. L’orage se rapprochait, mais les deux pokémons sols se toisaient toujours, avec une envie de se mesurer l’un à l’autre que je n’avais encore jamais vu. Nous étions trempés jusqu’aux os, ayant de manière un peu bête oublié nos manteaux à l’intérieur. Mais aucun de nous ne voulait rater une seule goutte de ce spectacle.

Soudain, une lumière blanche, aveuglante, sembla enrober l’Hippopotas. Je me protégeais les yeux tant bien que mal, détournant un temps le regard, avant de constater que nous avions finis par atteindre notre but. Zépar était désormais un Hippodoccus plutôt costaud, un peu plus grand que sa mère. Il semblait lui-même surpris par sa nouvelle forme, mais, lorsqu’il s’en adapta, il poussa un rugissement triomphal.

Lorsque la surprise fut à peu près passée, je me tournais vers Eva qui, elle aussi, me regardait. Après un petit moment de silence, elle s’écria, un grand sourire dessiné sur son visage trempé.

« On a réussi Alex ! On l’a fait !  » Je n’eus pas le temps de réagir qu’elle sautait dans mes bras, éclatant de rire. Elle semblait soulagée, et surtout bien plus heureuse que je n’avais pu le voir lors de mon séjour chez elle. Je lui rendais son étreinte, riant aussi. Ça n’avait vraiment pas été de tout repos, et nous sentions que nous, notre lien, Zépar… Enfin tout ça revenait de loin. Elle se détacha légèrement de moi, toujours souriante, laissant ses deux bras accrochés autour de mon cou, me regardant dans les yeux, et rougissant soudain.

Je me rendis alors compte que ce que nous avions traversé depuis notre rencontre nous avait rapproché d’une manière que je n’aurais jamais cru possible. En réalité, je m’étais lourdement trompé. J’étais remis depuis quelques jours déjà, et, si j’avais cru que la raison pour laquelle je n’étais pas parti était l’entrainement de Zépar, je m’étais largement trompé. C’était elle, cette raison, même si je m’étais refusé à l’admettre. Maintenant que je la regardais dans les yeux, c’était limpide. Une fois de plus, ce fût elle qui me tira de mes pensées.

Lorsque ses lèvres touchèrent les miennes, je fermais simplement les yeux, profitant de ce moment de paix et d’harmonie. Nous avons maintenu notre étreinte de longs instants. Avant de reculer doucement nos visages l’un de l’autre.

« On devrait rentrer, tu ne crois pas ?  » Lui glissais-je doucement.

Elle hocha la tête, toujours un grand sourire aux lèvres. Avant d’ôter ses bras qui étaient autour de mon cou. Elle prit simplement ma main, alors que nous nous dirigions comme d’habitude vers la maison un peu plus loin. Comme d’habitude, elle se dirigea vers sa chambre et, comme d’habitude elle disparût derrière sa porte, comme j’avais l’habitude de la voir faire chaque soir. Sauf que cette fois, elle m’emmena avec elle.

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Eva s’était endormie, son corps blotti contre le mien. Il était tôt, mais la journée avait été riche en émotion. Son visage était doux, comme apaisé, et sa chaleur corporelle contrastait avec le froid qu’avait amené l’orage qui tonnait toujours au-dessus de la maison. J’étais à la fois heureux, et à la fois triste, car je savais que ce moment qui approchait la perfection ne durerait pas. J’étais guéri, Zépar avait retrouvé sa mère et j’allais devoir repartir. Je le savais. J’étais un aventurier dans l’âme et même si j’aurais pu projeter de me poser un jour, je ne voulais pas le faire avant d’avoir réalisé mon rêve.

Mais j’hésitais à lui dire, et même à partir. J’appréciais énormément la jeune femme et j’avais des sentiments pour elle. Je ne voulais pas qu’elle subisse un énième abandon de la part de quelqu’un et je ne savais pas si le fait d’avoir retrouvé son Hippopotas la soulagerait suffisamment. Elle avait peut-être finalement raison d’avoir une dent contre les dresseurs. Si sa grand-mère qu’elle adulait les avait laissés tomber sans prévenir, et si l’homme à qui elle venait à peine de s’unir projetait de s’en aller, c’était une pensée totalement logique et fondée.

« Tu vas partir, pas vrai ? » Dit-elle alors, me surprenant une nouvelle fois. Elle avait relevé ses yeux vers moi, semblant assez bien réveillé, ce qui me fit me demander depuis combien de temps je retournais ce dilemme dans ma tête. Je ne sus pas quoi lui répondre tellement elle m’avait pris de court. Devant mon silence, elle poursuivit.

« Tu veux savoir pourquoi je suis partie le premier soir où on a commencé à entrainer H-…Zépar ? Et pourquoi chaque soir je rentrais seule et malheureuse dans ma chambre ? » Lança-t-elle, avant de poursuivre. « C’est toi que Zépar a choisi comme dresseur. C’est pour toi qu’il a fait tous ces efforts. J’ai beau l’avoir élevé depuis qu’il est né, il n’a jamais montré ce genre de chose pour moi. Et je commence à comprendre pourquoi. » Elle avait beau avoir un ton triste, elle avait un léger sourire apaisé sur le visage. Sa révélation me surprit un peu, et je ne trouvais à nouveau pas grand-chose à dire, alors qu’elle continuait. « Seulement… J’avais commencé à me faire à l’idée de le laisser partir avec toi. Je veux dire… Je ne suis pas une dresseuse comme toi. Je connais des techniques pour entrainer les pokémons, mais je ne suis jamais allée sur le terrain, alors devenir championne ou membre du conseil des 4… Enfin je me rends compte que c’est impossible. C’est toi qui doit le faire.  »

Là-encore, elle me prenait un peu de court. Bien sûr, ça avait toujours été mon objectif, mais de là à la priver de son compagnon d’enfance… Même si elle disait être prête, ce n’était pas évident. Des larmes commencèrent à perler aux coins de ses yeux. Elle avait fait de gros efforts pour les retenir, mais elle avait visiblement atteint sa limite.

« Mais te perdre toi aussi… Je sais pas mais… Toutes les personnes auxquelles je me suis attachée, à part ma mère, on finit par me tourner le dos… Je sais que t’es un dresseur, et je le savais avant. Mais… Je sais pas, peut-être qu’au fond j’espérais juste que tu finisses par vouloir rester ici, avec nous, avec moi. Je sais que c’est débile, et que ce n’est pas le cas… Mais c’était juste que cette dernière semaine a été la meilleure que j’ai passée depuis longtemps, et je ne voulais pas que ça s’arrête si vite… » Des larmes coulaient abondamment sur son visage, sans que je ne sache que faire pour la consoler. Bien sûr, j’allais sûrement reprendre la route, je ne pouvais pas lui dire l’inverse.

« Tu sais, tu n’as pas complètement tort… J’ai envie de rester, sincèrement. Plus que tu ne le penses.  » Je lui souriais, passant ma main sur son visage pour essuyer ses larmes. « Mais je ne peux pas abandonner maintenant, pas encore. Faut que j’aille au bout de tout ça, parce que sinon, tout ce que j’ai fait n’aura eu aucun sens. Il y a des gens qui comptent sur moi aussi… Et tu en fais partie.  » Elle hocha la tête, séchant ses larmes. Il me sembla qu’avoir vidé son sac lui avait fait du bien, et elle reprit son sourire malgré son visage humide, avant d’adopter un air faussement plus sérieux.

« Je sais. Et tu comptes pour moi aussi. Promets-moi juste d’aller au bout de tout ça, et de leur montrer que Zépar est le digne descendant de son aïeule.  » Elle laissa échapper un petit rire, avant de reprendre sur une voix plus douce. « Et promets-moi de revenir me voir, de temps en temps. Je ne me fais pas d’illusion, je sais que ta voie s’annonce compliquée. Mais quand tu pourras, reviens. Et surtout Alex, s’il te plait, ne m’oublie pas comme eux. Jamais.  » Elle déposa un léger baiser sur mes lèvres, attendant ma réponse.

« C’est promis. Et puis, je ne vais pas me priver de ton talent pour entrainer les pokémons, ce serait du gâchis.  » Dis-je en lui lançant un clin d’œil. Elle éclata de rire, me mettant un petit coup sur le torse en guide protestation, avant de revenir se lover dans mes bras. Nous passâmes le reste de la nuit ensemble, à discuter de tout et de rien, et aussi de l’avenir qui nous attendait, avant de nous endormir, exténués, jusqu’au matin de mon départ.

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J’étais retourné dans ma chambre tôt dans la matinée pour préparer mes affaires. Eva dormait encore profondément, et j’avais réussi à ne pas la réveiller. Je ne comptais pas partir sans rien lui dire, loin de là, mais elle avait tout de même besoin de repos. Lorsque je sortais de ma chambre avec mon paquetage terminé et mes pokéballs à la ceinture, je remarquais qu’Anna était déjà levée. Elle m’accueillit avec un grand sourire.

« Salut Alex, je t’ai préparé deux trois choses niveau nourriture pour ton départ. Prends ce qui te plait.  » Devant mon air surpris, elle éclata de rire. « Tu penses vraiment qu’une mère ne sent pas quand sa fille est triste ?  » Dit-elle doucement. « Je voulais juste te dire que tu seras toujours le bienvenu ici, ça nous a fait du bien à toutes les deux de t’avoir ces quelques jours avec nous.  »

« Je… Je sais pas trop quoi dire Anna, à part merci pour tout. Sincèrement. Et désolé de partir comme ça mais…  » Elle me coupa, immédiatement.

« Je sais. Je vous ai bien observés, Eva et toi, lorsque vous vous entrainiez. Tu peux faire de grandes choses dans ce monde, et on sera toujours là pour toi.  » Puis elle ajouta, avec un clin d’œil. « Et puis, vu les sentiments qu’à ma fille pour toi, et que tu es le dresseur du petit fils de Mimi, c’est comme si tu faisais partie de la famille maintenant !  » Je ne pus m’empêcher de rougir légèrement en l’entendant. Elle devait sûrement avoir compris depuis plus longtemps que nous le lien qui nous unissait.

« Je… Hem… Merci Anna. Je reviendrais vous voir, et je vous promets que Zépar aura son heure de gloire lui aussi.  » Dis-je, sincèrement.

C’est à ce moment-là que choisis Eva pour sortir de sa chambre, encore tout ensommeillée, portant simplement ses sous-vêtements et un tee-shirt trop grand pour elle, le même qu’elle portait lors du premier soir où nous avions parlé. Sans dire un mot, elle m’enlaça, se blottissant contre moi, nullement gênée par la présence de sa mère.

Une fois les aurevoirs fait à Lola pour moi, et à Zépar pour la petite famille, il vint le temps de partir. Nous nous étions tous fait à cette idée et, pourtant, les cœurs étaient tout de même légèrement serrés. Je saluais chaleureusement Anna, puis je me tournais vers Eva. Cette dernière plongea à nouveau directement dans mes bras. Cette fois, il n’y avait pas de pleurs, juste l’espoir et l’impatience de se retrouver un jour. Elle me glissa simplement à l’oreille.

« N’oublie pas ta promesse, Alex. Et revient moi vite. » Puis elle recula, un léger sourire aux lèvres.

Je tournais alors le dos, prenant la route et tachant de ne pas me retourner pour ne pas rendre ce départ plus difficile. Je devais me concentrer sur la suite, sur ce qui m’attendait, et, au fond, je savais que je les reverrais plus tôt que je ne le pensais.


© ANARCISS pour épicode

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