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L'accomplissement de Caim [Solo] [Entrainement]
L'accomplissement de Caim [Solo] [Entrainement]
Lun 11 Sep 2017 - 13:45
Région d'origine : Hoenn
Messages : 1078

Alexandre Diame

Alexandre Diame
L’accomplissement de Caim




Alors que j’étais encore à Bord-au-Vent, à cause de ma mission « diplomatique » au sein du QG de l’emblème qui s’était avéré être une vraie catastrophe, je reçus un SMS d’Anna. Je ne pus m’empêcher d’éprouver une certaine surprise quant à son message. La mère d’Eva semblait d’une nature plutôt sauvage et, même si je savais qu’il y avait peu de chances pour qu’elle m’ait oublié, je ne m’attendais pas à ce qu’elle prenne de mes nouvelles si vite. Toujours était-il qu’elle me pressait de venir, car elle avait quelque chose à me montrer. Etant d’une nature particulièrement curieuse, je décidais de l’écouter et de retourner au niveau de la route cendrée afin de satisfaire sa demande. Je devais bien avouer être également impatient de revoir la petite famille, car, chose curieuse pour quelqu’un comme moi, les jeunes femmes m’avaient presque manqué.

Etant donc relativement pressé de découvrir le secret d’Anna, je décidais de ne pas prendre le temps de voyager à pieds jusqu’à la maison, et je fis rapidement sortir Shax de sa pokéball. Le Libégon sorti du léger rayon rouge en s’étirant et en baillant. Visiblement, l’action lui manquait un peu, et un petit voyage lui ferait le plus grand bien. Je grimpais alors sur son dos et je m’envolais vers la route recouverte de Cendre, impatient de voir ce qu’Anna me réservait, et surtout de pouvoir rendre une petite visite à Eva. Finalement, j’avais aussi promis de lui donner des nouvelles et de passer la voir de temps en temps, et c’était l’occasion.

J’arrivais assez rapidement devant la masure de la petite famille. Comme d’habitude, tout était assez calme. Il fallait dire qu’il n’y avait pas non plus grand-chose dans le coin. J’avançais donc sur la petite route qui menait à l’entrée, et je cognais à la porte.

« Anna ! Eva ! C’est Alex ! » Dis-je simplement pour m’annoncer.

J’attendis alors quelques instants, puis je finis par entendre des bruits de pas sur le parquet, signe que quelqu’un approchait. Lorsque la porte s’ouvrit, je vis le visage souriant d’Anna devant moi. La femme s’approcha alors, m’offrant une accolade de bienvenue, puis me détailla de haut en bas.

« Alex ! Tu as fait vite, dis donc. J’imagine que ton Libégon y est pour quelque chose. Alors, comment se passe ton aventure à Mhyone ? Tu t’en sors ? » Me lança-t-elle d’un air enjoué.

« Bah… Oui, ça roule pas trop mal pour le moment. » Lui répondis-je avec un sourire. « Et vous alors ? Comment va la vie ici ? » M’enquérais-je alors, désireux de prendre des nouvelles de la petite famille.

« Et bah… Ecoute ça va. » Anna avait un ton un peu hésitant, ce qui me poussa à lui en demander davantage.

« Ça va ? Seulement ? » Lui lançais-je en la taquinant un peu. Anna fit alors une moue gênée, avant de soulager ma curiosité.

« Oui. Disons que je me sens un peu seule. Comme tu le vois, Eva est partie, elle aussi, et tu n’y es pas pour rien… » Elle semblait un peu inquiète, mais curieusement, elle arborait tout de même un léger sourire. « Après ton départ, elle a fini par m’avouer qu’elle aussi voulait devenir une dresseuse. Vu sa lignée, ça ne m’étonne pas trop cela dit. » Dit-elle avec un ton amusé, avant de poursuivre. « Enfin bref, je lui ai donc prêté Lola pour qu’elle se lance, et elle est partie pour Sinnoh. Elle doit être arrivée à l’heure qu’il est. D’ailleurs, j’ai pu contacter Terry depuis ! » Sembla-t-elle soudain se rappeler, continuant son monologue. « Elle a promis de veiller à ce qui ne lui manque rien là-bas, et elle est impatiente de se mesurer à sa petite-fille. Donc je suis plutôt heureuse, même si je me retrouve toute seule… » Elle me fit un petit sourire triste, avant de mettre fin à sa tirade. « Mais bref, j’arrête de t’embêter avec tout ça ! J’ai plusieurs choses à te dire et à te montrer, vas-y entre ! »

Elle s’écarta alors de la porte, me laissant pénétrer dans la maison. Alors que je la suivais dans les couloirs, je ne pouvais pas m’empêcher de réfléchir. Ainsi donc, la jeune femme avait pris sa décision. Je ne pouvais pas vraiment dire que je n’étais pas déçu de ne pas pouvoir la revoir, mais, ce qui était sûr, c’était que j’avais hâte de la retrouver d’ici quelques temps, afin de me mesurer à elle. Je savais qu’elle aussi partageait surement ce sentiment.

Anna me mena alors dans la cuisine, où nous nous posâmes tous les deux. Un petit écrin était posé au milieu de la table, attirant évidemment mon regard. Anna sembla le remarquer, puisqu’elle esquissa un petit sourire avant de reprendre la parole.

« Alors, voilà la chose dont je voulais te parler. C’est en quelque sorte un petit cadeau, pour tout ce que tu as apporté à la famille, et je sais que cet objet te sera utile pour le reste de ton aventure. » Elle avait parlé sur un ton calme, posé, gardant toujours le sourire. Je ne pus m’empêcher de me sentir gêné par son présent.

« Oh euh… Merci, c’est très gentil, mais je n’ai rien fait de spécial. Puis vous m’avez aussi beaucoup apporté, alors je pensais que nous étions quittes ! » lui dis-je en grattant l’arrière de ma chevelure violette.

« Arrête de faire ton modeste ! De toute façon, je n’en aurais jamais l’utilité, et Eva non plus. C’est logique que ça te revienne. » Elle prit alors l’écrin qu’elle posa dans mes mains, avant de m’en dire un peu plus. « Je l’ai trouvée alors que je me baladais aux alentours du Volcan. Un glissement de terrain avait endommagé quelques barrières, et Eva et moi voulions les réparer. Nous avons alors vu une petite grotte qui s’était créée, et, avec l’aide de Lola, nous en avons ressorti ceci. » Elle désigna alors l’écrin que je tenais dans mes mains. « Eva a insisté pour que ça te revienne, donc tu n’as d’autre choix que d’accepter ! » Me lança-t-elle avec un clin d’œil.

Je retournais alors délicatement l’écrin entre mes mains, sans l’ouvrir tout de suite. La chose avait l’air plutôt petite, et j’étais bien incapable de dire de quoi il s’agissait. J’ouvris alors le paquetage avec délicatesse, puis je fis tomber ce qui ressemblait à une bille dans ma main. La gemme était bleutée, avec des reflets orangés et une fine touche de gris. La sphère était parfaite, sans aspérités, ce qui m’étonna au vu des conditions de sa découverte. J’interrogeais alors Anna du regard. La jeune femme pouffa devant ma légère incompréhension.

« Tu ne sais pas ce que c’est ? » Me dit-elle, amusée. « Sérieusement, Alex. Quand même ! Bon, je dois bien t’avouer que j’ai dû vérifier pour être sûre, mais il s’agit d’une Méga-gemme. Une Laggronite pour être plus précise. Et, puisque tu en possèdes un, Caim si je me souviens bien, et bah elle te revient logiquement. » Finit-elle, guettant ma réaction.

J’observais alors la gemme avec un tout autre intérêt. Peu de dresseurs avaient un jour l’occasion de posséder une Méga-gemme, et encore moins arrivaient à en maitriser l’utilisation. C’était un atout indéniable, mais encore fallait-il le contrôler… En tout cas, ça ne changeait rien à la valeur inestimable du cadeau que venait de me faire la petite famille.

« Je ne sais pas trop quoi dire, je t’avoue… » Dis-je, gêné. « C’est un cadeau vraiment extraordinaire. Je n’aurais jamais pensé, en tant que dresseur, en posséder une un jour. Donc je ne trouve pas trop les mots là. » Lui lançais-je, arborant toujours un sourire troublé, me grattant l’arrière du crâne. « Merci du fond du cœur, à toutes les deux. »

Ma réaction fit sourire Anna de plus belle, puis elle me lança un regard faussement sérieux. « Bon, prends pas trop la grosse tête non plus. Il faut encore que tu arrives à la maitriser et, de ce que j’ai lu, c’est extrêmement difficile. En plus, il te faut une gemme sésame pour pouvoir faire fonctionner une méga-évolution, et pour ça, une seule solution : Le centre des rangers ! » La femme connaissait mes légers différents avec ce groupe, et elle ne s’étonna pas de me voir froncer les sourcils. « T’en fais pas. Tu n’auras à traiter qu’avec le Chef des Rangers, Chris. Enfin, ça n’est pas non plus une excellente nouvelle vu sa réputation, mais, au moins, tu seras tranquille avec les rangers moins expérimentés. Et puis de toute façon, t’as pas le choix ! » Me lança-t-elle, en souriant et en ponctuant ses paroles d’un clin d’œil.

Elle avait raison, j’étais loin d’avoir le choix pour le coup. Et je voulais aussi montrer à Anna qu’elle avait eu raison en me confiant cette gemme ô combien précieuse. Je la remerciais donc à nouveau, et nous passâmes le reste de la journée, la soirée et une grande partie de la nuit à parler de tout et de rien, comme de vieux amis qui se retrouvaient après des années passées loin l’un de l’autre. Je retrouvais ensuite la chambre que j’avais occupée, ce qui raviva de doux souvenirs qui me plongèrent rapidement dans un profond sommeil. Demain était un autre jour, une autre épreuve, et il me fallait reprendre des forces.

Le lendemain matin, je déjeunais avec Anna avant de me préparer à nouveau pour mon départ. Elle me souhaita bonne chance, persuadée que j’allais y arriver, et, après une accolade, je repartais vers Médéa et sa forêt Amarante, là où se trouvait le fameux centre Ranger.

_______________

Une fois de plus, j’y arrivais assez vite. Shax était un peu fatigué par autant de voyage en aussi peu de temps, alors je décidais de le laisser se reposer tranquillement dans sa pokéball. Je passais alors par la forêt, espérant ne pas trop attirer l’attention. Je ne pouvais pas m’empêcher de repenser à tous les affrontements qui m’avaient opposé aux rangers de Mhyone, et ma seule crainte était que Chris, sur ce motif, refuse de me remettre une gemme sésame. Il se pouvait également qu’il soit assez loin de tout ça, et que ça ne le concerne pas. Ainsi, il ne connaitrait peut-être même pas mon nom, ce qui ne pourrait être que bénéfique.

Plus j’approchais du centre, plus je croisais de membre du groupe. Si les premiers ne me reconnurent pas le moins du monde, il n’en fut pas de même pour les suivants. Je commençais à sentir le poids de certains regards acérés sur mes épaules, ce qui devenait pesant. Je décidais donc de presser le pas. Je n’étais pas venu pour combattre une fois de plus d’éventuels détracteurs, j’étais là pour quelque chose de bien plus sérieux. J’avais d’ailleurs, au préalable, pris rendez-vous avec Chris et je ne voulais pas arriver en retard. J’étais déjà, en quelque sorte, sur la sellette, et je ne voulais pas aggraver mon cas. Je m’annonçais donc à l’accueil puis, au bout d’une dizaine de minutes, on me fit entrer dans un bureau à l’étage.

Ce dernier était plutôt simple, mais confortable. Un brun plutôt jeune, enfin toujours plus vieux que moi mais plus jeune que ce que je m’étais imaginé, était assis à son bureau. Il paraissait un peu taciturne et avait une attitude légèrement froide au premier abord, à cause du regard glacial qu’il posa alors sur moi. Je m’asseyais donc en face de lui alors qu’il me dévisageait.

Il s’ensuivit une longue minute de silence alors qu’il semblait lire un dossier posé sur la table, me jetant de temps à autres un ou deux coups d’œil. J’attendais patiemment qu’il prenne la parole, ce qu’il finit par faire.

« Alors. Alexandre, c’est ça ? » J’opinais simplement du chef, et il continua. « Je dois bien avouer que je suis content de rencontrer l’un des dresseurs qui fait le plus jaser mes rangers. » Dit-il, un sourire carnassier au coin des lèvres. Bon, au moins, c’était clair, il était au courant de mes divers déboires. Sans doute que la mère du ranger qui nous avait agressé à Médéa avait dû lui parler de notre aventure au bar. Et elle ne devait surement pas être la seule. Je ne répondis rien, me contentant de gratter l’arrière de ma chevelure violette d’une manière gênée, le laissant continuer. « Il y a bien des rumeurs et des histoires qui circulent, mais tu n’as pas l’air de faire l’unanimité. Certains rangers, et curieusement, pour la plupart des femmes, semblent t’apprécier, alors que beaucoup d’autres te vouent une haine assez profonde. Avant que nous envisagions de parler d’une éventuelle gemme-sésame, tu pourrais m’éclaircir à ce sujet ? » Posée sur un ton naïf, la question ne l’était pourtant pas. Il me testait, et je n’avais aucune raison de me dérober.

« Et bien… Je dirais que je ne me suis jamais battu sans me croire dans mon bon droit. Je n’ai rien spécialement contre les rangers, au contraire, mais disons que certaines de vos… recrues peuvent parfois faire quelques excès de zèle disons. » Lui répondis-je, un peu sur le même ton, le faisant sourire davantage. Il ne répondit donc pas directement à ma tirade, préférant simplement passer à autre chose.

« Donc. Tu veux une gemme sésame. Tu te doutes que ce n’est déjà pas facile pour quelqu’un de réussir mes tests. Puisque certains de mes rangers vantent tes louanges, et que d’autres te haïssent, je vais être encore plus sévère avec toi qu’avec un autre. J’espère que tu comprends que je ne peux pas te confier un outil aussi puissant devant mon groupe. Je suis obligé de prendre en compte leurs avis, au moins un peu. Il va donc falloir que tu fasses sérieusement tes preuves si tu veux l’obtenir. » Il me regarda à nouveau dans les yeux, guettant ma réaction. Cette fois, j’avais repris mes esprits et ma confiance, alors je soutenais son regard.

« Je ne sais pas ce que tu avais prévu pour les autres, de toute façon, alors je ne verrais même pas la différence… » Lui répondis-je, un air de défi sur le visage, et usant volontairement le tutoiement. Il me toisa un instant, avant de se rassoir confortablement dans son siège.

« Bien. Les préparatifs sont presque terminés. Tu vas suivre Julie, qui t’attends derrière la porte. Elle va t’accompagner pour te permettre de te préparer et de t’équiper. Tu te poses pas de questions, tu la suis et tu fais ce qu’elle te demande. On se retrouve plus tard. » Alors que je me levais pour sortir de la pièce, il me glissa un dernier mot. «  Oh et, Alex. J’espère que tu es prêt. J’étais sérieux tout à l’heure, je ne te ferais pas de cadeaux. »

Je haussais les épaules, sans me retourner, et je pris la direction de la sortie. De l’autre côté de la porte, une jeune femme blonde m’attendait. Puisqu’elle m’offrit instantanément un joli sourire, je compris qu’elle ne faisait probablement pas partie des rangers qui m’en voulaient. Je ne pensais cependant pas l’avoir vue avant, son visage et ses lunettes de vue ne me disant strictement rien. Me voyant en pleine réflexion, elle s’adressa à moi la première.

« Salut, je suis Julie ! Je m’occupe des prétendants à la gemme sésame ! » me lança-t-elle, avec un ton enjoué. « Je suis enchantée de te rencontre, Alexandre ! Ou Alex, je peux ? Enfin bref, faut juste que tu me suives, je vais te montrer où aller et comment te préparer. » Elle parlait plutôt vite, et, malgré sa bonne humeur, elle semblait un peu nerveuse.

« Enchanté Julie ! » Je m’approchais alors d’elle pour lui faire la bise, ce qui parut la surprendre. Lorsque je me reculais, je m’aperçus avec amusement que ses joues avaient légèrement rougies. « Vu l’ambiance dans laquelle je suis arrivé, je suis plutôt content qu’ils aient choisi une aussi jolie jeune femme pour m’accompagner, ça risque de m’aider, niveau moral ! » La taquinais-je, en lui lançant un clin d’œil.

Les joues de la jeune femme s’empourprèrent de plus belle, et elle sembla cette fois perdre légèrement ses moyens, bafouillant une réponse légèrement incompréhensible avant de se reprendre.

« J-Je… Oui, du coup, l’entrainement ! » lança-t-elle en tournant les talons, et en partant a vive allure dans une direction inconnue, alors que je lui emboitais le pas. « Donc déjà, je vais récupérer tes pokémons, sauf ton Laggron. Tu n’en auras pas besoin et, rassure-toi, ils seront en sécurité, j’y veillerais personnellement. » Je fronçais les sourcils, mais je ne protestais pas. L’idée d’être éloigné de mon équipe ne me plaisait pas beaucoup mais c’était finalement assez logique. C’était à Caim et à moi, et à nous seuls, de faire nos preuves. Voyant que je ne disais rien, elle poursuivit.

« Ensuite, je vais t’emmener dans un vestiaire, où une tenue t’attends. Disons que, je ne sais pas pourquoi, Maitre Chris adore voir ses challengers, en quelques sortes, galérer dans la boue. Donc il vaut mieux être équipé pour ça, même si, malheureusement, je ne vais rien pouvoir faire pour tes cheveux… » Je ne pus m’empêcher de m’amuser en voyant la jeune femme jeter de fréquents coups d’œil furtifs vers moi, trahissant une petite gêne. Je me focalisais rapidement sur ce qui allait suivre, ne m’inquiétant pas vraiment pour la propreté finale de ma chevelure, contrairement à ce que semblait penser mon guide.

Nous arrivâmes alors devant une grande porte en métal, qui me paraissait assez lourde. La blondinette s’arrêta alors, se retournant vers moi.

« Voilà, c’est ici. » Me dit-elle simplement, hésitant à poursuivre. « Je…. Je vais récupérer tes pokémons, si tu veux bien. A partir de là, il ne peut y avoir que Laggron et toi. Ce sont les règles. » Elle ne paraissait pas très assurée, mais j’acceptais rapidement pour la rassurer, lui confiant alors le reste de mon équipe. Je lui fis promettre d’en prendre soin, ce qu’elle fit sans hésiter, puis elle me laissa devant la porte, après m’avoir lancé une dernière consigne.

« Je viendrais te chercher quand tout sera prêt. Ça peut prendre un peu de temps, il faut juste que tu restes ici. » Me lança-t-elle, alors que je décelais une pointe d’anxiété dans sa voix. Non, j’avais sûrement dû me tromper.

Je pénétrais alors dans une sorte de grand vestiaire. Il devait être prévu pour une grande quantité de personnes, car il y avait des rangées entières de bancs et de casiers. Pourtant, j’étais seul. Cette solitude contrastait avec la taille de l’endroit, et créait une ambiance bien particulière. J’entrepris alors de faire le tour du lieu. Il était plutôt très bien équipé, et tout me paraissait neuf, ou du moins, en très bon état. Il y avait des douches, un sol de marbre blanc immaculé et de nombreuses cabines pour se changer. Je vis alors que, sur une des places, il y avait un cintre, et, accroché dessus, une sorte de combinaison militaire de couleur vert kaki, qui était surement imperméable. A ses pieds, une paire de rangers noires, et les chaussettes épaisses qui allaient avec. Et c’était tout. Visiblement, mon guide avait vu juste. Je me déshabillais alors pour enfiler la tenue assez sommaire qui, curieusement, était parfaitement à ma taille. Comme pour les rangers d’ailleurs. Je ne me posais pas plus de questions que ça, et je rangeais mes affaires dans le casier associé, m’asseyant par la suite sur le banc.

Les minutes passaient, et il n’y avait toujours personne. Visiblement, la mise en place prenait plus de temps que prévu. Je fis alors sortir Caim de sa pokéball, en face de moi. Le Laggron était calme, mais je décelais une pointe d’inquiétude dans son regard. Il se préparait à ce qui allait suivre, mais devait avoir peur de ne pas parvenir à accomplir l’objectif que nous nous étions fixés avant de venir. L’épais pokémon eau avança alors sa tête vers moi, la posant sur mes genoux. Je le flattais alors en dessous de ses joues pourpres, chose qu’il aimait particulièrement. Nous partagions logiquement ce moment avant de tenter de nous surpasser une fois de plus. Il leva alors la tête vers moi, et je posais mon front contre le sien. Nous en avions traversé, des épreuves, mais encore aucune de ce niveau. Je ne me souviens pas combien de temps nous étions restés ainsi, mais ce ne fut que l’entrée de Julie qui nous tira de notre méditation. Elle marqua un cran d’arrêt en voyant le Laggron gris, surprise par sa couleur et sa taille un peu plus imposante que les autres de ses congénères. Elle reprit rapidement ses esprits et me lança.

« Je vois que vous êtes prêts, tous les deux. Je vais vous accompagner. » Dit-elle simplement.

Alors que nous observions un silence religieux, elle nous fit sortir dans la forêt. Il faisait jour, bien sûr, puisqu’il devait être neuf heures du matin, mais le temps était mauvais et, même s’il ne pleuvait pas, il faisait plutôt humide. Nous arrivâmes alors dans une sorte de clairière mais, à la place d’une herbe mouillée se trouvait un grand champ de boue. Dans cet environnement déjà austère, d’immenses échafaudages avaient été construits. Leur point culminant devait dépasser la quinzaine de mètre de hauteur. Disposés en une sorte de pentagone, ils formaient un parcours d’obstacle et d’endurance qui semblait de plus en plus difficile. Au sommet, du moins tout au bout, se trouvait un Dracaufeu, et, à ses côtés, se trouvait Chris. Je me tournais alors vers Julie, qui regardais cet amas d’équipement avec incrédulité, les yeux écarquillés.

« Non mais, sérieusement… Je croyais qu’il l’avait abandonné après l’accident… » Elle semblait cette fois assez distinctement inquiète. Si quelque chose clochait, je voulais le savoir.

« Il y a un souci ? » Elle secoua la tête, encore surprise et perturbée.

« Non, Enfin si… Disons qu’il n’a utilisé ce défi qu’une seule fois, et que la personne qui s’entrainait a été gravement blessée. Du coup, on l’avait abandonné. Enfin… Jusque maintenant… » Me dit-elle, semblant gênée pour moi.

Donc, Chris avait tenu parole, et il ne m’avait pas menti en me disant qu’il ne me ferait aucun cadeau. Mais je n’allais certainement pas me défiler maintenant. Et puis, j’avais confiance en Caim. Je fis alors un petit sourire à la jeune femme, accompagné d’un petit clin d’œil.

« Ça va aller pour moi. Merci pour la route et la visite guidée Julie, je vais me débrouiller ! » Mon ton sonnait bien plus confiant que ce que je pouvais ressentir à ce moment-là, mais il parut rassurer mon guide qui, après m’avoir souhaité bonne chance, me laissa devant l’édifice. Je fis alors le tour, puisque visiblement Chris avait décidé de ne pas m’aider à trouver l’entrée. Je finis tout de même par la découvrir, et je me hissais au premier niveau de l’espèce de tour de fortune, Caim à mes côtés. J’entendis alors une voix sortir des haut-parleurs.

« Bienvenue Alexandre ! Je ne vais pas y aller par quatres chemins. Le principe est simple, tu dois arriver jusqu’à moi ! Mais comme je n’ai pas une patience infinie, tu as jusque demain matin, dix heures, pour y parvenir. Tu n’as bien sur le droit à aucune aide extérieur. Vous êtes seuls, ton Laggron et toi. Montrez-moi ce que vous valez et prouvez-moi que vous êtes dignes de cette gemme sésame ! » Aussitôt sa tirade finie, il n’y eu plus aucune indication. Avant de m’élancer, je décidais d’analyser le terrain.

En comptant le toit, il y avait cinq étages. Ils semblaient tous regorger de pièges et d’épreuves, allant du simple défi physique jusqu’au véritable tour de force. De toute façon, il n’était pas question de reculer maintenant. Le délai me semblait pour l’instant plutôt large, mais je savais que je devais rester sur mes gardes. Je j’échangeais donc un regard entendu avec Caim, avant de m’élancer.

Le premier étage fut un passage plutôt facile et rapide. Certes, il y avait tout de même des épreuves physiques assez intenses, mais rien de trop compliqué. J’en vins donc à bout en une vingtaine de minutes, ce qui me laissa augurer du meilleur pour la suite. Jusque à présent, je n’avais vu qu’un parcours d’obstacles assez banal et, les Laggrons étant aussi réputés pour leur force physique, ce ne fut difficile pour aucun d’entre nous.

Le deuxième étage sembla plus complexe. Cette fois, il comprenait deux niveaux, nous obligeant à nous séparer, Caim et moi. Il fallait franchir des obstacles plus complexes, si bien que mes muscles commençaient à chauffer sérieusement. Afin de m’alléger d’un poids, et de gagner en stabilité, je décidais d’enlever mes rangers. J’étais plus à l’aise pied nu, et je pus continuer à progresser en économisant une partie de mon énergie. Caim, lui, bataillait courageusement avec d’épais blocs de pierre, devant résoudre une sorte de puzzle en plus de devoir les bouger, ce qui représentait un effort colossal. Moi, je devais traverser un grand pont suspendu à la seule force de mes bras, tout en lui indiquant la façon dont il devait déplacer les rochers, puisque j’étais le seul qui avait une vue du dessus. A la force de mes abdominaux, j’arrivais, à mi-chemin, à accrocher mes jambes autour des barreaux de l’échelle horizontale qui me servait à avancer, reposant ainsi mes bras alors que je guidais toujours le Laggron gris. C’est donc, deux heures plus tard, et déjà fatigués, que nous arrivions à l’escalier qui nous mènerait à l’étage suivant.

Le principe se répéta. J’étais une nouvelle fois en haut, à devoir triompher d’épreuves physiques qui mettaient mon mental à rude épreuve, alors que le Laggron devait, cette fois, se débattre avec un fort courant d’eau qui tombait en cascade en contrebas. La situation devenait plutôt périlleuse, et je comprenais ce que Julie avait voulu me dire. Une chute, et on retombait tous les deux six mètres plus bas. Je tâchais de ne pas y penser, reprenant alors ma progression, Caim juste en dessous de moi. Au milieu du parcours, une fois de plus, une difficulté se présenta. Le chemin, qui était une sorte de poutre en bois humide, particulièrement glissante, s’arrêtait net, ne laissant que le courant tumultueux dans lequel le Laggron bataillait ferme. Nous progressions jusqu’alors assez lentement pour ne pas se mettre en danger plus que de raison, mais là, nous étions bloqués. Caim n’allait pas tenir bien longtemps dans cet enfer de courants, et il allait falloir agir vite. Je savais que ce que je m’apprêtais à faire risquait de sérieusement le fatiguer, mais nous n’avions alors pas le choix.

« Courage mon grand, il va falloir que tu m’amènes jusqu’à l’extrémité de la poutre de l’autre côté ! » Dis-je en désignant la suite du parcours, assez fort pour que ma voix couvre le tumulte qui nous entourait. « Après, tu vas nager juste en dessous de la poutre, d’accord ? Je vais t’aider à te stabiliser ! » lui lançais-je. Je savais qu’il avait compris, mais rien n’était sûr concernant la réussite de ce plan.

Je me mis délicatement sur le dos du Laggron qui s’était à peu près stabilisé devant moi. Je voulais mon geste le plus lent et le plus doux possible pour qu’il ait le temps de s’habituer et qu’il ne soit pas surpris par la différence de poids. Une fois à peu près installé, Caim avança vaillamment. La traversé fut longue, car chaque mètre était dangereux. Une fois arrivé, je m’allongeais sur la poutre, mettant un bras de chaque côté et attrapant le Laggron au niveau de ses côtes. La position pouvait paraitre légèrement ridicule vue de l’extérieur, mais, au moins, elle semblait soulager le Laggron dans sa bataille avec le courant. Nous finîmes par atteindre la fin du troisième étage, nous laissant tomber sur le bois humide pour récupérer. Je regardais alors l’horloge ostensiblement affichée au centre de l’édifice. Nous avions mis deux heures à passer. Le temps me parut alors incroyablement long mais, en y réfléchissant, la fin de notre progression avait été particulièrement lente et éprouvante. Il était alors environ treize heure trente, et nous avions franchi la moitié du chemin. Nous décidâmes alors de faire une pause d’une heure, afin de laisser nos muscles se reposer.

En observant les deux étages restants, ce que je vis m’intrigua. Je ne voyais aucun obstacle, à part quelques portions de vide. Comparé à tout ce qui nous était déjà tombé dessus, ça paraissait vraiment dérisoire. Je me doutais bien qu’il y avait Anshwatt sous roche, et je ne me laissais pas déconcentrer.

Lorsque nous fûmes à nouveau d’attaque, nous nous relevâmes, estimant le terrain qu’il nous restait à parcourir. Nous avions encore une vingtaine d’heures devant nous, et je ne comptais pas me précipiter. Comme je l’avais remarqué, le quatrième étage ne présentait aucune épreuve particulière de prime abord. Il était simplement découvert de tous les côtés et, à cette hauteur, l’édifice semblait balancer au gré du vent qui soufflait maintenant un peu plus fort. Visiblement, Chris voulait jouer sur le vertige puisque, à certains moments, il n’y avait qu’une planche en guise de chemin. C’est d’ailleurs le moment que choisis la pluie pour tomber. D’abord une bruine légère, elle se transforma rapidement en une véritable averse, trempant davantage le bois devant nous. Je soupirais de débit. Décidément, c’était vraiment pas mon jour. Je vis alors une corde posée simplement à côté de l’escalier de fortune qui nous avait permis de monter. Je l’utilisais alors pour la nouer autour de ma taille, avant de faire la même chose pour Caim. Une sorte d’assurance nécessaire si nous voulions rentrer en un seul morceau. Je tapotais la tête de mon Laggron pour le rassurer, puis je pris les devants, m’aventurant sur le chemin précaire qui s’offrait à nous. Le début de la progression se fit normalement, presque en toute tranquillité. Nous prenions notre temps, restant attentifs au moindre piège qui pouvait nous attendre. Progressant ainsi, nous arrivâmes rapidement devant le premier passage constitué d’une simple planche. Une sorte de test d’équilibre, en somme. Je m’y engageais une nouvelle fois prudemment, me concentrant sur mes pas pour donner confiance à mon équipier qui semblait, lui, bien moins à l’aise que moi avec le concept d’altitude.

Je ne vis que trop tard qu’il avait suffi que je me concentre sur autre chose pour oublier le réel danger. Concentré sur ma progression, je n’avais pas vu le Dracaufeu de Chris décoller. Il avait contourné tranquillement l’édifice pour arriver au moment où je m’engageais sur la poutre trempée. Il avait alors déclenché une puissante bourrasque qui nous avait fait valser, Caim et moi, dans les airs. La chute me parue longue, et l’impact me coupa le souffle. Je perdis alors instantanément conscience.

Lorsque je me réveillais, je vis la tête de mon Laggron juste au-dessus de la mienne. Je me redressais alors, surpris de ne pas être blessé. La boue avait considérablement amorti le choc, et je n’avais pas de séquelle. Je regardais alors avec un œil furieux la plateforme où se trouvait Chris.

« Non mais il est sérieux lui… » Marmonnais-je, avant de me tourner vers l’horloge. Elle indiquait vingt heures trente. J’étais donc resté inconscient un bon moment. Me frottant la tête pour remettre mes idées en place, je poussais un cri de rage dans la tempête qui m’entourait. Nous allions devoir tout recommencer.

La deuxième ascension fut plus difficile que la première, car Caim et moi étions bien plus fatigués. Seulement, elle fut moins éprouvante mentalement. Nous savions cette fois à quoi nous attendre, et nous prenions cette fois davantage notre temps pour nous économiser, n’hésitant pas à prendre des pauses salvatrices à chaque fois que nous en avions besoin. Caim tenait bon, ce qui me motivais davantage. Je n’avais à présent aucun doute sur le fait que nous étions capables d’arriver à maitriser sa forme méga-évoluée, mais, pour ça, il fallait d’abord réussir notre ascension.

Il était minuit et demi, et nous parvenions enfin à rejoindre le quatrième étage. Il nous restait un peu plus de neuf heures pour réussir, mais une seconde chute était inenvisageable. Il me vint alors une idée, que je glissais à l’oreille de mon Laggron. Nous recommençâmes alors notre progression. Je savais que le pokémon de Chris reviendrait à la charge dès le moment où nous nous trouverions sur les poutres étroites. Alors que nous y arrivions à nouveau, je priais pour que mon plan marche, avant de m’engager, Caim derrière moi, sur le chemin de fortune.

Comme je l’avais prévu, le Dracaufeu revint pile à ce moment-là. Alors qu’il allait déclencher une nouvelle bourrasque, je me jetais dans le vide, lançant simplement à mon équipier.

« Caim, maintenant ! » Alors que je chutais, le Laggron se raidit. Fermement campé sur ses positions, il utilisa sa capacité Abri pour se protéger du vent, qui ne lui fit aucun effet. Les Laggrons étant des pokémons particulièrement fort, je ne pesais rien pour lui. Il put ainsi encaisser l’attaque sans que notre accroche ne le déstabilise. Une fois le Dracaufeu parti, je remontais la corde, félicitant Caim pour sa réussite. Le reste de l’épreuve se ressemblait, et nous usâmes la même technique tout du long, pour finalement arriver à l’escalier qui menait jusqu’au toit de fortune.

Il était donc environ deux heures du matin lorsque nous affrontions notre dernier challenge. L’étage ne semblait rien avoir de particulier, même pas de passage complexe comme c’était le cas pour le précédent palier. Lorsqu’il nous vit, Chris se leva de la petite tente dans laquelle il s’était abrité. Il se planta alors en face de nous, de l’autre côté du pentagone. Bien que l’édifice fût légèrement tremblant, les toits étaient un peu plus épais et laissaient un peu plus de place pour se déplacer. Je remarquais alors qu’au milieu du pentagone se trouvait une petite place, comme un terrain de combat pokémon. Chris s’y avança de son côté, et je fis de même. Une fois arrivés, il prit la parole.

« Et bah. Je n’aurais jamais pensé te voir arriver jusque-là mais bravo. Peut-être que certains de mes rangers ont tort après tout. » Epuisé, je ne pris même pas la peine de répondre. Il poursuivit. « Bon, puisque tu as réussi à m’atteindre, tu as le droit à ça. » Il me lança alors une gemme irisée que j’attrapais au vol. « C’est une gemme sésame. Tu as prouvé que tu avais lien particulier avec ton Laggron, aussi, je vous crois capable de la maitriser. Prouve-moi que je n’ai pas eu tort. »

Je regardais alors la gemme dans ma main. Ne sachant pas spécialement quoi en faire à cet instant. J’avais entendu tant d’histoire sur ces moments, mais en vivre un était radicalement différent. Caim me regardait, et je repensais alors à tous ces moments que nous avions passés ensembles, et ce depuis qu’il était un petit Gobou revanchard. Je pointais alors la Gemme sésame en sa direction. Une puissante énergie couplée d’une lumière aveuglante, bien plus forte que lors d’une évolution, engloba le Laggron. Il me sembla entendre un de ses puissants rugissement et, lorsqu’il fut de nouveau visible, il avait radicalement changé. Il était à présent bien plus grand, et plus costaud qu’avant. Sa silhouette massive dépassait largement les deux mètres, et ses bras ainsi que ses poings avaient facilement triplé de volume. Nous avions réussi quelque chose d’exceptionnel, et il n’y avait pas de mots à mettre sur nos sentiments à ce moment-là. Nous nous retournâmes alors vers Chris. Le défiant du regard.

Ce dernier souriait, sans dire un mot, observant le grand Laggron sous sa nouvelle forme. Son Dracaufeu vint alors se poser à ses côtés. Chris saisit quelque chose qu’il m’était difficile d’identifier à cause de la pluie mais, comme pour Caim, une puissante énergie lumineuse se dégagea du Pokémon feu, laissant apparaitre la forme méga-évoluée de son Dracaufeu. Il me regarda alors dans les yeux.

« C’est bien. Mais, comme tu l’as constaté, il y avait cinq étages. Et tu n’as pour l’instant passé que quatre épreuves. Voici la dernière. Tu dois m’affronter. Si tu arrives à me convaincre, je te laisserais emporter la gemme sésame. » Me dit-il sur un ton neutre. Je vis à son visage qu’il était impatient de se mesurer à son nouvel adversaire.  Le problème, c’est que nous étions fatigués, Caim et moi. Nous avions tout donné pour compléter sa maudite ascension, et le rapport de force n’était pas en notre faveur. Je vis alors la tête de Caim se tourner vers moi, et je lui fis un petit hochement de tête. Il nous restait suffisamment de ressources pour offrir un beau combat, et j’étais impatient de pouvoir tester la force d’une méga-évolution.

Chris n’attendit pas plus longtemps, et lança son Dracaufeu à l’attaque. Il était rapide, et nous étions à bout de forces. Caim parvenait à se protéger des assauts du pokémon feu tant bien que mal, ripostant comme il pouvait. Mais le pokémon de Chris savait voler, ce qui, à cette altitude, était un autre avantage considérable. Le combat n’était pas bien engagé. Loin de là. Je voyais que Caim faiblissait sous les grosses attaques de son adversaire.

Je me rappelais alors d’une technique que nous avions travaillée, Caim et moi. Je ne l’aimais pas vraiment mais, en cas de coup dur, c’était quelque chose qui pouvait renverser un combat. Le talent de Caim lui permettait de tenir le coup, puisqu’il puisait une partie de son énergie dans l’averse autour de nous. Alors que le Dracaufeu fonçait une nouvelle fois sur lui, je décidais de réagir différemment.

« Caim ! Reflet ! Maintenant ! » Le Laggron sembla disparaitre un instant. Le Dracaufeu, qui était, comme son dresseur, persuadé de toucher le pokémon eau affaibli, fut pris de court, et manqua son attaque de peu. Alors qu’il passait juste à côté de lui, je criais ma consigne à Caim.

« Vas-y ! Effort ! Maintenant ! » Se redressant dans un ultime baroud d’honneur, le pokémon saisit le Dracaufeu en plein vol et, utilisant sa cinétique, il l’écrasa brutalement au sol. Je décidais alors d’enchainer, profitant que mon adversaire soit au sol pour terminer le combat.

« Utilise point-glace ! Finis-le ! » L’énorme poing du massif pokémon gris se chargea d’énergie glacée, puis il l’abattit violemment sur son adversaire, brisant le bois de la plateforme à l’impact. Lorsqu’il ôta son poing, le Dracaufeu avait disparu. Je relevais alors les yeux vers Chris qui venait de le rappeler dans sa pokéball.

« Ça suffit. » Dit-il simplement. « Tu peux garder la gemme. Tu l’as méritée. »

Je sentis alors une immense fatigue m’envahir, et je rappelais alors Caim dans sa pokéball pour qu’il puisse se reposer à son tour, me promettant de ne pas lui confier de combat avant un petit moment. Il avait vécu une aventure difficile, et particulièrement épuisante. Suivant Chris, je quittais le pentagone, jetant un dernier regard à l’horloge, ce qui m’arracha un petit sourire. Quatre heures du matin. J’avais mis dix-huit heures pour me sortir de sa maudite épreuve. Je gardais mes commentaires pour moi. Seule comptait la victoire à cet instant.

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Je quittais le centre deux jours plus tard, après que nous nous soyons totalement remis. J’avais dormi presque une vingtaine d’heure d’affilée tant l’épreuve m’avait épuisé. Puis j’avais retrouvé ma petite équipe, souriant devant l’attitude de Caim qui semblait pavaner avec fierté devant ses confrères. J’eus également l’occasion de discuter avec Julie et quelques-un de ses amis, qui paraissaient particulièrement surpris de m’avoir vu réussir. J’avais effectivement eu de la chance de ne pas être blessé par la chute, car, selon ce qu’ils me racontaient, c’était aussi ça qui avait failli couter la vie au précédent prétendant à une gemme sésame qui avait subi ma même épreuve que moi. Je les remerciais chaleureusement, revoyant un peu mon jugement général sur les rangers. Je n’oubliais pas non plus Chris qui m’avait tout de même offert une gemme plutôt rare et, après avoir vérifié que Caim était complètement rétabli, je décidais de retourner en direction de Nox pour prendre un repos bien mérité.



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L'accomplissement de Caim [Solo] [Entrainement] G7bq
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