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Au pays des songes {ft. Alex Diame

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Akane Wise
Région d'origine : Mhyone
Mer 27 Sep - 18:43
Akane Wise


Quoi de mieux que de visiter un château en pleine nuit ? En tout cas, il en fallait beaucoup plus pour refroidir Akane. Un lieu craint par les habitants parce que soi-disant hanté. La jeune femme souffla du nez. Ce n’était pas quelques Pokémon Spectres s’amusant à faire bouger du mobilier qui allait lui faire peur. Si la jeune femme voulait visiter ce mystérieux endroit, ce n’était pas tant pour l’aventure mais plutôt pour la curiosité. Ce n’était pas tous les jours qu’on visitait un château typiquement moyenâgeux.

Il n’était pas encore tout à fait minuit quand la rouquine franchit les portes de la bâtisse. Pas les majestueuses portes d’entrée, non. Elle avait ouïe dire que l’annexe se trouvait encore habitée. La jeune femme, ayant pris ses précautions, était passée par l’arrière. Elle aperçut une vieille porte en bois pourri, par laquelle elle passa. Probablement la cuisine. Une cuisine d’époque, bien sûr. Une cheminée ornait un des murs, accompagnée d’un immense chaudron. Au centre de la pièce se trouvait une table avec des bancs. Rien ne rappelant le monde moderne ne se trouvait dans cette cuisine. Une seule pièce suffit à faire comprendre à Akane que le reste du château était bel et bien abandonné.

Avant de continuer sa petite escapade, la rouquine trouva une bougie. Une flamme vacillait légèrement. Perplexe, Akane pencha la tête sur le côté. Etrange. Elle regarda son Kadabra, voulant son avis. Mitochondrie s’approcha donc de l’objet et l’examina avec Œil Miracle. Après inspection, elle envoya une onde rassurante à sa dresseuse, signalant qu’il n’y avait rien à craindre. Toujours sceptique, la jeune femme s’empara tout de même de l’object. Il était sa seule source de lumière. Pas très prévoyante, la rouquine. Elle n’avait rien d’autre pour s’éclairer.

La visite continua donc. Akane déambula tranquillement dans les couloirs. Jusqu’à entendre des bruits de pas. D’abords surprise, les battements de son cœur s’accélèrent. Elle alla se réfugier dans une pièce juste à côté. La porte légèrement ouverte, elle regarda par l’entrebâillement ce qu’il se passait. A priori, elle vit un homme. Son champ de vision n’étant pas très élargi, elle ne pouvait déterminer l’âge de cette personne.

La jeune femme fut interrompue par Mitochondrie. Le Kadabra lui somma intérieurement de garder derrière elle. Pensant à un danger, elle fit volte-face. Rien de tel. Une immense bibliothèque se dévoila sous les yeux ébahis de la jeune femme. Elle avança prudemment, pensant à une illusion ou quelque chose du style. Voyant Mitochondrie s’emparer de plusieurs livres, elle comprit qu’elle ne craignait rien. Le Kadabra, grâce à ses pouvoirs psychiques, lisait trois à quatre livre en même temps. Le Pokemon Psy pouvait emmagasiner des centaines d’informations en très peu de temps. Akane s’en contenta d’un seul mais… lequel choisir ? Certes poussiéreuses, les reliures étaient particulièrement belles. La dresseuse ferma donc les yeux et en prit un au hasard. Elle zieuta rapidement la couverture : « Les rêves décryptés ».

Akane n’eut pas le temps de se consacrer à la lecture. La porte de la bibliothèque se referma soudainement, dans un claquement fermer. Complètement paniquée, elle lâcha le bouquin. Elle se précipita vers la porte, bougeant frénétiquement la poignée. Fermée à clef ! Elle se jeta contre, espérant la forcer. Malgré sa force physique dérisoire. Mitochondrie se joignit à elle.

-A… A l’aide ! Il y a quelqu’un ?! Je suis bloquée !

En appelant au secours, la jeune femme espérait obtenir un coup de main de la personne précédemment vue, souhaitant qu’elle ne soit pas déjà partie. A moins que ce ne soit précisément cet homme qui l’avait enfermée ? Peu importe. Akane devait d’abords trouver un moyen de sortir. Ensuite, elle pourrait se poser la question du coupable.




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Alexandre Diame
Région d'origine : Hoenn
Jeu 28 Sep - 10:18
Alexandre Diame
Au pays des songes




Après ma capture plutôt inattendue, j’avais repris le chemin qui, supposément, était censé me ramener à la sortie. Je n’étais pas particulièrement craintif, mais l’endroit était, bien que très intéressant, assez inhospitalié.  Mieux valait ne pas trainer dans le coin, car je m’étais aventuré assez loin dans les entrailles du château. Furfur était sur mon épaule, semblant, elle parfaitement calme. Elle était sans doute bien plus habituée à cet environnement que je ne l’étais moi-même, ce qui était finalement assez rassurant. Alors que je progressais dans le noir, il me sembla voir des ombres mouvantes sur les murs, mais ce n’était surement que le fruit de mon imagination. Il ne fallait surtout pas que je commence à devenir superstitieux maintenant, sinon le trajet jusqu’à Meridian risquait réellement de tourner au cauchemar.

J’avançais, donc, restant attentif au moindre bruit ou mouvement suspect. Je vis passer quelques Funécires à côté de moi, qui éclairèrent un peu la zone sans me prêter aucune attention. Ce que je vis m’inquiéta un peu, car je ne reconnus pas du tout l’endroit. Certes, je l’avais visité dans le noir la première fois, mais ce que je voyais était bien différent de tout ce que j’avais pu voir jusqu’à présent. Je fronçais alors les sourcils, tournant la tête vers la Balbuto pour lui demander le chemin, si toutefois elle le connaissait. Avec ses petits bras, elle m’indiqua une direction un peu vague, mais je me senti un peu plus en confiance. Il était vrai qu’elle connaissait les lieux mieux que moi, et qu’elle était ma meilleure chance de sortir rapidement de ce château hanté. J’avançais donc dans la direction indiquée par le pokémon Psy, lorsque j’entendis soudain des cris venant d’un couloir annexe, qui résonnaient dans l’édifice.

Je décidais alors d’aller jeter un œil. Lorsqu’elle sentit que je changeais de la direction qu’elle m’avait indiquée, FurFur s’agita, semblant m’exhorter de faire demi-tour. C’était d’ailleurs assez curieux, elle qui avait été si calme depuis le début de notre petite expédition. Je tâchais de la rassurer, alors que j’entendais un peu plus nettement le bruit d’une porte, ou plutôt d’une poignée, qui s’agitait de manière effrénée. Curieusement, il me sembla reconnaitre la voix qui appelait à l’aide. J’arrivais rapidement devant la salle dans laquelle se trouvait la jeune femme. Le son de sa voix était à présent beaucoup plus clair, et je m’empressais de lui répondre pour tenter de la rassurer, sinon au moins de la calmer.

« Akane ? T’inquiètes pas, on va te sortir d’ici ! » Lançais-je. Il n’était pas du tout temps de lui demander ce qui avait bien pu se passer pour qu’elle se retrouve bloquée ainsi, je devais d’abord l’aider à sortir. Visiblement, la porte s’ouvrait vers moi. La jeune femme était désespérément en train de pousser de son côté, et il allait falloir que je tire l’épais panneau de bois vers moi pour l’aider à la débloquer. C’est ce que je fis, donc, en y mettant toute ma force. Toutefois, l’entrée ne bougeait pas d’un pouce, et je commençais sérieusement à envisager de faire appel à Caim pour la détruire littéralement. J’hésitais un peu, car j’avais peur de blesser Akane dans la manœuvre.

Je n’eus de toute façon pas le temps de pousser ma réflexion plus loin. De manière complètement inattendue, la porte disparut subitement. La jeune femme, qui était en train de pousser le lourd battant en bois, passa subitement à travers, me percutant de plein fouet alors que je tombais durement sur le dos. Elle s’écrasa alors sur moi, me coupant le souffle un instant. Un peu hébété, j’allais me relever pour m’inquiéter de son état, mais mes muscles ne répondaient pas à mon cerveau. Une violente douleur dans l’arrière du crâne, ma vue sembla s’embrumer, avant de laisser place à l’obscurité.

_________

Je me réveillais alors en sursaut dans le grand lit à baldaquin de ma chambre. Je venais de faire un rêve décidément bien étrange, et je secouais la tête en souriant. Je jetais alors un coup d’œil aux draps froissés de mon lit à mes côtés. Je devais avoir dormi plus longtemps que prévu, et les majordomes ne devaient pas avoir eu l’envie de me réveiller. Finalement, nous étions en week-end, et je pouvais me le permettre. Je me levais alors, remarquant que, comme d’habitude, les domestiques avaient lavé et préparé mes costumes aux étoffes si rares et précieuses. Après tout, j’étais tout de même l’un des plus jeune Lord de la région, et il fallait bien que je puisse me démarquer en tout temps. J’enfilais donc ma tenue, avant de rejoindre ma petite famille. Ce week-end, nous fêtions les cinq ans de notre aînée, et la journée s’annonçait donc pleine de surprise.

Il fallait dire que je m’étais marié plutôt tôt, vers les vingt ans. S’il s’agissait au départ d’un mariage purement politique pour entretenir de vieilles relations, je devais bien avouer que j’avais finalement touché le gros lot : Une jeune femme magnifique, et particulièrement douce et aimante. La vie me réussissait en tout point, et je n’allais certainement pas m’en plaindre. De plus, j’allais pouvoir profiter de quelques jours tranquilles avec tout ce petit monde, ce qui ajoutait encore à l’idylle.

Ils étaient tous dans la salle à manger. Lorsqu’ils me virent, Emilie et Maximilien se précipitèrent vers moi, et je pris les deux garnements dans mes bras en riant. Maximilien avait deux ans de moins que sa sœur, mais il était très vif pour son âge, attestant qu’il devait plus tenir de sa mère que de moi. Je les reposais alors au sol, leur faisant un petit clin d’œil.

« Allez, on va se prendre un bon petit déjeuner avec Maman, et après on ira faire un tour dehors, ça vous va ? » Leur lançais-je, amusé. Les deux petits répondirent avec des cris d’enthousiasme, et je me relevais pour déposer un long baiser sur les lèvres de leur mère, leur arrachant des cris de protestation immédiatement après. Akane, Emilie, Maximilien et moi formions une famille particulièrement unie et nous étions très proches les uns des autres. Je jetais d’ailleurs un regard en coin sur la jeune femme rousse qui, comme d’habitude, portait une robe magnifique. Dans nos réceptions, elle occultait facilement toutes les autres femmes de Lord, leur arrachant des regards jaloux, alors que les autres hommes ne la voyaient qu’avec admiration.

Je fus tiré de ma réflexion par les paroles de mon aînée, qui tirait le bas de mon costume avec insistance.

« Papa, je pourrais avoir un pokémon pour mon anniversaire ? J’ai très envie de devenir dresseuse ! » Je lui souriais alors, ébouriffant sa chevelure rousse qui ressemblait tant à celle de sa mère. « Tu sais très bien que ton Papa n’a jamais été un dresseur, alors je serais bien mal placé pour te dire oui maintenant. Mais je te promets d’y réfléchir. » La jeune fille sembla satisfaite, et s’installa alors à table, suivi du reste de la famille.

Je m’installais à mon tour à leur côté, profitant de cette belle journée qui s’annonçait. La vue sur les jardins était magnifique, et le soleil brillait déjà haut dans le ciel. Pourtant, malgré la perfection de cette matinée, j’avais une sensation étrange, comme si quelque chose clochait. Je secouais alors la tête, car c’était sans doute le pur fruit de mon imagination.



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Akane Wise
Région d'origine : Mhyone
Jeu 28 Sep - 14:48
Akane Wise


-A L’AIDE !

La jeune femme tambourina la porte de plus en plus fort. La panique fut remplacée par l’abattement et la panique par des larmes. Elle arrêta de s’acharner sur les pans en bois pour laisser s’échapper quelques sanglots… Un éclair de lucidité traversa soudainement Akane. Elle regarda bêtement Mitochondrie, la bouche ouverte.

-On est vraiment cons… soupira-t-elle.

La Kadabra se tourna vers sa dresseuse. Le Pokémon Psy ferma les yeux un instant pour méditer sur leur propre bêtise. Elle toucha l’épaule d’Akane et fixa sa petite cuillère. C’était désormais devenu le rituel de téléportation du Pokémon depuis qu’il avait sa forme évoluée. Il se concentra et… rien ne se passa. Mitochondrie et sa dresseuse ne bougèrent pas d’un iota. Il n’en fallut pas plus à la jeune femme pour comprendre. Un Pokémon Spectre tenta de bloquer toute tentative de sortie avec Regard Noir. Du moins, c’était la théorie la plus plausible qu’Akane avait en tête.  Où se cachait-il ? Si Mitochondrie parvenait au moins à le neutraliser… Non, trop risquer. Elle possédait le désavantage du type.

Ne sachant plus comment s’en sortir, la peur envahit une nouvelle fois la rouquine. Elle ne voyait d’autres choix que d’enfoncer la porte. Elle chargea encore et encore mais sans grand succès. Elle retenta d’appeler au secours avec toute la conviction qu’il lui restait.

-Est-ce qu’il y a quelqu’un ?!
- Akane ? T’inquiètes pas, on va te sortir d’ici !

Il y avait quelqu’un ! Et apparemment, ils se connaissaient. La jeune femme tenta de se rappeler où elle avait déjà entendu cette voix. Sans grand succès. La peur envahissait complètement ses neurones.

Alors qu’elle poussait la porte, celle-ci disparut comme par enchantement. La dresseuse eut juste le temps de reconnaître Alexandre avant de l’emporter dans sa chute. Elle tomba violemment sur le jeune homme. Alors qu’elle voulait s’excuser pour la gêne occasionnée, son corps ne répondit plus. Akane se sentit lourde et fut prise par une étrange sensation de fatigue.


________


La jeune femme se leva peu avant l’aube. Le cœur battant à tout rompre, son esprit avait encore du mal à se remettre de ce mystérieux rêve. Ne sachant plus se rendormir, elle se leva doucement. Le parquet grinça sous ses pieds, alors elle vérifia à côté d’elle. Son mari dormait mais son sommeil semblait agité. Décidemment, cette nuit n’était en rien propice en repos. Elle ne préféra toutefois pas le réveiller. Parti des jours durant pour les affaires, il valait mieux le laisser.

En robe de chambre, Akane arpentait silencieux les longs couloirs de la bâtisse. Seul son souffle trahissait sa présence. Elle fut surprise par sa domestique Cunégonde, déjà prête pour sa journée de travail. Elle s’approcha avec précaution de la jeune femme rousse.

-Allez-vous bien ma Dame ? Loin de moi l’idée de vous offenser mais vous avez petite mine.

Ne se souciant pas de la remarque, Akane fit « non » de la tête. Elle confia son rêve à sa meilleure domestique mais également confidente. Cunégonde proposa alors un bon bain chaud afin de remettre Dame Akane de ses émotions. Cette dernière, n’y voyant aucun inconvéniant, suivit sa servante.

Fort prévoyante, Cunégonde avait déjà presque tout préparé. Il ne fallut que cinq minutes et la jeune pouvait plonger dans l’eau. Autour d’elle, ses servantes s’affairaient. Alors qu’une préparait sa robe, une autre lui lavait le dos. Akane profita de ce moment de bien-être.
Aînée d’une famille aisée, elle avait toujours vécu dans le bonheur. Considérée comme la plus intelligente de ses sœurs, elle maîtrisait à la perfection le clavecin et le violon. Aussi, adorait-elle la littérature unysienne. Peut-être que sa seule crainte était survenue lors de l’annonce de son mariage avec Lord Alexandre. Cette angoisse était retombée bien vite lorsqu’elle posa pour la première fois ses yeux sur lui. L’homme le plus élégant qu’il lui était donné de rencontrer, beau et musclé. Courtois et aimable, se tenir en sa présence était véritablement agréable. Mieux, elle savait qu’ils s’aimeraient pour la vie.

Le bonheur ne s’arrêtait pas là. La famille se composait désormais de deux magnifiques enfants ; Emilie et Maximilien. Sa fille lui ressemblait physique en tout point, son véritable portrait. Néanmoins, elle avait hérité de la témérité de son père. Pour Maximilien, ce fut tout l’inverse. Le château voyant ainsi un petit Alexandre jouer dans les couloirs.

Une fois apprêtée, Dame Akane se rendit dans le petit salon en attendant le réveil de sa famille. Les cuisiniers devaient probablement préparer le petit-déjeuner. Pour patienter, elle lut un bouquin. Quand tout était préparé, un majordome vint à sa rencontre et l’accompagna jusqu’à la salle à manger. Ses enfants étaient déjà habillés et coiffés par les domestiques.

-Bonjour Maman ! s’écrièrent-ils en cœur.

Akane sourit face à leur enthousiasme. Elle vint déposer un baiser sur le front des deux enfants puis s’assit en face d’eux. Elle glissa un « joyeux anniversaire » à sa fille, la serrant dans ses bras.

-Bien entendu, Papa et moi avons un cadeau. Tu dois juste patienter un peu, dit-elle avec un clin d’œil.

Les enfants exprimèrent leur joie d’enfin revoir leur père. Joie partagée par leur mère. Aussi, quand il arriva dans la pièce, les petits se jetèrent à son cou. Ces étreintes terminées, son mari l’embrassa longuement, accompagné par les cris de dégoûts des enfants. Voilà désormais la famille réunie. Il n’en fallait pas plus pour le bonheur d’Akane. Que demander de plus ? Quand Emilie demanda à son père un Pokémon, la jeune femme ne put s’empêcher de sourire. Alexandre fit semblant de réfléchir à la question alors que la réponse était toute trouvée.

Néanmoins, Alexandre semblait… ailleurs. Akane prit sa main et enlaça ses doigts avec les siens. Elle afficha une expression inquiète. Inquiète pour son mari mais aussi pour elle-même. La vie qu’elle menait paraissait si… parfaite. Puis, elle sourit. Evidemment, elle avait beaucoup de chance. Pourquoi donc le renier ?

-Tu vas bien ? chuchota-t-elle.

Ne voulant pas inquiéter les enfants, elle préféra parler à voix basse. Heureusement, ils étaient trop occupés à savourer leur petit-déjeuner. Elle sourit à son mari avant d’imiter Emilie et Maximilien en dégustant les œufs brouillés.

Le petit-déjeuner terminé, la jeune femme fit un signe discret au majordome attitré de la famille. Il s’en alla avant de revenir avec un énorme paquet cadeau. Il semblait trop lourd pour l’homme, ayant atteint un certain âge. Il tituba sous le poids du colis et finit donc par le poser à terre. Les yeux d’Emilie se mirent à briller et son visage s’illumina d’un magnifique sourire. Un aboiement s’échappa de la boîte. La petite fille regarda ses parents, euphorique.

-C’est pour moi ?
-Peut-être… Je ne sais pas, répondit Dame Akane.

Elle feignait l’ignorance en regardant le haut plafond de la salle. Voyant sa fille adorée trépigner d’impatience, la jeune femme laissa s’échapper un rire. Elle regarda son mari, probablement amusé par le jeu d’acteur médiocre de son épouse.

-Qu’est-ce que tu attends pour l’ouvrir ? dit-elle sur avec voix douce.

La fillette bondit de sa chaise et se précipita sur le paquet. Elle ouvrit le couvercle et… Surprise ! Un Caninos en sortit. Encore jeune, le chien se rua sur Emilie et lui donna de grands coups de langue sur le visage. Face à cette scène, Akane joignit son rire à celui de sa famille. Une touche de joie vint s’ajouter à cette journée déjà parfaite. L’enfant, hilare, tenta de reprendre son sérieux. Finalement, à court de souffle, elle se calma et posa le chiot au sol. Elle vint près de ses parents et les serrèrent dans ses bras minces.

-Merci, merci ! Je vous aime !

La jeune femme lui rendit son câlin avant de la relâcher. Emilie s’empressa de revenir près du chiot mais en se retournant, elle vit que celui-ci l’avait déjà suivie. Pas de doute, ils s’étaient trouvés. Aussi heureuse que sa fille, Akane prit le bras de son mari et plongea ses yeux dans les siens, le regardant amoureusement.

-Je te l’avais dit que c’était une bonne idée, murmura la jeune femme.

En réalité, l’idée venait d’Alexandre. Akane avait même protesté, répliquant que leur fille était trop jeune pour s’occuper seule d’un Pokémon. La jeune femme se rendit finalement à l’évidence. Elle avait juste peur qu’il puisse arriver malheur à Emilie. Elle avait donc donné raison à son mari.

Le reste de la journée se passa magnifiquement bien. Souhaitant rester eux quatre, Lord Alexandre et Dame Akane n’avait pas invité le reste de la famille pour une fête d’anniversaire. Sans compter le lendemain soir, un bal était prévu dans la salle principale du château. Cela aurait fait beaucoup trop en seulement deux jours.




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Alexandre Diame
Région d'origine : Hoenn
Jeu 28 Sep - 16:01
Alexandre Diame
Au pays des songes




Ma sensation étrange sembla disparaitre dès lors que les doigts d’Akane enlacèrent les miens. Elle avait toujours eu le don pour m’apaiser et me calmer, et, dans les situations les plus complexes que nous avions traversées tous les deux, ce qui était, finalement, le lot de tous les Lords, elle avait toujours trouvé les mots et les actes les plus justes. Envisager un seul instant que cette vie puisse être possible sans elle. J’avais réellement trouvé l’âme sœur et, si nos chemins n’étaient pas tout à fait les mêmes avant notre rencontre, il fallait bien avouer que nous étions, depuis lors, en parfaite harmonie. Je lui souriais doucement, lui soufflant simplement quelques mots pour la rassurer.

« Ça va, ne t’en fait pas. » Je reportais alors mon attention sur nos deux enfants qui mangeaient avec appétit leur petit déjeuner. Notre cuisinier était l’un des meilleurs de la région, et nous avions pleine confiance en lui. Je m’amusais d’ailleurs de voir que mes enfants ne semblaient même pas remarquer à quel point Luis – Puisque c’est comme ça qu’il s’appelait – était doué. Et comment les blâmer d’avoir toujours pu goutter au meilleur des plats de notre région. Nous avions d’ailleurs de la chance, car aucun de nos enfants n’était difficile. Ils mangeaient tous les deux de tout et avec appétit, contrairement aux enfants de certains Lords que je n’allais pas citer.

Il était temps pour Emilie de recevoir son cadeau d’anniversaire. Akane avait pris les devants, et je la laissais faire, amusé par sa performance théâtrale d’Actrice. Elle savait pertinemment qu’elle exagérait, d’une manière générale et aimait beaucoup en jouer, que ce soit pour me faire rire ou simplement pour embêter ses deux enfants. Arborant un léger sourire en coin, j’observais notre fidèle majordome poser l’énorme paquet sur la table. Bien sûr, je savais ce qu’il contenait, car je m’étais moi-même occupé de le choisir, mais je n’allais certainement pas révéler la surprise à ma fille maintenant. Cette dernière était d’ailleurs en train de trépigner d’impatience devant son cadeau, alors que sa mère semblait prendre un malin plaisir à la faire attendre. Aussi, lorsqu’elle se retourna vers moi, un sourire espiègle au coin des lèvres, je lui répondais par un hochement de tête amusé.

Elle donna alors le feu vert à sa fille qui s’empressa de défaire les liens. Un éclair orangé surgit alors de la boite, la prenant de court. Le jeune Caninos particulièrement affectueux que j’avais choisis pour elle se mit à la lécher, visiblement ravi de rencontrer sa nouvelle dresseuse. Submergée, Emilie éclata de rire en lançant de fausses protestations, alors que je ne pouvais m’empêcher de rire avec toutes les personnes assistant à la scène. Une fois la rencontre terminée, la jeune fille vint nous prendre dans ses bras, et nous nous baissâmes pour nous retrouver à sa hauteur. Avoir ma famille ainsi près de moi réchauffa mon cœur, me faisant totalement oublier la sensation que j’avais eue plus tôt. Elle nous remercia, et, avant de la laisser retourner vers le chiot qui, d’ailleurs, la suivait déjà, je l’embrassais sur le front.

« Nous aussi on t’aime ma puce » Lui dis-je simplement.

Je me relevais alors, sentant soudain Akane accrochée à mon bras. Je baissais alors les yeux vers elle, les plongeant dans les siens à mon tour et lui rendant son regard amoureux. Sa remarque me fit sourire, car elle avait été difficile à convaincre, mais avait fini par me faire confiance. Cependant, je décidais de jouer le jeu.

« Je sais, et, comme toujours, tu avais raison. » Lui glissais-je simplement, posant le bout de mon front contre le sien. Nous profitâmes quelques instants du contact, puis Emilie et Maximilien filèrent sans demander leur reste dans le jardin afin de commencer à jouer avec le pokémon.

Nous les suivîmes alors dans notre immense domaine parfaitement entretenu. Nos serviteurs firent disposer une nappe et quelques en-cas sur la pelouse verdoyante, et je m’y installais, aux côtés de ma femme, afin de profiter de notre petite journée en famille. Je m’installais bien vite légèrement derrière Akane pour la laisser s’appuyer tranquillement sur moi. Puisque nos deux enfants adorés étaient déjà bien occupés, je pouvais quant à moi profiter de ces moments seul avec la jeune femme. Ils avaient été trop rares ces derniers temps, et je le déplorais fortement. Ce week-end tombait vraiment à pic.

Après avoir passé quelques heures à nous amuser des bêtises que pouvaient faire Emilie et Maximilien, tout en gardant un œil protecteur mais bienveillant sur eux, je vis ma fille s’éloigner un petit peu trop du périmètre que nous nous étions fixés. En soit, elle ne risquait pas grand-chose, mais nous avions tout de même quelques mares au sein du domaine, et il ne fallait surtout pas oublier qu’il était toujours possible qu’il y ait un ou deux pokémons dans les arbres même si, normal, les gardes que nous avions engagés faisaient remarquablement bien leur travail. Je me redressais alors afin d’aller la chercher, ou au moins vérifier qu’il n’y avait pas de problèmes mais, lorsque je fus debout, Emilie était déjà revenue, me faisant un petit signe de la main pour me rassurer. Je souriais en secouant la tête, amusé par ma prudence exagérée mais, alors que j’allais m’installer de nouveau aux côtés de la femme que j’aimais, une puissante vague de douleur traversa ma tête, me déstabilisant brutalement. Je mis alors un genou à terre pour éviter de chuter, me tenant le front en grimaçant. Sentant le regard probablement inquiet d’Akane, je me retournais en la regardant avec un petit sourire.

« Ne t’inquiète pas, c’est sans doute la fatigue. Je vais aller m’allonger un peu histoire de récupérer. » J’étais plutôt déçu de ne pas pouvoir passer plus de temps avec elle, mais, si je voulais être en forme pour les deux prochains jours, il fallait que je récupère. Le gros du mal de tête était passé, mais une douleur persistait au niveau de mon front. Un peu chancelant, je regagnais ma chambre sous l’œil inquiet des serviteurs qui se tenaient prêts à réagir en cas de problème. Je me laissais alors tomber sur le dos dans les draps déjà refaits par nos employés, me massant les tempes, et me demandant bien ce qui avait pu m’arriver.




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Akane Wise
Région d'origine : Mhyone
Jeu 28 Sep - 20:12
Akane Wise


Front contre front, Akane ne tenait pas à rompre le lien avec son mari. Ainsi, c’était leurs enfants qui s’en occupèrent. Les observant du coin de l’œil, elle vit les garnements partir sans la moindre hésitation. Ces deux-là réunis n’en manquaient pas une.

-Revenez immédiatement !

Le ton se voulait ferme mais trop tard, les enfants étaient déjà sortis. La jeune femme laissa s’échapper un soupir. Akane proposa à son mari de les rejoindre dans le jardin. Ils s’assirent sur la nappe posée par les domestiques dans la pelouse. Ils prévoyaient tout et était constamment aux petits soins pour la famille. Dame Akane ne pouvait être qu’admirative de ce qu’ils faisaient. Aussi, elle profita de la présence d’Alexandre pour se poser contre son torse. Emilie et Maximilien s’éloignèrent un peu, suivi par le Caninos. La jeune femme les surveillait mais cela ne l’empêcha pas de passer du temps avec son conjoint. Elle pouvait enfin passer du temps avec lui.

Les heures se succédèrent sans que la famille ne s’en rendent compte. Le couple commença cependant à s’inquiéter quand Emilie s’aventura un peu trop loin à leur goût. Alexandre se leva pour aller la chercher. Heureusement, elle revint aussitôt, toujours accompagné du chiot. Soudain, Alexandre mit un genou à terre. Anxieuse, Akane voulut se relever.

-Ne t’inquiète pas, c’est sans doute la fatigue. Je vais aller m’allonger un peu histoire de récupérer.

Elle lui répondit avec un sourire de façade. La jeune femme voyait bin que son mari ne se trouvait pas dans son état habituel. Inquiète par la situation, elle fit rentrer Emilie et Maximilien. Ils comprenaient parfaitement l’angoisse de leur mère. Cependant, ils étaient déçus de ne pas profiter plus longtemps du domaine. Akane s’accroupit à leur hauteur afin de les prendre dans ses bras avec le Caninos.

-Vous pouvez continuer de jouer mais ne dérangez pas, Papa. Compris ?

Les deux enfants hochèrent la tête avec une satisfaction à peine dissimulée. Leurs parents leur interdisaient de courir dans les couloirs. Exceptionnellement, Akane leur en donnait la permission. N’ayant pas l’énergie de les surveiller, elle demanda à Cunégonde de le faire à sa place. Elle avait un contact inné avec les enfants, naturellement la jeune femme lui faisait confiance.

Ne voulant pas déranger son cher et tendre, elle s’installa dans le petit salon. Elle prit un bouquin sur les mythes et légendes de Sinnoh. Une région qui passionnait beaucoup Dame Akane. La jeune femme se plongea rapidement dans sa lecture. Aussi, elle ne remarqua pas la présence de Maximilien sur le seuil de la porte. Etant persuadée de l’avoir fermée, elle sursauta quand elle remarqua la présence du petit garçon. Silencieux, il s’approcha d’elle, posant sa minuscule main sur son poignet. Elle était étonnamment froide. Akane regarda son fils, troublée.

-Quelque chose ne va pas, mon ange ?

Aucune réponse. Akane baissa les yeux. La main du garçon s’était transformée en trois doigts jaunes et griffus. Relevant, la tête, elle fit désormais face à un Kadabra. Horrifiée, la jeune femme hurla. Elle bondit d’un coup pour se reclure dans un coin de la pièce. Bouquin en main, elle était prête à se défendre.

-Tu nages en pleins rêve, ma vieille !

Il parlait ! La voix du Pokémon avait un timbre assez féminin et… étrange. En tout cas, la jeune femme était persuadée qu’aucun être humain savait produire ce son. C’était irréel !

-Je… je ne vous permets pas de me parler son ton !

Elle avait entendu dire de nombreuses rumeurs au sujet de ce Pokémon, dont celle de son incroyable capacité intellectuelle. Bien qu’il lui inspirât de l’aversion, elle tenta tout de même de se montrer courtoise en le vouvoyant. Le Kadabra se secoua la tête. Pendant un instant, elle crut apercevoir de la tristesse dans son regard.

-Tu ne me reconnais plus ?

Il semblait navré. Néanmoins, la jeune femme ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait. Le Pokémon avait l’air de la connaître mais pas elle. Suite aux émotions, ses jambes lâchèrent, se retrouvant assise sur le parquet. Un majordome vint sa rencontre, lui proposant sa main pour l’aider à se relever. Elle l’accepta volontiers. Passant une main sur son visage, elle essaya de retrouver ses esprits.

-Vous allez bien, ma Dame ? Je vous ai entendue crier

Elle hocha faiblement la tête en guise de réponse. Elle ne se souvenait plus d’avoir crié et encore moins pourquoi. Comme si on venait de lui effacer la mémoire. La jeune femme se rappela s’être assise dans le fauteuil et voilà qu’elle se retrouvait exclue dans un coin du salon. La majordome l’accompagna jusqu’à sa place. Il prit de ramasser le livre qui était tombé et le remit dans la bibliothèque.

-Permettez-moi de vous proposer un thé, Dame Akane. Peut-être que cela vous aidera à vous sentir mieux ?
-Oui, peut-être… Je vous remercie.

Après une courte révérence, l’homme quitta le salon sans un mot. Akane enleva ses chaussures à talons et s’installa au fond du siège. Se sentant en insécurité, elle rapprocha ses jambes sous son menton. La jeune femme fut prise d’un énorme doute. Elle remit en question sa vie entière, n’était pas certaine de la mériter. Un magnifique château, un mari aimant et de beaux enfants… Cette vie ne lui appartenait pas. Ce n’était pas sa réalité.

-Votre thé est servi.

Le majordome la tira de ses pensées. Elle afficha un sourire radieux pour le remercier de sa gentillesse. Non, elle se posait trop de questions. Akane chassa ces pensées néfastes. Le goût du thé chaud lui rappela définitivement que cette vie était la sienne.  Ne voulant pas la déranger une seconde de plus, le domestique se retira du salon. Akane lâcha un long soupir. Entre le rêve de cette de nuit, l’anniversaire de sa famille, ses trous de mémoire et le comportement d’Alexandre, elle ne savait plus où donner de la tête. La jeune femme s’allongea sur le canapé, cherchant la sérénité.




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Alexandre Diame
Région d'origine : Hoenn
Ven 29 Sep - 11:09
Alexandre Diame
Au pays des songes




Allongé sur le dos, je me massais les tempes afin de faire partir mon abominable mal de crâne. Ma vue était un peu trouble, sans que je comprenne pourquoi. Pourtant, même si la semaine avait été plutôt remplie et compliquée, j’avais largement pu me reposer la nuit dernière. Je n’avais parlé de ma fatigue que pour rassurer ma conjointe qui devait déjà avoir eu fort à faire durant mon absence. Je posais alors mon regard troublé sur une forme qui paraissait se dessiner sur le mur du fond de la chambre, à côté de notre bibliothèque personnelle. Je me redressais alors, me frottant toujours le crâne. La créature semblait m’observer et, au bout d’un moment, je réussi à reconnaitre un Kadabra. Je me relevais tant bien que mal, tâchant de le dominer de ma stature. Visiblement, nos gardes avaient dû laisser passer un pokémon dans la propriété. Au vu de l’espèce, je ne pouvais pas vraiment leur en vouloir, mais je ne pouvais pas le laisser risquer de menacer ma famille. Sachant pertinemment que les pokémons arrivaient à comprendre les humains, je tentais de lui parler sur un ton autoritaire.

« Ne bougez pas d’ici. Vous êtes sur une propriété privée et vous n’avez pas le droit d’être là. » Curieusement, le Kadabra sembla secouer la tête de dépit, et, m’ignorant, il prit la direction de la sortie. Je n’étais pas un dresseur, mais je n’allais pas le laisser filer et risquer qu’il puisse tomber sur mon épouse ou mes enfants. Je pris alors sa suite en courant, tachant tant bien que mal de le suivre à travers les couloirs.

Je ne savais pas vraiment si c’était à cause de mon mal de crâne, mais j’avais l’impression que le couloir s’allongeait au fur et à mesure que j’avançais. Chose plus curieuse encore, je ne croisais littéralement aucun serviteur tout au long de ma progression. Ils étaient pourtant légion, et même la nuit, lorsque je me levais, j’en croisais toujours. J’essayais de sortir de mes pensées pour me concentrer sur le Kadabra. Il paraissait vouloir me guider quelque part, sans que je ne comprenne vraiment où. Je ne reconnaissais soudain ni les murs de ma maison, ni même le domaine dans lequel je me trouvais. Plus j’avançais, plus j’avais l’impression que les murs perdaient de leur éclat, et que les meubles et teintures dépérissaient, comme si le temps c’était accéléré. Inquiet pour ma famille, je continuais de suivre le pokémon dans le dédale puis, soudain, je me retrouvais dehors.

Il faisait nuit, et il pleuvait. Je n’avais pourtant pas dormi, et, lorsque j’avais quitté Akane et mes enfants, nous étions au beau milieu d’une belle journée ensoleillée. Il était impossible que tout ça ait pu changer à ce point en si peu de temps. La situation commençait réellement à avoir quelque chose d’effrayant car j’avais l’impression de ne rien pouvoir contrôler de ce qui arrivait. Et c’était quelque chose que je détestais profondément. Le Kadabra, lui, s’était arrêté devant moi, me regardant toujours avec un air de dépit. Une voix inhumaine résonna alors dans ma tête, me faisant sursauter.

« Toi non plus alors ? Il faut que tu te réveilles. » Je le regardais alors avec un mélange d’incompréhension et d’incrédulité. Mais qu’est-ce qui pouvait bien se passer ici ? Alors que j’allais lui rétorquer une nouvelle fois de quitter ma propriété. La terre sembla basculer, me jetant à terre, sans que je ne puisse dire un mot. Je vis la silhouette d’Akane, Emilie et Maximilien devant la porte de notre propriété qui ressemblait maintenant davantage à un domaine abandonné. Je tendis la main vers eux, mais leur silhouette s’évapora, redevenant une sorte de poussière étoilée. Je voulus hurler tant la douleur qui souleva ma poitrine était intense, mais aucun son ne sorti de ma bouche. J’entendis alors de puissants coups graves qui secouèrent à nouveau la terre, puis j’ouvris les yeux.

______________


Je me réveillais alors qu’on frappait à la porte de la chambre. Un rêve, encore un. Ou plutôt deux cauchemars en deux jours, ce qui commençait à faire beaucoup. Je tâchais alors de remettre mes idées en place, alors que le serviteur qui tambourinait à la porte prenait la parole. Je reconnus la voix de Georges, notre Majordome.

« Lord Alexandre ? Dame Akane ? Veuillez m’excuser de vous déranger, mais vous m’aviez demandé de vous réveiller à huit heure trente précises. Lord, vous avez une rencontre avec Sire Pamington dans deux heures, afin de discuter de vos futurs échanges. Dame, vous vouliez vous réveiller en même temps que le Lord pour organiser le bal de ce soir. » Je m’éclaircissais alors la voix, me redressant dans le lit. Je lui répondais alors.

« Très bien Georges, nous vous remercions, et nous arrivons sous peu. » Dis-je d’une voix distraite pour assurer notre serviteur de notre réveil.

Je jetais alors un œil à la silhouette encore légèrement endormie à côté de moi, remarquant alors qu’elle était en tenue d’Eve. Je ne me rappelais de rien après être parti m’allonger, mais la situation n’était pas spécialement anormale. Nous étions après tout jeunes et irrépressiblement amoureux. Essayant d’oublier que je ne me souvenais plus de la soirée, et probablement soulagé de la savoir en bonne santé après mon cauchemar, je me glissais à ses côtés pour la réveiller en douceur. Je laissais glisser le bout de mes doigts sur son dos nus, lui arrachant un frisson instinctif, puis je déposais mes lèvres sur les siennes, profitant du peu de tranquillité que nous avions en ce moment. Nous restâmes ainsi, allongés l’un contre l’autre, à échanger de doux mais brûlants baisers. Un moment parfait, mais une note vint très vite assombrir le tableau.

« Non mais… Vous êtes sérieux là ? Tant pis, je vais utiliser la manière forte. » Je reconnus instantanément la voix du Kadabra de l’autre soir. Je le pris pour une réminiscence de mon cauchemar, et je tachais de l’ignorer, me reconcentrant sur la femme que j’aimais.

En une fraction de seconde, je vis alors défiler une quantité énorme d’images qui tournaient dans ma tête. Des scènes où j’étais entouré de pokémons, où je livrais bataille aux côtés de gens que je ne connaissais pas. Pourtant, tout ça me semblait familier et, lorsque je me revis avec la tête de l’Onix posée sur mes genoux, je réalisais tout ce qui se passait autour de moi. Ce n’était pas ma vie, et nous n’étions pas réellement là. La confusion s’installa, alors que je tentais de résoudre le puzzle. Je me souvenais avoir visiter le Château de Dulem, et capturé un Balbuto, avant d’avoir croisé Akane qui était coincée dans une pièce avec une porte imaginaire. Nous devions d’ailleurs toujours être allongés là-bas. Je me rappelais alors du pokémon d’Akane, et de mon nouveau compagnon. Comment avais-je pu être aveugle à ce point ? Nous devions être bloqués dans un rêve, et ils tentaient de nous en faire sortir depuis le début, ce qui expliquait mes mots de têtes, et ces rêves étranges.

Alors que j’étais plongé en pleine réflexion, je remarquais que nous étions toujours collés l’un contre l’autre, continuant nos embrassades. Mais du coup… Elle n’était pas du tout ma femme… Je reculais doucement, la regardant avec un mélange d’incrédulité et d’appréhension. Je tentais un maladroit : « Euh… Akane ? » Si elle s’était rendue compte de tout ça elle aussi, et au vu de la situation, sa réaction était totalement imprévisible. La Kadabra, elle, semblait particulièrement satisfaite.

« C’est pas trop tôt. »




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Akane Wise
Région d'origine : Mhyone
Sam 30 Sep - 12:14
Akane Wise


Ces dernières nuits, la jeune femme faisait des rêves étranges. Elle rêvait d’une Kadabra. Il la guidait dans un long couloir, à l’aspect peu avenant. Le Pokémon l’implorait de se réveiller, de ne pas croire ce qu’elle voyait. Il lui racontait sans cesse la même histoire : ils se connaissaient et s’étaient rencontré à Port-Lilas. Akane y aurait vécu toute sa vie jusqu’à ce qu’elle décide de partir. La jeune femme ne voulait pas croire ses sornettes. Elle était persuadée de ne jamais avoir mis les pieds dans ce village. Et la Kadabra répétait inlassablement ses dires.

Quelqu’un frappa à la porte.

- Lord Alexandre ? Dame Akane ? Veuillez m’excuser de vous déranger, mais vous m’aviez demandé de vous réveiller à huit heure trente précises. Lord, vous avez une rencontre avec Sire Pamington dans deux heures, afin de discuter de vos futurs échanges. Dame, vous vouliez vous réveiller en même temps que le Lord pour organiser le bal de ce soir.

Elle laissa son mari répondre au majordome. Encore fatiguée, elle enfonça sa tête dans l’oreiller et s’enroula dans les draps. La sensation du satin sur sa peau nue était agréable mais celle des doigts d’Alexandre parcourant son dos le fut encore plus. Le jeune homme l’embrassant passionnément, elle succomba à la tentation de lui caresser le torse. Akane ferma les yeux. Elle souhaitait vivre ce moment éternellement, suspendre le temps et passer le restant de sa vie à partager ce lit avec son bien-aimé.

- Non mais… Vous êtes sérieux là ? Tant pis, je vais utiliser la manière forte.

Cette voix sonnait de manière familière. Akane comprit qu’elle venait du Kadabra. Tentant de l’oublier, elle garda ses yeux clos.

Soudainement, elle eut d’innombrables images défilées dans son esprit. Elle se voyait martyriser par d’autres personnes puis un Abra la téléportait. Elle prenait la fuite par la fenêtre de sa chambre, voyageait en bateau pour rejoindre Minami. Elle se rappelait également du jour où son Abra se fit attaquer par une nuée de Cornèbres et comment il évolua.

Tout était désormais limpide. La jeune femme avait tenté une visite nocturne du château. Lors de son parcours, elle s’était arrêtée dans une bibliothèque avant de se retrouver enfermée. La porte avait subitement disparue, la laissant se percuter contre Alexandre. Comme l’avait justement dit Mitochondrie, elle nageait en plein rêve.
Mitochondrie ! Elle se souvenait de sa Kadabra. La pauvre avait tenté par n’importe quel moyen de les résonner. Akane ouvrit les yeux. Le Pokémon Psy se tenait debout à côté du lit en baldaquin.  La jeune femme était toujours collée contre celui qu’elle prenait pour son mari.

- Euh… Akane ?

Comprenant qu’ils étaient tous les deux nus, l’intéressée afficha un regard horrifié. En une fraction de seconde, elle sortit du lit, emportant les draps avec elle. Elle enroula le tissu autour d’elle pour tenter de cacher son corps. Mur face à elle, Akane n’avait pas spécialement envie de voir Alexandre dans le plus simple des appareils.

- C’est pas trop tôt.

La Kadabra paraissait satisfaite. Akane opta pour le silence pendant un long moment. Même endormie, elle pouvait sentir son cœur battre la chamade. Elle ne savait pas comment réagir, la honte et l’énervement formait une bouillie confuse. Elle cacha son visage, laissant ainsi couler quelques larmes. Mitochondrie s’approcha doucement de sa dresseuse et prit sa main dans la sienne.

- Ça va aller. Ce n’est pas de ta faute, ni celle d’Alexandre. Vous avez été manipuler par un Pokémon.
- Dans ce cas, je vais…

Elle laissa sa phrase en suspens. Par précaution, la Kadabra se recula. Le Pokémon sentit la colère de la jeune femme.

- Je vais m’occuper de son cas personnellement !  hurla-t-elle. C’est un vrai psychopathe !

Akane lâcha un long soupir, soulagée d’avoir pu extérioriser ses sentiments. Le Pokémon Psy laissa la pression retomber. Avant de reprendre la parole, il fixa successivement les deux dresseurs. En un claquement de doigts, ils se retrouvèrent accoutré de vêtements typiques de noble du 18ème siècle. La jeune femme savait pertinemment bien qu’elle rêvait, néanmoins elle sentait le corsage se resserrer au niveau la taille. Elle peinait à respirer.

- On est obligé d’être habillé comme ça ?  demanda-t-elle perplexe
- Laissez-moi vous expliquer. Toute la première partie de ce rêve, vous vous êtes pris pour Dame Mila et Lord Owen. Ce sont des personnes qui ont réellement existées et ont habitées le château de Dulem. Le rêve que vous vivez est donc un souvenir. Au moment où je vous parle, le Pokémon qui s’est amusé de vous pense que vous êtes encore sous son emprise. Même si désormais vous rêvez lucide, il va falloir jouer le jeu encore un peu.
- Ce ne serait pas plus simple si on se réveillait ?
- J’ai déjà tenté de vous sortir de là par l’extérieur mais ça ne fonctionne pas. Il vous force avec Hypnose. C’est pour ça que je vous demande de faire comme si de rien n’était. Le Pokémon veut que vous reviviez une partie de la vie de Mila et Owen. Ne me demandez pas pourquoi, je suis en train d’effectuer des recherches.
- D’accord. Et si on ne fait pas ce que…
- Je n’ai absolument aucune idée de ce qui va vous arriver, la coupa la Kadabra. C’est pour ça que je préférerais que vous prétendiez être encore dans la peau de ces personnes.

On refrappa à la porte. La voix de Georges le majordome se fit entendre. Il demandait si tout se passait bien, inquiet de ne toujours pas voir Akane et Alexandre. Le Kadabra se secoua la tête.

- Il m’a repérée ! Je reviendrai plus tard.

Mitochondrie s’évapora d’un seul coup, sans demander son reste. Au même moment, le majordome entra dans la pièce. Akane plissa les yeux perplexes. Elle comprit que les enfants et le personnel du château étaient en réalité des avatars pour le Pokémon. Ainsi, il pouvait espionner les moindres faits et gestes des deux dresseurs.

- Excusez-moi mais…. Vous êtes déjà prêts… ?

Georges paraissait étonné en les voyant déjà habillés. Ne sachant pas quoi répondre, la jeune femme lissa les pans de sa robe. Effectivement, ce genre de vêtement devait prendre des heures à enfiler. Elle se rappela de la partie du rêve où les domestiques l’aidaient à s’habiller. Quelle excuse allait-elle pouvoir sortir ? Peut-être que le Pokémon avait déjà compris. Un sourire forcé apparut sur son visage, tentant de faire bonne figure.

- Que je sache, on ne vous a pas donné la permission de rentrer.
- Oui, oui, bien sûr. Je m’en vais. Pardonnez-moi, je voulais seulement m’assurer que vous alliez bien.

Sur ces mots, le majordome fit la révérence et partit en fermant la porte derrière lui. La jeune femme soupira. Elle ne savait pas si elle s’était suffisamment montrée convaincante pour ne pas éveiller les soupçons du Pokémon.

- On fait quoi maintenant ? demanda-t-elle à Alexandre.

Sa voix tremblante révélait son inquiétude. Qu’adviendrait-il de la suite ? Trop de questions et d’incertitudes se bousculèrent dans sa tête. Ils ne pouvaient pas rester à ne rien faire. Cependant, un pas de travers et le rêve basculerait en cauchemar.




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Alexandre Diame
Région d'origine : Hoenn
Sam 30 Sep - 18:04
Alexandre Diame
Au pays des songes




Comme je m’y étais un peu attendu, Akane se recula brutalement, sortant du lit et cachant sa nudité à l’aide des draps. Elle se retourna également, me permettant de cacher ma nudité avec ce qui me tombait sous la main, et, dans le cas présent, il s’agissait d’un oreiller. Malgré la satisfaction apparente de son pokémon, la jeune femme restait coite, surement sous le choc. Je ne m’attendais en revanche pas du tout à ce qu’elle verse quelques larmes, et je m’apprêtais à intervenir, même si, dans mon état, ça n’aurait surement fait qu’empirer les choses. Heureusement, sa Kadabra s’occupa immédiatement de la rassurer, ce qui n’eut pour effet que d’augmenter la rage d’Akane. En cet instant précis, je n’aurais souhaité pour rien au monde être son ennemi. Juste après avoir laissé exalter sa rage, elle se calma presque instantanément, semblant reprendre ses esprits. J’essayais alors d’accrocher du regard d’éventuels vêtements, mais je n’en eu pas le temps. En un claquement de doigts, le pokémon Psy nous avait habillés tous les deux, nous ôtant alors une assez grande épine du pied. Il fallait dire que les circonstances dans lesquelles nous avions repris conscience étaient plutôt particulières, et qu’il fallait rapidement se reconcentrer sur notre problème.

J’écoutais alors ses explications, et je devais bien avouer qu’elles tombaient sous le sens. Tout coïncidait, et nous avions eu de la chance de l’avoir comme ange gardien sur ce coup-là. Je me contentais d’essayer de réfléchir, laissant Akane et sa pokémon dialoguer, et retenant chaque détail dont elles pouvaient parler. Je remarquais alors qu’il y avait quelque chose dans la poche de mon veston. Je cherchais alors dans le bout de tissu pour ressortir une magnifique montre à gousset. Détail notable, elle n’était pas faite d’or ou d’un métal précieux comme j’aurais pu m’y attendre, mais dans un bois d’une excellente facture. Je la rangeais alors, me reconcentrant sur la conversation entre la dresseuse et son pokémon. Je fronçais les sourcils en constatant qu’il y avait encore beaucoup trop d’inconnues dans cette histoire, et surtout, aucun moyen d’apercevoir pour l’instant une échappatoire.

Notre discussion fut rapidement stoppée par l’irruption du majordome dans la chambre. Si l’on se fiait aux dires de la Kadabra, il allait falloir que nous continuions de jouer le jeu. Akane fut pour le coup plus vive que moi et congédia le majordome. Sa réaction avait été parfaitement mesurée, et l’homme se retira sans demander son rester. A part nous, nous ne pouvions surement fait confiance à personne, car le pokémon à l’origine de tout ça devait surement nous observer, et il y avait fort à parier qu’il contrôlait tous les autres personnages de cette histoire. La Kadabra nous avait alors quitté, échappant probablement à la vigilance de notre ennemi, nous laissant seuls. Akane se retourna finalement vers moi, me demandant mon avis d’une voix tremblante. Je devais bien avouer être aussi inquiet qu’elle, mais je ne voulais pas en rajouter à ses inquiétudes. J’affichais donc un sourire confiant, avant de lui répondre.

« Bah… Comme l’a dit ta Kadabra ! On essaye de jouer le jeu, jusqu’à ce qu’elle trouve un moyen de nous sortir de là. Et… Enfin… » Je me grattais l’arrière du crâne un peu gêné. « On va essayer de pas se retrouver dans une situation comme tout à l’heure. » Je savais à quel point la scène avait perturbé la jeune femme, et, même si nous devions pour l’instant jouer le jeu du mari et de sa femme, rien ne nous obligeait à nous afficher trop ostensiblement en public.

A peine avais-je répondu à Akane que la montre dans la proche de mon veston sembla vibrer. Surpris, je tentais de la récupérer et, lorsqu’elle fut hors de ma main, elle flotta devant moi. Je la regardais avec une pointe d’incrédulité, alors qu’une nouvelle voix féminine résonnait dans ma tête.

« Maitre ?» Je me rappelais alors de la capture de Furfur, de type psy également. « Je profite du passage qu’a ouvert la Kadabra. Je suis très loin d’être aussi puissante qu’elle, donc je ne peux pas intervenir directement. » Je remarquais alors qu’Akane ne devait pas bien comprendre ce qui se passait, et, visiblement, la voix ne résonnait que dans ma tête. Pour ne pas trop l’inquiéter, je préférais l’avertir tout de suite. Je me tournais alors vers elle, interrompant Furfur.

« Akane, ma Balbuto semble pouvoir communiquer via le médaillon. Elle a vécu très longtemps ici, donc elle peut sans doute nous aiguiller un peu sur ce qui se passe. Je te transmets ce qu’elle me dit. » C’était sans doute l’une des rares fois où mon ton était parfaitement sérieux et concentré alors que je ne livrais pas un combat pokémon.

« Donc je disais. » Reprit la Balbuto. L’intensité de sa voix fluctuait beaucoup, témoignant de l’effort qu’elle devait faire pour rester concentrée. « Ce n’est pas la première fois que quelqu’un tombe dans un rêve comme celui-là. Le pokémon à l’origine de ces hypnoses est là depuis longtemps, bien plus longtemps que moi. Et personne ne sait trop pourquoi il fait ça. Mais, dans le château, nous le craignons tous un peu, et personne n’ose s’en approcher. C’est ce que j’ai essayé de vous faire comprendre quand vous êtes allé chercher la jeune femme. » Il me sembla perdre contact avec elle un instant, puis la voix caverneuse reprit. « Désolée. De ce que je sais, personne n’a jamais réussi à sortir d’un rêve après y avoir été plongé aussi longtemps que vous. Cependant, vous êtes a priori le premier couple à y être plongé en même temps. Et c’est une chance, puisque le pokémon à l’origine doit utiliser beaucoup plus d’énergie pour vous maintenir à l’intérieur de son monde. Généralement, il se lasse de jouer au bout d’un moment, mais je pense que s’il découvre que vous êtes conscients, il ne prendra pas de risques et vous plongera dans un cauchemar sans fin. La situation n’a pas l’air d’être idéale, mais du fait que vous soyez deux et pleinement conscients, vous avez vos chances. Il faut retenir cette information, parce qu’elle est capitale : Celui qui a créé ce monde peut certes se trouver dans chacun de ses avatars, mais il ne peut être que dans un seul à la fois. Si vous en êtes proches, vous sentirez une sensation de mal-être inexplicable et des maux de têtes lorsqu’il vous regardera. Si vous arrivez à vous organiser, l’un de vous peu déjouer sa vigilance. »

J’essayais d’assimiler toutes ses informations, alors que Furfur prenait une dernière fois la parole.

« Ah. Une dernière chose. Si vous mouriez dans ce monde, vous ne sortiriez jamais de ce sommeil, et, du coup, vous ruinerez toutes les chances d’Akane de pouvoir sortir elle aussi. Je vais essayer d’aider Mitochondrie à trouver une solution. Soyez prudents. » La voix s’estompa, et je m’ébrouais, ayant senti que le contact s’était coupé. Je me retournais vers la jeune femme, afin de lui expliquer les règles du jeu dans lequel nous nous étions retrouvés. J’aurais pu la ménager, mais j’avais besoin qu’elle connaisse chaque détail si nous voulions nous en sortir.

« Bon. Je vais pas m’étaler, mais la situation est critique. Ma Furfur et ta Mitochondrie sont en train de chercher une solution, mais il faut que tu connaisses certains éléments. Déjà, le pokémon peut nous observer par chacun de ses avatars, mais il ne peut être que dans l’un des corps à la fois. Si quelqu’un te regarde, et que tu te sens mal et que tu as des maux de têtes, c’est que c’est lui. Furfur a vécu longtemps ici, et, visiblement, on est les premiers à être enfermés à deux dans le même rêve. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle si on tient compte du fait que… » J’hésitais un peu avant de lui dire, mais je m’étais promis de ne rien lui cacher. « … que personne ne soit jamais sorti de ce genre de rêves. Mais si on travaille à deux, elle reste sûre que nous avons une chance. Il ne faut donc pas se faire repérer ni mourir dans ce rêve, et, pour l’instant, il nous suffit de jouer le jeu pour être en sécurité, en attendant que nos deux pokémons aient trouvés une solution. »

Je lui jetais un regard un peu inquiet, mais je me forçais à conserver une attitude confiante pour ne pas rajouter du poids sur les épaules de la jeune femme. Je m’approchais vers elle, lui tendant une main, paume ouverte, dans laquelle se trouvait la montre à gousset dont se servait Furfur pour communiquer.  

« Tiens, ton affinité avec les types psy est plus forte que la mienne et Furfur pourra t’aiguiller si t’en as besoin. » J’attendais alors à ce qu’elle s’en saisisse, avant de reprendre. « Prête à remporter la partie, partenaire ? » Lui lançais-je avec un sourire en coin. Le majordome allait s’inquiéter si nous prenions trop de temps, et, puisqu’elle devait, dans sa peau, organiser le Bal et que j’avais moi un rendez-vous d’affaires, nous allions devoir nous séparer les prochaines heures. Avant de sortir, je lui glissais discrètement.

« On se retrouve ici en fin d’après-midi, fais gaffe à toi. » J’accompagnais mes paroles d’un clin d’œil amical, avant de me diriger vers la sortie de la chambre.




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Akane Wise
Région d'origine : Mhyone
Dim 1 Oct - 16:06
Akane Wise


Alexandre paraissait plus confiant que la jeune femme. Vu la situation, peut-être valait-il mieux réagir comme lui.

- Bah… Comme l’a dit ta Kadabra ! On essaye de jouer le jeu, jusqu’à ce qu’elle trouve un moyen de nous sortir de là. Et… Enfin… On va essayer de pas se retrouver dans une situation comme tout à l’heure.
- Ça vaut mieux, en effet.

Elle lui avait répondu sèchement. Même si elle savait pertinemment que tout ce manège était orchestré par le Pokémon, elle ne pouvait s’empêcher d’en vouloir un peu au jeune homme. Il avait probablement profité pleinement de la situation ! Ceci dit, elle aussi. Sauf qu’il avait commencé à l’embrasser ! Et elle n’avait pas protesté… Même si sa Kadabra avait tenté de la rassurer, Akane était terriblement confuse.

La montre à gousset d’Alexandre sortit la jeune femme de ses pensées. L’objet flottait devant lui. Akane arqua un sourcil, se demandant ce qu’il pouvait encore se passer.

- Akane, ma Balbuto semble pouvoir communiquer via le médaillon. Elle a vécu très longtemps ici, donc elle peut sans doute nous aiguiller un peu sur ce qui se passe. Je te transmets ce qu’elle me dit.

La dresseuse poussa un soupir de soulagement, contente que cette montre ne soit pas l’œuvre du Pokémon qui les manipulait. Un coup de main en plus ne ferait pas de tort. Mitochondrie était très intelligente mais elle ignorait le passé du château. Ce Balbuto pourrait certainement les aider à mieux comprendre les intentions de leur ennemi.
Alexandre transmit donc les informations nécessaires. Rien de très glorieux. Plus il exposait le problème, plus Akane se sentit mal. Ce rêve allait au-delà de la simple illusion. C’était une question de vie ou de mort. Le jeune homme lui tendit sa montre à gousset.

- Tiens, ton affinité avec les types psy est plus forte que la mienne et Furfur pourra t’aiguiller si t’en as besoin.

La rouquine fut perplexe. Elle ne savait pas pourquoi elle aurait une affinité plus forte avec le type psy. Son premier Pokémon était un Abra mais cela ne pouvait pas tout expliquer. En tout cas, elle se demandait où Alexandre tenait cette affirmation. Cependant, elle ne répondit rien. La jeune femme se contenta de prendre la montre et d’attacher la chaine autours de son cou.

- Prête à remporter la partie, partenaire ?

Le dernier mot arracha un sourire à Akane. Elle ne savait pas l’expliquer mais cela lui faisait plaisir. Pour la première fois dans sa vie, elle sentit qu’on lui faisait confiance.

- On se retrouve ici en fin d’après-midi, fais gaffe à toi.

Elle hocha simplement la tête. Alexandre sortit de la chambre et Akane lui emboîta le pas. Tous deux se dirigèrent dans la direction opposée. Après quelques pas, la jeune femme se retourna.

- Bonne chance… et fais aussi attention.


________



Magnifique. Voilà le seul mot qui lui vint en tête en entrant dans la salle de bal. Elle était immense, atteignant plusieurs mètres. Des fresques ornaient les murs et plafonds, peintes avec minutie. Chaque détail comptait, aussi des moulures en or décoraient la salle. Les domestiques nettoyaient avec empressement le sol : des carrelages à damier garnis au centre par une rosace. Un homme, percher le haut d’une échelle, passait la poussière sur le lustre centrale. Une énorme pièce composée de minuscules cristaux.

La jeune femme faillit s’évanouir face à tant d’opulence. En aucun cas ce ne fut de la faute du Pokémon. Pas cette fois-ci. Elle n’en revenait pas. Cette salle avait-elle réellement existé ou était-elle simplement le fruit de son imagination. Lord Owen et Dame Mila ne devait probablement pas se soucier de leur argent, ils semblaient en avoir plus que de raison.

- Vous voilà Dame Akane. Je vous cherchais.

Cunégonde l’accosta. Elle était tout sourire, transpirant la joie de vivre. Elle avait l’air heureuse de l’évènement de ce soir. Sûrement qu’elle l’aiderait dans les préparatifs du bal. Akane ne rechignait pas à un coup de main, elle n’avait fichtrement aucune de la façon dont on préparait ce genre d’évènement.

- Vous en avez mis du temps ce matin.

La servante mit une main devant la bouche, étouffant un rire. Cunégonde lança des regards complices à Akane. Il fallut un peu de temps à la jeune femme pour comprendre les sous-entendus de sa domestique attitrée. Dame Mila et elle étaient visiblement très proches, au point de raconter leur vie intime. Akane voulut la congédier mais Mila n’aurait probablement pas réagi de la sorte. Cependant, la dresseuse ne tenait pas à s’étaler ce qu’il s’était passé dans la chambre. Aussi préféra-t-elle changer de sujet.

- Vous allez m’aider pour les préparatifs Cunégonde ?

La servante paraissait surprise.

- Vrai—vraiment ?! C’est trop d’honneur, ma Dame !

Akane haussa un sourcil. La domestique ne l’aidait donc jamais à gérer des préparatifs ? La jeune femme venait elle-même de se planter un couteau dans la main. Si elle ne se comportait pas exactement comme la personne qu’elle incarnait, elle se ferait vite repérée. Heureusement, Cunégonde ne semblait pas être une représentation du Pokémon : Akane se sentait relativement bien.

- Je te fais confiance et puis… hum… prends ça pour un remerciement.

La domestique trépigna sur place. Akane commença à douter de l’utilité de Cunégonde pour la préparation du bal.

Finalement, cela s’avérait plus facile que prévu. Les domestiques se chargeaient généralement des tâches ingrates Akane devait seulement se contenter de choisir entre tel et tel fleurs, tel et tel rideaux, tel et tel robe de bal… Elle devait simplement poser son avis sur l’aspect esthétique de la chose. Le tout accompagné des potins de Cunégonde. La servante ne s’arrêtait jamais de parler !

Après plusieurs heures, Akane sentit la montre vibrer. Elle la détacha délicatement. En regardant le cadran, elle remarqua qu’il était bientôt 17 heures. La rouquine n’avait pas vu le temps passé !

- Merci Furfur, chuchota-elle.

Elle ordonna aux domestiques de continuer sans elle, prétextant vouloir se reposer avec le bal. En arrivant dans la chambre, Mitochondrie les attendait. Akane s’empressa de lui raconter sa journée avant de finir par une superbe conclusion :

- TU SAVAIS QUE CUNEGONDE AVAIT UNE LIAISON AVEC GEORGES ?!

Bref, la jeune femme n’en revenait pas. Cunégonde devait avoir un peu près le même âge que Dame Mila. Georges, lui, avait l’air d’en avoir le double. Peut-être plus. La Kadabre soupira, exaspérée que sa dresseuse se laisse prendre au jeu des potins. Cela ne lui ressemblait pas. En réalité, Akane s’était un peu attachée à Cunégonde. Alors forcément, elle commençait à s’intéresser à la domestique.

- Oui

Le Pokémon Psy lui lançait un petit livre. Avec sa couverture en cuir et ses pages jaunes, Akane comprit qu’elle tenait en main un objet à l’épreuve du temps.

- C’est le journal intime de Dame Mila. Enfin… une copie, précisa Mitochondrie. Comme je ne peux pas importer d’objet réel dans le rêve, je l’ai recréé moi-même.

La jeune femme hésita à l’ouvrir et lire tous les secrets qu’il regorgeait. C’était tentant et d’un autre côté, il y avait des aspects de la vie de Mila qu’elle ne voulait pas connaître.

- Tu crois qu’il nous aiderait à comprendre les intentions du Pokémon ?
- Je n’en sais rien. En revanche, il t’aidera à mieux cerner Mila. J’ai aussi quelque chose pour Alexandre.
- Quoi ?
- Tu poses trop de questions.




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Alexandre Diame
Région d'origine : Hoenn
Lun 2 Oct - 13:16
Alexandre Diame
Au pays des songes




Je me sentis un peu plus rassuré avoir arraché un sourire à la jeune femme. Elle avait l’air assez tendue, ce qui était tout de même assez compréhensible au vu de la situation, et, au début, il m’avait semblait qu’elle m’en voulait un peu. Mais le temps n’était pas vraiment aux excuses, et, même s’il était vrai que la situation était plutôt gênante, et qu’elle devait encore être sous le choc, elle comprendrait bien vite qu’aucun d’entre nous n’y était pour quelque chose. Il allait de toute façon falloir se serrer les coudes pour arriver à s’en sortir ce coup-ci. La jeune femme avait un esprit vif, et je ne doutais pas un seul instant qu’elle serait suffisamment maligne pour prendre les bonnes décisions aux bons moments.

J’emboitais donc le pas de « mon » majordome qui emprunta un long couloir. Le château était vraiment splendide, surtout maintenant que je pouvais réellement le voir avec mes yeux. J’essayais toutefois de paraitre le moins impressionné possible pour ne pas éveiller d’éventuels soupçons. En tout cas, le contact visuel du Majordome ne me causait, pour l’instant, aucun mal de crâne. Je supposais donc que, comme me l’avait dit Furfur, il ne devait pas abriter le pokémon derrière tout ce cirque. Mais je me rendis également compte d’une chose. J’allais participer à une réunion d’une première importance, et je n’en connaissais ni les tenants, ni les aboutissants. A en croire la Kadabra d’Akane, nous étions au XVIIIe siècle et je n’avais aucune espèce d’idées de sur quoi la discussion pourrait bien porter. Si jamais le coupable me surveillait pendant cette réunion, il allait être plutôt très difficile de cacher que je n’étais plus dans la peau du Lord Owen. Je réfléchissais donc à toute vitesse, et, puisque Georges n’était pas notre dit coupable, je décidais de l’interroger discrètement, me forçant à respecter le ton d’un Lord.

« Hum… Dites-moi, Georges. Que pensez-vous de l’accord que nous nous apprêtons à passer ? J’aimerais… avoir votre avis. » Je priais intérieurement pour qu’il ne remarque pas mon manque de tact mais, visiblement, Lord Owen et Lady Milla étaient plutôt proches de leurs employés. Ce dernier me répondit avec un sourire calme et mesuré.

« Et bien… C’est à monsieur de décider. Après tout, promettre un mariage pour sa fille n’est pas une décision à la légère, surtout au vu du fils de Lord Austin. Certes cette complexe alliance commerciale pourrait s’avérer rapporter une fortune à votre famille, mais… » Il se coupa, et je le relançais avec un petit sourire.

« Continuez Georges, nous sommes entre amis et votre point de vue m’importe. » Lui dis-je simplement, feignant un ton particulièrement noble.

« Si mon Lord me le permet… Je pense qu’il s’agit d’une erreur. Beaucoup de rumeurs tournent autour de Lord Austin et de sa famille, et surtout autour de sa rapide fortune. Vous savez comme moi qu’il s’agit de colossales sommes d’argents qui ne sont pas très nettes. Ceci étant dit, il vous met devant le fait accompli. Il a très clairement établi qu’il ne tolérerait pas un refus, et cela vous met dans une situation particulièrement compliquée. Je dirais donc bien à mon Lord de ne pas accepter pour le bien-être de votre fille, mais je n’ose imaginer les répercussions allouées à tout cela. » Je fronçais les sourcils. Pour Lord Owen, la situation n’avait pas dû être facile, mais pour moi, tout était différent. Je savais qu’il ne s’agissait pas de ma vie et que mes enfants n’étaient pas réels. La seule chose qui comptait était de gagner du temps, et, si Lord Austin était vraiment aussi impulsif qu’ils semblaient le faire entendre, autant céder à ses demandes. Bien sûr, j’allais devoir protester pour ne pas vendre la mèche, puisqu’il s’agissait de ma prétendue fille, mais lui donner ce qu’il voulait en final ne me paraissait pas trop déraisonné.

Je débarquais donc, à la suite de mon cher Majordome, dans une grande salle fermée, richement décorée, et où trônait en son centre une grande table de réunion. Visiblement, deux de mes conseillers m’attendaient et, en face de nous, se tenaient quatres personnes. Au vu de leurs habits, les deux premiers étaient surement des conseillers eux aussi, et se furent donc les deux autres qui attirèrent mon attention. Le premier était beaucoup plus âgé que moi, peut-être la cinquantaine d’années. Il était bedonnant, ses habits frisaient le ridicule et il arborait un sourire narquois. Il dégageait une aura vraiment malsaine. A côté de lui, un jeune homme de mon âge qui lui ressemblait tout de même, à part pour la stature. Il était plus grand que moi d’environ une dizaine de centimètres, et arborait la même mine confiante que son voisin. Lorsqu’ils me virent entrer, ils se jetèrent un regard complice alors que Georges les annonçait.

« Lord Alexandre, voici Lord Austin et Lord Daman, tous deux issus de la famille Malgen. » Le père et le fils, donc. C’était donc ce grand colosse qui devait épouser une jeune fille d’à peine six ans ? Décidément, les coutumes de l’époque m’échappaient. Mais je fis bonne figure, arborant un sourire confiant à leur intention. Je me déplaçais pour leur serrer la main, n’ayant aucune autre idée de comment m’y prendre. Les deux me sourirent mais me regardèrent avec un air supérieur, alors que je revenais à ma place.

« Bonjour Messieurs, et bienvenue au château. » Leur lançais-je avec un ton amical. « Je sais votre temps précieux et je ne vais pas plus vous faire attendre, asseyez-vous, je vous en prie. » Dis-je en leur indiquant les places vides devant eux alors que je m’installais dans mon siège. Je remarquais alors un papier posé devant moi, ainsi qu’une plume et de l’encre. Je leur jetais alors un regard interrogateur, alors que Lord Austin me répondait sur un faux ton mielleux.

« Et bien… Puisque vous parlez de ne pas perdre de temps, nous avons pris soin de créer le document qui scellait notre accord. Vous devinez qu’il serait extrêmement impoli de nous refuser ça après tout le mal que nous nous sommes donnés pour vous… » Me dit-il, un sourire narquois au visage. Effectivement, ils avaient bien piégé le Lord et semblaient s’en réjouir. Je jetais un coup d’œil à Georges, qui secoua la tête d’un air navré. Visiblement, la situation était trop complexe pour refuser. Et la décision ne me pesait pas plus que ça. Pour la forme, je leur lançais un regard assassin avant de, lentement, me saisir de la plume et de la tremper dans l’encrier. Alors que j’allais apposer la signature et ainsi mettre un terme à cette fausse mascarade, ma main s’arrêta. Une vague de douleur déferla alors dans mon crâne, me faisant grimacer. Cependant, personne ne semblait le remarquer, et j’essayais alors, sachant pertinemment que cette souffrance venait forcément du fait que le pokémon me regardait, de le localiser. Lorsque je posais mes yeux sur Lord Austin, qui me regardait également, je compris qu’il ne s’agissait pas que d’un simple personnage de fiction. Notre ennemi était là, et il m’empêchait de m’en sortir comme je le voulais. La seule bonne nouvelle, c’était qu’Akane était tranquille de son côté. Je ne parvenais donc pas à signer ledit document. Visiblement, le coupable ne voulait pas que je m’en sorte aussi facilement. Voyant moi soi-disant réticence, ce fut Lord Austin qui brisa le silence, en même temps que le mal de crâne s’évaporait.

« J’en conclu donc que vous refusez. C’est fort regrettable Lord Owen surtout que vous étiez prévenus. » Avant que j’aie pu reprendre la parole pour tenter de me justifier, même si, de toute façon, je n’en avais pas vraiment les moyens, il poursuivit. « Puisque vous avez l’air de vouloir tant déshonorer notre famille et votre parole, je ne peux pas laisser passer un tel affront. » Il jeta alors un regard à son fils, qui prit la relève.

« Je vous défie en duel, Lord Alexandre, afin de laver l’affront que vous venez de faire à ma famille. » Sur ces mots, et avant que j’aie pu rétorquer quoique ce soit, la famille adverse se leva et sorti de la salle. Avant de partir, Lord Austin se retourna vers moi.

« Demain midi. Dans votre parc. Vous n’avez pas le choix Lord Alexandre. » Puis il suivit son fils, disparaissant de notre vue, et me laissant assez interloqué. C’était vraiment un monde différent du mien mais, au moins, en duel pokémon, je savais que je pourrais me débrouiller contre lui. Finalement, j’étais devenu un dresseur suffisamment fort pour affronter la ligue. Je me retournais alors vers mes conseillers qui, curieusement, étaient, comme Georges, assez satisfaits. Le majordome prit la parole en premier.

« Et bien… C’est un dénouement pour le moins inattendu mais qui a le don de nous arranger. » Dit-il, avec un petit sourire, avant de renchérir. « Après tout, mon Lord n’a encore jamais perdu un seul duel, et, même si Lord Daman est un très bon combattant, il est évident que vous ne jouez pas dans la même cour. » Sa remarque fit rire les conseillers. Visiblement, Lord Owen était également un très bon dresseur et, même si je ne connaissais pas ses pokémons, j’aurais toujours la possibilité de m’en sortir avec une petite préparation. Il me restait un peu de temps avant de retrouver Akane, et de faire le point, alors je décidais de m’y atteler dès l’instant.

« Et… Il est possible que je me prépare un peu, du coup ? Il y a beaucoup en jeu et je préfère ne pas trop prendre de risques, si vous voyez ce que je veux dire… » Dis-je à Georges avec un sourire confiant.

Il opina du chef, et nous laissâmes les conseillers pour rejoindre une salle que je n’avais, bien sûr, encore jamais vue. Là encore, il s’agissait d’une sorte de Dojo au plancher ciré finement décoré. Visiblement, c’était ici que le Lord avait coutume de s’entrainer et, vu sa réputation, j’espérais tout de même lui faire honneur. Une superbe collection de Sabres et d’épées anciennes venait embellir davantage la pièce. Georges se tourna alors vers moi.

« Monsieur à fait son choix ? » Me dit-il simplement. Je fronçais les sourcils, ne comprenant pas vraiment sa question. Il ne m’avait encore montré aucun pokémon, mais j’étais rassuré que le Lord en ait suffisamment pour me permettre de choisir. Peut-être que l’un d’entre eux serait de la même espèce qu’un membre de ma propre équipe.

« Mon choix ? » lui demandais-je, innocemment.

« Et bien… Je sais que vous avez l’habitude de combattre avec celle que votre maitre d’armes vous à offerte à la fin de son enseignement, mais vous possédez également d’autres très belles lames. C’est donc à vous de choisir ! » Me dit-il, désignant alors le panneau que j’avais vu précédemment. Mes yeux s’écarquillèrent. Attendez, attendez. Il ne s’agissait pas d’un duel pokémon ? Un duel à l’épée ? Sérieusement ? Je sentis alors un poids dans ma poitrine. Les choses dégénéraient à vue d’œil et je comprenais mieux pourquoi le pokémon ne m’avait pas laissé signer quoique ce soit. Si Lord Owen était un combattant émérite, je n’avais, pour ma part, jamais tenu une quelconque Lame de ma vie, alors prétendre rivaliser lors d’un duel… Non, c’était du suicide. L’abandon paraissait être une bien meilleure idée et, en trouvant une excuse convenable, je pouvais m’en sortir. Dans le pire des cas, être vaincu n’était pas une fin en soit, il fallait juste que ça ne paraisse pas trop suspect.

« Hum… Et bien… je pense que… Celle de d’habitude ira bien. En revanche, dites-moi Georges. Quelles sont les conditions de victoire pour ce duel ? » Lui demandais-je sur un ton détaché. Cette question sembla amuser le majordome, car c’était, visiblement, quelque chose que j’étais censé savoir.

« Je sais que le dernier duel de Monsieur remonter à quelques mois, mais tout de même. Il s’agit de combats à mort, comme de coutume. Enfin, en pratique, beaucoup acceptent les abandons, et la magnanimité de Monsieur est bien connue dans le milieu. Même si Lord Daman est lui réputé pour l’inverse, je ne crains pas une seule seconde que mon Lord puisse échouer. » Me dit-il, confiant.

Super. Vraiment parfait. Furfur avait été vraiment claire, je ne devais pas mourir. Le pokémon qui orchestrait tout cela jouait avec ses propres règles, et nous étions pour l’instant totalement impuissants, ne pouvant que suivre les choses. Je remerciais le Majordome qui partit faire préparer mon arme, et je retournais, toujours interloqué, dans la chambre dans laquelle m’attendait la jeune femme. J’étais bien moins confiant que tout à l’heure, et tout ça se voyait.

Lorsque j’entrais, la Kadabra était déjà là. Je me forçais à arbore un faux sourire pour l’instant, conscient que je devrais lui raconter tôt ou tard. Peut-être que son pokémon avait d’ailleurs trouvé une porte de sortie à toute cette histoire, ce qui, fondamentalement, m’arrangeait bien. Je saluais donc Akane, avant de lui lancer.

« Bon alors, comment ça se présente de ton côté ? Et rassure-toi, ton après-midi ne peut pas être pire que la mienne. » Dis-je sur un ton faussement amusé.



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Akane Wise
Région d'origine : Mhyone
Mar 3 Oct - 10:35
Akane Wise


En attendant, le retour d'Alexandre, la rouquine feuilleta le journal de Milla. Quand le jeune homme rentra dans la chambre, il afficha une petite mine.

- Bon alors, comment ça se présente de ton côté ? Et rassure-toi, ton après-midi ne peut pas être pire que la mienne.

La rouquine tourna la tête de droite à gauche. Visiblement, la journée d’Alexandre ne s’était pas aussi bien passée que la sienne.

- Ca va, répondit la jeune femme. Rien d’insurmontable.

Elle lui résuma les préparatifs en seulement quelques petites phrases. Akane expliqua ce qu’elle avait dû organiser, c’est-à-dire pas grand-chose. Cela tournait souvent autours de l’aspect esthétique des festivités, les domestiques s’occupant des tâches des plus ingrates.

- Bref, voilà. D’un côté, les femmes de l’époque n’avaient pas beaucoup de responsabilités "professionnelles" -elle mima les guillemets-, donc bon… Je suppose que ça a été plus compliqué de ton côté.

Vint au tour du jeune homme de raconté sa journée. Effectivement, ils ne rigolaient pas en affaire au dix-huitième siècle. Aussi, elle fut choquée d’apprendre que la fille d’Owen et Milla, âgée d’à peine sept ans, était déjà promise à un mariage. C’était certes d’époque mais Akane n’en revenait toujours pas. Même si Emilie ne restait plus qu’un souvenir, la jeune femme était contente que le dresseur n’ait pas signé les documents. D’après ses explications, le Pokémon ne l’aurait de toute façon pas laissé le choix, afin de le provoquer expressément en duel. Le récit d’Alexandre donnait froid dans le dos, laissant pantoise la jeune femme. Ils ne pouvaient évidemment pas rester sans rien faire.

- Hum… Je commence un peu mieux à comprendre.

Mitochondrie prit la parole. Instantanément, elle fit apparaitre de vieux documents dans les mains de jeune homme. La Kadabra ne lui laissa pas le temps de les lire qu’elle enchaina avec des explications :

- Ce sont des documents attestant d’un mariage entre Dame Milla et Lord Austin.

Akane prit un air horrifié. Elle n’avait pas eu l’occasion de le rencontrer, néanmoins, elle se faisait une image mentale de ce type : une sorte de vieux pervers, seulement intéresser par l’appât du gain.

- Seulement, il manque la signature du père de Milla, Lord Elliot. En cherchant, j’ai vite trouvé les raisons : la première, la famille de Lord Austin a perdu toute sa fortune, pour ensuite la récupérer par je ne-sais-quel-miracle. La deuxième est qu’une des sœurs de Milla a été assassinée. On ne sait pas exactement la cause du décès mais de ce que j’ai pu lire, ce serait un Pokémon à l’origine de la mort. Je pense que cet assassinat était dirigé contre Milla. D’ailleurs, elle en parle souvent dans son journal intime. Bref, Lord Austin fut vite soupçonné. Elliot a donc définitivement abandonné l’idée de marier sa fille avec Austin.

Ce Lord véreux tenait donc une occasion de se venger en affrontant Owen. Mitochondrie laissa planer un lourd silence. Le Pokémon ferma les yeux, rendant son expression un peu plus solennelle. Akane s’attendait au pire.

- Lord Owen meurt pendant le combat contre Daman.

Un poids s’écrasa, coupant le souffle de la jeune femme. Elle s’assit sur le lit, pensant à une blague de mauvais goût. Malheureusement, ce n’était pas le genre de Mitochondrie. Akane ne dit plus rien, se contentant de réfléchir à une solution.

- J’ai encore du mal à comprendre… d’après ce que j’ai compris, Owen était très bon en combat à l’épée. Il ne peut pas se laisse battre aussi facilement. Or, pendant le duel, il n’a pas esquivé un coup d’épée, pourtant prévisible.
- Dans ce cas, j’irai.

Déterminée, elle se releva du lit, serrant sa robe.  La Kadabra croisa les bras mais n’omit pas d’objection.

- De toute façon, aucun de nous deux ne maîtrise l’épée. Si j’y vais, je pourrais au moins créer l’effet de surprise et nous faire gagner du temps. Tu m’emmèneras au Dojo demain, dit-elle à Alexandre.

Akane avait une toute autre idée en tête. Néanmoins elle préféra ne rien révéler de son plan, ne voulant pas inquiéter Alexandre. Il pouvait émettre une objection mais la jeune femme n’en tiendrait pas compte, décidée à battre elle-même ce Pokémon.

- En attendant, on va nous préparer pour ce soir et aller au bal. Ça nous changera les idées.

Elle détacha le médaillon autours de son cou et le rendit au jeune homme.

- Tu peux le garder. Mitochondrie ne restera pas loin de moi -le Kadabra hocha la tête pour approuver – Je vais aller me préparer. Cunégonde doit probablement déjà m’attendre.

Sur ces paroles, la rouquine sortit de la chambre pour aller rejoindre la salle de bain de Milla.


________


Comme elle l’avait prévu, des domestiques, dont Cunégonde, l’attendaient. Elles avaient tout préparé sans qu’Akane ne le demande.  Aussitôt, une servante vint vers elle pour défaire son corsage. Pendant les minutes qui suivirent, la jeune femme se laissa bichonner, oubliant presque la pression qui pesait sur ses épaules. On lui lava les cheveux, lima les ongles et maquilla.

Néanmoins, en se regardant dans le miroir, elle crut s’évanouir. Elle fit volte-face à ses servantes, se serrant les unes aux autres. Toutes affichèrent un air gêné, se mordillant les lèvres ou regardant le plafond d’un air faussement absent.

- Pourquoi ?

Personne ne répondit. Akane contempla une nouvelle fois son reflet. Du moins, s’il restait encore quelque chose à contempler… Sa robe n’était qu’un amas de rubans et de dentelles. Ne parlons même pas de la couleur. Quant à ses cheveux, ils étaient coiffés à la Couafarel. La rouquine jeta un regard assassin à ses servantes. L’une d’entre elle poussa la plus jeune, la mettant face à Akane. Elle devait avoir tout au plus quatorze ans et contempla ses pieds, le visage complètement empourpré.

- Et bien, ma-ma Dame… Nous av-avons suivi à la lettre les-les recommandations de Mon-Monsieur Lustrini.
- C’est qui celui-là ?
- Vous-vous ne ra-rappeler pas de lu-lui ? C’est-c’est un très grand cou-couturier. Vous nous avez-vez expliquer que ça-ça-ça lui tenait à cœur de vous-vous créer une robe-be pour le ba-bal.
- Et vous êtes en train de porter sa robe… ajouta Cunégonde avec un sourire narquois.
- Il s’est cru au Carnaval d’Illumis ?! Sortez toutes d’ici !

Les domestiques s’empressèrent de rejoindre la porte, ne voulant certainement pas subir les foudres d’Akane plus longtemps.

- Sauf toi Cunégonde.

Une fois sorties, la jeune femme se mit à marcher frénétiquement dans la pièce. Sa servante attitrée la regarda d’un œil amusé. Elle afficha un sourire de plus en plus grand jusqu’à éclater de rires. Au fil des moqueries, l’image de Cunégonde laissa place à une Mitochondrie hilare. N’en pouvant plus, la Kadabra lâcha quelques larmes.

- Excellent ! On dirait un énorme gâteau !

Plié en deux, le Pokémon s’assit et tenta de contrôler ses spasmes. La Kadabra essaya tant bien que mal de retrouver son sérieux habituel mais sans grand succès, elle respira de plus en plus bruyamment.

- Nan mais arrête de rigoler… On dirait le cri d’un Groret.

Mitochondrie essuya une dernière larme de rire puis toussota.

- Hem… Milla a des goûts… particuliers.
- Je pense surtout qu’elle ne connait pas le mot « non », soupira Akane. Non mais regarde ça ! Ce type a réussi à inventer une nouvelle couleur ! On dirait du rose mélangé avec du brun… ou du vert, je sais pas.
- Puis ces nœuds sont plus gros que ta tête…
- Mes seins sont tellement remontés que je ne vois même plus mes pieds ! Sérieusement… tu sais pas faire quelque chose ? Je peux pas sortir comme ça.

La Kadabra haussa un sourcil. Certes la façon dont on avait habillé Akane était ridiculement drôle mais d’habitude elle ne se souciait pas autant de ses vêtements.

- On se doit de sauver l’honneur de Milla ! prétexta-t-elle.
- C’est bien parce que nous sommes dans un rêve… sinon, je t’aurais laissée dans cette tenue.

D’un coup de petite cuillère magique, la robe de la jeune femme se transforma. Les détails superflus disparurent pour laisser place à des motifs élégants et la couleur verdâtre se transforma en une magnifique teinte dorée. Le tout agrémenté d’une touche orangée. Les cheveux de la jeune femme se démêlèrent pour retomber sur ses épaules. Cette fois-ci, Akane se sentit un peu mieux en voyant son image dans le miroir.

- Merci, merci ! Tu me sauves la mise. Tu es ma bonne fée !

La jeune femme se lança sur son Pokémon, collant sa joue contre le sienne avant de lui faire un bisou sur le museau.  

- Les dessins animés te montent à la tête, ma pauv’ fille…

Malgré son air exaspéré, Mitochondrie ajouta la touche finale à la tenue. La Kadabra se transforma elle-même en une parure plus brillante que jamais. Akane attacha le bijou à son cou et se sentit fin prête pour les festivités.




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Alexandre Diame
Région d'origine : Hoenn
Mar 3 Oct - 16:28
Alexandre Diame
Au pays des songes




J’écoutais la jeune femme me parler de son après-midi dans laquelle, visiblement, rien de réellement notable ne s’était produit. J’étais plutôt rassuré pour elle, et du coup, un peu désolé de lui annoncer une nouvelle aussi mauvaise. Mais je n’avais pas vraiment le choix, car il fallait que nous trouvions une solution ensembles. Après tout, et contrairement à ce qui aurait pu se passer en temps normal, mon échec signifiait aussi le sien. Je lui racontais alors tout dans le détail, tâchant de n’omettre aucun point pour qu’elle puisse comprendre toute la complexité de la situation. C’était vraiment une sale affaire, et, nous qui aurions pu prendre ce rêve pour une Idylle illusoire particulièrement fleur bleue, étions pourtant bien déçus de voir toute cette histoire dégénérer à ce point.

Ce fut ensuite à Mitochondrie de prendre la suite de la réflexion. Visiblement, durant l’après-midi, la Kadabra avait eu le temps de glaner quelques informations, ce qui allait nous permettre de mieux cerner la situation. Malheureusement, les nouvelles étaient plutôt très loin d’être bonnes, car, non content de vouloir assoir son empire commercial, Lord Austin souhaitait surtout se venger du fait que Lord Owen ait épousé Lord Milla à sa place. C’était un rebondissement assez inattendu, mais qui était plutôt logique compte tenu du contexte. Ce prétendu refus commercial n’avait eu pour but que de justifier un duel à mort, et j’étais tombé dans le panneau. Mais le pire restait à venir. L’issue de ce duel était déjà écrite. Le valeureux et bien-aimé Lord y perdait la vie d’une manière visiblement absurde. A en voir la réaction d’Akane, tout ceci était bien loin d’être une plaisanterie. Je ne pus alors m’empêcher de ressentir une pointe de haine et de dégout pour ce personnage qui, pourtant, devait être mort depuis bien longtemps dans notre monde. S’être attaqué à une jeune famille aussi aimante était un véritable crime, et, même si je ne connaissais pas vraiment ce qui était advenu de la Dame une fois son mari assassiné, je supposais, au vu de la relation fusionnelle qu’elle avait connue avec Feu Lord Owen, que sa mort devait l’avoir dévastée. De toute façon, il ne servait à rien d’en savoir beaucoup plus. Si l’issu du duel restait la même demain midi, alors et Akane, et moi, aurions perdu la partie.

La réaction de la jeune femme à la chevelure rousse me surprit. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle se propose pour affronter Dalman à ma place. J’allais protester, ne voulant certainement pas la laisser aller à l’abattoir toute seule, puis je me ravisais et je réfléchissais. Son argumentaire fonctionnait, puisque nous n’étions pas dans la réalité. Nous devions avoir les mêmes capacités à l’épée, c’était à dire proche d’inexistantes, et, de toute façon, nous étions liés par le destin. Que ce soit moi, ou elle, qui trépasse par l’épée de Dalman, le résultat était littéralement le même. Alors, dans ce cas précis, elle avait raison : autant jouer la carte de la surprise. Cependant, cela voudrait probablement dire que le pokémon à l’origine de ce monde serait également au courant de notre « prise de conscience » et que, par conséquent, nous n’aurions pas énormément de temps pour trouver une solution qui nous permette de nous sortir de ce mauvais pas.

Légèrement à contrecœur, car je n’étais tout de même pas friand de voir la jeune femme face au colosse qui servait de fils à Lord Austin, mais c’était la meilleure option que nous ayons pour le moment. Je répondais donc simplement.

« J’approuve l’idée, même s’il faut que nous trouvions rapidement un plan. Ta proposition de profiter de l’effet de surprise est brillante, mais si nous ne savons pas quoi faire… Je veux dire : Le pokémon qui est à l’origine de tout ça va forcer se douter de quelque chose, donc c’est quitte ou double. » Je lui souriais amicalement. Curieusement, j’avais une certaine confiance en elle, et je ne doutais pas que, demain, nous soyons en mesure de nous en sortir.

Akane détendit alors légèrement l’atmosphère, rediscutant du bal à venir qui mettait, pour le coup, complètement sorti de la tête. Elle me rendit également Furfur, toujours sous sa forme de montre à gousset. J’étais plutôt soulagé qu’elle puisse me tenir compagnie, puisque tous ses camarades n’étaient pas à mes côtés. Leur présence me manquait, et les avoir eus avec moi aurait rendu toute cette histoire bien plus simple à gérer. Enfin, au moins, on pouvait dire que ça me changeait.

Je hochais la tête en direction de la jeune femme alors qu’elle partait se changer. Effectivement, la soirée allait probablement être l’occasion de se changer les idées, mais peut être aussi d’affiner un éventuel plan. Surtout que, comme je l’imaginais, les deux Lords seraient bien présents à la réception. Au moins, Akane pourrait voir à quoi ils ressemblaient, et donc savoir à quoi s’attendre. Georges, le Majordome, me tira de mes pensées. Visiblement, il fallait également que je rencontre le tailleur pour qu’il puisse ajuster mon costume.

___________________

Je gardais tout de même à l’esprit notre problématique alors qu’un homme d’une cinquantaine d’années me détaillais sous toutes les coutures, m’intimant de ne surtout pas bouger. Je me regardais donc, un peu déconfit, dans le miroir. Le « look » richard et noble ne m’allait vraiment pas, ou du moins, c’était loin d’être ce que j’appréciais le plus. Heureusement pour moi, Lord Owen avait eu, de son vivant, des gouts chics mais classiques, et j’étais plutôt soulagé de ne pas avoir à me parer d’une tenue extravagante. En y repensant, c’était d’ailleurs un peu idiot, puisque ce n’était de toute façon pas la réalité, mais, sans savoir pourquoi, ça avait sa petite importance.

Je laissais donc le tailleur faire son œuvre devant l’œil avisé du majordome, qui ne laissait visiblement laisser passer aucun détail, demandant à l’homme de repasser à tel ou tel endroit pour que le costume soit parfaitement adapté à ma morphologie. D’un gros anthracite assez élégant, ce dernier était ponctué par quelques notes de couleurs plus claires, légèrement bleutées, qui évitaient à la tenue d’être trop monotone. Bien sûr, elle avait également les quelques froufrous caractéristiques de l’époque, mais ils n’étaient ni trop visibles ni trop extravagants. Une fois son œuvre terminé, l’homme s’inclina et nous laissa seul. Georges me détailla alors d’un œil sévère, puis, lorsqu’il fut convaincu, il me fit un sourire entendu. Il prétexta alors avoir des préparatifs à finir, me raccompagnant donc jusqu’à ma chambre.

Soudain, durant mon retour, je vis une porte s’ouvrir brusquement, laissant une nuée de servantes passer devant moi, suivi de près par quelques éclats de voix. Je laissais alors ma curiosité l’emporter et je glissais un œil dans l’ouverture de la porte. Je ne voyais pas grand-chose, seulement un grand miroir dans lequel la silhouette de la jeune femme rousse se reflétait. Je ne pus me retenir de pouffer légèrement en voyant qu’elle avait visiblement eu bien moins de chance que moi. Sa robe était pour le moins… particulière et sa coiffure ne ressemblait à rien de ce que j’avais pu voir jusqu’à présent. A en voir sa réaction, elle était visiblement de mon avis, et devait avoir congédié toutes celles qui s’étaient occupées de sa tenue. Je décidais alors de la laisser tranquille pour le moment, afin de ne pas être la cible de son courroux, et je passais mon chemin.

J’arrivais rapidement dans notre immense chambre, et ce fut le moment que choisis ma Balbuto pour revenir vers moi. Je savais qu’elle avait dû suivre toutes nos péripéties, et j’espérais qu’elle avait de bonnes nouvelles pour nous.

« Maitre ? » Me glissa-t-elle, semblant me demander en réalité si j’étais seule et disponible.

« Tu peux parler, Furfur, je suis tout seul. » Lui répondis-je, toutefois assez discrètement, au cas où.

« Parfait. J’ai peut-être trouvé une solution mais, attention ça ne repose que sur une théorie. Je profite du fait que le pokémon ennemi essaye de localiser Mitochondrie pour l’étudier un peu, et, comme je le pensais, vous maintenir dans cet état lui coute énormément d’énergie. Je me suis donc figuré que, si votre mort ici signifie, pour vous, une perte suffisante d’énergie pour vous plonger dans le coma dans le monde réel, le procédé ne doit pas être bien différent pour lui. » Je me demandais bien où elle voulait en venir, et je la laissais poursuivre, tâchant d’assimiler toutes les informations dont elle m’abreuvait. « Donc, en toute logique. Si vous parvenez à blesser/tuer un avatar pendant qu’il en a possession, vous devriez être capable de le forcer à vous réveiller. » J’écarquillais les yeux. Mon pokémon avait raison, ou du moins, son raisonnement faisait sens. Il fallait toutefois qu’elle puisse l’exposer à Akane et sa Kadabra, mais c’était indubitablement une bonne piste. La situation n’était peut-être pas aussi désespérée que nous le pensions.

Légèrement ragaillardi par la nouvelle, je me mis à penser à nos possibilités actuelles. Il faudrait sans doute attendre le lendemain pour ne pas éveiller les soupçons du pokémon, alors autant profiter un peu de la soirée. Je ne voulais pas paraitre trop défaitiste, car j’avais tout de même confiance en nos chances, mais il ne fallait pas oublier que, si nous échouions… Il était possible pour qu’il s’agisse de notre toute dernière soirée. Enfin, je n’allais certainement pas me laisser abattre si facilement. Ce n’était pas mon genre.

Je profitais donc de ce moment seul pour essayer de faire un petit point sur la soirée avec Furfur. En réalité, je souhaitais surtout connaitre toutes les coutumes et convenances qu’il faudrait que nous observions tout au long de cette soirée de gala afin de ne pas éveiller les soupçons de notre adversaire. Il fallait donc la jouer « vieux jeu » même s’il était un peu paradoxal de parler en ces termes. Je ne pus m’empêcher de sourire en apprenant qu’Akane et moi devrions ouvrir le bal sur une valse, comme le voulait la coutume. Les gens peinaient généralement à le croire, mais j’en connaissais un rayon sur la plupart des danses de salon ou non. Il fallait dire que, mon village étant vraiment isolé de tout, souvent en proie à de violentes tempêtes de sables, la danse était un passe-temps parfaitement normal. Bien que je ne connaissais pas vraiment le niveau d’Akane, je n’étais pas inquiet. La valse était réputée pour être particulièrement guidée par le danseur masculin, ce qui lui ôterait sans doute une épine du pied.

J’entendis alors un bruit, et je me retournais alors qu’Akane entrait dans la pièce. Je m’apprêtais à plaisanter légèrement sur sa tenue mais, visiblement, elle avait d’ores et déjà pris les choses en main. Elle ne ressemblait en rien à ce que j’avais pu brièvement apercevoir, et je devais bien avouer que la tenue lui allait à ravir. La jeune femme était magnifique, et sa robe classique mais élégante couplée au bijou doré qu’elle portait lui donnaient de vraies allures de Chatelaine, sans pour autant tomber dans une mode vieille ni même excentrique. Je me sentis soudain un peu plus ridicule dans ma tenue, mais j’en fis rapidement abstraction, me rappelant du contexte dans lequel nous étions plongés. Je me dirigeais vers elle, car nous allions devoir y aller. Je lui souriais en lui offrant mon bras, sans aucune ambiguïté, puisqu’il s’agissait des coutumes de l’époque. Un léger sourire en coin, je lui glissais, avant de partir.

« Je dois t’avouer que je préfère nettement cette robe à la verte de tout à l’heure… » Soufflais-je, amusé, avant de suivre le Majordome qui nous menait à la salle de balle, Akane à mes côtés.

Alors que nous pénétrions l’immense endroit, j’eu presque le vertige en en remarquant la beauté. Visiblement, le château n’organisait pas les réceptions à moitié, et il était plutôt déstabilisant pour moi de voir autant d’opulence. Mais je n’eus pas le temps de m’attarder dans ma contemplation, car un tonnerre d’applaudissements me tira de mes pensées. Visiblement, nous étions les derniers à arriver et la salle était bondée. Tout le monde semblait nous attendre, ce qui témoignait de la popularité de Lord Owen et de Dame Milla. Je tentais alors rapidement de me mettre dans la peau de mon personnage, arborant un sourire confiant et faisant des signes de main à tous nos convives. Ces derniers s’écartaient peu à peu sur notre passage, et, soudain, nous nous retrouvâmes au centre de la piste de danse, tous les regards de l’assemblée posés sur nous.

Très dignement et noblement, je mis alors ma main sur la hanche d’Akane, prenant la deuxième dans ma paume. Lorsque les musiciens lancèrent une valse plutôt classique pour l’époque, je guidais Akane, rapidement surpris par, soit son agilité, soit ses capacités d’adaptation. Après quelques pas en duo, d’autres couples nous rejoignirent rapidement, et je profitais de l’occasion pour repérer Austin et Daman, qui nous observaient avec un sourire en coin. Je glissais alors à Akane, sans arrêter de danser.

« Tu vois les deux hommes prêts de la table ? Le vieux et le colosse ? Et bien c’est eux, Lord Austin et Lord Daman. » lui dis-je, la regardant dans les yeux. Nous valsâmes encore un peu, avant que je ne lui confie une partie de la solution qu’avait trouvée Furfur.

« Furfur a peut-être trouvé une solution. Rien de sûr, mais son raisonnement est cohérent. Je t’en parlerais quand nous serons seul, mais, pour l’instant, faisons bonne figure. » Je lui fis un petit clin d’œil amical, comme à mon habitude, continuant toujours de danser.




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Akane Wise
Région d'origine : Mhyone
Mer 4 Oct - 10:46
Akane Wise


Plantée devant la porte, elle fit signe aux gardes de ne pas tout de suite l’ouvrir. Le doute envahit la jeune femme. Elle comprit qu’elle allait devoir se présenter devant des centaines de personnes inconnues. Pire, danser devant ces gens. Akane savait pertinemment qu’ils n’étaient que des représentations, des souvenirs effacés. La Kadabra tenta de la rassurer du mieux qu’elle pouvait, en expliquant quelques us et coutumes qu’elle avait apprises au cours de ses recherches.

Elle respira un grand coup et se lança. A peine eut-elle rentrée qu’Alexandre se tourna dans sa direction. La jeune femme ne put s’empêcher de tourner la tête, fuyant le regard de son partenaire. Elle se sentit terriblement mal à l’aise. Le jeune homme proposant son bras, elle posa sa main tremblante dessus.

- Je dois t’avouer que je préfère nettement cette robe à la verte de tout à l’heure…
- Depuis quand un Lord fait dans le voyeurisme ?

Akane lui donna un gentil coup de coude puis rit légèrement. Un bon moyen de faire retomber la pression qui pesait sur ses épaules. Elle détailla de coin de l’œil Alexandre. Sa tenue lui donnait des allures princières… n’en déplaise à la jeune femme.

- Je te trouve très élégant, souffla-t-elle.

La jeune femme n’osant pas articuler, son compliment avait dû passer inaperçu. Georges conduisit les deux jeunes dans la salle de bal. Illuminée et décorée, elle rendait tout autrement qu’en pleine journée.

Sans s’en rendre compte, elle se retrouva au milieu de la salle, aux côtés d’Alexandre. Les invités formaient un cercle autour d’eux, les fixant du regard. Le silence était roi et attendait patiemment que le couple entame la danse. Après ce moment solennel, le chef d’orchestre donna le tempo et les musiciens jouèrent les notes. Un frémissement parcourut le corps de la jeune femme quand son cavalier posa sa main dans le creux de son dos. Même dans ses rêves, Akane ne s’était jamais imaginée danser avec un homme. Elle se laissa rapidement emportée par le rythme de la musique, comprenant les pas à effectuer. D’autres couples rejoignirent très vite la piste.

- Tu vois les deux hommes prêts de la table ? Le vieux et le colosse ? Et bien c’est eux, Lord Austin et Lord Daman.

Akane eut juste le temps d’apercevoir un homme bedonnant, dans la cinquantaine, accompagné d’un autre qui, pour le coup, afficha une carrure colossale. Alexandre n’eut pas à préciser qui était qui, la dresseuse le comprit immédiatement. Lord Daman devait facilement dépasser les hommes de la salle d’une ou deux têtes. Néanmoins, Akane ne se laissa pas impressionner par la taille de son futur adversaire. Elle comptait user de son intelligence pour remporter la victoire.

- Furfur a peut-être trouvé une solution. Rien de sûr, mais son raisonnement est cohérent. Je t’en parlerais quand nous serons seul, mais, pour l’instant, faisons bonne figure.

Elle hocha simplement la tête. Akane avait elle aussi déjà réfléchit à un plan pour demain. Cependant, il lui manquait quelques informations et comptait donc profiter du bal pour parvenir à les glaner. Elle se doutait que le Pokémon se trouvait parmi les invités, observant les deux dresseurs.

Pour le moment, elle préféra profiter de la valse. Alexandre avait le don de rendre les gens à l’aise et elle se calma peu à peu, ignorant complètement les regards qui se posaient sur eux. Plus Akane dansait, plus elle appréciait la compagnie de son partenaire. A la fin de la valse, elle se laissa doucement glisser sur le sol, suivant ainsi le conseil de Mitochondrie, pour effectuer une révérence gracieuse.

Même si Akane se voyait déjà danser toute la nuit, elle se mit sur le côté de la piste pour tenter de mettre son plan à exécution. Elle n’en eut pas l’occasion, interrompue pour un homme. Mince, voir filiforme, il portait une tenue des plus… extravagantes… Bariolées de couleurs, elle était garnie par n’innombrables rubans. Sa moustache était implacablement coiffée et un monocle entourait son œil. Une femme agrippa le bras de l’homme puis grimaça en voyant Akane. En revanche, elle papillonna des yeux à la vue d’Alexandre. La robe de l’inconnue était aussi hideuse que celle portée précédemment par la rouquine.

- Chi si rivede ! Dame Akane, fit l’homme.
- Monsieur… Lustrini ?
- En perrrrrsonné !

Akane se félicita intérieurement de sa perspicacité. Rien qu’en voyant l’homme, elle comprit de suite le personnage qu’il incarnait. Il regarda la rouquine de la tête aux pieds, se grattant le menton déçu.

- Mais où est donc votrrré belle robe ? Celle que j’avais envoyé par courrrrrsierrrr ?

Hochant la tête sur le côté, elle hésita à lui dire la vérité. Ce type n’avait pas l’air très méchant, voir assez rigolo. De plus, elle ne tenait pas à se prendre la tête avec de fausses personnes. Akane inventa un gros bobard, espérant qu’il passe inaperçu.

- Et bien… Elle a été abîmée pendant le trajet… Et je n’ai pas osé demander à mes servantes de la recoudre, de peur qu’elles gâchent un peu plus votre travail.

Akane se mordilla honteusement la lèvre inférieure, priant de ne pas se faire pincer. Lustrini leva théâtralement les mains au ciel, désespéré.

- Gésù Mew ! Che sfortuna ! Vous m’envoyez navrrrré.

Alors qu’il excusa mille fois de ce "désastre", la jeune femme pendue à son bras se racla la gorge, non contente de se voir oubliée.

- Où avais-je donc la tête ! s’écria-t-il. Je vous prrrrésente ma mie, la la luce dei miei occhi, mon petit Dustox de lumièrrre ! Angelica !

Lustrini lui fit un baise-main pour ensuite embrasser entièrement le bras de l’intéressée, lâchant à tout va des "Te amo" Elle éclata de rire et tenta de le repousser. Après cette démonstration d’affection, Angelica sortit un éventail de son décolleté et l’agita frénétiquement. Akane lui sourit, essayant d’interpréter au mieux le rôle de Milla.

- Enchantée, Angelica. J’espère que cette soirée vous convient.

La jeune femme toisa la rouquine avant de relever le menton, la snobant complètement.

- Un Limonde couvert d’or reste un Limonde.

Décidemment… Cela ne lui suffisait pas d’être maquillée comme un carrosse volé ? Il fallait en plus qu’elle insulte Akane, et d’une certaine manière, Dame Milla. Malgré l’air mécontent de la rouquine, la jeune femme l’ignora et chuchota à l’oreille de Lustrini, tout en lançant des regards fougueux à Alexandre.

- Quelle dolce idea ! Que diriez-vous d’échanger nos partenaires le temps d’une danse ?

Sans même écouter l’avis des deux jeunes gens, Lustrini s’empara du poignet d’Akane et l’emporta sur la piste. La rouquine se vit valser dans tous les sens, ne comprenant rien au ridicule de la situation.




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Alexandre Diame
Région d'origine : Hoenn
Mer 4 Oct - 19:16
Alexandre Diame
Au pays des songes




Après avoir donné les informations que Furfur m’avait donnée, je décidais de ne pas embêter plus que ça Akane. De plus, elle paraissait également avoir quelque chose en tête, mais je me gardais bien de lui demander sur l’instant. Après tout, l’instant ne s’y prêtait pas du tout. Bien que d’autres couples nous aient rejoint sur la piste, je sentais encore le poids de beaucoup de regards. Comme j’avais pu le constater à maintes reprises, Lord Owen et Dame Milla étaient réellement populaires, et la plupart des convives qui n’avaient pas pris part à la danse gardaient les yeux rivés sur eux, le regard rempli d’étoile. J’eu un pincement au cœur en repensant à l’histoire telle qu’elle s’était passée dans la réalité. Ils ne méritaient clairement pas ce qui leur était arrivé, et, même si ce n’était qu’en rêve, je comptais bien faire honneur à leur mémoire.

Toutefois, en dansant avec la jeune femme, j’oubliais rapidement tout ce qui se passait autour de nous, ne gardant le contexte que dans un coin de ma tête, et profitant de l’instant en compagnie d’Akane. Elle s’était considérablement détendue par rapport à notre « prise de conscience » ce matin. Mieux, elle paraissait apprécier la soirée, ce qui était aussi mon cas. Nous en profitâmes alors pour oublier les graves circonstances qui avaient, du moins il me semblait le sentir, permis de créer un lien particulier entre nous. Nous paraissions assez différents l’un de l’autre, de prime abord, pourtant, à cet instant, il me semblait que nous partagions beaucoup plus de points communs que nous n’aurions pu le croire. Peut-être était-ce simplement encore quelques réminiscences de l’état dans lequel nous avions été plongés hier, mais, pour l’instant, je ne m’en occupais pas plus que ça. La danse, et la soirée, étaient particulièrement agréables, c’était aussi simple que ça.

Lorsque la musique s’interrompit, Akane s’inclina devant moi, et je fis de même, comme le voulait la coutume. Il y eu quelques applaudissements, qui ne durèrent pas bien longtemps, puisque la musique reprit presque aussitôt. J’accompagnais alors la jeune femme au bord de la piste. Visiblement, une danse lui suffisait pour l’instant, et si notre absence au milieu de la salle de bal pouvait certes causer quelques déceptions, elle ne paraitrait surement pas suspecte à qui que ce soit. C’est alors que je vis un homme… plutôt original, nous barrer la route. Il n’avait rien de vindicatif, bien au contraire, et parlait avec un accent plutôt très prononcé. Sa vue et son attitude m’amusait beaucoup, et je peinais à le cacher, restant pour le moment en dehors de la discussion.

Je les écoutais, et déduisais bien vite qu’il s’agissait du styliste responsable de la création de la robe verte d’Akane. A en voir la tenue de la femme qui l’accompagnait, et ses propres vêtements, c’était finalement assez logique. L’attitude de cette dernière était d’ailleurs légèrement déconcertante, puisqu’elle ne me lâchait pas du regard. Je choisissais alors de l’ignorer, tant bien que mal, pour écouter ce que disais le grand homme à la moustache si finement taillée. Je réprimais un petit rire quand j’entendis Akane parler du sort de la robe qu’elle portait tout à l’heure, enfin, si toutefois nous pouvions appeler ça une robe. La jeune femme avait menti effrontément pour se sortir de la situation, ce que je comprenais d’ailleurs parfaitement, mais ça avait eu l’air de fonctionner. Toujours était-il que ce dernier sembla désespéré, mais se repris bien vite, nous présentant visiblement sa muse qui, même si elle était toujours accrochée à son bras, ne me lâchait toujours pas des yeux. Il ne s’agissait pas du pokémon, mais elle parvenait tout de même à me mettre assez mal à l’aise.

Après qu’Akane, ou plutôt Dame Milla, se fut présentée, la bonne humeur qui animait notre « rencontre » fut brutalement coupée, et je fronçais les sourcils. Je ne comprenais pas le moins du monde l’attitude snob et hautaine de la femme à l’accoutrement si étrange. Au vu des regards qu’elle me lançait, était-ce par simple jalousie ? Dans tous les cas, je doutais que Lord Owen aurait laissé passer une attitude si grossière envers sa femme, et ce n’était de toute façon pas mon genre non plus de ne pas réagir. Mais je n’en eu pas le temps. Visiblement, le couple en face de nous avait déjà pris la décision de s’amuser, nous forçant à changer de partenaires, et, avant que je n’aie pu protester, la femme qui était pendue au bras de Lustrini m’avait emporté dans la valse. Ce n’était pas vraiment dérangeant du point de vue des us et coutumes, ce qui était au moins ça de pris, mais son attitude plutôt cavalière ne me plaisait pas du tout. Elle se tenait particulièrement proche de moi, sans aucune gêne, venant même susurrer à mon oreille.

« Je dois vous avouer, mon cher Alexandre, que je ne comprendrais jamais comment vous avez pu vous enticher d’une telle jeune femme. Vous méritez tellement mieux… » Dit-elle en me jetant un regard provocateur. Je soutenais son regard, bien décidé à ne pas perdre la face. Je prenais toutefois le parti de ne pas être trop dur de prime abord, prenant le ton de la plaisanterie.

« Mon cœur s’est épris d’elle et je n’ai jamais vraiment cherché à comprendre pourquoi, vous savez. » Dis-je, souriant, sur un ton amusé. « Et, depuis que je la connais, je me suis davantage posé la question dans le sens inverse. » Continuais-je, espérant que mon ton suffirait à calmer les ardeurs de la jeune femme, alors que nous continuions de valser. Elle étouffa un petit rire, n’étant visiblement pas prête à lâcher le morceau.

« Vous savez très bien ce que je veux dire. Vous êtes beau, intelligent, et issu d’une famille de renom. Vous pourriez avoir n’importe quelle femme présente ce soir. Dame Akane est peut-être très gentille, mais elle manque clairement de standing pour un homme tel que vous. » Pouffa-t-elle une nouvelle fois.

Je ne comprenais pas vraiment si c’était l’affront à Milla ou à Akane qui me dérangeait, mais l’attitude hautaine et sure d’elle de la femme de Lustrini commençait réellement à me courir sur le système. Je perdis donc mon sourire, fronçant les sourcils, et arborant un air beaucoup moins sympathique.

« J’apprécie très peu ce manque de respect envers ma femme Dame Angelica. Vous avez beau être nos invités, je vous prierais de surveiller vos paroles. » Le ton était plus sec, plus cassant, et sembla surprendre la femme. Visiblement, le Lord Owen était d’ordinaire beaucoup plus diplomatique que moi, et je venais donc de commettre un petit impair. Cependant, la jeune femme reprit de sa superbe, n’ajoutant rien jusqu’à la fin de la danse. Lorsque cette dernière fut finie, la jeune femme partie sans dire un mot. Je tâchais alors de retrouver Akane, mais je fus vite pris d’assaut par les différentes familles que nous avions invitées, et j’étais incapable de me dépatouiller de leur présence. A peine j’avais réussi à me débarrasser d’un couple qu’il en venait un deuxième et la soirée, qui avait si bien commencée, tournait vraiment au calvaire. J’aurais vraiment préféré la passer tranquillement aux côtés de ma partenaire dans cette aventure, car, au moins, nous aurions pu discuter du combat du lendemain, mais c’était visiblement impossible.

Comprenant que, de toute façon, je ne couperais pas à tout ça, je décidais de jouer le jeu tant bien que mal, discutant de sujet dont je ne connaissais pratiquement rien avec des gens qui m’étaient parfaitement inconnus. Ce n’était pas un exercice facile mais, heureusement, ma nature particulièrement sociable m’aidait beaucoup, et je parvins à faire bonne figure. Tout doucement, la soirée commençait peu à peu à se vider. Il fallait dire qu’il était plutôt tard, et que tous les évènements notables étaient passé : Le bal, le gâteau d’anniversaire, et l’ouverture de tous les cadeaux. Je maudissais un peu Akane de m’avoir laissé gérer toute cette belle agitation, car j’étais assez fatigué. Je regardais donc, soulagé, nos invités partir peu à peu, non sans m’avoir salué une dernière fois. Je ne voyais toujours pas Akane, mais je remarquais qu’Emilie avait ressorti son Caninos pour jouer avec lui. Je ne la blâmais pas, car la salle était à présent bien assez vide pour qu’elle ne gêne personne.

Je regardais alors les personnes qui ne semblaient pas vouloir partir. Comme je l’aurais parié, Lord Austin et son fils étaient encore présents, et discutaient d’ailleurs avec Angelica qui servait à Daman le même manège qu’avec moi. Je ne m’en approchais pas, sachant pertinemment que l’un d’entre eux abritait probablement le pokémon à l’origine de tout ça. J’observais alors distraitement la soirée, attendant patiemment que tout le monde soit parti pour pouvoir discuter avec Akane qui était toujours introuvable. Soudain, je vis le Caninos s’approcher près du Lord Daman, curieux, alors que ma jeune fille courrait après lui pour le rattraper. Le colosse lui jeta un regard et, voyant ce qui causait son trouble, lui infligea un violent coup de pied dans les côtes, arrachant un cri horrifié à Emilie.

Instinctivement, je me courrais dans leur direction, me plantant droit devant lui, le regardant avec une fureur non dissimulée. Nous nous toisâmes ainsi de longues secondes, chacun prêt à déclencher les hostilités, mais Lord Austin finit par intervenir.

« Allons, messieurs, gardez cette aigreur pour demain. » Lança-t-il, amusé, avant de reprendre. « Lord Alexandre, je vous en prie, venez boire un verre avec moi, et oublions cette histoire. » Son ton mielleux m’insupportait, mais le regard de Daman commençait à réellement me causer un mal de crâne insupportable. De plus, je devais rapidement me remettre dans mes souliers de Lord pour ne pas éveiller ses soupçons. Aussi, j’acceptais sans trop discuter.

Il m’emmena alors dans une pièce un peu à l’écart, demandant à Angelica de nous apporter deux verres de vin. Cette demande me surprit un peu, mais je n’y prêtais pas plus d’attentions, assez soulagé d’échapper au regard de Daman. Nous étions alors dans une sorte de fumoir, dans lequel Angelica nous rejoignit rapidement, avec deux coupes de vins. Il me sembla capter un regard entre elle et Lord Austin, ce qui n’était en rien étonnant au vu du comportement de la jeune femme, mais je n’y prêtais pas non plus attention, récupérant la coupe qu’elle me tendait, avant de la porter à mes lèvres.




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Akane Wise
Région d'origine : Mhyone
Jeu 5 Oct - 14:44
Akane Wise


Lustrini ballota Akane, passant de long et en travers de la piste de danse. La jeune femme pensa d’abords à un coup farfelu du Pokémon mais ce n’était pas visiblement pas le cas. Elle ne se sentait pas spécialement mal. Elle avait juste la tête qui tournait après que le couturier l’ait faite tournoyée cinq fois sur elle-même. La jeune femme n’avait pas le temps d’observer ce qu’il se passait autours d’eux.

Une fois la danse terminée, Lustrini fit un baise-main à la rouquine avant d’aller retrouver sa douce. Akane tituba jusqu’à un mur, tentant de reprendre son souffle. Le couturier ne manquait ni de gentillesse, ni d’énergie néanmoins elle n’était pas mécontente de s’en débarrasser. Encore étourdie, la rouquine tenta du mieux qu’elle pouvait de faire bonne figure devant ses invités. Malgré la fatigue, Milla devait cesse afficher un sourire radieux. Akane n’était pas certaine de l’imiter aussi bien. Retrouvant ses esprits, elle pouvait désormais glaner les informations qui lui manquaient. Elles étaient cruciales s’ils voulaient avoir une chance contre Daman.

Soudain, la jeune femme fut prise d’un mal de tête. La douleur disparut presque aussitôt. Elle en déduisit que le Pokémon était passé brièvement à côté d’elle.  Akane décida de se promener dans la salle, guidée par l’intensité de sa migraine. Des femmes l’interrompirent régulièrement. Elles sourient toutes et la complimentèrent souvent sur sa tenue. Dans un premier temps, la rouquine trouva cela assez gênant pour ensuite apprécier. Jamais dans sa vie, elle ne se trouvait être le centre de l’attention. Du moins, pas de manière aussi agréable. Quasiment tous les invités se montraient bienfaisant avec elle.

Elle déchanta rapidement. Toute cette attention constante lui fit perdre patience. Akane comprit que les femmes se comportaient de manière totalement hypocrite, espérant recevoir ses bonnes grâces. Ne parlons même pas des hommes qui voyaient en elle une petite chose fragile, voulant à tout prix profiter de sa présence. En se séparant d’Alexandre, elle venait de se briser l’image délicate de Milla. Apparemment, la Dame ne lâchait pas son Lord d’une semelle pendant ce genre d’évènement. Son mal de crâne reprit au moment où une jeune femme rousse passa devant elle.  

- C’est l’occasion rêvée, Akane ! C’est ta sœur… enfin, celle de Milla.

Akane n’hésita pas à se précipiter vers cette jeune femme, ne voulant pas perdre la trace du Pokémon qu’elle abritait.

- Sœurette !

L’intéressée n’eut pas le temps de se retourner qu’Akane la prit dans ses bras, ignorant son mal de tête intense. Elle la relâcha immédiatement, affichant un grand sourire. L’avatar de la jeune femme parut décontenancé, ne s’attendant probablement pas à ce que la rouquine se jette sur elle.

- Je voulais juste te voir un peu… et te souhaiter une bonne soirée !

L’image ne répondit pas, regardant seulement autour d’elle. Elle paraissait inquiète. Ce qui n’échappa pas à l’œil de la rouquine. Akane fit semblant de rien et la salua d’un signe de la main avant de lui tourner le dos.

- Alors ?
- Il ne s’attendait pas à cette réaction de ta part. Cependant, il a compris que je fouillais son esprit et a réussi à le fermer.
- Ça, ce n’est pas un souci. Au moins, on sait qu’il ne peut pas lire dans les pensées.
- Et tu as remarqué la façon dont il regardait autours de lui ?
- Oui, quelque chose semblait le tracasser.
- Je pense qu’il me cherchait. Il n’a pas compris que j’étais le collier.

Même transformée en objet, les pouvoirs psychiques de Mitochondrie trahissait sa présence. Akane s’éloigna donc du Pokémon jusqu’à ne plus ressentir de mal-être. Elle devait désormais retrouver Alexandre avant que leur séparation ne paraisse trop louche. Cependant, la salle de bal commençait à se vider peu à peu. La jeune femme se voyait obligée de raccompagner ses invités jusqu’à l’entrée principale. Ainsi, elle salua des personnes qui lui étaient complètement inconnues.

Elle fut interrompue par des lamentations. Lustrini se moucha bruyamment et s’affala sur les marches du perron. Ayant un peu mal au cœur pour l’homme, la rouquine s’assit près de lui. Alexandre attendra bien encore un peu.

- Quelque chose vous tracasse ?

Le couturier renifla avant de littéralement pleurer sur l’épaule de la jeune femme. Lustrini avait le chic pour vivre ses émotions de manière intense. Akane resta pantoise, ne sachant pas comment réagir au chagrin de l’homme. Il avait probablement dû apprendre une mauvaise nouvelle.

- Je ne suis que trrrristesse ! Ma douce ! Angelicaaa !
- Elle… elle vous a quitté ?

Cela n’étonnait qu’à moitié Akane. La femme du rital paraissait plus intéressée par Alexandre que son propre mari.

- Celaaa fait plusieurrrs ores que je n’ai pas vu son magnifico sourrrire !

La dresseuse afficha une moue perplexe, ne saisissant pas la cause de cette tristesse. Elle se demandait également comment Lustrini pouvait autant aimer Angelica. Leurs sentiments ne paraissaient pas tout à fait réciproques…

- Je n’ai presque pas ballare avec ma Mareep des prairrries !

Ne tenant pas à supporter une minute de plus les geignements de Lustrini, Akane se leva. Elle ne pouvait cependant pas le laisser seul.

- Venez avec moi, Lustrini. Je vais vous aider à retrouver Angelica et il sera encore temps de danser avec elle.

Le couturier retrouva immédiatement sa fougue, prêt à faire valser sa bien-aimée. La jeune femme l’accompagna jusqu’à la salle de balle. Ne retrouvant pas Angelica, Akane décida d’emmener Lustrini dans les couloirs du château. Ils furent rattrapés par Emilie, les yeux mouillés. La fillette tira sur la robe d’Akane, réclamant un câlin. La jeune femme s’abaissa à la taille de l’enfant et la prit dans ses bras. Emilie se mit alors à pleurer à chaudes larmes. Décidemment… Le Caninos pointa le bout de sa truffe, les oreilles rabattues contre sa tête.

- Mais… il se passe quoi ?
- C’est-c’est le grand Monsieur ! Il a frappé Caninos !

Emilie se remit à pleurer. En jetant un coup d’œil, le flan du chien était effectivement couvert d’un énorme hématome. Le sang de la jeune femme ne fit qu’un tour. Si elle retrouve ce type, elle ne donnerait pas cher de sa peau. En attendant, elle devait calmer sa fureur. Lustrini s’approcha de la fillette et la caressa la joue.

- Ma il ne faut pas se mettre dans des états parrreils !

Akane ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel. Venant du couturier, c’était un peu fort. Néanmoins, l’attention y était.

- Je vais rendrrre ce Growlithe magnifico. On ne verrrra plus cette brutta ferita.

Lustrini détacha un ruban de sa tenue et l’enroula autour du cou du chien. Le Caninos se laissa faire, regardant sa dresseuse avec curiosité. Il se trouvait désormais affublé d’un superbe nœud papillon rose bonbon. Emilie retrouva aussitôt son magnifique sourire, serrant Lustrini.

- Il est magnifique ! Je l’adore !

La fillette fit un bisou sur la joue du couturier avant de s’en aller, guillerette. Lustrini paraissait fier de son coup et ne put s’empêcher de s’en vanter.

- Merci, vraiment.

Akane était sincère. Elle n’avait pas du tout l’habitude avec les enfants. Si l’homme n’avait pas été, elle ne savait pas comment elle se serait débrouillée. Cet incident passé, ils reprirent leurs recherches. Mitochondrie fut cependant plus alerte. Elle avait repéré la présence d’Alexandre dans une pièce juste à côté, prévenant mentalement sa dresseuse.
A peine la jeune femme posa sa main sur la poignée de la porte que le couturier la poussa à l’intérieur de la pièce. Alexandre ainsi qu’Angelica, Austin et Daman s’y trouvèrent. Evidemment, Lustrini se jeta sur la femme, trop heureux de la revoir. Commença une salve de compliments, tous plus étranges les uns que les autres. Akane en profita du grabuge pour s’assoir à côté d’Alexandre.

- Si j’étais toi, je ne boirais pas dans un verre servi par l’ennemi…

Mitochondrie s’était mentalement adressée au jeune homme. Akane avait également reçu le message. Elle se chargea donc de faire diversion.

- Il reste encore quelques invités dans la salle. Ce serait malpoli de les laisser seuls. Peut-être devrions-nous les rejoindre ?
- Si ! J’aimerrrai profiter de cette sublime salle !

Lustrini emporta Angelica part le bras. Faisant bonne figure, elle lui sourit et n’obtempéra pas. La rouquine tenta également de jouer le jeu de la femme aimante en passant son bras autours de celui de son prétendu mari.




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