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Au pays des songes {ft. Alex Diame

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Akane Wise
Région d'origine : Mhyone
Mar 17 Oct 2017 - 12:12
Akane Wise


La bibliothèque était telle qu’elle se trouvait au moment où ils s’étaient endormis. Poussiéreuse et immense. Les livres qu’Akane et Mitochondrie lisaient un peu plus tôt avait été mystérieusement rangés. Normalement, elles les avaient abandonnés à terre après s’être retrouvées enfermer. Même en s’y mettant avec Alexandre, ils allaient prendre des jours avant de trouver un indice, aussi infime soit-il. Sans qu’on le lui demande, la Balbuto se mit déjà au travail, se servant dans les étagères. La rouquine suivit le Pokémon, observant minutieusement les reliures de chaque livre. Plusieurs ouvrages attisèrent la curiosité de la jeune femme. Elle les feuilleta rapidement, plus pour le plaisir que pour trouver une réelle solution à leur problème.

- Tiens, regarde ce que je viens de trouver. Peut-être qu’on en apprendra davantage et qu’on trouvera un début de piste pour retirer ces alliances.

Intéressée, Akane se rapprocha de son ami. Elle reconnut entre mille le livre qu’il tenait en main. Pas de doute, il avait retrouvé le journal de Milla. Son aspect n’avait rien de reluisant, démontrant le voyage qu’il avait effectué en plusieurs centaines d’années. La couverture était abîmée et les pages jaunies.

Les deux dresseurs se plongèrent dans la lecture, au moment où Lord Owen avait péri en duel. Sans surprise, Alvin l’avait prise pour épouse. Le désespoir de Milla se renforçait au fil des pages, laissant la Dame meurtrie à jamais. Malgré la tristesse, Milla n’avait jamais été dupe quant à la mort de son mari. Elle avait compris la tricherie depuis le début mais la menace de son nouveau mari planait. Mis à part le petit personnel, qui pouvait la croire ? Une fois à la porte, la Dame n’avait montré plus signe de vie. Du moins, le journal s’arrêtait à cette partie du récit. Quant aux bagues, Milla les avait gardées près d’elle, étant le seul souvenir qui la rattachait à sa vie passée idyllique.

Les yeux humides, Akane ne peut s’empêcher de verses quelques larmes. Depuis qu’ils avaient commencé la lecture, la jeune femme s’était retenue du mieux qu’elle pouvait. Néanmoins, sa sensibilité pris le pas et la voilà qui pleurait. Elle tourna le dos à Alexandre, gênée de sa propre réaction. Elle n’avait pas été autant chamboulée depuis la mort de la maman de Bambi.

Désormais, elle ne voyait plus cette bague comme un fardeau mais l’ultime souvenir qu’il restait des époux Owen et Milla. Qui d’autre à part Alexandre et Akane était au courant de leur triste existence ? La rouquine tritura la bague, hésitante. Finalement, elle n’était plus certaine de vouloir l’enlever.

- Peut-être que… ça ne vaut plus la peine de les enlever, dit la jeune femme.

La voix enrouée par l’émotion, elle avait du mal à s’exprimer. Ces anneaux ne méritaient pas qu’on les abandonne à leur sort, une seconde fois.

- Je compte garder la bague de Milla !

Cette fois-ci, Akane afficha un air déterminé. Tant pis si ce bijou lui causait des ennuis dans le futur, pour le moment elle tenait juste à sauver la mémoire des amants. De plus, tenter de les enlever se révélerait être une perte de temps et d’énergie. Les bagues paraissaient soudées à la peau des deux jeunes gens, ne leur laissant pas le choix. Finalement, l’Ectoplasma avait mal joué sur dernier tour. Avec le recul, ces anneaux étaient loin d’être un fardeaux.




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Alexandre Diame
Région d'origine : Hoenn
Mar 17 Oct 2017 - 13:37
Alexandre Diame
Au pays des songes




Au fur et à mesure de la lecture, je finis par déceler la tristesse de mon amie. Même si elle détourna son regard du livre lorsque nous eûmes fini, j’eu le temps d’apercevoir les larmes couler sur son visage. Je ressentais également une tristesse, mais peut-être pas au niveau de celle que ressentait Akane. Elle, comme moi, n’avait pas demandé à être embarquée dans cette histoire, et se retrouvait alors porteuse du souvenir des deux amants qui avaient connus un sort tragique. Ce n’était pas une position facile, loin de là, puisque nous semblions être les seuls à avoir une chance de perpétuer cet héritage.

J’avais envie de la rassurer, au moins un peu, mais je peinais vraiment à trouver mes mots. Et puis, elle avait tourné le dos, ce qui indiquait qu’elle ne souhaitait surement pas que je puisse la voir ainsi. Je ne voulais pas accentuer sa gêne, et, même si tout me poussait à vouloir la réconforter, je m’abstenais. Cette situation était, curieusement, un peu nouvelle pour moi, et je ne parvenais pas à réellement savoir pourquoi. Tout était allé beaucoup trop vite pour que le flux de mes pensées soit pour l’instant contrôlable. Je baissais alors les yeux, regardant mes mains comme si elles ne m’appartenaient pas, et attachant une toute autre valeur à l’alliance que je portais au doigt. Je serais alors les poings, frustré de ne pas pouvoir en faire plus. J’aurais tellement aimé pouvoir empêcher toute cette histoire d’arriver, mais il était bien sûr trop tard pour de pareils remords. Il n’y avait plus grand-chose que nous pouvions faire, à part, tout simplement, se souvenir de ce couple qui méritait plus l’admiration que toutes les personnes que j’avais pu rencontrer jusqu’à présent. La voix hésitante d’Akane me tira de mes pensées.

Cette hésitation avait disparu lorsqu’elle avait prononcé sa seconde phrase, respectant visiblement mon fil de pensée. La bague qui nous « unissait » alors me paraissait bien moins sombre et moins hostile. La malédiction de l’Ectoplasma s’évadait alors peu à peu de nos esprits. Nous avions eu la chance de partager la vie de deux personnages magnifiques et malheureusement oubliés, et, en ça, cette aventure avait finalement été une vraie réussite. Je souriais donc à la jeune femme, avant de lui répondre.

« Je pense bien garder celle d’Owen aussi. Juste parce que ça a l’air d’être un bijou plutôt précieux. » Dis-je, avec un clin d’œil, taquinant la jeune femme. Je me tournais alors vers ma Balbuto. « C’est bon Furfur, tu peux arrêter de chercher, on va les garder. » Lançais-je à ma nouvelle coéquipière. La Balbuto interrompit alors ses recherches, revenant vers nous en lévitant.

« Ah. Bah c’est pas trop tôt. Vous êtes enfin revenus à la raison. » Elle marqua alors une petite pause, avant de me demander, le plus sérieusement du monde. « Du coup, j’imagine qu’il y a des formalités administratives à remplir pour votre mariage ? » Mes joues s’embrasèrent un instant, mais je retrouvais rapidement ma convenance, éclatant de rire, et faisant une pichenette au pokémon sol.

« Non mais on va pas se marier. C’est juste qu’on a eu la chance de se souvenir de deux personnes formidables qui avaient disparues, et que ça nous rappellera à leur mémoire. » Dis-je, simplement, souriant à mon pokémon. « Dommage, mais bon, comme vous voulez. » La Balbuto semblait un peu déçue, mais je ne le relevais pas.

Une idée émergea alors dans ma tête. Effectivement, nous n’avions jamais entendu parler de Milla et Owen avant, mais le propriétaire des lieux devait sans doute être davantage au courant du passé de son château. En suivant une logique simple, il se pouvait même qu’il soit en réalité le descendant direct d’Alvin. Il ne servait à rien de lui en tenir rigueur, puisque l’histoire était vieille de plusieurs centaines d’années, mais il pourrait peut-être nous en apprendre davantage sur ce qu’avait vécu le château. Je me tournais alors de nouveau vers mon amie.

« Dit, Akane. Tu ne penses pas que le propriétaire de ces lieux doit être un descendant d’Alvin et Daman ? Je veux dire, peut-être qu’il sait des choses que nous ignorons. »




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Akane Wise
Région d'origine : Mhyone
Mer 18 Oct 2017 - 11:56
Akane Wise


Akane fut heureuse d’apprendre que son ami prenait la même décision. L’affaire des bagues maudites étaient donc closes par une note d’espoir et de gaieté. La jeune femme ne put s’empêcher d’éclater de rire face à la supposition de Furfur. La Babulto paraissait déçue à l’idée qu’aucun mariage ne soit organisé. Si le Pokémon avait la chance d’être doté d’un visage plus expressif, il aurait sûrement affiché un air triste. Décidemment, les Pokémon Psy étaient des êtres bien étranges… Peut-être pour cette raison que la rouquine appréciait leur compagnie.

- Dis, Akane. Tu ne penses pas que le propriétaire de ces lieux doit être un descendant d’Alvin et Daman ? Je veux dire, peut-être qu’il sait des choses que nous ignorons.

La jeune femme croisa les bras et prit un instant pour réfléchir. La remarque était loin d’être stupide. Néanmoins, Akane avait des doutes quant à un lien de parenté entre le Comte de Dulem et Alvin. En plusieurs siècles, tout pouvait basculer. Passer d’une famille à l’autre. La tragique histoire de Milla et Owen le confirmait.

- Possiblement, oui. Possiblement, non. En 400 ans, il peut y avoir beaucoup de changements. On peut toujours continuer la visite, avec de la chance, on trouvera la réponse à cette question, proposa la jeune femme.

En vérité, la dresseuse n’avait nullement l’envie de savoir si, oui ou non, Alvin et Damen avaient réussi à perpétuer leurs gênes. Elle espérait, par compassion pour le propriétaire et par mépris pour le Lord véreux, que le Comte ne possédait aucun lien de parenté avec celui-ci. Rien que d’y penser, Akane grimaça de dégoût.

Les deux jeunes gens quittaient alors la bibliothèque, ne voyant plus l’intérêt de s’y attarder. Toujours suivis de Furfur, ils continuaient la visite des lieux. Bien que la lumière du jour filtrât à travers les rideaux, la partie abandonnée du château ne conservait pas moins son aspect lugubre et peu avenant. Seuls les plus téméraires osaient s’y aventurer et Akane n’était pas peu fière d’en faire partie. Elle se souviendrait longtemps de ce rêve, pourtant si réel.

Plongée dans ses pensées, elle fut surprise en voyant une autre personne arrivée en face d’eux. Un vieil homme au teint blafard. Malgré le soleil levé, une lumière vive agressa les yeux de la rouquine. Dans la panique, elle s’agrippa au bras d’Alexandre.

- Hiiii ! Un fantôme !

L’homme se rapprocha des dresseurs, l’air sévère. Trop peur pour affronter le regard l’inconnu, Akane tourna son visage.

- Je ne vous permets pas jeune fille !

Akane prit son courage un deux mains afin de vérifier son interlocuteur. Elle se sentit gênée en voyant qu’il ne s’agissait pas d’un spectre. Juste un vieil homme… en pantoufles et peignoir. Elle afficha une moue perplexe, pas certaine de saisir la situation. Drôle de tenue pour un drôle d’endroit. L’inconnu tenait une lampe de poche dans une main. Il soupira en voyant les deux dresseurs.

- Vous n’avez pas trouvé meilleur endroit pour ce genre de chose ?

La rouquine ne comprenait plus rien du tout. C’était qui ce type ? Et de quoi parlait-il ? Une fois n’était pas coutume, un tas de questions envahissaient le cerveau de la jeune femme.

- Vous êtes sur une propriété privée. De ce fait, je vous prierai de sortir d’ici.

Toujours perplexe, Akane tenta de bredouiller quelque chose mais sans grand succès. Ce type lui faisait froid dans le dos ! Elle ne voulait même pas chercher d’excuses, il n’avait pas tort. Alexandre et elle n’avaient rien à faire dans un endroit pareil. Aussi, elle laissa son ami prendre la parole. Il était beaucoup plus social et charismatique qu’elle. Avec sa maladresse, Akane ne ferait qu’empirer la situation.




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Alexandre Diame
Région d'origine : Hoenn
Mer 18 Oct 2017 - 14:12
Alexandre Diame
Au pays des songes




La remarque d’Akane faisait sens. Je n’y avais pas du tout pensé, mais il était vrai que, pendant autant d’années, il était parfaitement possible que la situation du château ait bien changée. D’un côté, c’était un peu rassurant, car, possiblement, le propriétaire de ces lieux ne descendait pas directement de la lignée félonne. Je ne le connaissais absolument pas, mais j’espérais tout de même qu’il soit totalement étranger à cette lignée maudite. Enfin, s’il était un descendant de l’homme qui avait assassiné Owen, il ne parait pas gagnant dans notre estime.

Je suivais donc la jeune femme hors de la bibliothèque. Malgré le jour probablement déjà bien entamé, les couloirs restaient sombres et intimidants. Il fallait dire que personne n’avait dû passer par ici depuis bien des années, à part peut-être quelques pillards ou dresseurs aventureux comme nous. A ce sujet, je ne pouvais pas m’empêcher de me demander combien de personnes avaient été victimes du piège de l’Ectoplasma. Nous avions finalement eu de la chance d’être coincés ensembles dans cette histoire, et, même si notre prise de conscience avait un peu été violente, je ne ressentais plus aucune gêne avec la jeune femme. C’était finalement grâce à notre équipe de choc que nous nous étions sorti d’affaire, et, même si nous cultivions certaines différences, il fallait avouer que nous formions un tandem du tonnerre. Cette pensée me fit sourire, mais, soudain, le cri et la poigne d’Akane sur mon bras me tirèrent de mes rêveries. Je sursautais alors légèrement sous le coup de la surprise, en voyant un vieil homme à l’allure étrange s’approcher de nous.

Il était visiblement mécontent de nous voir ici. Il fallait bien avouer que l’endroit était normalement parfaitement interdit au public, et que nous n’étions pas censés être là. A en voir sa tenue, le vieil homme s’était sans doute levé en entendant les bruits de combats que nous avions causés, et paraissait de fort méchante humeur. Akane gardait alors le silence, s’attendant surement à ce que j’interviennes en premier. Mon cerveau réfléchit alors à toute allure pour essayer de trouver une excuse relativement plausible. Il fallait bien avouer que notre histoire de voyage au pays des songes pour battre un adversaire centenaire ne marcherait sans doute pas très bien. Je raffermissais alors ma proximité avec la jeune femme, pour laisser entendre que sa deuxième affirmation n’était pas loin d’être exacte, avant de prendre la parole.

« Ah… Excusez-nous. » Dis-je, avec un petit rire faussement nerveux en grattant l’arrière de ma tête avec ma main libre. « Nous sommes deux grands amateurs d’histoire et d’archéologie et, ça peut vous paraitre un peu étrange mais, pour fêter nos récentes fiançailles, nous avons choisi de venir ici, pour partager notre passion commune… » L’homme parut alors surpris de cette pseudo-franchise, et je décidais d’en profiter pour continuer.

« Nous savions qu’un couple de Lord vivaient là avant, et nous souhaitions nous inspirer de leur mémoire. Même si, pour beaucoup, ce château est hanté et partiellement en ruine, il est à nos yeux une œuvre d’art architecturale sans précédent. » Dis-je, semblant convaincu de mes paroles. J’espérais simplement que ce bobard éhonté suffirait à apaiser la « colère » de l’homme, au moins le temps de filer discrètement vers la sortie.

Mais visiblement, mon petit discours sur notre prétendue amourette avait fait son effet sur le vieil homme, qui paru plutôt flatté de la considération que nous portions au château. Son teint s’illumina un peu, et perdit toute forme d’agressivité. Touché par notre petite histoire, il s’exclama alors.

« Oh… Je m’en voudrais alors de mettre à la porte deux amoureux de l’architecture… C’est simplement que, vous voyez, nous avons fermé cette aile du château car nous avons eu plusieurs problèmes avec un pokémon la nuit. Mais je suis soulagé que vous n’ayez rien. » Il fit alors une petite révérence. « Je me présente, je suis le comte Dulem, pour vous servir. » Il nous dévisagea à nouveau, avant de reprendre. « Vous m’avez l’air d’un adorable jeune petit couple, que diriez vous de me parler plus en détail de ce Lord et de sa Dame dont vous me parliez juste avant ? J’adore les histoires, et, qui sait, peut être que je pourrais répondre à quelques-unes de vos questions. » Enthousiaste, il nous fit alors signe de le suivre.

Je jetais un regard à Akane. Il s’agissait d’une opportunité d’en savoir plus sur les anciens occupants du château, et il fallait la saisir. Nous prîmes donc la suite du vieil homme qui, après maints détours, ouvrit une vieille porte. Cette dernière révéla alors un luxurieux salon, qui devait faire partie de l’aile rénovée et surtout privatisée du château. Il nous fit alors signe de nous assoir pendant qu’il allait chercher un majordome pour nous préparer un petit déjeuner digne de ce nom.



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Akane Wise
Région d'origine : Mhyone
Mer 18 Oct 2017 - 20:23
Akane Wise


La jeune femme se montra surprise face à la proximité de son ami. S’en suivit un énorme mensonge. Alexandre prétendait qu’ils étaient fiancés et venaient ici par passion pour l’histoire et l’architecture du lieu. Leurs alliances poussaient même le vice un peu plus loin, rendant cette ineptie possible. Ainsi, le Comte goba sans broncher cet affreux bobard. Ses traits s’adoucirent et l’homme parut enthousiaste. Il paraissait heureux de partager ses connaissances sur le passé du château.

Le vieil homme les guidait dans un dédale de couloirs. Pour faire bonne mesure, Akane se voyait contrainte de rester accrochée au bras d’Alexandre. Pour la deuxième fois, en seulement quelques heures d’intervalles, ils allaient sortir la carte du joli petit couple marié. Dans le rêve, c’était assez simple, tous les personnages avaient déjà en tête l’image idyllique que renvoyait Owen et Milla. Dans la réalité, cela risquait de se montrer plus compliqué. Certes Akane appréciait la compagnie du jeune homme mais de là à jouer sa fiancée…

Ils furent enfin arrivés à destination. Le vieillard leur présenta un salon, richement décoré. Pour la partie rénovée du château, l’homme semblait tenir à son image de Comte. Ainsi, tous les éléments qui se trouvaient dans la pièce rappelaient étrangement l’ambiance du dix-huitième siècle. Akane se pinça, pensant à un nouveau rêve. L’hôte fit asseoir les deux jeunes gens et ordonna à son majordome de leur préparer le petit-déjeuner.

- Vous permettez un instant ? Je me vois mal recevoir des invités dans cette tenue.

En guise de réponse, la rouquine hocha simplement la tête. Elle profitait de se trouver seule avec Alexandre pour lui toucher quelques mots.

- Fiancés ? Sérieusement ?!

Afin de ne pas éveiller les soupçons, Akane chuchotait mais difficile pour elle de ne pas parler à voix haute. Elle n’en revenait toujours pas. Certes, il lui était déjà arrivé de mentir et elle n’allait pas jeter la pierre à son ami pour ça. Néanmoins, elle se demandait comment le Comte n’avait émis aucun doute. Ça se voyait clairement qu’ils étaient trop jeunes pour le mariage. Probablement que l’homme n’avait pas correctement vu ses invités…

- Je me demande comment il a pu gober un truc pareil, soupira-t-elle.

Elle se tut en entendant des bruits de pas dans le couloir. C’était le majordome. Il commençait à poser assiettes et couverts sur la table basse, après l’avoir nettoyée.

- Thé ou café ?
- Euh… café.

D’habitude, Akane ne buvait pas de café, préférant le chocolat chaud. Cependant, avec cette nuit agitée, une bonne dose de caféine ne lui ferait pas de tort. Son sommeil ne lui avait pas semblé réparateur et rien que d’y penser, elle bailla à s’en décrocher la mâchoire. Après le choix d’Alexandre, le majordome retourna à son travail. La jeune femme attendit qu’il s’éloigne de la pièce pour parler librement.

- Je n’en reviens pas… Le rêve, l’Ectoplasma, les bagues, le journal… C’est trop pour moi ! Trop d’émotions.

La jeune femme s’engouffra dans le fauteuil, épuisée. Même si elle n’était pas contre une petite sieste, les récits du Comte se révélaient une occasion en or d’en apprendre plus sur le passé. Le majordome revint avec les boissons chaudes et les tasses. Il servit les deux dresseurs avant de disparaitre. Ils ne restèrent pas seuls longtemps, le Comte faisant une entrée fracassante dans une tenue des plus… flamboyantes. Akane se rapprocha d’Alexandre, main devant la bouche.

- Tu vois, ce n’est pas le descendant d’Alvin mais de Lustrini, pouffa-t-elle.
- Navré de l’attente. Oh… le petit-déjeuner n’est pas encore prêt ?

La rouquine se mordit la lèvre inférieure, gênée de s’être légèrement moquer de l’homme. Après tout, il leur offrait un accueil chaleureux. Akane se ravisa et essaya de donner une meilleure image d’elle en se tenant droite.  

- Ce- ce n’est pas grave. On peut… s’échanger des histoires, en attendant.
- Oui ! Vous êtes là pour ça. Que savez-vous du couple dont vous effectuer des recherches ?
- Et bien… Nous sommes intéressés par l’histoire de Lord Owen et Dame Milla.

Le visage du Comte changea du tout au tout. Si bien qu’Akane crut qu’il allait recracher la gorgée qu’il venait de boire. Un silence pesant plana. La rouquine lança des regards inquiets vers son ami, pensant d’avoir lâcher une bêtise. Gênée, elle tritura une mèche de cheveux. Le majordome brisa ce moment embarrassant en apportant le petit-déjeuner. Même si la jeune femme prit un air intéressé en voyant le panier de viennoiseries, la politesse lui demandait de mettre sa gourmandise de côté.

- Je suis vraiment désolé mais… il vaut mieux pour vous de ne pas perdre votre temps avec ces imposteurs.

La jeune femme ouvrit grand les yeux. Elle ne revenait pas de ce qu’elle venait d’entendre. Si le Comte ne s’était pas montré aussi gentil avec eux, elle lui aurait sauté à la gorge sans hésiter. Énervée, elle joua frénétiquement avec sa bague. Akane prenait la tragédie des amants un peu trop à cœur…




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Alexandre Diame
Région d'origine : Hoenn
Jeu 19 Oct 2017 - 12:52
Alexandre Diame
Au pays des songes




Lorsque le comte nous laissa seuls pour aller se changer, la jeune femme se tourna directement vers moi. Je lui avais un peu imposé le mensonge que j’avais raconté au vieil homme, et sa réaction ne me surprit pas vraiment. Elle ne paraissait pas vraiment en colère, et, de toute façon, la situation avait achevé de m’amuser. Quant à la raison qui m’avait poussé vers cette histoire, elle me semblait un peu évidente. J’avais agi par réflexe, aussi, j’étais parti instinctivement sur ce qui me paraissait le plus proche et le plus probable. Il fallait avouer que ce bobard ne serait pas forcément passé avec n’importe qui, mais, visiblement, ça avait marché sur le propriétaire du château. Je répondais donc à Akane, sur un ton qui traduisait une évidence exagérée.

« Bah… Tu me demandes vraiment pourquoi c’est la première chose qui me soit venue à l’esprit ? » Lançais-je, amusé. « En plus, je dois avouer que les alliances ont bien aidé pour le coup. Même si ça se voit qu’on est jeunes, il faut pas oublier non plus que les gens de sa génération avaient l’habitude de se marier un peu plus tôt que maintenant ! » Continuais-je, faisant un clin d’œil à Akane. « De toute manière, c’est trop tard pour faire marche arrière ! »

Ce fut ce moment que choisis le Majordome pour entrer dans la pièce. Nettoyant rapidement notre lieu de petit déjeuner, il s’enquit alors de nos envies en termes de boissons, sans la moindre forme de politesse. Il avait vraiment l’air moins à l’aise que Georges, mais il devait aussi être moins habitué à recevoir du monde, ce qui était finalement logique. Comme Akane, je commandais un café, espérant que ce dernier aurait de quoi me faire tenir encore un peu plus longtemps éveiller.

J’observais alors mon amie se laisser tomber en arrière, s’installant confortablement dans le dossier du canapé. Je ne pouvais qu’être de son avis. Je n’aurais jamais pensé, en venant ici, passer une nuit, ou plutôt quelques jours, si on se fiait à la trame temporelle du rêve, aussi mouvementés. Pourtant, à y repenser, je n’avais aucune envie de chasser ces souvenirs de ma mémoire. Si l’on oubliait la menace d’une mort imminente qui avait plané sur nous, l’expérience avait été particulièrement intéressante, du moins à mes yeux. Je reportais alors mon attention sur mon amie.

« Bah… C’est clair que ça fait beaucoup mais… Enfin, outre le fait qu’on a failli jamais se réveiller et y rester, Il y a quand même eu de bons moments ! Je ne pense pas que beaucoup de gens puissent se vanter d’avoir vécu une aventure comme la nôtre ! » Dis-je en lançant un nouveau clin d’œil à la jeune femme.

Je me laissais également tomber en arrière, passant mes bras derrière ma tête, et fermant un instant les yeux pour récupérer. Mais je fus rapidement rappelé à l’ordre par le comte qui faisait à nouveau irruption dans la pièce, et, au vu de sa tenue particulièrement… voyante, il était bien difficile de ne pas le remarquer. La remarque d’Akane me fit sourire. Ce bon vieux Lustrini. Un personnage excentrique mais pas méchant pour un sou, ce qui sembla nous soulager tous les deux. Je me gardais bien de faire tout commentaire pour ne pas paraitre impoli devant notre hôte, qui s’indignait déjà que le déjeuner n’était pas prêt. Akane prit la première la parole, proposant, en attendant, d’échanger sur nos histoires respectives. Elle allait droit au but, et, visiblement, les informations concernant les deux amants oubliés lui importaient réellement.

En revanche, la réponse du comte me laissa légèrement pantois. Je ne m’étais pas du tout attendu à quelque chose d’aussi virulent. J’avais pensé que le couple avait tout simplement disparu des livres d’histoires, mais, visiblement, c’était quelque chose de bien plus profond que ça. Non content de leur avoir arraché leur bonheur, Lord Alvin avait visiblement réussi à complètement détruire leur image, et la version « faussée » de l’histoire avait, au fil des années, totalement occulté la fin tragique de la famille. Je sentais Akane bouillir à côté de moi, très affectée par les paroles dures et sévères du propriétaire des lieux. Je prenais donc le relais, pour éviter que la situation ne s’envenime.

« Des imposteurs ? Que voulez-vous dire ? » Lui lançais-je, plongeant mon regard dans le sien.

« Eh bien oui, des imposteurs. Que je vous explique tout ça. Il y a environ quatre cents ans, un jeune et beau garçon, nommé Lord Alvin, était tombé amoureux d’une belle Dame nommée Milla. Après lui avoir fait la cour, la jeune femme accepta, au bout de plusieurs années, de l’épouser. Mais c’était surtout pour profiter de la fortune et de la renommée du dit Lord qu’elle l’épousa. Leur relation était parfaitement déséquilibrée, car elle ne l’aimait pas vraiment. Un jour, le courageux Lord Alvin découvrit qu’elle partageait une liaison avec un autre Lord, Owen, et projetait de dépouiller la famille d’Alvin. Owen était un homme répugnant et manipulateur. N’écoutant que son courage, Alvin le défia en duel et le vainquit. Il mit ensuite Milla dehors, se rendant compte qu’elle ne le méritait pas. Une fois que ce fut fait, il profita d’une vie de renommée et de prestige. » Il reprit son souffle après nous avoir narré cette histoire, avant de finir. « Voilà, j’espère que j’ai pu vous aider un peu à comprendre ce qui s’est passé. »

Tant de fourberie de la part du Lord que j’avais affronté ne m’étonnait pas vraiment, mais le coup était extrêmement rude et injuste. Ils n’avaient jamais mérité un sort aussi noir que celui-là. Et je ne pouvais pas en vouloir au comte, il n’était nullement responsable, simplement victime de l’histoire faussée des siècles auparavant. Je tentais alors quelque chose.

« Oui, nous connaissons cette histoire, mais, voyez-vous, nous avons découvert quelque chose. » Je fis signe au comte de s’approcher, parlant plus bas, comme si l’information était importante et, surtout, devait demeurer discrète. « Nous faisons actuellement face à une autre théorie concernant cette histoire, et nous étions venu nous renseigner. Selon quelques écris, Milla et Owen étaient des amants dévoués l’un envers l’autre. Ils avaient la vie devant eux, jusqu’à ce que ce Lord Alvin n’assassine Owen pour prendre sa place, avant de mettre Milla et ses enfants dehors. » Lui dis-je, simplement. Il fronça les sourcils.

« C’est une idée très saugrenue, auriez-vous des preuves ? » Je réfléchissais un instant. C’était un peu la question que je redoutais mais je me rappelais soudain de quelque chose. Je cherchais dans mon sac pour en sortir le journal de Milla, que j’avais pris soin d’emporter, avant de le tendre au vieil homme.



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Akane Wise
Région d'origine : Mhyone
Ven 20 Oct 2017 - 14:20
Akane Wise


Akane resta bouche bée face à la version du Comte. L’Histoire s’était complètement déformée, faisant ainsi passer Alvin pour un Lord d’exception et Milla pour une femme vénale. Le Lord grassouillet avait réussi à glorifier son image au fil des années. Il restait néanmoins un point commun aux deux histoires : l’aversion de Milla envers Alvin. Probablement que le Lord avait utilisé ce point afin que tous les éléments aillent dans son sens.

Tentant de se tempérer, la jeune femme croisa les bras et se cala dans le fond du fauteuil. Ce que venait de raconter le vieil homme l’insurgeait. Néanmoins, elle savait qu’il n’avait rien à voir avec ce qui s’était passé il y avait de ça quatre siècles. Alexandre exposa donc leur version des faits. Comme s’y attendait Akane, le Comte demanda des preuves de leur récit. Le jeune homme avait pensé à emporter dans son sac le journal de Milla et le tendit donc à leur interlocuteur. Avant de commencer sa lecture, le Comte examina d’un œil expert le livret.

- Hum, oui… A première vue, ça n’a pas l’air d’être une contrefaçon -il feuilleta quelques pages- Je vous en prie, servez-vous. La lecture risque de me prendre un peu de temps.

Son ventre criant famine, Akane ne se fit pas prier. Le majordome avait terminé les préparatifs du petit-déjeuner, offrant ainsi un large panel aux deux jeunes gens. Même si elle regardait avec gourmandise toute la nourriture qui s’offrait à elle, elle se contenta d’un seul croissant et de son café. La rouquine n’avait pas besoin de plus.

- En tout cas, c’est très gentil de votre part !
- Hm hm…

Visiblement, la lecture du journal de Milla passionnait le Comte. Il n’avait pas dit un mot depuis qu’il s’était plongé dans les écrits de la Dame. Akane n’engagea pas plus la conversation, ne voulant pas déranger le vieil homme. Après un quart d’heure, il referma le journal et prit un air sérieux.

- J’aurais aimé tout lire mais je ne voudrais pas faire patienter mes invités plus longtemps.
- Et… que pensez-vous de ce que vous avez lu ?
- C’est très poignant, effectivement.

Le visage de la jeune femme s’illumina. Le Comte était au moins touché par les mots de Milla. C’était déjà un bon point pour le Lord et la Dame. Néanmoins, le Comte ne paraissait pas convaincu. Il agita tristement la tête.

- Cependant, ce n’est pas une preuve suffisante.

Akane perdit immédiatement son sourire. N’avaient-ils donc aucune preuve contre le Lord véreux. La rouquine se rappela les bribes du rêve de cette nuit, espérant y retrouver un indice… Evidemment ! La rouquine avait peut-être de quoi étayer la vraie version de l’histoire. Elle sortit alors Mitochondrie. Yeux mi-clos, elle ne dormait plus mais était somnolente. La jeune femme la secoua légèrement.

- Je suis désolée 'Chondrie mais j’ai besoin de toi…

Afin de garder la surprise jusqu’au bout, la rouquine fit sa demande mentalement à sa Pokémon. En guise de réponse, la Kadabra montra sa paume ouverte puis referma son pouce, formant un "V" avec les deux autres doigts.

- Elle dit que ça lui prendra cinq secondes, traduisit Akane.

Sans plus tarder, le Pokémon Psy se téléporta. Akane, elle se mit à décompter les secondes avec sa main. Une fois sa paume refermée, Mitochondrie réapparut aussitôt. Non sans emporter avec elle de vieilles feuilles brunies.

- Synchro ! High five !

Malgré ses droits doigts, Mitochondrie vint frapper avec sa main dans celle de sa dresseuse. Cette dernière remit les documents au Comte, faisant attention de ne pas les froisser. Après un rapide coup d’œil, l’homme paraissait surpris. Il cligna plusieurs fois des yeux, croyant sûrement à une farce.

- Mais… mais… je reconnais ces armoiries ! Ce sont celle de la famille de Lord Elliot.  

Le Comte lut scrupuleusement les documents, plongeant une fois de plus ses invités dans le silence. Akane prit un air confiant. Elle se rapprocha de son ami, qui ne devait probablement pas comprendre ce qui se déroulait sous ses yeux. La rouquine lui devait un minimum d’explications.

- J’ai demandé à Mitochondrie de nous ramener les documents concernant le mariage arrangé d’Alvin et Milla, chuchota-t-elle.
- Oh ! Mais il y a aussi une attestation prouvant un lien officiel entre Owen et Milla !

Aussi surprise que le Comte, Akane fronça les sourcils. Elle lança des regards interrogateurs à sa Kadabra. Apparemment, elle avait aussi eu envie d’apporter sa pierre à l’édifice et de consolider les faits. Tête haute, Mitochondrie paraissait fière de son coup.




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Alexandre Diame
Région d'origine : Hoenn
Ven 20 Oct 2017 - 15:11
Alexandre Diame
Au pays des songes




J’observais avec attention la réaction du comte. Après tout, nous ne connaissions l’homme ni d’Adam, ni d’Eve, et nous allions vite voir s’il pouvait être de mauvaise foi, et à quel point il pouvait être borné. Je jetais un petit coup d’œil à Akane qui semblait aussi concentrée que moi, surement un peu inquiète de voir la réaction du vieil homme. Après une première petite inspection, il nous avoua qu’il ne s’agissait pas d’une fausse œuvre. Enfin, nous le savions, mais il aurait très bien pu prétendre le contraire. Au moins, il était honnête, ce qui était un soulagement. Il allait sans doute se montrer compréhensif au sujet de cette histoire.

Posément, il se plongea alors dans la lecture du livre, semblant apporter une importance à chacun des détails, je continuais de l’observer, guettant chacune de ses réactions avec attention. Chaque frémissement de moustache, haussement de sourcil… Je voulais vraiment savoir s’il allait prendre notre histoire au sérieux. Un silence légèrement pesant s’installa alors pendant que nous attendions avec impatience son verdict. Après tout, si quelqu’un pouvait rétablir la vérité, c’était bien lui. Il paraissait suffisamment riche, et donc suffisamment influent, pour pouvoir rétablir la réelle histoire de son propre domaine. Au bout d’un petit quart d’heure, le comte releva les yeux du livre poussiéreux. Il paraissait touché par l’histoire, mais pas totalement convaincu. Et nous ne pouvions pas vraiment lui en vouloir. Après tout, nous remettions en cause presque quatre siècles d’histoire juste à l’aide d’un vieux journal, et ça ne devait pas être facile à accepter.

Mais visiblement, ma partenaire avait un plan. Elle fit sortir sa Kadabra de sa pokéball, et lui demanda d’aller chercher quelque chose. Le pokémon psy parti et revint à une vitesse impressionnante. Décidément, le type psy était vraiment plein de surprise, et je me demandais si ma Balbuto en serait capable un jour. Enfin ce n’était pas vraiment le temps pour penser à ça. La Kadabra avait de vieux papiers jaunis par le temps, et elle les tendit vers le comte de Dulem qui les récupéra avec soin. Lorsque j’entendis les propos d’Akane, tout pris sens. C’était particulièrement malin de sa part, et, si la véracité des documents était établie, elle détruirait l’image de l’idylle entre Lord Alvin et Dame Milla. Mieux encore, et de sa propre initiative visiblement, le pokémon psy avait également récupéré de quoi prouver la relation officielle entre Owen et Milla, ce qui achèverait sans doute de convaincre le comte. Les yeux du comte semblèrent s’illuminer, et il reprit la parole.

« Je dois dire… Que je commence à être convaincu par votre histoire, jeune gens. Bien sûr, il sera très difficile de pouvoir rétablit la vérité, car je dois encore confirmer l’authenticité de toute cette histoire mais, si vous dites vrai, alors ça risque de changer beaucoup de choses. Et je ne peux laisser une telle injustice passer sans rien faire, donc je m’engage aujourd’hui, devant vous, à officiellement rétablir la vérité sur cette histoire. » Nous lança t’il sur un ton noble et solennel, repassant sa moustache avec soin.

Je souriais, jetant un regard complice à la jeune femme. Nous avions finalement réussi à faire plus que nous l’aurions espéré, et ce comte paraissait d’être digne de confiance. Je mis soudain la main devant ma bouche, cachant un brutal bâillement qui n’échappa pas au comte.

« Mais, suis-je bête. Vous devez être épuisés par cette nuit au château. Suivez-moi je vous pries. » Il se leva alors, et je devais bien lui reconnaitre une sorte d’autorité naturelle malgré son âge avancé. Il fit alors un petit signe à son majordome qui hocha la tête. Le comte se tourna alors vers nous, et je me relevais en compagnie de la jeune femme. Il allait probablement nous montrer la sortie pour que nous puissions, avec le sentiment d’un devoir accompli, prendre la direction de nos résidences respectives.

Pourtant, il me semblait que nous nous enfoncions davantage dans le château. Peut être était-ce mon imagination qui me jouais des tours, ou simplement mon mauvais sens de l’orientation. Je me méfiais toutefois. A y réfléchir, l’homme avait très bien pu faire semblant de nous apporter son soutient pour éviter toute esclandre. Je fronçais les sourcils, restant alors sur le Qui-vive. Il se stoppa soudain, nous désignant une porte. Méfiant, j’ouvrais ladite porte pour découvrir un spectacle auquel je ne m’attendais pas vraiment. Il s’agissait d’une chambre décorée de la même manière que celle d’Owen et Milla. Tout était neuf, et particulièrement propre. Il y avait un grand lit double, mais pas de mini salons comme dans la chambre que nous avions partagée dans le rêve. En revanche, une porte-fenêtre menait sur une terrasse qui offrait une vue époustouflante sur la ville de Meridian, en contrebas, et sur le Lac Latymer à l’horizon. Je me tournais alors vers le comte, avec un regard étonné et interrogateur.

« Qu’est-ce que… » Dis-je, aussitôt coupé par le vieil homme.

« Enfin, jeunes gens, vous êtes mes invités. Vous avez dû passer une nuit éprouvante pour trouver tout cela, et vous devez vous reposer. De plus, cette chambre me semble bien plus adaptée pour la suite de vos… aventures… » Lança-t-il avec un clin d’œil, avant de refermer la porte derrière nous. Je me grattais alors le sommet du crâne.

« Wouah… Je l’ai pas vu venir celle-là. » Dis-je, les joues légèrement embrasées par l’allusion du comte.




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Akane Wise
Région d'origine : Mhyone
Sam 21 Oct 2017 - 10:46
Akane Wise


Les paroles du Comte soulagèrent la jeune femme. Elle avait envie d’effectuer une petite danse de la joie mais elle se contenta d’un énorme sourire, échangeant le regard complice identique que son partenaire. Justice était rendue. Désormais, Milla et Owen pouvaient reposer en paix. Leur mémoire n’étant plus souillée par un quelconque Lord véreux. Bien sûr, la rouquine se doutait que changer la trame de l’Histoire allait demander du temps et des recherches mais au moins, le Comte se montrait sincère.

Sans plus de précision, le vieil homme demanda aux dresseurs de le suivre. N’osant pas le contredire, ils s’exécutèrent. Akane s’imaginait voir le ciel mais aucunement. Au lieu de ça, le Comte continua d’avancer dans le labyrinthe qui lui servait de château. Son chemin s’arrêta devant une porte, qu’Alexandre ouvrit avec méfiance. Les yeux écarquillés, la jeune femme ne comprenait qu’à moitié la situation. C’était seulement avec le sous-entendu du vieillard que tout prit sens. L’hôte laissa ainsi ses invités pantois mais surtout gênés par son allusion. En regardant son ami, Akane se dit qu’elle devait probablement avoir un teint rougeâtre semblable à celui de son ami.

- Tu m’étonnes, lui répondit-elle. Je ne pensais pas le Comte ainsi.

Elle se secoua légèrement la tête, tentant de se reprendre. La jeune femme s’avança dans la chambre pour la visiter. A quelques détails près, cette dernière ressemblait étrangement à celle du Lord et de sa Dame. Un style typique du dix-huitième, tout en étant neuf. Akane fut attirée par une petite porte sur le côté de la pièce. Celle-ci donnait sur une salle de bain entièrement refaite en marbre. Passant la tête dans l’entrebâillement, elle offrit un énorme sourire espiègle au jeune homme.

- Premier arrivé, premier servi !

Et elle verrouilla la porte derrière elle. La rouquine ne se fit pas prier pour tester le bain-jacuzzi. Habituée aux douches froides du Centre Pokémon, elle trépignait d’impatience à l’idée de se plonger dans l’eau chaude et de profiter des bulles.

_________

Les cheveux mouillés et le corps encore fumant par l’eau bouillante, la jeune femme sortit de la pièce totalement apaisée. Cependant épuisée par son escapade nocturne, elle se laissa tomber sur le lit.

- Je pourrais vivre le restant de mes jours dans un château… soupira-t-elle, euphorique.

Même si le Comte voulait rendre ‘’service’’ aux pseudos-amoureux, il n’en restait pas moins généreux. Il aurait parfaitement pu les congédier. Après tout, les deux jeunes gens n’avaient rien demandé. N’oubliant pas la présence de son ami, la rouquine se tourna vers lui.

- Cette nuit a été éprouvante mais finalement, ça a en valait la chandelle !

Akane se remémora le songe. Il y avait eu plus de rebondissements en quelques heures que dans toute sa vie entière. Pensive, la jeune femme se demandait si son aventure à travers Mhyone allait être du même acabit que ce rêve mouvementé. Ses paupières se fermant peu à peu, elle n’eut pas le temps de pousser la réflexion plus loin. Elle s’endormit sur les couvertures, trop fatiguée pour les défaire.




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Alexandre Diame
Région d'origine : Hoenn
Lun 23 Oct 2017 - 12:35
Alexandre Diame
Au pays des songes




Alors que j’explorais moi aussi la chambre, profitant quelques instants de la vue magnifique qu’elle offrait sur la vallée Méridienne, je vis Akane disparaitre derrière une porte que je n’avais pas remarquée. J’y jetais un petit coup d’œil, apercevant une sorte de marbre blanc au sol et sur les murs. Probablement une salle de bain privatisée pour la chambre, dont la jeune femme voulait visiblement profiter la première. Son sourire contagieux en dessina un sur mes lèvres. Il n’y avait plus aucune tension quant au contexte, et nous allions enfin pouvoir profiter un peu, du moins quelques heures, de la vie de châtelains. Je secouais la tête, faussement dépité, et laissant la jeune femme aux bons soins de l’eau chaude et des équipements du château. Soucieux de vouloir profiter un peu de l’air frais, j’écartais davantage les doux rideaux satinés pour ouvrir la porte fenêtre qui menait sur la terrasse. Elle n’était pas très large, et la vue, vertigineuse, était vraiment magnifique. Un doux vent caressa alors mon visage alors que je mettais le pied dehors, m’appuyant sur la rambarde, et repensant à tout ce que nous venions de vivre. Ce n’était pas une aventure commune, bien au contraire, et je n’aurais finalement, pour rien au monde, échangé ma place avec quelqu’un d’autre.

Alors que la jeune femme sortait finalement de la salle de bain, je cessais mes rêveries pour revenir dans la chambre. Visiblement, la salle d’eau était plutôt bien équipée et approvisionnée en eau chaude, à en voir le sourire extatique qui illuminait le visage d’Akane, qui se laissa alors tomber sur le lit. Il était vrai que la vie de château dénotait complètement avec les conditions plutôt sommaires dans lesquelles nous avions l’habitude de vivre au quotidien. Et j’étais donc particulièrement pressé de pouvoir, moi aussi, profiter de l’eau chaude et du confort que nous avait gentiment offerts le comte de Dulem. Je souris alors à la jeune femme apaisée, allongée sur le lit.

« Tu m’étonnes. Ça nous change en tout cas, et je crois que je vais aussi faire un petit tour par la case salle de bain. J’suis pas sur que beaucoup de dresseurs aient pu dormir dans l’une des chambres du comte. » Dis-je en faisant un petit clin d’œil à mon amie.

Pour ce qui était du reste, elle avait raison. Certes, nos vies avaient été en danger pendant un bon moment, et nous avions dû user de complexes stratagèmes pour parvenir à nous en sortir, mais, pourtant, cette nuit ne resterait pas dans ma mémoire comme un souvenir négatif et angoissant. Après tout, nous avions réussi là où beaucoup avaient échoué et, de surcroit, nous avions fait entendre raison au comte pour qu’il rétablisse la vérité sur l’histoire de ce château. Et puis, j’appréciais de plus en plus la compagnie d’Akane, et cette aventure avait été l’occasion de renforcer nos liens. Je reportais alors mon attention sur elle, lui offrant un sourire.

« C’est vrai, ça valait le coup. J’aurais jamais pensé vivre quelque chose comme ça un jour, et je suis plutôt content d’avoir pu le partager. » Dis-je simplement.

La jeune femme se tourna alors sur le dos, et j’en profitais pour me rendre, à mon tour, dans la luxueuse salle de bain. Comme Akane avant moi, je profitais alors du bain-jacuzzi mis à notre disposition, faisant le vide dans ma tête, m’apaisant peu à peu.

_________________

Une fois ma séance détente terminée, je sortais de la pièce dans le même étant que la jeune femme avant moi. J’en avais considérablement profité, et je me sentais nettement mieux. Je vis alors que la jeune femme s’était déjà endormie paisiblement, ne prenant même pas le temps de se glisser sous les draps. La situation m’arracha un nouveau sourire, et je fis discrètement le tour du lit pour aller fermer la porte fenêtre qui laissait échapper un filet de vent qui allait, à terme, considérablement refroidir la pièce. Une fois fermée, je tirais les rideaux pour empêcher la lumière du jour d’entrer, histoire de ne pas être réveillés avant d’avoir pleinement pu récupérer.

Une fois que ce fut fait, je m’installais également aux côtés de la jeune femme, prenant garde à ne pas la réveiller. Sur le dos, je croisais les mains derrière ma tête, observant le plafond. La fatigue ne tarda pas à faire son oeuvre et, peu à peu, mes paupières se fermèrent. Je me lissais alors glisser dans un sommeil tranquille, et, surtout, récupérateur.

_________________

Je me réveillais doucement, alors que la chambre était toujours plongée dans le noir. Je sentais le souffle d’Akane, régulier et calme, ce qui m’indiquait que la jeune femme dormait encore. Je me tournais vers la table de chevet sur laquelle j’avais posé mon portable, afin de regarder l’heure. Il était environ deux heures du matin. Nous avions donc dormi d’une traite, ce qui était parfaitement compréhensible, plus d’une quinzaine d’heures. Je pris le temps de me réveiller un peu avant de me lever, toujours discrètement. J’avais une nouvelle envie de gouter à quelques bouffées d’air pur, aussi, je me dirigeais silencieusement vers la porte fenêtre.

J’ouvrais alors les rideaux, laissant une lumière lunaire envahir notre chambre. Le ciel était parfaitement dégagé, et la nuit, particulièrement étoilée, était vraiment magnifique. Je sortis alors dehors, sentant rapidement la petite brise sur mon visage. La vue était encore plus belle que la première fois. Je n’avais encore jamais pu voir un paysage aussi poétique que ce dernier. La lune se reflétait dans le Lac, à l’horizon, et, en contrebas, la ville endormie n’était éclairée que par ses lumières de rues, et quelques fenêtres encore allumées à cette heure tardive.

Je me rendais alors compte que l’afflux de lumière avait pu réveiller Akane. Je me retournais donc, pour constater avec soulagement que cette dernière dormait toujours. Je la regardais un moment, puis, lorsque je me rendis compte que le simple fait de fixer une personne endormir pouvait être très mal interprété, je détournais la tête, les joues légèrement rougies. Le visage de profil, je profitais alors des bourrasques qui balayaient ma peau et faisaient valser mes cheveux dans le vent. L’appel de l’extérieur commençait à être particulièrement fort, et j’avais soudain envie de voler un peu. Je m’en voulais un peu de laisser Akane ainsi mais, après tout, nous avions chacun nos vies. De plus, il semblait que le destin ait plutôt envie de nous réunir sous peu. Je regardais alors la bague qui nous « unissait », avec un petit sourire en coin.

Explorant la chambre, je trouvais rapidement un petit papier, sur lequel j’inscrivais une simple note.

| Puisque je n’avais pas prévu que tu étais une véritable Dodoala, je suis parti un peu avant toi. Remercie le comte pour moi. Visiblement, puisqu’on a l’air en quelques sorte liés, on se revoit bientôt, donc à la prochaine, et fais gaffe à toi !

PS : Si t’as besoin, je te laisse mon numéro, on ne sait jamais ! |


Je griffonnais mon numéro de téléphone, avant de signer le message de mon nom, en toute simplicité. Je constatais alors que l’air s’était considérablement refroidi dans la pièce. Les nuits restaient visiblement assez fraiches dans la région. Je fis alors sortir la Balbuto de sa pokéball. Furfur émergea du rayon rouge en me jetant un regard interrogateur. Je tachais alors bêtement de me parler à moi-même dans mes pensées, espérant que la Balbuto comprenne.

« Tu pourrais… Genre… la mettre sous les couvertures ? » Lui demandais-je, un peu gêné, grattant l’arrière de mon crâne. « T’es sérieux ? » Me répondit-elle. « Pourquoi tu le fais pas toi-même ? C’est ton épouse après tout. ». Je poussais un soupir en levant les yeux au ciel. « Non mais, moi, je risque de la réveiller surtout. Et j’ai pas envie de mourir si elle ouvre les yeux  pendant la manœuvre. » Semblant dépitée, la Balbuto s’approcha tout de même du bord du lit. Je détournais alors le regard, préparant mes affaires, et, lorsque je me retournais, force était de constater que l’opération était un succès. La jeune femme dormait toujours à présent confortablement emmitouflée dans l’épaisse couverture.

Une fois mes affaires prêtes, je me dirigeais à nouveau vers le balcon. Je fis alors sortir mon Libégon de sa pokéball, et se dernier se mit à faire du sur place, dans le vide, juste en fasse de moi. Après avoir fait rentrer Furfur dans sa pokéball, je jetais un dernier regard à la jeune femme endormi, puis je montais sur le dos du Dragon. Se dernier fila alors que ses ailes firent voler une dernière fois les rideaux.




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Akane Wise
Région d'origine : Mhyone
Ven 27 Oct 2017 - 10:36
Akane Wise


Akane se réveilla en sursaut, un frisson parcourant son corps. La fenêtre était entrouverte, les rideaux dansant au rythme du vent. Même couverte par les draps, elle sentait la brise froide pénétrer dans la pièce. D’ailleurs, elle était persuadée de s’être endormie sans défaire la literie… Non sans difficultés, la jeune femme se releva du lit et se frotta les yeux. Il faisait encore nuit, le ciel arborant de millions de points scintillants. En refermant la fenêtre, Akane cru apercevoir une ombre s’éloigner du château.

Toujours ensommeillée, elle balaya la chambre du regard. Alexandre avait disparu. D’abord angoissée, elle fit le tour de la pièce avant d’enfin trouver son mot. Elle le prit puis s’avança sur le rebord du lit pour allumer la lampe de chevet afin de lire l’écriture de son ami. Le mot fit arracher un sourire à la jeune femme, sans qu’elle ne sache pourquoi.

Elle se recoucha, heureuse de cette escapade au château. De manière contrainte, elle avait forgé un lien étroit avec le jeune homme. Cependant, elle ne pouvait pas nier le fait qu’elle l’appréciait. Elle se resassait alors le rêve de la nuit dernière. Akane soupira. Elle avait dû passer pas toutes les émotions possibles et inimaginables, la rendant vraisemblablement pénible par moment. La rouquine ne s’en rendait compte qu’à cet instant.
La jeune femme se retourna dans ses draps, essayant de retrouver le sommeil. Contrairement à son ami, elle attendait le matin pour remercier le Comte et lui dire au revoir. Après son hospitalité, c’était la moindre des choses. Non sans mal, Akane réussit à se rendormir.

___________

Les doux rayons du soleil réveillèrent la jeune femme. Dormir autant d’heures d’affiliées ne lui réussit pas. Elle se sentit encore fatiguée, malgré sa nuit réparatrice. En se retournant, elle se retrouva nez à nez avec Mitochondrie. Akane afficha un air surpris.

- Qu’est-ce que tu fous là ?

La Kadabra ne pipa mot. Elle se contenta de se rouler dans les couvertures et de s’installer un peu plus confortablement. Néanmoins, l’appel de l’aventure se fit entendre et Akane ne laissa pas à son Pokémon l’occasion de profiter du lit. La vie au château comportait de nombreux avantages, mais à forcer d’y rester, on restait coupé du monde extérieur. Akane se changea rapidement, afin d’être un minimum présentable au Comte.

Par chance, la jeune femme le trouva dans le couloir, en train de faire les cent pas. Visiblement, il attendait le réveil des deux jeunes gens… Il allait être surpris en apprenant qu’Alexandre s’était faufilé en douce.

- Bonjour, je vous attendais justement. Vous êtes toute seule ?

La jeune femme ne répondit que par un petit rire gêné. Il fallait encore inventer une combine pour justifier l’absence de son ami. A ce train-là, Akane maîtriserait parfaitement l’art du mensonge. Elle se força à afficher un sourire, espérait qu’il n’avait pas l’air trop faux.

- Oui, oui. Alexandre et moi sommes très… - elle chercha un mot qui pouvait convenir à la situation- indépendants !

Tandis que le vieillard prit une moue perplexe, Akane se mordilla la lèvre. Le Comte se montrait si gentil avec eux alors qu’ils lui mentaient effrontément. La jeune femme se secoua la tête.

- On aime bien voyager de notre côté, parfois.

Leur chemin se séparait mais Akane ne doutait pas un instant qu’ils se reverraient très prochainement. Avec le lien qui les unissaient, difficile de faire autrement.  Sans se l’avouer, la jeune femme avait hâte de recroiser son ami.

- Décidemment, j’ai du mal à comprendre les jeunes d’aujourd’hui…
- D'ailleurs, je vais partir aussi. C’était très gentil de votre part de nous accueillir.

Akane se fit donc conduire vers la porte d’entrée. Le Comte lui rappela une énième fois qu’il ferait tout son possible pour reconstituer la part de vrai de l’Histoire. Après un dernier au revoir, la rousse s’en alla, continuant sur le chemin de l’aventure.





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