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L'envol du chevalier - SOLO

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Ven 13 Oct - 16:59

Ivar Northway
L'envol du Chevalier


Bord-au-vent, la ville traditionnelle toujours balayée par les vents et pourtant particulièrement destinée aux plantes et aux fleurs, avec ses boutiques de thé, ses apothicaires, ses pharmacies. C’est simple, tout semblait naturel et rustique dans la petite ville qui bordait la plaine versatile. Ivar ne saurait dire pourquoi, mais il se sentait bien dans cette ville, peut-être était-ce du aux nombreux courants d’air qui n’avaient de cesse de malmener quelques mèches de ses cheveux ? A moins que ce ne soit son côté à “ciel ouvert”. Nul gratte-ciel ne bloquait le ciel et n’empêchait de le voir, la pollution visuelle y était sûrement minime une fois la nuit tombée et il y avait toute la place nécessaire à ses pokémons volants. Il n’avait vu pareil refuge naturel pour des types Vol depuis son passage sur la Route 6, bien que les alentours de la ville manquaient de falaises ou de grands arbres pour que les oiseaux qu’il aimait tant puisse nicher. Quoique en s’approchant du Quartier Général de l’Emblème, un peu plus loin, on pouvait y discerner une petite forêt. La cabane même ou se réfugiait l’Emblème était perchée dans les arbres, comme un étrange nichoir géant, le lieux et son architecture n’avaient pas été choisis au hasard et représentait bien le pokémon emblématique de son groupe.
C’est d’ailleurs par une visite du Quartier Général qu’Ivar commença sa visite des alentours, ne s’arrêtant à Bord-au-vent que pour manger un morceau. Il aurait tout le temps de profiter des bienfaits de la ville plus tard, il voulait d’abord y déposer ses affaires afin de ne pas être encombré plus que nécessaire pendant son entraînement et ses recherches. Il grimpa rapidement l’échelle qui lui permettait d’accéder au nichoir, saluant au passage la réceptionniste. Le bâtiment était en bois, les planches se chevauchant de façon un peu chaotique à de nombreux mètres au-dessus du sol. Le tout semblait instable et pourtant, cela tenait. Par une des fenêtres, comme depuis le sol, on pouvait voir le grand arbre de plusieurs mètres de circonférence qui permettait à la construction de tenir, celle-ci s’étalant autour, utilisant les branches plus menues comme soutien. Menues était un faible mot, étant donné que les-dites poutres devait faire la largeur d’Ivar.
Le jeune homme s’approcha de la secrétaire après son examen des lieux, lui demandant s’il y avait possibilité qu’il dépose ses affaires quelques part et qu’il reste ici quelques jours, en tant que membre de l’Emblème. Elle lui tendit nonchalamment une petite paire de clefs, sans même le regarder. Tout était calme aux alentours et le Quartier Général semblait être vide, personne d’autre que lui ne profitait des quartiers actuellement. Il comprit donc tout de suite que la jeune personne qui s’occupait de l’accueil s’ennuyait à mourir et était donc devenue désagréable. Le spécialiste ne lui en tint pas rigueur et regarda le petit morceau de plastique qui pendait à ses clefs en se dirigeant vers la salle de repos : Numéro 67. Le casier du bon chiffrage fut rapidement repéré dans la salle et le garçon passa rapidement entre les lits superposés et posa son sac au sol enfin d’en extirper le contenu important avant de partir visiter la ville, c’est-à-dire son casque et son lecteur audio, ainsi que son téléphone, les pokéballs de ses pokémons étant d’ores et déjà à sa ceinture. Le reste, il l’avait mit dans son sac parce qu’il avait été surprit par la pluie pendant sa traversée de la Route 3 et il n’aurait pas supporté de ne plus pouvoir écouter de la musique. Le trajet n’avait pas été de tout repos et c’est sous une pluie battante qu’il avait été pourchassé par un Mangriff particulièrement tenace, le jeune spécialiste avait du riposter à l’aide de son propre pokémon : Hrafn, mais la créature sauvage était particulièrement retorse et difficile à battre. Heureusement, ils l’avaient tout deux remporté et avaient pu reprendre leur route dans la mélasse de boue.

Mais il était là, au Quartier Général de l’Emblème et en bonne santé. Il fourra son sac dans le casier de rangement et reprit son trajet dans le sens inverse, souhaitant une bonne journée à la jeune bénévole qui s’occupait de l’accueil en passant, qui d’ailleurs, ne lui répondit que d’un grognement à peine audible. Ivar haussa une épaule avant de descendre à l’échelle, il n’avait pas de temps à perdre avec des gens mal-aimable.
C’est donc la matinée déjà à moitié entamée que le jeune homme arriva à Bord-au-vent pour la seconde fois de la journée. Cette fois-ci il comptait profiter un peu plus des attractions de la ville, n’hésitant pas à errer de boutique en boutique à la recherche de remède spécialement travaillé pour les pokémons Vol, cherchant des cataplasmes et autres onguents farfelus. Un marchand de passage essaya même de lui vendre une mixture violette et gluante, prétextant qu’en appliquant celle-ci sur les plumes de ses pokémons, il pourrait leurs rendre les ailes brillantes comme des panneaux solaires. Ivar s’éloignait en riant du colporteur, continuant sa visite des marchés.
La petite cité lui faisait un peu penser à Méridian. Non pas tant par son architecture que par son ambiance très traditionaliste, là ou la ville médiévale avait gardé son architecture datant d’une époque lointaine, Bord-au-vent en avait gardé les moeurs et les traditions. Certes moins grandes, les rues étaient tout de même très fréquentées et animées et la promenade plus aisée sans ces pavés traître qui échelonnaient les routes de la cité médiévale. La pensée lui arracha un sourire, il avait vu de nombreuses personnes se prendre les pieds dans les dalles au placement anarchique. La comparaison avec Méridian était aisée, puisqu’il s’était rendu presque immédiatement à Bord-au-vent, après un crochet rapide par Nox Illum. Il avait d’ailleurs effectué une rude traversée par la grotte du Passage pour se faire, dont il gardait un souvenir cuisant, lui rappelant à quel point il détestait les endroits exigus. Ni lui, ni ses pokémons volants ne s’y sentaient à l’aise, ayant la certitude qu’ils ne pouvaient s’y mouvoir aux maximum de leurs capacités. Mais il chassa rapidement ces pensées désagréables par d’autres beaucoup plus rassurantes, les souvenirs d’un restaurant et d’une chasse au pokémon au bord dans lac, en charmante compagnie. Ces souvenirs là dessinait un sourire tendre sur ses lèvres.

Mais s’il avait voyagé jusqu’à Bord-au-vent, ce n’était certainement pas pour passer son temps à butiner d’une boutique à une autre, ni pour se laisser aller dans une sorte de mélancolie à laquelle il n’était pas habitué. Il aurait bien du temps pour la revoir, mais le temps actuel était destiné à l’entraînement, un travail bien particulier.
C’était à Nox Illum, dans un centre pokémon proche de la route 1, qu’Ivar avait apprit qu’un Ornithologue renommé habitait à Bord-au-vent. Un puissant dresseur prénommé Zéphyr, aussi appelé le Chevalier du Ciel. On lui avait raconté que l’homme passait son temps à voyager dans Mhyone pour aider la veuve et l’orphelin, épaulé par ses oiseaux et que quand il rentrait chez lui, c’était pour aider de jeunes dresseurs dans l’élevage des pokémons de type Vol. Il n’en avait pas fallu plus pour que le jeune homme décide de ne pas rester à Nox Illum contrairement à ce qui était initialement prévu, mais mette les voiles pour la ville traditionaliste à la recherche de ce qui pourrait fort ressembler à un professeur. Cette raison était aussi celle pour laquelle il arpentait les rues de façon hasardeuse, si l’homme était connu, il devait plus particulièrement l’être dans sa ville natale. Après quelques questions posées à un habitant de Bord-au-vent, le blondinet se retrouva devant une grande bâtisse, légèrement excentré par rapport au reste de la ville. Imposante, la maison se démarquait des autres par l’étrange tour en bois qui la surmontait, ornée de petits plongeoirs qui donnaient sur des ouvertures rondes. C’était visiblement le nichoir des pokémons du fameux dresseur. Mais nulle trace d’habitant, la maison semblait vide et la tour dépeuplée. Le jeune homme soupira, il ne devait pas être facile de croiser un tel dresseur s’il passait le plus clair de son temps à voyager à dos de pokémon. Alors qu’il rebroussait chemin, un petit piaillement se fit entendre en provenance de la maison et un petit Roucool apparut sur le perchoir avant de s’envoler dans le ciel. Ivar sourit, revoyant son propre compagnon à l’époque de leur rencontre. A ce moment là, la porte de la bâtisse s’ouvrit et une femme en sortit, s’approchant du jeune homme sur le chemin bordé de buissons. Elle était grande et élancée, bien qu’assez âgée, elle rayonnait, ses longs cheveux blonds virant sur le blanc lui tombant en cascade autour du visage, ses deux grands yeux bleus détaillaient le blondinet, leur éclat n’étant pas terni par les rides qui les entouraient. Un sourire étira les lèvres de la dame tandis qu’elle prenait la parole d’une voix calme.

Bonjour jeune homme, comment puis-je vous aider ? Demanda l’étrangère, toujours en souriant. Je suppose que vous cherchez Zéphyr, mon mari.

Oui, j’aurai aimé le rencontrer. J’avais cru comprendre qu’il habitait ici, mais qu’il était rarement présent.

Il ne devrait pas tarder à rentrer, mais ne restons pas là, venez donc à l’intérieur.

Et c’est sans attendre une réponse du dresseur que la femme fit volte-face pour se diriger vers la maison, Ivar sur ses talons. Ils entrèrent tout les deux dans une pièce qui ressemblait fort à un salon, bien que l’endroit était sombre et remplit d’objets et meubles de toutes sortes. Canapés poussiéreux et armoires grinçantes se disputaient l’espace aux nombreux bibelots étranges qui ornaient les murs et les étagères. Le dresseur repéra même une étrange flûte, ainsi qu’un tableau représentant les trois oiseaux légendaires : Electhor, Sulfura et Artikodin. La maîtresse de maison demanda au jeune homme de patienter quelques instants, tandis qu’elle disparaissait par l’embrasure d’une porte, le laissant seul à son inspection des lieux. Ivar tournait dans la pièce, passant d’un bibelot à l’autre, détaillant l’amassement de souvenirs du regard, retraçant la vie de ses hôtes. S’arrêtant devant un cadre, il le saisit d’une main timide, détaillant la photographie usée qu’il protégeait. Il reconnu rapidement la femme qui venait de l’accueillir chez elle, bien qu’elle devait avoir l’âge d’Ivar sur cette photo. L’homme qui l’accompagnait était dans la force de l’âge, semblant légèrement plus âgée qu’elle. Ses cheveux bruns juraient sur sa peau pâle et il était solidement battit, ils semblaient tout deux heureux. Zéphyr, car le jeune homme devina qu’il s’agissait de lui, tenait la main de sa compagne d’un côté, l’autre étant posée sur la tête d’un grand Roucarnage aux yeux fermés et au bec ouvert, ce qui équivalait à un sourire pour le pokémon. C’est à ce moment là que la maîtresse de maison surgit derrière le garçon, un plateau de thé entre les mains.

Nous devions avoir ton âge à l’époque. Conrad était le premier pokémon de mon mari, malheureusement, il nous a quitté il y a de nombreuses années.

Oh…Je suis désolé, répondit Ivar en reposant le cadre sur le meuble, je ne savais pas.

Tu ne pouvais pas savoir, dit la femme en souriant tristement. Cette perte a brisé le coeur de mon mari, à l’époque. Mais comme pour toutes les peines, la douleur finit par passer. Viens donc t’asseoir, ne reste pas ainsi debout.

Et le jeune homme obéit, tandis que la femme déposait une tasse de thé vert dans ses mains. Elle lui apprit qu’elle se nommait Elisa, parlant d’une voix douce et calme, enchaînant sur l’absence de Zéphyr, expliquant que ces temps-ci, il profitait de ses dernières envolées avec ses pokémons. Le couple se faisait vieux et les sorties de plus en plus rares, le dresseur commençait à avoir du mal à accompagner ses amis dans les airs. La discussion dériva sur la présence d’Ivar en ces lieux, le jeune homme blond expliquant qu’il voulait devenir un spécialiste de type Vol, qu’il se lançait dans la conquête des badges et que ses compagnons étaient un Roucoups et un Furaiglon. Ils parlèrent un moment, tranquillement, abordant des sujets plus simples comme la provenance du thé, ou encore les récents évènements en ville, les produits intéressants au marché et, bien plus important aux yeux d’Ivar, l’entretien du plumage de ses pokémons. Elisa avait passé sa vie en compagnie des créatures volantes de son mari et bien qu’elle n’était pas dresseuse elle-même, elle avoue les pouponner souvent. Durant tout ce temps, le jeune homme buvait les paroles de la vieille femme et il ne remarqua même pas l’homme qui les observait, caché dans l’embrasure de la porte menant à la cuisine. Finalement, il décida de laisser Elisa à ses occupations et de retourner au Quartier Général de l’emblème pour se reposer, il repasserait quand Zéphyr serait présent dans la maisonnée. Alors que le jeune homme quittait les lieux, la maîtresse de maison se retourna en direction de l’homme dans l’embrasure de la porte et lui sourit tendrement.

Il me fait penser à toi, lorsque tu étais plus jeune. Tu aurais dû te manifester, lui dit-elle d’une voix tendre.”

Je ne cherche plus d’élèves, tu le sais bien. S’il revient, il faudra le faire partir.

Et l’homme quitta la pièce en silence.

Ivar revint discuter avec Elisa le lendemain et le sur-lendemain, la femme ne rechignant jamais à discuter avec le jeune homme, lui enseignant à vraiment prendre soin de ses pokémons. Un après-midi, elle l’emmena dans le jardin pour qu’il lui montrât Hrafn et Feather, le complimentant sur le soin avec lequel il s’occupait d’eux et de leur entraînement. Pendant ce temps, Zéphyr n’était toujours pas sorti de sa cachette, observant parfois le jeune homme et sa femme par la fenêtre de l’étage.

Le troisième jour, alors qu’Ivar retournait une nouvelle fois rendre visite à Elisa, il avisa le grand nichoir au-dessus de la maison. Un Etouraptor était perché sur l’un des plongeoir et fixait le garçon de son oeil perçant. Un grand homme aux cheveux poivre et sel l’attendait devant la porte de la bâtisse, bras croisés. Tant sa posture que son regard faisaient étrangement écho à l’attitude du rapace sur son perchoir, le dresseur ressemblant au pokémon et vice-versa. Ivar avança à pas mesuré et l’homme en fit de même, fixant toujours le jeune dresseur.

Tu es Ivar, n’est-ce pas ? Quelle question, cela fait trois jours que tu viens chez moi rendre ma femme mélancolique. Tu veux que je t’entraîne, c’est cela ? Je te préviens ce ne sera pas facile.

Le concerné hocha brièvement de la tête et son entraînement commença enfin. Les trois jours suivant passant rapidement tandis que le chevalier du ciel lui apprenait tout ce dont il avait besoin, détaillant les manoeuvres aériennes qu’il devait apprendre à son Roucoups, les points forts et les points faibles de ses deux pokémons ainsi que les attaques qu’ils apprenaient. L’après-midi, ils faisaient voler leurs pokémons et une sorte de rivalité se créait entre l’Etouraptor et Hrafn, tandis que le Furaiglon ne s’éloignait jamais de son dresseur. Le Roucoups était loin d’être aussi agile que son comparse mais ses ailes étaient déjà puissantes et là ou l’Etouraptor prenait de la vitesse rapidement, Hrafn le gênait avec de puissantes bourrasques. Les deux pokémons étaient de fiers rapaces et la cohabitation était difficile, mais quelque chose disait que c’était voulu.
L’enseignant restait très silencieux en dehors de ses explications, ne partageant pas plus que ce qu’il avait à lui apprendre. Mais Ivar sentit que la résolution de l’homme fléchissait au contact du Roucoups, celui-ci s’approchant régulièrement de lui. Ivar lui, écoutait l’homme et restait très attentif et la première excitation du jeune homme se transforma rapidement en une patience à toute épreuve, n’interrompant jamais son professeur et attendant que les explications viennent d’elles-même, plutôt que de les quémander et de poser tout un tas de questions. Plus Ivar calmait ses ardeurs, plus Zéphyr s’ouvrait à lui et au quatrième jour d’entraînement, l’homme le complimenta sur l’entretien de ses pokémons et sur ses progrès.
Un soir alors qu’Ivar allait partir, l’homme le retint par l’épaule.

Demain, nous nous retrouverons sur la Plaine Versatile. Ton premier exercice sera de me retrouver avec l’aide de ton Roucoups, ensuite, nous disputerons un combat.

Et l’homme disparut à l’intérieur de sa maison, sans même en dire plus.


Le vent ne soufflait pas et il faisait chaud, le jeune homme marchait dans la plaine, Hrafn volant loin au-dessus de lui. Rapidement, le volatile poussa un léger cri et changea de direction, il avait enfin repéré Zéphyr et son Etouraptor. Ivar suivit donc son pokémon et découvrit le vieux dresseur assis dans l’herbe, son compagnon debout à côté de lui, dans une posture fière. Quand il repéra le garçon, Zéphyr se leva sans un mot et se plaça quelques pas en arrière de son pokémon qui prit rapidement de l’altitude. Ivar en fit de même, sachant que le combat commencerait sans préliminaire.
Le garçon était calme, plus calme qu’il ne l’avait jamais été avant un combat. Déterminé, il comptait seulement montrer a Zéphyr qu’il n’avait pas eu tort de le prendre sous son aile. La sérénité qui emplissait Ivar semblait déteindre sur son pokémon, qui, contrairement à d’habitude ne poussa pas le moindre cri strident pour annoncer le combat à venir, ou pour intimider son adversaire. Il prit seulement un peu d’altitude pour se mettre à la hauteur de son adversaire. Et sur un ordre a peine audible de Zéphyr, le ballet aérien commença. Les deux pokémons se mirent à virevolter dans les airs, enchaînant vrilles et piqué, se rapprochant pour ensuite s’éloigner. Le combat n’en était pas réellement un, bien que l’affrontement soit féroce, les deux oiseaux étaient si gracieux que la chorégraphie semblait être prévue à l’avance.
Zéphyr ne laissait cependant pas de répit à son élève, empêchant le Roucoups d’utiliser ses puissantes ailes pour submerger son adversaires sous de puissantes bourrasques. C’était le point fort de cette espèce et le professeur annihilait cet atout par la rapidité et l’agilité de son propre pokémon, forçant Ivar à constamment anticiper ses actions. Cependant, bien que son coeur s’accélérait à cause de l’adrénaline de l’affrontement, le garçon restait calme, donnant des ordres succincts et précis à Hrafn qui les exécutait rapidement.
Mais bientôt l’Etouraptor prit le dessus et percuta violemment le Roucoups qui chuta, tombant au sol. Alors que le puissant rapace adverse reprenait de l’altitude pour piquer sur Hrafn, celui-ci se redressa sur ses serres et se mit à battre des ailes en direction de son némésis.  L’énergie que déployait le pokémon pour l’attaque Cyclone était considérable, mais l’Etouraptor ne freinait pas assez. C’est alors que les ailes de Hrafn se mirent à briller, puis son corps entier. Une lumière vive s’échappait de la silhouette du rapace et lentement, Ivar vit ses ailes s’agrandir, les plumes ornant sa tête s’allonger. Une nouvelle fois, le fanion qui ornait son cou tomba au sol, desserré parce que le pokémon gagnait en taille. L’Etouraptor gonfla ses grandes ailes pour freiner tandis que les bourrasques s’arrêtaient et que la lumière qui émanait de Hrafn se ternissait. Le jeune homme sourit en observant la métamorphose de son pokémon, le si petit Roucool qu’il avait sauvé d’un malotru venait d’évoluer en un puissant Roucarnage, capable de déchaîner les éléments sur ses adversaires.
Hrafn écarta les ailes et lâcha un cri strident tandis que l’Etouraptor de Zéphyr venait se poser proche de lui. L’homme arborait d’ailleurs un grand sourire et Ivar cru même voir ses yeux briller. Le garçon s’approcha de son pokémon, venant lui flatter l’encolure après avoir posé son front contre le sien. C’était maintenant un grand rapace, il avait tellement grandit qu’il atteignait les une mètre cinquante et ses ailes dépliées devaient bien avoisiner les trois mètres d’envergure. Le long panache de plumes qui ornait sa tête avait maintenant prit une teinte sablée, non sans rappeler la chevelure de son dresseur. La fierté brillait dans les yeux perçants de son compagnon, tandis que la joie emplissait le coeur du jeune homme. Le lien qui les unissait n’avait jamais été aussi fort qu’en cet instant et pourtant, le grand rapace repoussa son dresseur de la tête alors que Zéphyr se mit à parler.

“Le combat est terminé. Toutes mes félicitations Ivar, tu as remporté cette épreuve,
dit l’homme en s’approchant de lui et de son Roucarnage.”

Mais nous n’avons pas fini notre combat !

Le combat n’était pas entre nos deux pokémons, jeune dresseur, répondit Zéphyr à la protestation d’Ivar alors que son sourire s’agrandissait encore. Il fallait pousser Hrafn à évoluer, pour que commence ton réel enseignement. Pour cela, il n’y avait rien de mieux qu’une saine rivalité entre lui et Kara. Il fallait aussi t’apprendre à calmer tes ardeurs. Les pokémons volant requiert un calme particulier, ils sont à la merci des émotions de leurs dresseurs.

Son professeur s’était soudainement déridé et s’assit dans l’herbe en souriant, lui indiquant d’en faire de même. Ils restèrent ainsi un long moment, sans parler, écoutant seulement le bruissement du vent dans l’herbe. Une légère brise rafraîchissante venait de se lever. Les deux rapaces se tenaient droits, non loin de leur dresseur, comme deux sentinelles.

“Tu devras remercier Elisa, c’est elle qui m’a convaincu de te mettre à l’épreuve. Je ne le voulais pas au début, surtout quand je t’ai entendu parler du fait que tu dressais un Roucoups, finit par dire Zéphyr, rompant le silence. Tu me rappelais une époque révolue, pour moi, celle ou j’arpentais le ciel avec Conrad. Tu me rappelais que je vieillissait à vue d’oeil et que maintenant, j’arrivai à peine à voler avec mon compagnon.

Le jeune dresseur tourna la tête vers son professeur. Celui-ci observait le ciel et l’unique nuage qui se déliait à cause du vent qui semblait bien plus fort en haute altitude.

Je vous remercie déjà vous, d’avoir finalement prit en charge mon entraînement.

Ce n’est pas fini. Tu dois maintenant apprendre à voler avec ton ami, gamin.

Ils n’ajoutèrent rien, c’était déjà bien plus que la plupart de ce qu’ils avaient échangés jusqu’alors. Zéphyr avait fait comprendre à Ivar que le silence et le calme étaient d’or.

Quand le vieil homme laissa Ivar et rentra chez lui, Elisa l’attendait sur le pas de la porte. Le soleil se couchait lentement et les reflets dorés persistant dans les cheveux de sa femme la rendait plus belle que jamais, l’âge n’entachant pas la grâce qui émanait d’elle. Il se sentait plus jeune que jamais et il s’approcha d’elle, lui prenant les mains.

Alors, ce jeune dresseur est-il prometteur, finalement ?

Bien plus que cela. Tu avais raison, ma chère et tendre, j’ai peut-être trouvé un digne successeur.

Les trois jours suivants furent bien remplis. Le matin, Ivar et Hrafn s’entraînaient contre Zéphyr et Kara, la rivalité entre les deux rapaces avait d’ailleurs disparue et une fois les entraînements terminés, ceux-ci ne se gênaient pas pour aller planer ensemble, loin dans le ciel. Pendant le repas, Zéphyr apprenait à Ivar les théorie sur la monte de pokémon volants, lui indiquant comment s’accrocher avec ses jambes plutôt qu’avec ses bras, sans pour autant gêner son compagnon, comment tenir lors d’une vrille et autre manoeuvres. L’après-midi était réservée aux travaux pratiques, le jeune homme apprenant à chevaucher le puissant rapace qui avait maintenant la force de le porter. Bien que les débuts furent difficiles, Ivar progressait vite et se montrait particulièrement à l’aise dans les airs. Quelques jours lui suffirent pour s’habituer à la vitesse que pouvait prendre Hrafn, ou pour tenir la tête en bas lors d’une vrille. Le plus dur était encore d’avoir l’oeil aussi perçant que son pokémon et de garder la conscience de tout ce qui l’entourait malgré la vitesse. Son professeur ne montait pas son propre oiseau, bien que le puissant Etouraptor ne traînait jamais loin en cas de chute, rattrapant même le dresseur avec ses puissantes serres lors d’une chute.
Zéphyr se déridait de plus en plus et montrait une autre facette de sa personnalité. D’homme un peu revêche, il était devenu beaucoup plus aimable et ouvert envers son élève, lui parlant même de son passé, de ses premières envolées avec Conrad, son Roucarnage et Kara. Visiblement, le lien entre Zéphyr et ses trois pokémons étaient très forts et quelque chose s’était brisé en lui à la perte de son premier compagnon. Un sentiment qui se ravivait lentement à la présence d’Ivar.

Le jeune homme ne s’était jamais senti aussi bien qu’en fendant les airs avec son Roucarnage. Il avait l’impression qu’un nouveau monde s’ouvrait à lui, sans aucune limite. Ivar aimait particulièrement sentir le vent froid qui malmenait ses cheveux lorsqu’il fendait le ciel en piqué et le léger vertige qui le prenait lorsqu’il regardait en bas ou que Hrafn exécutait une vrille. Il volait aussi plus calmement, accompagné de Feather et de Kara, sous le regard bienveillant de Zéphyr.
Une après-midi, son professeur les accompagna même, montant sur l’Etouraptor. Ils volèrent un moment tranquillement, au-dessus de la plaine versatile mais durent faire de nombreuses haltes, Zéphyr n’arrivant plus à encaisser de longs vols. Ils finirent par arriver en haut d’un petit promontoire de rochers et se posèrent ici, profitant d’un repos bien mérité autant pour eux que pour leurs pokémons. Zéphyr tourna alors la tête vers Ivar.

Il me semble que je n’ai plus rien à t’apprendre, le reste viendra avec la pratique,dit le cinquantenaire tout en fouillant dans sa poche. L’homme en sortit un long tissu bleu, qu’il tendit à Ivar. Je t’en fais cadeau, je n’en ai plus besoin après tout.

Qu’est-ce que c’est ?” Demanda le garçon en saisissant le tissu et en écartant les bras pour le tendre devant lui. Il était d’un bleu clair semblable à celui du ciel, une petite tornade noire était brodée en son centre.

C’est le foulard que portait Conrad, quand je traversai Mhyone avec lui. Fais-le porter à Hrafn, après tout, tu es un chevalier du ciel maintenant. Honore mon blason par tes actes.

Ivar aurait juré qu’une larme coulait sur la joue de son professeur, tandis qu’il le remerciait de sa sollicitude, se jetant ensuite en direction de Hrafn pour accrocher le foulard au cou de son ami. Le rapace bombait fièrement le torse, heureux d’avoir de nouveau son petit accessoire, l’appréciant à sa juste valeur. Quand le jeune homme se retourna en direction de Zéphyr, l’homme était déjà à califourchon sur son pokémon.

Maintenant, va à la conquête de tes badges ! Et reviens nous voir de temps à autres.

Et c’est sans cérémonie que l’homme s’envola, laissant Ivar seul avec son compagnon, au milieux de la plaine versatile. Décidément, Zéphyr était un être bien étrange, en proie à des sentiments contradictoires les uns des autres. Malgré l’hostilité dont il avait fait preuve au début, il s’était montré être un professeur patient, un redoutable combattant et surtout, un homme d’une grande générosité. La blessure qu’il avait reçu à la perte de Conrad n’était toujours pas cicatrisée et le blondinet ne pouvait que comprendre le caractère soupe au lait et revêche de l’homme.
Ivar attendit que son professeur disparaisse, enfourchant lui-même son compagnon avant de prendre la route du Quartier Général de l’Emblème, afin d’y récupérer ses affaires. Bientôt, il repartirait pour Nox Illum et obtiendrait son premier badge. Mais pour l’heure, il profitait seulement du vent qui sifflait dans ses oreilles alors qu’il fendait les cieux avec son compagnon, non sans une pensée pour ses amis, en particulier Artémis. Il lui tardait de voir sa tête, lorsqu’il arriverait sur le dos de son Roucarnage pour la rejoindre.



©️ Nephilith pour EPICODE.


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