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Rooftops [Solo]
Rooftops [Solo]
Mer 25 Avr 2018 - 13:14
Région d'origine : Hoenn
Messages : 1078

Alexandre Diame

Alexandre Diame
Rooftops.




Nos vacances battaient leur plein, et la compagnie d’Ivar, Daphnée et Mélodie était particulièrement agréable. A vrai dire, je n’aurais pu espérer que mon retour ne puisse mieux se passer. Il fallait bien avouer que notre groupe s’entendait désormais particulièrement bien, même s’il ne manquait Artémis pour espérer parfaire le tableau. Nous passions la majeure partie du temps tous ensembles, explorant la ville sous toutes ses coutures grâce à l’aide de la championne. Du bon temps agréable, bien loin de mes dernières aventures Mhyonaises.

Un soir, Ivar était parti en compagnie de Daphnée pour rencontrer d’autres amis qu’ils avaient connus lors des précédents tournois. Curieusement, Mélodie, fatiguée, avait décliné l’invitation, et, ne souhaitant pas la laisser seule alors que nous serions en train de nous amuser, je la déclinais également. Après tout, même si l’idée de rencontrer de nouvelles personnes ne m’effrayait nullement, il s’agissait surtout des amis d’Ivar et Daphnée, qu’ils auraient surement envie de retrouver sans qu’une personne qui leur était étrangère ne s’interpose. Une fois qu’ils furent partis, je me tournais vers la championne.

« Tu étais fatiguée, où c’était une excuse pour ne pas y aller ? » La taquinais-je. Elle me lança un sourire, puis un coup de poing amical sur l’épaule.

« Un peu des deux. Et je pourrais te retourner la question, tu aurais très bien pu y aller ! » S’exclama-t-elle.

Je ne répondis rien, me contentant de hausser les épaules en lui offrant un sourire énigmatique. Toujours était-il que nous avions maintenant la soirée devant nous, sans rien avoir à faire d’autre que d’attendre le retour de nos partenaires. Mais après tout, la championne avait surement envie d’un peu de tranquillité, ce qui m’exhortait donc à m’expatrier à l’extérieur pour la soirée. Rester seuls avec mes pensées ne me dérangeait pas tant que ça, surtout que Furfur me suivait à la trace, et devait guetter l’occasion de pouvoir me parler. Depuis que nous avions séjourné à Hoenn, ma région natale et ses rites semblaient avoir fasciné la Kaorine, qui ne tarissait pas de questions à ce sujet.

«  Bon, et bah… Bonne soirée du coup ?  » Lançais-je, rapidement stoppé dans mon élan par le regard interloqué de la jeune femme.

« Tu… Tu t’en vas ?  » Me demanda-t-elle, visiblement perplexe.

« Bah... tu as dis à Ivar et Daphnée que tu étais fatiguée, et que tu avais envie de rester tranquille. Alors…  » Dis-je, argumentant tant bien que mal ma pensée.

« Hey, je n’ai jamais dis que je voulais rester seule. T’as voulu rester, maintenant tu assumes.  » Dit-elle, croisant les bras, faussement vexée. J’éclatais alors de rire, avant de lui répondre.

« Ça va, ça va. Tu as envie de faire quelque chose ? » Lui demandais-je.

« Hum… » Fit-elle, réfléchissant. « Je ne sais pas pourquoi, j’ai envie de cuisiner. Tu ne connais pas une requête typique d’Hoenn que tu aimerais me faire découvrir ?  » Me demanda-t-elle.

La question était compliquée. Si je me débrouillais pour avoir les bases en cuisine, j’étais très loin d’être aussi doué qu’Artémis ou d’autres sur le sujet. Nous optâmes donc pour une recette glanée sur internet que je savais typique de ma région, et nous profitâmes de l’ouverture tardive d’une petite supérette pour faire le plein d’ingrédients nécessaires à la confection du plat. Puis, nous nous mîmes au travail sans plus tarder. Malgré la simplicité de la recette prônée par les commentaires, il fallait bien se rendre à l’évidence : Ni Mélodie, ni moi n’étions faits pour la grande cuisine. Aussi, nos tentatives ratées et infructueuses étaient davantage source de franche rigolades que de réelles déceptions. La cuisine prêtée par l’aubergiste se transforma bien vite en un champ de bataille sans nom, et nous finîmes par renoncer à notre folle entreprise au bout de quelques heures, à court d’ingrédients et donc d’essais, commandant une simple pizza que nous mangeâmes en continuant de plaisanter.

Une fois notre repas terminé, nous passâmes au nettoyage de la cuisine. Ce dernier nous prit une bonne heure tant la situation culinaire avait été désespérée. Le nettoyage achevé, nous partîmes nous changer, nos habits ayant malheureusement subi le même traitement que les plats et le carrelage de la chambre. Une douche s’imposait et, celle de la chambre étant réquisitionnée par Mélodie, je profitais de l’absence d’autres client pour me laver dans la douche d’une chambre inoccupée. Une fois propre et changé, je retournais voir Mélodie. La jeune femme n’avait pas terminé, aussi, j’empruntais les écouteurs et le lecteur qu’Ivar avait laissé sur son lit pour profiter de ces instants de tranquillité.

La jeune femme ne tarda pas à sortir, les cheveux trempés, portant simplement un débardeur et un jean. Mon regard s’attarda un instant sur elle sans qu’elle ne le remarque, étant toujours en train de sécher ses cheveux. Je détournais rapidement le regard, alors qu’elle prenait la parole.

« Ça te dit de bouger un peu ? Pas tard, j’ai juste envie de prendre l’air.  » Me dit la championne, souriante.

«  Pourquoi pas ! » Répondis-je avec enthousiasme. «  Tu as une idée d’où tu veux aller ?  »

« Hum…  » Fit Mélodie, réfléchissant à ma question. « Le bar où notre petit groupe s’est croisé la première fois est pas très loin, et, quand il n’y a pas de soirées de prévue, il est assez calme. Ça te tente ?  »

« Parfait. J’ignorais que madame était nostalgique d’un temps si éloigné qu’il m’est impossible de m’en souvenir.  » La taquinais-je. « C’était… il y a quoi… une semaine ?  » Finis-je sur un ton sarcastique.

« Tais-toi, idiot !  » Répliqua-t-elle en me lançant un oreiller. « Allez, passe la seconde, je suis prête, moi !  »

J’évitais de lui répliquer que c’était plutôt moi qui l’attendais depuis tout à l’heure, et je me levais avant de lui emboiter le pas. Nous sortîmes alors dans la fraicheur naissante de la nuit, bien qu’il nous fût toujours possible d’être respectivement en tee-shirt et en débardeur. Il ne nous fallut pas longtemps pour rejoindre le building et son toit aménagé en deux parties : un jardin et un bar plutôt branché, où, comme l’avait dit la championne, il n’y avait effectivement personne. Nous nous installâmes dans un premier temps dans l’endroit couvert, partageant quelques consommations en discutant de tout et de rien. La soirée allait bon train, et, sans nous en rendre compte, nous enchainions les commandes. Désireux de prendre l’air, un peu éméchés, nous sortîmes alors sur la terrasse, nous accoudant face à la rembarde qui nous protégeait d’une éventuelle chute. Les yeux rivés sur la ville qui s’étendait sous nos pieds, nous restâmes un moment silencieux, avant que la jeune femme ne prenne la parole.

« Alex ?  » Lança-t-elle simplement. Je ne détournais pas les yeux, apaisé par la vue qui s’offrait à moi.

« Hum ?  » répondis-je simplement.

« Je n’ai jamais… pris le temps de te remercier pour ce qui s’est passé à la tour. Je veux dire… Je ne me souviens de rien, mais tu te doutes qu’on m’a raconté toute l’histoire. Et je…  » Elle s’interrompit alors que je me retournais, posant mon regard sur elle, toujours accoudé à la rembarde.

« Tu n’as pas à me remercier Mélodie. Et puis, je n’étais pas seul non plus. Finn était là lui aussi.  » Lui dis-je doucement. Mon argumentaire ne parut cependant pas la convaincre.

« Non. C’est pas seulement ça. Il y avait Finn, mais toi, tu savais que t’avais que peu de chances de réussir à grimper jusqu’à l’étage où j’étais, et aucune garantie que le maitre te rejoigne. Pourtant, t’as tenté ta chance, pour quelqu’un que tu ne connaissais même pas. Et j’avoue que, même si je ne peux que t’en être reconnaissante, je ne comprends pas pourquoi. » Fit-elle, curieusement plutôt timide, son regard évitant le mien. Je me retournais alors, croisant les bras, adossé contre la rembarde.

« J’dois probablement être un peu stupide, ou fou, c’est au choix. » Répondis-je, avec une once d’amusement dans la voix, arrachant un léger sourire à Mélodie. « Plus sérieusement… Je ne saurais pas te donner une raison concrète. Mhyone est la région qui m’a tout donné, et permis d’être là aujourd’hui. Alors, quand j’ai vu ce que tentait d’accomplir la team Anima… Je ne sais pas. Je pense que, comme beaucoup, même si c’était inconscient, j’ai eu peur que ce rêve s’arrête. J’aurais pu m’en contenter, mais, le fait d’apercevoir dans le fond d’une salle glauque une jeune femme de mon âge ligotée, bâillonnée et inconsciente… Je sais pas, ça a eu l’effet d’un électrochoc. Je ne pouvais pas rester les bras croisés, alors j’ai suivi mon instinct et je suis venu. C’est tout.  »

Mélodie m’avait écouté sans broncher, ni prononcer le moindre mot. L’alcool déliait les langues, pourtant, ce que je disais me paraissait la façon la plus juste de décrire mon état d’esprit durant le coup d’état. Nous restâmes ainsi silencieux, nos regards ne se croisant pas une seule seconde.

« Je vois.  » Prononça-t-elle simplement, un soupçon de sourire s’attardant sur ses lèvres. « Vous êtes quelqu’un d’étrange, Monsieur Diame.  » Railla-t-elle doucement. « Je suis touchée de voir que ce n’est pas simplement ton instinct de combattant qui t’a poussé là-bas. Touchée pour ma région, et touchée… pour moi. Je sais que je ne devrais pas te dire ça mais…  » Elle se redressa, avant de se diriger face à moi et de plonger son regard dans le mien, un léger sourire aux lèvres.

« Je vous défie de remporter le badge de mon arène, Alexandre Diame. Je vous défie de remporter la victoire et de devenir le premier dresseur à achever la ligue de Mhyone. Je vous défie de remporter votre duel contre le maitre actuel, et, pour finir, je vous défie de prendre votre place définitive parmi les nôtres.  » Lança-t-elle sur un ton solennel, un sourire toujours figé sur le visage. J’hésitais un instant, avant de lui sourire en retour.

« J’accepte votre défi, championne Mélodie.  » Répondis-je simplement, légèrement amusé, serrant la main qu’elle me tendait pour sceller notre pacte.

Nos mains ne se délièrent curieusement pas immédiatement, et nous passâmes quelques instants le regard rivé dans celui de l’autre, sans pouvoir s’en détacher. Si notre lien finit par se désunir, ce ne fut que pour voir la paume de Mélodie se presser contre ma poitrine, bientôt rejointe par la deuxième. Ses bras se replièrent alors, diminuant peu à peu la distance qui nous séparait jusqu’à ce son corps se retrouve blotti contre le mien. La jeune femme raffermit sa prise sur mon haut, grimpant peu à peu sur la pointe de ses pieds pour hisser son visage à la hauteur du mien, approchant son souffle de mes lèvres. Le souffle coupé, je ne parvenais pas à réfléchir, les seules pensées arrivant à étreindre mon esprit étant trop fugaces pour être saisies. Alors que la distance qui séparait nos lèvres était à présent trop courte pour qu’une quelconque marche arrière fusse possible, et que mes mains se soient inconsciemment posées sur les hanches de la championne, nos poids conjoints suffirent finalement à me faire perdre l’équilibre l’espace d’un instant.

Mélodie, sentant la gravité nous emporter, ouvrit les yeux en poussant un cri de surprise. Conscient du vide qui se tenait dans notre dos, je raffermissais ma prise, relevant Mélodie de quelques centimètre le temps de nous assoir, en sécurité, contre la rembarde qui fut source de notre frayeur. Reprenant son souffle, la championne s’assit à mes côtés, et, lorsqu’elle fut remise de ses émotions, elle éclata de rire, son hilarité provoquant rapidement la mienne. Le fou rire passé, Mélodie tourna à nouveau la tête vers moi.

« On devrait rentrer, je pense. Moi qui voulait me reposer… Je vais avoir besoin d’une bonne dose de sommeil pour me remettre de cette soirée.  » Glissa-t-elle, taquine et souriante.

Pour toute réponse, je lui souriais et me relevais, lui offrant ensuite ma main pour l’aider à se remettre debout. Elle s’en saisit, les joues légèrement rosies, surement par l’alcool qui, malgré le grand air, échauffait encore nos deux visages. Nous quittâmes ensuite le toit, puis le building, reprenant la route vers l’auberge où nous séjournions, sans un mot. Une fois rentrés, nous fîmes attention à ne réveiller ni Ivar, ni Daphnée, reprenant nos places respectives dans le noir. Puis, le silence s’installa un instant, jusqu’à ce que le murmure de la voix féminine de Mélodie ne vienne accompagner une dernière fois l’obscurité environnante.

« Bonne nuit.  » Souffla-t-elle.

« Bonne nuit.  » Murmurais-je.

Je fermais les yeux, sachant pertinemment qu’il n’y avait que peu de chances pour que je finisse par trouver le sommeil.


© ANARCISS pour épicode

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