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À quelque chose malheur est bon │[solo]
À quelque chose malheur est bon │[solo]
Jeu 28 Juin 2018 - 9:59
Région d'origine : Hoenn
Messages : 1

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Pyrrhus Scylla
À quelque chose malheur est bon


Mon expatriation démarrait sur les chapeaux de roues. L'archipel de Mhyone, destination de villégiature, était en émoi après la prise de l'aéroport régional par un commando d'éco-terroristes. Ainsi étaient-ils dépeignés par les chaînes d'information en continu depuis maintenant quatre jours. En conséquence, j'eus la mauvaise surprise de voir mon vol « Féli-Cité - Nox Illum » annulé.  Il était devenu impossible de rallier l'île par voie aérienne. Mon billet remboursé, je songeais à une solution de rechange. Finalement, ce fut à la proue d'un paquebot que la majestueuse station balnéaire de Minami s'offrit à mon regard, seul port de la région desservi sur un plan international. Les embruns caressaient mon visage, des sirènes ponctuaient les manœuvres laborieuses du bateau pour amarrer et les voyageurs échangeaient des signes de la main enthousiastes avec les badauds. L'ancre jetée, mes pieds foulèrent le quai, précédés de mon bâton de marche. Mêlé à la foule, je me dirigeais vers la sortie après m'être soumis au contrôle de sécurité d'usage, renforcé au regard des récents évènements. Le soleil brillait de mille feux au milieu d'un ciel azurée qui se reflétait sur les flots en une myriade d'étincelles. Rien, dans ce décor enchanteur, ne pouvait laisser penser qu'une tragédie se jouait au même moment dans la capitale de l'archipel. Les poumons remplis d'air marin, je déambulais dans les rues de la ville à la recherche d'un centre pokémon où je pourrais régulariser ma situation administrative. Chaussé de spartiates, vêtu d'une djellaba immaculée, je m'arrêtai à une fontaine où mes mains plongèrent pour me rafraîchir le visage. « Si tu veux mon avis, c'est pas près de s'arrêter ! Entre le coup d'état avorté et le blocage de l'aéroport, je ne serais pas étonné de voir mon chiffre d'affaires baissé de moitié par rapport à la saison dernière. »  Fronçant les sourcils, je me tournai pour apercevoir deux hommes plongés dans une conversation animée « M'en parle pas ! Deux jours d'affilée sans réaliser la moindre vente. Si ça dure, je peux mettre la clef sous la porte. Pas que je sois insensible à l'écologie, hein ! Entendons-nous bien, mais c'est que j'ai des bouches à nourrir, moi ! Zygarde de malheur, soyez maudits ! » Dégageant mes cheveux derrière les oreilles, je réajustai mon turban avant de les interpeller : « Bonjour messieurs, pourriez-vous m'indiquer le centre pokémon le plus proche ? »

Enfin un peu d'ombre ! Les portes automatiques se refermèrent derrière moi, me laissant dans une pièce climatisée aux couleurs chaudes. Au comptoir, une infirmière ravissante rassurait une jeune fille sur la santé de son Caninos. Je rejoignais une salle voisine où des postes informatiques étaient mis à la disposition des dresseurs. Posant mon sac en bandoulière, j'allumai l'ordinateur afin de réaliser mon inscription à la Ligue de Mhyone. Quelques clics et un questionnaire rempli plus tard, je m'acquittais de la procédure, faisant le constat de mon affectation au Sceau de l'Ossatueur. Réunissant des dresseurs de tempéraments similaires, il s'agissait d'un groupe censé créer du liant et pousser à la coopération. Bien que la portée de cette estampille m'échappât quelque peu, je poussai un soupir de soulagement. « Quelle corvée ! » susurrai-je, pas mécontent d'en avoir terminé avec la paperasse. En qualité de nouvel inscrit à la Ligue, je pouvais prétendre à recevoir gracieusement trois pokéballs. L'idée, derrière ce don, était d'enjoindre les compétiteurs à grossir leurs rangs avant de défier les champions d'arènes. J'en fis expressément la demande par l'envoi d'un courriel à l'adresse de la scientifique en charge des admissions. Cependant, mon objectif était clair comme de l'eau de roche et ne saurait souffrir d'aucune espèce de variation, fût-ce d'un iota : honorer mon serment par l'édification d'un temple à la gloire de la divinité suprême. Il n'était point là question d'empiler des blocs de pierre mais bel et bien de fonder la religion authentique, débarrassée des superstitions et des syncrétismes. Ni la course aux badges, ni les intrigues politiques ne viendraient perturber mon agenda.

Mes impératifs expédiés en matinée, j'avais quartier libre l'après-midi. Il me fallait déjeuner, j'écumais donc de nouveau les rues à la recherche d'un repas. Soupesant mon escarcelle, je jetai mon dévolu sur un marchand de glaces ambulant, faisant silencieusement le deuil du restaurant que je m'étais imaginé. « Bonjour ! Une seule boule, parfum pistache s'il vous plaît ! » m'enquerrai-je auprès du vendeur. « Hé ! Ho ! »  arquant un sourcil, je cherchai l'origine de l'apostrophe. Le pan de mon vêtement fut tiré vivement. Je baissai les yeux pour découvrir un jeune garçon aux cheveux blond vénitien, le visage couvert de taches de rousseur. Les mains plaquées sur ses hanches, il rouspéta : « On fait la queue comme tout le monde ! »  Confus, je me précipitai pour lui faire des excuses « Oh ! Je n'ai pas fait attention, désolé. Que diriez-vous d'une glace pour me faire pardonner ? » Muet un court moment, il finit par acquiescer. Je lui tendis un cornet supplémentaire avant de payer le glacier. « Passez une agréable journée, messieurs » lançai-je avec un signe de la main en m'éloignant.

La bibliothèque publique accueillait ses visiteurs par une immense porte à double battant. Aspergeant mes doigts maculés de crème dans la fontaine qui jouxtait l'entrée, j'avais contemplé l'édifice de longues minutes en savourant mon sorbet. Les mains propres, je me pressai à l'intérieur, assisté de ma canne. Charmé par l'atmosphère feutrée, par le bruissement des pages tournées, par les chuchotements évanescents, un sentiment de plénitude m'envahit alors que je m'égarais dans le labyrinthe de connaissances. Perdu dans les rayonnages, la tête légèrement inclinée, mon index effleurait les reliures à mesure que j'en lisais les titres. « Euréka ! » m'exclamai-je en saisissant un livre sur la couverture duquel était calligraphié en lettres d'or : « Mhyone : un archipel spirituel ? » Posant mon bâton contre l'étagère, je parcourus le sommaire avec convoitise, époussetant l'ouvrage d'un geste vif. La lecture des premières lignes ôta le moindre doute sur ma prochaine destination :

« S'il est une personne toute désignée pour nous apporter des éléments de réponse à cette question c'est sans nul doute possible le guide spirituel d'Athiki. Situés sur l'île d'Eschine, sous la houlette du vieil homme, les habitants de son village perpétuent des traditions immémoriales par le recueillement et la prière dans le sanctuaire qui domine la région… »

Le reste de la journée s'écoula lentement. Je l'occupais en recueillant tous les renseignements utiles pour rejoindre le fameux village. Le soleil dardait ses dernières lueurs crépusculaires quand mes recherches aboutirent. D'après mes informations glanées pour la plupart à la mairie, l'île d'Eschine était desservie par ferrys depuis Minami. La bonne nouvelle c'était que je me trouvais déjà à bon port comme si la providence m'ouvrait la voie. En revanche, la mauvaise nouvelle c'était le prix de la traversée, plutôt onéreux pour ma petite escarcelle. Mes économies avaient fondu comme neige au soleil ces huit dernières années. Je ne pouvais compter que sur moi-même désormais et je m'étais fait la promesse de ne pas retomber dans mes travers de jeunesse. Il fallait voir dans cet état de fait une opportunité plutôt qu'une infortune. Disparaissait avec ces économies l'argent sale qui se trouvait en être la source. Il s'agissait d'une aubaine pour prouver mon repentir. Là où tout le monde voyait une malédiction, je concevais une bénédiction. Ma rédemption passerait donc par la recherche d'un emploi le temps d'amasser le pécule suffisant pour mon voyage. Je commencerais à chercher demain ; pour l'heure, je pris la décision de me rendre à la plage, située à quelques encablures du centre-ville.



lumos maxima
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