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Valet de pluie
Valet de pluie
Dim 13 Jan 2019 - 21:32
Région d'origine : Hoenn
Messages : 225

Benjamin Makuno

Benjamin Makuno

A l'aube d'un soleil froid, sous le son des carillons de Noël, je me réveillais encore engourdi de  ma nuit de sommeil pas forcément suffisamment longue : C'était clairement ma faute. Arrivé la veille sur ces lieux aux parfums de magie, j'avais rapidement dilapidé mon temps en ne me souciant que peu des pertes : Nous étions le 24 Décembre. J'étais désormais sur l'île depuis bientôt un an et demi, et c'était déjà le deuxième Noël que je connaissais ici. Un an et demi seulement... L'époque de ma vie à Hoenn me semblait loin désormais, et sombrait peu à peu dans un oubli, certes salvateur, mais dont je ne parvenais pas à me rassurer perdre. Comme si un morceau de moi souhaitait le garder enfoui, quelque part, pour ne pas oublier. L'oubli était sans nul doute la plus redoutable des choses, et la plus belle... Où étaient mes compagnons, désormais ? Allaient-ils bien ? Je ne m'inquiétais pas réellement pour mes pokemons. Ils avaient prouvé leurs forces, et je savais qu'ils mèneraient les combats qu'ils entendraient, partout dans Hoenn. Quand à mes autres compagnons que pouvaient être amis et famille... Noël avait toujours été une fête d'une sublime tristesse, à mon sens. Comme le marquant d'une vie célébré à l'unisson. Les flocons recouvrant peu à peu ce que l'on connaissait, le vent glacé pliant nos choix et nos futurs.

Lentement, encore fatigué, je m'habillais d'un air pataud, refluant mes pensées sinistres au fur et à mesure que mon réveil évoluait. Douche. P'tit Dej. La routine. Pour une journée qui ne l'était pourtant pas. C'était aujourd'hui Noël... Et malgré tout ce que j'avais pu penser avant, mon esprit se faisait de moins en moins sombre. On pouvait entendre d'ici les cœurs chanter, la musique emplissant l'air tandis que de gros flocons semblaient se mettre à tomber. On entendait les rires dans la rue, on voyait derrière les carreaux gelés les enfants jouer. C'était quand même beau.

___________

Flâner dans les rues du village était quelque chose d'étonnamment agréable, surtout en cette journée. Très vite, mes pensées un peu noires du matin furent chassées, et seul la joie et la fête furent présent dans mon esprit. Sortant mes compagnons pour l'occasion, à l'exception de Leviator qui risquait de mettre un peu le bazar en ces lieux, j'errais donc dans le village de Noël, profitant de chaque instant que je pouvais savourer : Voir des familles heureuses, réunies, rire. Des enfants jouer dans la neige. Des gens chanter, s'offrir des cadeaux. Splendide. Tard dans la matinée, je flânais tranquillement en m'amusant à regarder l'empreinte de mes pas disparaître lorsqu'un bruit de grelots sur ma droite me fit sursauter, mon visage s'illuminant à la surprise de la rencontre.


- Eh, salut Blizzaroi ! T'es plus beau que jamais ! Comment ça va mon gros ? Joyeux Noel !


Le sapin vivant semblait ravi de voir celui qui l'avait aidé à s'habiller de la sorte pour l'occasion. Il est vrai que j'avais eu l'occasion de mettre la main à la pâte quand à sa décoration, la veille. J'avais bousculé sans le vouloir le pauvre grand père qui s'occupait de la tâche, juste avant... D'ailleurs, il était étonnant de ne pas le voir s'amuser dehors, lui qui était si fier de son travail. Il ne prenait pas la pose avec les touristes venus admirer son oeuvre ? Tandis que Blizzaroi était gaiement en train de faire secouer doucement ses grelots à côté de moi, un bon paquet de neige tombant au sol à chacun de ses soubresauts, je jetais un coup d'oeil à la maison un peu rabougrie qui se trouvait à côté, et dont c'était le jardin que Blizzaroi occupait si magnifiquement. Sachant que j'avais fait tomber d'un escabeau le vieil homme la veille, je n'étais pas vraiment rassuré de cette absence. Devais-je me permettre de toquer, pour m'enquérir de l’état de santé de l'homme ? Peut-être célébrait il tout simplement Noël en famille, bien au chaud dans sa maison... Cependant, la cheminée était tue, et au pire des cas... Cela me ferait une bonne occasion de lui souhaite un Joyeux Noel.

Le bruit du heurtoir en métal sur la porte en bois se fit sonore malgré la musique et les rires ambiants. A mes côtés, Brindibou et Mime, qui avaient aidés eux aussi à la décoration de Blizzaroi. Alpha faisait quand à lui sa vie, voletant dans les airs en s'amusant à passer entre les banderoles qui flottaient ci et là. Pas de réponse... Peu rassurant. Toquant une deuxième puis une troisième fois, je jetais un coup d'oeil à la fenêtre givrée d'à côté. Une forme mouvante de l'autre côté de la fenêtre s'immobilisa, semblant me dévisager. Je cru reconnaître le vieil homme... Heureusement, celui-ci semblait au moins debout. Lui faisant un signe de salutation par la fenêtre, ce dernier me répondit un peu mollement, avant de bouger pour se diriger en direction de la porte. J'entendais d'ici le bruit de ses pas sur un parquet ne grinçant que trop, et bientôt, un lourd bruit de verrou tombant, avant que la porte ne s'ouvre. Se tenait dans l'embrasure le vieil homme, qui me salua d'un sourire à la fois chaleureux, mais teinté de cette même fatigue que je lui avais déjà connu la veille. Ou peut-être étais-ce de tristesse.


- Joyeux Noël Monsieur ! Et encore bravo pour Blizzaroi, il fait beaucoup d'effet aux enfants. J'espère que je ne vous dérange pas ?

- Oh mais pas du tout jeune homme. Je n'avais pas vu que c'était vous, désolé. Je veillais sur ma petite, elle ne va pas très bien ce moment... Moi qui espérait que Blizzaroi lui fasse retrouver un peu de gaieté ! Mais c'est l'important, la famille, vous savez. Y'a que ça qui compte dans ce bas monde.


Douche froide. Si le vieille homme était effectivement bien debout, ce qu'il me racontait là n'était pas de nature à être très rassurant. Sa petite fille n'allait pas bien ? Et l'importance de la famille... Je repensais à la mienne, retour aigre sur mes pensées du matin. Mon père était fourré dieu seul encore où, et je n'avais jamais vraiment été famille. Ma vie à Hoenn était de toute manière terminée... Ma main à la ceinture, jouant machinalement avec mes pokeballs, marqua l'arrêt. La pokeball de Mimiqui... Lui non plus n'était pas de sortie, aujourd'hui. Il était difficile de faire appel à lui, au vu de nos relations. Depuis l'éclaircissement de la situation grâce à Isara, à Nox Illum, j'avais laissé ceci traîner également. L'important c'est la famille, oui... Et il en avait fait les frais. C'est inconsciemment que je le rattachais à des souvenirs dont je souhaitais ardemment me détacher. Comment, alors, créer un lien nous unissant ? Cessant d'y penser en voyant le visage marqué du vieil homme, j’ôtais mes soucis de ma tête néanmoins. Il y'avait plus important, sur le moment présent.


- Malade, vous dites ? Je... Est-ce que d'une quelconque façon je puisse faire quoi que ce soit ?

- Oh c'est gentil mais... Je ne sais pas. Ma petite fille est très affaiblie, et je ne comprends pas pourquoi. Elle qui joue toujours avec Blizzaroi d'ordinaire, elle ne peut même pas aller jouer avec lui alors qu'il a mis ses plus beaux atours...


Tandis que le vieil homme me parlait, je pouvais clairement discerner une silhouette se mouvoir derrière lui, dans l'ombre de sa maison bien peu éclairée. Une petite fille en robe bleutée. Des cheveux blonds, un teint d'une incroyable pâleur, les joues néanmoins rouges, tout comme ses yeux. Je croiser son regard, qu'elle détourna bien vite, visiblement gênée, avant de regarder Brindibou sur mon épaule. Un sourire triste sembla fendre son visage, une étincelle étant morte aussi vite qu'elle était née dans son regard.


- Bonjour toi ! Joyeux Noël ma grande, j'espère que ça va all...


La silhouette disparut dans le tournant d'un mur, un bruit de marches grinçantes me signalant qu'elle était sans doutes parti se réfugier dans les étages, peu enclin à la discussion. Son grand père lui, venait simplement de comprendre, visiblement trop fatigué pour suivre ce qu'il se passait. Se retournant, ce dernier se mit à hausser le ton, visiblement peiné.


- Lucie, tu devrais rester couchée ! Ta température est encore haute ! Qu'aurais dit ton père à t...


Je venais de comprendre, et quelque chose se brisa en moi, dans ma joie de Noël. Le vieil homme s'était tu, sa voix étant petit à petit partie dans les trémolos. Son visage marqué tremblait, et il me semblait apperçevoir une larme au coin des rides qui entouraient ses yeux. Dans un grognement, ce dernier se frotta le visage en se rappelant que j'étais présent, reniflant bruyamment avant de reprendre le sourire triste qu'il arborait plus tôt, dans une grimace qui semblait presque douloureuse cette fois-ci.


- Ces flocons sont décidément un fléau pour les yeux. Beaux mais éphémères, et parfois douloureux. Désolé que vous me voyiez m'emporter, voir un grand père réprimander sa petite fille le jour de Noël...

- Je... Non, je... Peut-être... Voulez vous en parler ?


Je n'étais personne pour évoquer le sujet avec le vieil homme, qui ne me connaissait au final pas du tout. Et pour tout dire, j'étais même particulièrement mal de me retrouver dans la situation dans laquelle j'étais... Je n'aurais pas du être là, et j'étais clairement de trop dans la tristesse de cet homme. Mais sa douleur se lisait sur lui. Une douleur de vieil homme, la fierté d'avoir vécu, d'être, et la honte de ne pas être assez fort. Il n'y avait aucune honte à avoir. Pas dans ce genre de situation. Me dévisageant, l'homme me répondit finalement d'un simple mouvement de tête de refus, un sourire sur les lèvres plus fort et plus authentique que précédemment. La dignité semblait lui faire refuser... Je ne pouvais que respecter cela.


- Je comprends. Je vais donc vous laisser... J'espère que... Bah, si vous avez besoin de moi, hésitez pas.


Farfouillant dans mon sac pendant que je n'arrivais de toutes manières pas à dire quoi que ce soit d'approprié pour la situation, j'attrapais un vieux morceau de papier qui traînait là, ainsi qu'un stylo. Griphonant mon numéro, je le tendais au vieil homme qui hésitais un moment avant d'attraper le mot d'un geste tremblant, mais néanmoins empli de force. Cette fois-çi, c'est silencieusement que le vieil homme acquiesça, de l'humidité recommençant à apparaître dans les rides aux coins de ses yeux. Et quand on savait qu'il ne neigeait presque plus... Faisant un geste au vieil homme ainsi qu'un sourire tendre, celui-ci déglutit avant de me saluer d'un nouveau sourire, plus sincère celui-ci, avant de fermer la porte lorsque j'entrepris de tourner les talons. Blizzaroi, lui, avait fait tomber toute sa neige. On entendait plus le son des grelots.

___________


Ma journée ne s'était pas montrée aussi belle que je l'aurais cru, suite à cela. Si mes humeurs sombres du réveil avaient été balayées par l'ambiance du village, je ne pouvais cependant que repenser à ce vieil homme et à sa terrible histoire. Peut être avais-je tort, et compris différemment, mais tout me semblait assez clair. Cette petite fille n'avait plus de père, ni même de Grand-Mère, ou même de mère. Il ne restait plus qu'un Grand-Père qui devait se montrer fort, comme il l'avait toujours fait. Ce qui compte à Noël, ce n'est pas décorer le sapin... C'est d'être tous réunis.

L'après midi ensoleillé qui resplendit sur le village de Noël, et les rires des enfants, et les chants de Noel, et les odeurs sucrées... Rien de tout ça ne parvint à pleinement me faire profiter de cette journée. Pourtant, je fis du mieux que je pouvais : Vagabondant à droite à gauche, me promenant, discutant, célébrant... Leviator eu même droit à une réplique miniature de lui même en neige qui m'avait pris un bon moment. Mais rien de tout cela n'effaçait le souvenir.

Il n'avait pas assez neigé.

___________

Assis sur un banc, regardant d'un œil avide de joie les gens passer devant moi dans la rue au fur et à mesure que le soleil se couchait, je pouvais voir petit à petit les étoiles se dessiner dans le ciel. Des points d'une magnifique beauté, tous infiniment loin. Des boules de chaleur dans un océan noir... Arriver à s'en saisir, c'était là le jeu. Dur à réaliser... Mais l'important était d'y croire pour déjà s'en approcher. Mime profitait du spectacle un peu à l'écart, allongé dans la neige. Alpha dormait, visiblement épuisé de sa folle journée de voltige, là où Brindibou se taisait aussi, profitant de ce qu'il voyait. C'était beau... Tout le monde se devait de voir le beau. Ma main s'était remise machinalement à jouer avec mes pokeballs. Nouveau temps d'arrêt... Puis un choix.

Un rayon s'échappa d'une des sphères à ma ceinture, pour laisser apparaître Mimiqui à mes côtés. Celui-çi sembla surpris, et se tourna dans ma direction en grondant, se demandant sans doutes quel était encore cette histoire. Mais je lui souris simplement, avant de tourner de nouveau ma tête vers les étoiles. Le regard ému, moi aussi.


- J'me suis dis qu'il fallait que tu vois ça, malgré tout... Noël... Le ciel... Tout moment de beauté dans ce monde se doit d'être jalousement chéri.


Les grondements de Mimiqui restèrent un moment après que j'ai fini de lui parler. Je pouvais le voir me fixer de son regard sombre... Puis petit à petit, il se fit plus calme. Levant sa tête vers les cieux, les étoiles se reflétèrent dans le regard de mon compagnon spectral. J'en souriais mélancoliquement. Il semblait réfléchir, lui aussi... Il avait même cessé de faire des vas et viens avec sa queue spectrale, chose que je ne l'avais... en fait jamais vu faire.


- Tu préfères quoi, toi ?


Le Mimiqui reste silencieux, regardant le ciel comme nous tous. Facile à déchiffrer comme bestiaux tiens... Peu m'importait ses préférences, j'étais prêt à les respecter. Ce soir, et alors que la pluie commençait à tomber et qu'il se faisait de plus en plus ardu de pouvoir apperçevoir une étoile pointer entre les nuages, j'étais prêt à prendre la décision qui incombait concernant Mimiqui. Mais j'attendais d'avoir son feu vert...

Néanmoins, quelque chose vint me troubler dans ma réflexion. Tandis que j'étais en train de songer à tout cela, un cri perçant déchira les airs, émiettant la magie de Noel qui restait encore dans les mélodies passant en boucle désormais sur les hauts parleurs du village. C'était un cri de panique, de détresse, étouffé par le bruit de la pluie tombant sur la neige. Me levant d'un bond, je me mis à courir sans réfléchir en direction de l'endroit où j'avais entendu crier, laissant d'ailleurs derrière moi mon Yanmega et mon Mime, tout deux désormais endormis. Au final, seul Brindibou m'avait suivi. C'est ce que je cru un moment, avant de découvrir que Mimiqui suivait mes pas, le regard concentré, impassible, mais évitant tout de même soigneusement le miens. Eh bien, ça avait un tel effet sur lui, ce village ?


___________


Je cherchais d'où pouvais bien provenir le cri, et j'étais désormais arrivé dans une petite ruelle étroite du village de Noël, relativement abritée de la pluie grâce au rapprochement des maisons de la rue. C'est alors que je la vis de nouveau : Par terre, dans la neige, une jeune fille en robe bleutée était en larmes. Je la reconnu aussitôt.


- Eh mais... Lucie ?!


La jeune fille tourna la tête dans ma direction d'un air paniqué, avant de chercher visiblement à se relever pour s'enfuir, mais elle ne manqua pas de trébucher de nouveau, n'arrivant visiblement pas à avoir assez de force en elle pour cela. C'est alors que je vis les raisons de sa fuite : Face à elle, un Farfuret au regard mauvais semblait aiguiser ses griffes, ses yeux ne se détachant pas du collier orné que portait la jeune fille. Mais alors que j'allais réagir en demandant à Brindibou d'aller au secours de la jeune fille, j'eu l'étonnante surprise de voir Mimiqui se ruer sur son adversaire en courant, avant de venir le percuter de plein fouet dans une Ombre Portée que le pokemon agresseur ne semblait pas avoir vu venir. Comme possédé, le pokemon spectre ne laissa pas un instant de répit à son adversaire : Si celui ci essayait de riposter face au Pokémon féerique, il n'était visiblement pas de taille face à la violence qui émanait de chaque lacération de Mimiqui. Résultat ? Quelques secondes à peine plus tard, Farfuret parvint à se relever plus ou moins en dératant sur la neige secouée par leur combat, avant de fuir aussi rapidement qu'il ne semblait pouvoir. Mimiqui tourna alors subitement la tête vers moi, le regard encore dur, avant de porter son attention sur la petite fille.

Je m'apprêtais à réagir à tout moment, craignant le pire... Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque le pokemon s'approcha d'elle, l'aide à se relever à l'aide de son ombre. La fillette, tremblotante et pas loin de tourner de l'oeil visiblement, esquissa tout de même un sourire face au pokemon féerique.


- Me...ci... toi...


Elle ne devait pas être âgée de plus de cinq ou six ans. Mais que faisait t'elle diable ici, en pleine nuit, sous la pluie, dans l’état dans lequel elle était ? Courant vers elle tandis qu'elle trébuchait de nouveau, je la prenais dans mes bras sous l’œil sévère de mon Mimiqui. Pas le temps de comprendre, il fallait que je la ramène le plus vite possible au Grand-Père. Par chance, nous n'étions pas très loin de la maison, je reconnu en effet rapidement la place. Heurtant plusieurs fois le battant de sa porte d'entrée, j'entrepris de toquer aux carreaux également, couvrant la petite du mieux que je pouvais tandis que Mimiqui étendait son ombre autour d'elle, comme pour la protéger. Après une attente qui me parut interminable, et suite à de très nombreux coups sur la porte, une lumière sembla s'allumer dans la maison, avant qu'un nouveau bruit de loquet ne retentisse. A peine le Grand-Père avait-il entrouvert la porte et vu mon visage, où je pouvais lire de l'incompréhension, qu'il vu directement sa fille qui se trouvait dans mes bras. Son visage se déforma sous le masque de la peur.


- Lu... LUCIE ?! Ma petite Lucie ?! Qu'est ce qui se passe, pourquoi n'es-tu pas dans ta chambre ?! Entrez vite, pour l'amour du ciel !


Des larmes de peur perlaient à nouveau sur les joues du vieil homme, sans qu'il n'en ai guère quelque chose à faire, cette fois-ci. Il y'avait plus important que rester fort, actuellement ! Me dépêchant de rentrer dans le bâtiment, toujours sans un mot, je m'avançais dans le salon un peu miteux, allongeant la petite sur le canapé tandis que son père était parti chercher une grosse pile de couvertures, qu'il se hâta de lancer sur sa petite en prenant soin de bien la border. Voyant son regard terrorisé et terriblement perdu se poser sur moi, je me déchais d'essayer de lui expliquer la situation.


- J'étais assis sur un banc en ville quand j'ai entendu crier : Votre petite était dans une ruelle du village, visiblement à bout de force, en plus de s'être retrouvée attaquée par un Farfuret. Il en avait après son bijou...

- Mais qu'est ce... Oh ma pauvre chérie, ma pauvre chérie... Pourquoi t'acharnes-tu ? Ne me fait plus jamais cette peur là, s'il te plaît... Merci, merci... Merci. Je ne sais pas ce que... Si vous n'aviez pas retrouvé ma petite... Tout ça pour le collier de sa mère.


Les larmes commençaient à se faire plus ténu sur le visage du Grand-Père, tandis que sa petite fille se mit à tousser, geignant dans son sommeil. Tandis que j'expliquais la situation au Grand-Père, celui ci était parti chercher une bouillotte pour réchauffer la gamine, ainsi que de quoi faire descendre la fièvre qui semblait ravager sa petite fille.


- Monsieur ? Vous... vous avez avec demandé pourquoi elle s'acharnait. Ce n'est pas la première fois qu'elle... fugue, en pleine nuit, dans cette tenue ?


J'avais conscience d'être cavalier vis à vis de l'intimité de cette famille, visiblement en proie à de terrible maux, mais je ne pouvais m'empêcher de m'inquiéter, et d'essayer de comprendre. Les chances que j'arrive à aider n'étaient pas hautes, mais peut être qu'en parler pourrait aider ne serait-ce qu'un tant soit peu le Grand-Père à se soulager. C'est le doute que je vis s'installer dans son regard lorsque j'eu posé cette question. Ce dernier perdu son regard dans le vide, puis sur sa petite fille. Il semblait éteint, désormais, et attrapa une chaise près de lui pour s'affaler dessus.


- Les parents de Lucie... sont morts il y'a de cela quelques temps. Mais c'est dur de... d'accepter le départ de mon Fils et de ma Belle-Fille, que ça soit pour Lucie, ou même pour moi. Vous savez, ce n'est qu'une enfant. Nous sommes à Noël. Peut-être... peut-être s'attend-elle à un miracle de Noël, à une surprise. Peut-être attend-elle de revoir ses parents sur le pas de la porte. Peut-être refuse-t-elle d'accepter... Je pense que c'est pour cela qu'elle est partie les chercher elle même. La... petite idiote.


Ces derniers mots n'étaient pas durs, mais au contraire ampli de tendresse, et je devais bien avouer sentir moi aussi l'émotion monter à ma vue. A coté de moi, Mimiqui me regarda, mais ne dit pas mot. Le regard toujours penché sur la petite fille, il semblait veiller sur elle d'un regard... tendre ? Le Grand-Père semblait l'avoir vu.


- Vous aussi, vous avec des choses tristes, dans votre vie, jeune homme. Je l'ai tout de suite vu. Ce Mimiqui qui vous accompagne... Je le vois en lui : Ce que je viens de dire le touche. Je tiens aussi à le remercier d'avoir pris soin de ma fille.


Le pokemon spectre regarda le Grand Père d'un visage que je ne lui connaissais pas. Il était véritablement peiné... Moi qui ne l'avait connu qu'en proie à la violence. Pourquoi diable semblait-il si attaché au bien être de cette petite fille ? Ce n'était peut être pas le mauvais bougre après tout... Je fixais mon pokemon, sans me lasser de le voir ainsi. Nouveau geste machinal, ma main à ma ceinture, mes pokeballs, celle de Mimiqui... Tourne, tourne, tourne...

Je poussais un profond soupir : Détachant la pokeball de mon pokemon pour la garder en main, je vis la jeune fillette ouvrir les yeux à côté de son Grand-Père, bien que celle-ci semblait toujours être profondément épuisée.


- Lucie... Monsieur. Je... Je crois que ça serait une bonne chose que Mimiqui reste avec vous.


Le pokemon spectre tourna son regard vers moi, de l'incompréhension dans les yeux. Mais aucune colère. Et peut être même une étincelle. Je lui souriais.


- Mimiqui a toujours été assez... agité. Mais je ne l'avais jamais vu comme ce soir. Votre histoire, l'histoire de Lucie... Ça le touche beaucoup. Je pense que c'est le mieux pour lui : Notre relation n'était pas au beau fixe. Il me rappelle des choses que je préférerais oublier, et je ne me montre de ce fait pas aussi cool avec lui que je ne le devrais. Mais avec vous... Il est différent. T'en penses quoi, Mimiqui ?


Le pokemon spectre baissa les yeux lorsque j'évoquais son nom, avant de les relever d'un air presque timide dans ma direction. Puis jetant un regard à la jeune fille qui, bien qu'elle avait les paupières fermées, avait tout de même un sourire encré sur son visage. Le Grand-Père, lui, semblait un peu perdu. Le pokemon fée fit un petit signe de tête affirmatif, avant de se tourner vers le vieil homme, comme pour chercher son approbation. Tournant mon regard vers lui, j'arquais un sourcil en attendant sa réponse.


- Eh bien... Oui, je... Je ne sais trop que dire. Mais ce que je sais, c'est que vous comme votre pokemon avez sauvé ma fille, et elle sourit. Elle nous entends sans doutes vous savez... Alors si Mimiqui veut bien aider un vieux Grand-Père à protéger sa petite fille, je... Oui, ça me plairait beaucoup. Ça nous plairait beaucoup.

- Alors c'est heureux. Joyeux Noel, Lucie...


Je fis glisser la pokeball, vide car son occupant était au chevet de la fillette, entre cette dernière et son grand père. Tout cela me semblait étrange, presque irréel, mais je n'agissais qu'au cœur, en ce jour. Les souvenirs sont tout ce que nous avons, mais tout à une fin. Et il fallait savoir les laisser partir, eux aussi...

_____________


Je restais un long moment en compagnie de la petite et du Grand-Père, à veiller sur la petite avec son Grand-Père, qui avait allumé un feu dans la cheminée. Elle avait finie par reprendre quelques couleurs, et pouvait désormais s'asseoir. Elle confirma qu'elle avait tout entendue, et me dit merci pour le Mimiqui, avec qui elle était en train de rire. Néanmoins, son regard finit par se ternir de nouveau tandis qu'elle regardait dans le vide, sa main sur son collier. Elle se tourna vers son Grand-Père.


- Tu sais... Je sais au fond que Papa et Maman... Au fond ils sont partis. Mais un jour je les verrais ! Je sais pas pourquoi j'ai... je me suis perdu... Je voulais aller voir Poupou mais c'était pas la grande forme...

- Poupou ma chérie ? Mais de quoi tu parles ? C'est qui Poupou ?

- Poupou c'est... c'est...


La voix de la petite se ternit, tandis que son grand-père, et moi même je devais l'avouer, étions suspendu à ses lèvres. Qu'est ce que c'était que cette histoire, encore ?


- C'est mon ami. Tu sais, il est comme moi Poupou. Il a plus de parents... Mais lui c'est pire, il est tout seul. Tu comprends, j'étais obligé de l'aider ! Et... et... comme tu m'as dit que tu voulais pas voir de pokemon feu dans la maison, bah...

- C'est un pokemon errant, c'est ça ? Il est où, Poupou ?

- Prêt de la grande place, une petite ruelle. Y'a une grosse fissure à côté de deux petites ! Je l'ai mis entre deux poubelles. C'est un peu cracra, mais au moins il peut manger un peu !


Souriant à la petite fille, je fis un signe de tête à son Grand-Père, qui me répondit par l'affirmative. Me relevant, je pris mon manteau et sortit de la maison, partant à la recherche de ce fameux Poupou. C'était quoi les indications déjà ? Arrivé à la Grand Place... Une petite ruelle, des fissures... Combien y'en avait-il, ici ? Une... deux... trois ! C'était là. Je jetais alors mon regard vers les poubelles, où je pu en effet voir une petite boule de plume remuer. Ce dernier semblait terrorisé en me voyant, mais en même temps bien chétif. C'était un Poussifeu... mais au pelage étrangement entièrement blanc. Le pokemon semblait bien peu vaillant, bien qu'en bonne santé. L'attrapant précautionneusement dans mes mains, et celui-ci se laissant faire bien que tremblant de tout son corps, je le blottissais dans ma veste avant de retourner chez le Grand-Père, sans même prendre le temps de toquer cette fois. Ce n'est qu'en arrivant dans le salon que je rouvris ma veste, tenant le pokemon entre mes mains.


- Monsieur, je vous annonce que j'ai retrouvé Poupou ! Et il est adorable ! Votre fille est une sauveuse... Je ne sais pas ce qui aurait pu lui arriver seul, dans un environnement comme celui-ci, si personne n'était venu l'aider.


La petite fille cria de joie en voyant le pokemon, que je relachais pour qu'elle puisse le tenir dans ses bras. Elle caressait le petit Poussifeu un moment, tandis que Mimiqui à côté semblait ne pas trop apprécier la venue du pokemon.


- Rho, fait pas ton jaloux Mimiqui !


Le Grand-Père et la Petite fille se retournèrent pour dévisager Mimiqui avant d'exploser de rire, non sans embarrasser le pokemon spectre qui sembla ne plus savoir ou se mettre. Riant aux éclats, la jeune fille dessina soudainement un grand O sur sa bouche tandis qu'elle levait un bras.


- OH JE SAIS, JE SAIS ! Eh... Poupou... Ça te dirait d'aller avec le Monsieur ? Je suis sur qu'il s'occupera bien de toi. Moi je peux pas sortir comme ça tout le temps, ça m'réussit pas trop, et même si j'ai Mimiqui pour me défendre maintenant... j'voudrais pas qu'il t'arrives quoi que ce soit.


Je restais bouche bée, ne sachant trop quoi dire. Au vu du regard resplendissant de joie de la petite, elle devait être très contente de me confier son copain et précieux camarade... Le petit Poussifeu, quand à lui, maintenant réchauffé par son amie, sembla râler quelques peu, ce qui déboucha sur une discussion houleuse entre la jeune fille et son protégé. Sur un ton digne d'une vraie maman poule, Lucie déclara que de toute façon, c'était comme ça et puis c'est tout, car c'était mieux pour lui. Pour ma part, si j'avais de la peine de séparer la jeune fille et Poupou, je ne pouvais décemment pas refuser face au sourire que la petite fille arborait. Elle semblait oublier peu à peu la tristesse du drame qui l'avait touchée il y'a peu. Après avoir cherché l'approbation du Grand-Père, que j'obtins d'un hochement de tête, je me tournais vers le Poussifeu qu'elle me tendait désormais, l'attrapant entre mes mains tandis que celui-ci me regardait d'un air non plus apeuré, mais interrogatif.


- Eh bien mon petit... On dirait que Lucie veut que je prenne soin de toi. Je te promets que t'auras plus à te nourrir dans les poubelles. Ça te dis de venir avec moi, et de repasser voir Lucie pour lui montrer à quel point t'as grandi, un de ces quatre ?


Le petit oiseau se mit à piailler, tandis que les rires éclataient dans cette petite maison de bois aux vitres givrées... Si j'avais quitté un souvenir, j'en récupérais d'autres, différents, mais tout aussi beaux... C'était ça, la vie.


Ce qui compte à Noël, ce n'est pas de décorer le sapin, c'est d'être tous réunis.[/b]

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