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Into the woods — Estelle
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Re: Into the woods — Estelle
Mar 30 Aoû 2016 - 18:03
Région d'origine : Unova
Messages : 197

Estelle Highwind

Estelle Highwind
Le jeune homme est déterminé, ça se voit autant que ça se sens. Rigide, il semble d'abord trop absorbé en son rôle pour que sa main ne vienne vraiment épouser la mienne. Il a le mérite de m'écouter attentivement corps et âme, mais la danse n'est pas une discipline si académique que cela. Enfin, sans doute ma vieille professeur serait-elle contre ma flexibilité sur la question, mais j'ai toujours dansé pour le plaisir et rien d'autre. Juste par passion. Le jeune homme est différent, plus appliqué, plus perfectionniste, et la rencontre de nos attitudes crée un tout plus grand que nous deux. Possédant une plus vaste expérience, il me revenait la tâche de le mettre à l'aise, de lui faire comprendre qu'il n'y avait rien de mal à détendre les épaules. D'autant plus que je n'avais plus vraiment besoin de compter jusqu'à huit; je suivais le rythme instinctivement comme le battement d'un coeur parfois emporté et brûlant, parfois doux et enveloppant telle une caresse. Ce faisant, c'est sans hésiter que mes doigts se glissèrent entre les siens, désirant m'approprier pleinement l'attention de Ren, lui permettre d'apprécier cette valse autant que moi sans se mettre de la pression inutile. Mon regard, lui aussi, s'empara du sien sans une arrière-pensée alors que mon sourire autrefois malicieux exprimait maintenant une joie plus modeste, mais également plus simple, plus pure.

Je n'avais aucun mal à le suivre, à oublier de regarder autour de nous. Je glissais dans cet autre monde dont les limites débutaient et se terminaient quelque part entre les bras de mon cavalier; oubliant qu'il y eut seulement existé autre chose avant. Je ne remarquais que ses traits encore jeunes malgré son âge, malgré sa taille. Ses mèches d'encre tombant le long de son nez et sur ses tempes, la tignasse un peu ébouriffée par les péripéties ayant précédé notre danse. Je pouvais sentir sa respiration et y calquer la mienne, le suivre en symbiose au fil des notes de musique. Il n'y avait plus devant moi qu'un vert aussi frais que doux, écho des feuilles teintées de soleil en plein été. Il n'y avait plus devant moi que ses yeux au fond desquels il se cachait. Lui qui m'avait paru si intérieur, si secret, j'avais l'impression d'avoir mis le pied dans le territoire sacré accueillant son antre. S'il y avait eu distance entre nous, il n'y en avait plus en cet instant. C'était à la fois si effrayant et si parfait. J'aurais pu le suivre ainsi pour une éternité, sans égard pour le jour ou la nuit. Que ce soit des étoiles, des nuages ou de la pluie, qu'importe! Il n'y avait que sa main contre ma hanche, m'attirant avec lui dans les tournants et les changements de direction. Ma longue chevelure caressait mes épaules, valsant avec nous. Je sentis ma main se presser contre son épaule, devenir un peu moite, lorsqu'arrivèrent des notes familières. La fin approchait et nous pouvions tous deux le sentir. Et nous voilà redevenus deux âmes égarées en pleine forêt, s'accrochant pour ne pas se perdre à nouveau. Le mouvement ne se termina pas immédiatement, se poursuivant un instant dans un silence à vous rendre sourd. Malgré tout, Ren était contraint d'obéir à cette cruelle musique et à nous laisser nous immobiliser. C'était de quoi rendre amer, serrer le coeur. Une opportunité qui n'était pas saisie jusqu'au bout, pour une raison ou une autre. Il manquait, en nos âmes passionnées de danse, un dernier couplet. Mais il était trop tard. Je reculai d'un pas, rompant notre contact physique, le sourire abîmé.

Je n'étais pas seule en cet état. Les sourcils froncés, le jeune homme semblait déçu. Forcément, il manquait quelque chose et nous aurions tous deux pu nous en plaindre, mais nous ne le fîmes pas. Les plus belles choses se devaient vraisemblablement de finir et nous étions encore trop sages pour qu'il en soit autrement. Ainsi, Ren se contenta de briser le silence assourdissant, me partageant ce que je savais déjà. Lui souriant en retour, mes mains allèrent se cacher derrière moi et je basculai mon poids sur mon autre jambe, rendue timide par les circonstances, ne sachant plus trop où me mettre. Dans le doute, je devais au moins faire l'effort de lui répondre.

- Oui.

C'était encore bien peu, mais je n'arrivais pas à faire mieux. N'est-ce pas étrange que l'on puisse parler sans la moindre retenue avec quelqu'un et, l'instant suivant, avoir la tête complètement vide. Le pire, c'est que nous restâmes plantés là, immobiles, à nous regarder. C'était comme d'avoir le syndrome de la page blanche en temps réel. Dans l'élan du moment, mon coeur, lui, s'était déjà fait son idée de la suite logique. Ma rationalité, pourtant, n'était pas totalement d'accord. C'était ridicule et bien trop impulsif, même pour moi. Ren était quelqu'un que j'appréciais déjà énormément et que je voulais conserver dans mon cercle social aussi longtemps que possible. Je n'allais tout de même pas me rapprocher après m'être éloignée; je n'allais tout de même pas gâcher une amitié encore naissante et pleine de promesses. Heureusement qu'une intervention extérieure quasi providentielle nous tomba justement dessus.

- Eh, les jeunes! Ça va? Vous êtes pas blessés?!

Bien sur, je sursautai. Mon premier réflexe? Oui, évidemment. J'attrapai la main de Ren et me décalai pour me cacher derrière lui. Comme femme forte et indépendante on aura vu mieux. Dans le registre des bonnes nouvelles, malgré tout, il se trouvait que le nouveau venu n'était pas dangereux. Grand d'au moins six pieds, l'inconnu avait des airs de garde-chasse ou, mieux encore, de Ranger. Flanqué d'un Primeape au regard curieux, il s'invita dans notre clairière et, pour cette pensée, je me trouvai soudainement enfantine. Mais qu'importe, la chance nous avait souris!

- En fait nous sommes simplement perdus. Pourriez-vous nous indiquer la direction à prendre pour regagner Viridia?

Rassuré et donc apaisé, l'homme se passa la main dans ses cheveux coupés en brosse, l'air à la fois amusé et nostalgique. Se serait-il déjà perdu dans cette même forêt avec une amie par le passé? Aucune idée et cette hypothèse fut vite oubliée.

- Je peux même vous raccompagner. Ce n'est plus très loin à dire vrai, à peine un petit quinze minutes à pied. Vous venez?

Je tournai mes iris de glycine vers mon camarade, attendant son accord. Nous allions pouvoir rejoindre la civilisation! S'il était facile de penser à ça sur le coup pour oublier la scène précédente, cette distraction n'était que temporaire. L'histoire m'appris, longtemps après cela, que certains moments de notre vie sont trop beaux pour être oubliés. Quoi que l'on fasse, on fini toujours par les chérir jusqu'au bout.

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Re: Into the woods — Estelle
Ven 2 Sep 2016 - 12:27
Région d'origine : Mhyone
Messages : 507

Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Into the Woods
Classique
Dimanche 31 Juillet 2016, 13h55

L'arrivée impromptue d'un étranger coupe court à notre torpeur. Me voilà plus lucide, et c'est même avec un léger soulagement que j'accueille son intervention. La fin de notre ballet, aussi douce fut-elle, lia nos regards respectifs pour ne plus jamais les décrocher. Mes yeux plongés dans ceux d'Estelle, je me surpris à penser à tout et à rien, à laisser tourbillonner mes idées dans un esprit trop euphorique pour être maîtrisé. Subtile sensation, unique mais point inconnue, l'arrivé de notre guide fit barrière à de plus profondes introspections.

Je hoche la tête. Un guide, donc. Ça tombe à pic, c'est ce qu'il nous faut, et aussi radieuse que puisse être cette clairière, ce n'est certainement pas le meilleur endroit pour passer la nuit. Moi, après cette matinée plus mouvementée que jamais, je compte bien retrouver mon appartement pour y hiberner un, deux ou trois siècles. Je crois que, pour une première aventure à Mhyone, j'ai gagné le gros lot.

Ça me va. Merci beaucoup de votre aide.

Dis-je sur un air mi-reconnaissant. L'homme sourit, et sans se faire prier, entame la route pour regagner Viridia. Je plonge de nouveau mes yeux dans ceux d'Estelle, ce même regard que, inconsciemment, j'évitais le temps que l'excitation retombe. Je remarque alors nos mains, tenues vigoureusement entre elles, comme une évidence. Mon cœur bat un grand coup de surprise.

Nouveau silence.

Je glisse ma main hors de la sienne, délicatement. Non pas par envie, mais pour témoigner de mon respect. Reprend-toi, Ren Lowell. Tu t'efforces toujours d'être réfléchi, d'être calme au possible.. ! Être si peu maître de tes émotions, ça ne te ressemble pas. Ce pan inconnu de moi-même, moins assuré et irrécupérable, ce n'est pas celui-ci que j'ai envie de montrer au monde. Mes ambitions ne me permettent pas d'être faible. Le ressentiment est important dans la pratique, mais il ne doit pas embrumer l'esprit.

Je souffle une longue expiration. Aux côtés d'Estelle, je me met à suivre les pas de l'homme qui, dans sa grande bonté, a accepté de nous ramener à bon port. Le retour, bien plus silencieux que l'aller, témoigne sûrement de la force de ce qu'on a partagé. Je suis conscient de tout ça, et je me dois d'être honnête avec moi-même. Est-ce que je prend ça trop au sérieux ? Est-ce que c'était si important ? Par égard pour Estelle, et même pour ma propre personne, je prendrais le temps d'y songer. Et j'aimerais bien que Orion arrête de me regarder avec cet air, aussi.

♦    ♦    ♦

Bon. Ce n'est pas ce à quoi je m'attendais, mais j'espère que ton sentiment vis-à-vis des pokémons insectes a un peu changé. Je hoche la tête. De toute façon, si tu as des questions, tu sais où me trouver.

Je m'apprête à entrer dans le hall de ma résidence.

Je fronce les sourcils.

Impossible, hein ? Un goût amer d'inachevé en bouche, je tourne les talons pour lui faire face, toujours à bonne distance. La main sur la poignée, l'autre sur le crâne d'Orion, j'offre mon plus beau sourire à la jeune fille. Je m'exprime alors de nouveau, cette fois avec le cœur.

J'espère qu'on se reverra très vite, Estelle.


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