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Singing in the Rain ~ feat. Ren
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Singing in the Rain ~ feat. Ren
Mer 31 Aoû 2016 - 15:18
Région d'origine : Unova
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Estelle Highwind

Estelle Highwind
Nox Illum, résidence Highwind. Assise au salon, pour ne pas dire roulée en boule sur le divan, ma joue s'enfonçait dans un coussin et mon regard lilas se perdait dans le néant. Mes pensées étaient plus tortueuses que les boucles de ma chevelure et une certaine lassitude s'était emparée de moi depuis mon retour au bercail. Je me sentais seule et la routine monotone et solitaire que je menais ne m'aidait pas beaucoup. Impossible d'étudier ou de faire quoi que ce soit de productif dans un cadre comme celui-là. Poussant un petit gémissement, je me refermai sur moi-même. Même le film que j'avais lancé n'arrivait pas à me vider la tête. J'en revenais toujours à me mordre l'intérieur des joues, à me dire que je devrais changer de position, à fermer les yeux et à recommencer. C'était pourtant bien trop difficile d'échapper à cette spirale de réflexions déprimantes, de remises en question stupides et d'hypothèses qui n'avaient pas lieu d'être. Que planifiait la Team Anima? Où était donc parti le maître de la ligue? Est-ce que j'avais pensé à fermer la cuisinière? Est-ce que j'avais réussi à faire une bonne impression à mon amour de jeunesse qui meublait trop de mes pensées pour que ce soi sain? Et voilà, nouveau grand soupir à en faire tomber les rideaux. Je devrais peut-être m'activer et faire un peu de ménage pour me redonner la pêche? Et puis quoi encore. PAAAF!!

- Pas de larves sur le divan passé midi. C'est dans les règles de la maison et tu le sais!

Je me relevai d'un bond, désorientée un instant, mais me reprenant aussi vite que possible pour renvoyer le coussin à l'expéditeur. Habile et vif, Gabriel Highwind se contenta de bouger la tête, laissant mon attaque échouer contre le mur auquel il faisait dos. Arrrghhh!!

- Tu es bien en pyjama toi! Et en plus tu habites encore chez tes parents à vingt-cinq ans alors ta morale tu te la gardes!

Le grand roux, nullement impressionné, fit comme s'il ne m'avait pas entendu. Allongeant l'une de ses longues jambes, il ne lui fallu qu'un instant pour se retrouver sur le divan à côté de moi, son bras m'enfermant près de lui. Tout sourire, il entreprit de martyriser ma chevelure du poing comme tout grand frère qui se respecte. Sérieusement, il sont tous cons à ce point? Maugréant, je tentai de me débattre en faisant des pieds et des mains, frappant à l'aveugle, mais la partie était loin d'être gagnée.

- Ce n'est pas moi qui me lamente en pleine peine de coeur! Tu es tellement déprimée que bientôt même le tapis va aller se pendre. Je ne veux pas te revoir ici tant que tu n'es pas de meilleure humeur. Je sais pas moi, va t'inventer des amis. T'es douée pour ça d'habitude.

- Ce n'est pas une peine de coeur d'abord...

Dis-je, enfin libérée, mes joues boudeuses aussi gonflées que ma tignasse rousse. Il n'avait pas tout à fait tort. J'avais besoin de sortir, d'aller voir des gens pour me ressourcer. Mais qui? Je ne connaissais pas grand monde à Mhyone à dire vrai et c'était encore plus déprimant. Encore un peu grognonne, je me calai néanmoins contre l'autre imbécile qui avait récupéré la télécommande pour changer de chaîne. Mais... Un instant!

- Je le regardais ce film!

***

Viridia, le surlendemain. La mine basse, je regardai les portes du Centre Pokémon se refermer derrière moi. Il était trop tard, tous les lits étaient pris et la seule place qu'il restait encore était sur le petit banc situé à l'extérieur. Vu la température et le soleil déjà presque entièrement disparu, c'était toutefois assez désuet. Voyez, la fin de l'été, particulièrement en soirée, s'accompagne parfois d'averses violentes, ne serait-ce que pour deux ou trois heures. Pas de chance, cette averse c'était maintenant. Je m'éloignai donc en traînant un peu des pieds, mon lourd sac affaissant mes épaules et les gouttes de pluie me faisant frissonner. J'avais presque l'air d'un chien errant en pleine marche de la honte, mes cheveux collant à mes tempes. Si au moins j'avais pensé à me munir d'un manteau ou de manches longues, mais même pas. Il faisait si chaud toute la journée, je ne pensais pas du tout que j'en aurais besoin. Et voilà où j'en étais, rentrant la tête dans les épaules et ne me souciant plus d'éviter les flaques d'eau. Je portais des sandales de toute façon alors à quoi bon! Même les pans de ma légère robe d'été étaient déterminés à enfoncer le couteau dans la plaie, collant à mes cuisses entre deux pas. Plus. Jamais.

Ce que je faisais là? J'avais suivit les conseils de mon frère aîné, bénéficiant d'une excuse toute trouvée pour me présenter chez un ami. L'individu en question? Ren Lowell. Pourquoi lui? C'était assez difficile à expliquer, mais le mieux que je puisse faire en ce sens est probablement de dire que c'était évident. Qui d'autre serais-je allée voir après tout? Certes il y avait bien Rachel, sa compagnie aurait pu me remettre sur pied en un rien de temps, mais elle m'intimidait un peu aussi. Le scientifique, par contre, ne m'était plus inconnu. Nous avions discuté à quelques reprises via le grand royaume d'internet depuis notre dernière rencontre et il m'apparaissait plus familier. Également, il fallait dire que la rencontre en question avait été marquée d'une danse inoubliable. Sans même le remarquer, c'était mon instinct qui me poussait à chercher à le revoir, à retrouver ce moment de sérénité et de confort absolu. C'était mal parti en tout cas. Je n'avais même pas eu la présence d'esprit de l'avertir de mon arrivée, convaincue que je pourrais dormir au Centre Pokémon de toute façon. Voilà ce qu'il en coûte de vouloir surprendre quelqu'un!

La mine toujours aussi abattue, je m'engouffrai dans le hall du bâtiment abritant l'appartement du jeune homme. Je n'avais plus beaucoup de temps pour penser à ce que j'allais bien pouvoir lui dire. Était-il seulement chez lui? Je n'y avais pas pensé à ça. J'étais si pressée de le revoir que je n'avais pas pensé du tout pour être honnête. J'avais juste sauté dans le premier bus à direction de Viridia et j'avais croisé les doigts. Dire que, malgré tous mes efforts, Ren allait encore me voir sans que je sois à mon meilleur. Enfin, il serait plus juste de dire que je ne ressemblais plus à rien, mais l'avouer ne m'aurait pas fait le moindre bien. Finalement arrivée, je me plantai devant sa porte telle une statue de cire. La seule différence, c'est que je dégouttais, une petite flaque d'eau se formant déjà à mes pieds. Nouveau frisson. Et encore un autre. Je devais vite me sécher, me changer et me mettre au chaud. Il était peut-être déjà trop tard pour échapper à un rhume à ce stade. Je me mordis la lèvre inférieure. Je n'avais plus qu'à cogner. Prenant une inspiration, je levai le poing, mon regard se perdant contre la surface lisse. Je devais cogner, juste une fois ou deux, mais n'y arrivait pas. Mon poignet était retenu d'une ficelle invisible et mon coeur battait la chamade. Il était encore temps de tourner les talons, de conserver mon honneur. Il n'aurait jamais besoin de savoir que je m'étais rendue jusque chez lui, plus trempée que si j'avais sauté sous la douche toute habillée. Mais pour aller où? Impuissante, je cognai finalement. Trois fois, puis le silence. S'il ne m'avait pas entendu, s'il ne répondait pas, alors je partais.

- Je suis tellement stupide parfois...

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Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Sam 3 Sep 2016 - 16:46
Région d'origine : Mhyone
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Singing in the Rain
Classique
Mercredi 31 Août 2016, 20h47

Je malaxe ma mèche de cheveux. Encore, encore et toujours. Ça doit faire quinze bonnes minutes que ça n'arrête pas. Un quart d'heure entier planté là, sur ma chaise, à fixer ce petit bout de papier placé soigneusement au centre de ma table. Troublant, intriguant.. mais imprévisible ? Pas vraiment. Pour être franc, je m'y attendais un peu, à cet avertissement. Je ne savais pas quelle forme il prendrait, ou à quel risque je m'exposerais, mais j'étais tout à fait conscient que, un de ses jours, j'aurai de nouveau affaire à eux.

Pavo passe sa tête contre ma paume, le regard réconfortant. Pourtant, je ne suis pas triste, ni spécialement effrayé d'ailleurs ! En réalité, plus j'y réfléchis, et plus les choses me paraissent limpides. Ce petit bout de papier, Team Anima, était la confirmation dont j'avais besoin.

Pour la petite histoire, ce papier marqué d'un grand A, je l'ai retrouvé en rentrant chez-moi, il y a de ça une heure. Il faut croire que ces gens sont malins, car ils on attendu que j'aille faire mes courses avec l'ensemble de mes pokémons pour rentrer par effraction dans mon appartement. A part ma serrure, ils n'ont rien cassé, et ils n'ont rien volé non plus : ils ont juste déposé ce petit papier blanc, bien symétrique au centre de ma table, pour seule preuve de leur rapide passage dans mon salon, et comme note d'avertissement quant à mes actions futures.

Pour ça, je déduis qu'ils ont jeté un œil à leur hélico au terme de leur voyage. Ils auraient pu me rapporter mon smartphone, ça n'aurait pas été un luxe, mais avec ce subtile indice, je sais que la direction qu'ils ont pris était la bonne. Ce qui me donne, si je suis un peu chanceux, la position approximative de leur quartier général. Eh ! Si on omet le côté dangereux de la chose, l'idée était pas mal, finalement.

Mais bon, ça fait des ch...

Toc-toc-toc.

Je regarde Orion, lui qui a l'air assoupi. Dans le lot, il n'y a que Pavo qui est encore éveillé, et impossible de trouver Corvus. Je suppose qu'il doit être collé dans un coin, prêt à m'embusquer dès que j'aurai le dos tourné. Tant pis ! Je fais un signe à mon Yanma, l'air un peu inquiet. Est-ce qu'ils feraient un deuxième passage, tout compte fait ? Ça m'étonnerait un peu, certes, mais il ne faut pas négliger les détails. Très vite, j'échange ma tenue de nuit pour des vêtements plus acceptables, et surtout plus prompts au mouvement, et me dirige vers la porte d'entrée. Pavo posé sur mon épaule, j'entrouvre le passage qui, je le déplore à chaque minute, n'est plus verrouillé, et jette un œil par-delà le paillasson.

Et je vois Estelle. Trempée. Frissonnante.

J'ai un rapide mouvement de recul. Qu'est-ce qu'elle fait là ? Je m'attendais un peu à tout, sauf à ça. Très vite, j'ouvre la porte pour lui faire face, et atteste de sa mine désespérée. C'est vrai qu'il pleut depuis un bon moment ! Elle n'aurait tout de même pas traversé tout Viridia sous l'averse.. ? Pas le temps de débattre, de toute façon. Il ne faudrait pas qu'elle attrape froid, si ce n'est déjà fais.

J'ouvre grand la porte.

Fais comme chez toi. Je détourne légèrement les yeux, franchissant le seuil. La salle de bain est à gauche, tu peux l'utiliser comme tu veux, il y a des serviettes propres. Je vais aller te faire du thé. A moins que tu préfères du café ? J'ai du chocolat, aussi.

Je commence à me diriger vers le salon. Pas que je ne veuille pas d'explications, mais entre ses vêtements mouillés et l'état dans lequel elle se trouve, je n'ai pas envie de la déranger davantage. Je tourne cependant les talons, arrivé au bout du couloir, et jetant un bref regard à Estelle, je l'interpelle de nouveau. Pavo, quant à lui, se dirige droit vers la salle de bain pour tout remettre en ordre. Il a l'habitude de m'aider à faire le ménage, maintenant.

Même si, entre nous, je n'ai jamais vu cet appartement mal rangé.

J'y pense. Tu avais peut-être besoin de quelque chose.. ?


Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Sam 3 Sep 2016 - 17:59
Région d'origine : Unova
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Estelle Highwind

Estelle Highwind
Je devrais tourner les talons, je vais le faire. À quoi bon, de toute façon, rester plantée là? N'est-ce pas ridicule? Je devrais sauver les pots avant même de les avoir cassés, je devrais dévaler l'escalier et refermer la porte. Tant pis si je dois marcher dans la pluie, si je dois passer une nuit blanche dans un petit restaurant miteux et repartir au matin, endormie dans le bus. Ce n'est pas si mal comme aventure. Ça m'aura apprit, c'est tout. Il est encore temps, la porte est encore... plus maintenant. Le mouvement suffit à me faire sursauter, à relever les yeux entre deux mèches de cheveux roux. Le regard surprit de Ren m'accueille d'abord difficilement et je ne peux l'en blâmer. Après tout il ne s'agit pas d'une petite surprise et ce n'est rien de très joyeux non plus. Enfin, les choses auraient facilement pu être pires, mais voilà qui n'est pas si important. Ce qui compte, c'est que le temps se remet finalement en branle et que le jeune homme se décale de l'ouverture, m'ouvrant la porte sans plus hésiter. Joignant la parole à l'acte, il me dit de faire comme chez moi, me partageant même la position de la pièce la plus importante pour mon état actuel. Toujours aussi accomodant, il me parle même de serviettes propres et de breuvage chaud, ce à quoi je ne dirais certainement pas non je dois l'avouer. J'ai atrocement froid, physiquement en tout cas. Mon coeur, lui, a l'impression d'avoir sauté bien au chaud dans un petit abri confortable. Sans doute devrais-je m'en vouloir d'avantage, m'excuser et faire des ronds de jambe pour faire pardonner cette arrivée inattendue, mais je n'ai pas l'âme à ça. J'ai juste envie de lui sourire, de le suivre silencieusement des yeux et de le regarder me préparer quelque chose simplement pour voir ses gestes précis et réfléchis en action une fois de plus. Moi, avoir du mal à définir mes priorités? Je ne vois pas du tout de quoi vous voulez parler.

S'arrêtant au bout du couloir, Ren se retourne vers moi et j'ai l'impression de percevoir un peu de tension dans ses épaules ou, alors, mes yeux me jouent simplement des tours. Attentionné jusqu'au bout, il me demande si j'ai besoin de quelque chose. L'un de ses Pokémon disparait dans la salle de bain, s'affairant à je ne sais trop quoi. Je n'ai même pas encore parlé que Ren et sa petite équipe sont en mode résolution de crise, prêts à braver n'importe quel obstacle et à m'accorder tout le support dont je pourrais avoir besoin. En bonne idiote, je reste plantée là et je le regarde, admirant ses traits un peu tendus, ses iris brillants à l'affu de ma réponse. Je me plais à détailler son calme qui semble façade, dissimulant une inquiétude encore vague, mais bien présente. La seule chose dont je me sens coupable, c'est de ne rien lui avoir expliqué. Mystérieusement, j'en suis aussi heureuse. Après la façon dont nous nous étions laissés la dernière fois et après autant de temps sans se voir, physiquement je veux dire, j'en étais venue à me poser des questions. À croire que Ren était véritablement un individu moins démonstratif que moi. Mais le doute n'est plus permit maintenant. Il suffit de le regarder pour voir qu'il s'en soucie, pour voir qu'il a vraiment envie de m'aider et que, même si le jeune homme n'est pas le plus expressif, il partage ses propres sentiments autrement. Et voilà, c'est aussi simple que ça. Je n'ai pas besoin de plus pour esquisser un petit rire de gamine, pour que mes yeux se rallument d'un millier d'étoile et que je fasse un pas vers Ren, maintenant amusée de ma situation. Certes, je me sens toujours aussi ridicule, j'ai toujours froid et mes cheveux ont commencé à friser, mais je m'en fiche. Je suis en territoire familier, dans un endroit où rien ne peut m'atteindre, un endroit serein. Je dois être tombée sur la tête quelque part en chemin parce que ma réponse, elle, est complètement folle.

- Rien d'autre que toi!

Ce qui n'est pas totalement faux, vu tout le service ici j'ai l'impression que je viens d'entrer dans un hôtel cinq étoiles avec service personnalisé. Dans les faits, pourtant, c'est une réponse aussi incomplète que maladroite et vraiment très peu informative. Ça ne m'empêcher pourtant pas de rire un peu, de déposer mon sac dans l'entrée et de replacer ma longue chevelure complètement trempée du mieux que je peux avant de poursuivre, sans trop me soucier de l'impact de mes mots sur le concerné.

- Plus sérieusement je ne dirais pas non au chocolat chaud, tu as des vêtements de rechange aussi? Les miens sont complètement trempés et mon sac y est passé lui aussi. Désolé de ne pas avoir prévenu avant, je voulais te faire une surprise, mais c'est un peu raté... Enfin, ça peut attendre, à gauche tu disais?

Dis-je avant de quitter le hall et d'avancer en laissant derrière moi un sillage de gouttes d'eau. J'ai l'impression d'être en train de réinventer le conte d'Hansel et Grettel. Maintenant que j'y pense Hansel et Estelle ce n'est pas si éloigné l'un de l'autre... Ahem! Je jette un regard curieux par la porte entrouverte, voyant la libellule virevolter dans la pièce, sortant même une serviette propre bien en évidence pour moi. C'est d'ailleurs un beau spécimen qui, selon mes souvenirs, n'était pas encore présent à l'époque de notre épopée en forêt. C'était vraiment il y a longtemps, maintenant que j'y pense. Voilà de quoi abîmer un peu mon aise nouvellement retrouvée, mais ce n'est qu'une pensée provisoire. Ignorant un nouveau frisson me parcourant l'échine, je regarde par-dessus mon épaule dans la direction de Ren.

- Je vais sous la douche. Tu me présenteras à cette splendide libellule quand j'en sortirai?

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Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Sam 3 Sep 2016 - 18:58
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Singing in the Rain
Classique
Mercredi 31 Août 2016, 20h55

Bam. Besoin de moi ? Je fronce les sourcils. Pour quoi est-ce que je pourrais l'aider ? Peut-être qu'elle s'est blessée en venant ? Ou peut-être souhaite t-elle seulement que je mette ses vêtements mouillés à sécher ? L'affirmation est vague, et donc supplantée d'une myriade de possibilités. Pour le coup, je me pose des questions. J'ai pris la responsabilité de l'aider, car ça n'avait pas tellement l'air d'aller au moment de toquer, mais même si je me débrouille en devinettes, celle-ci me semble un peu hors de portée. Qu'est-ce que je dois faire ? Eh ! J'ai ma petite idée. Peut-être la continuité de la mission de l'autre jour ? Ou alors, elle aurait besoin que je la guide dans Viridia ? Pour ça, je ne suis sûrement pas le mieux placé, mais ça reste une possibilité. Mais bon ! Plus j'y pense, et plus je m'enfonce dans les ténèbres de l'incompréhension, avec cette même locution qui veut tout et rien dire à la fois «Rien d'autre que toi».

Mais Estelle se rattrape. «Plus sérieusement», donc ? Ça devait être une blague, et comme j'ai toujours cette même sensibilité abstraite à l'humour, j'ai dû manquer un point important. Je dénote tout de même qu'elle a retrouvé le sourire, et voilà chose qui me met davantage à mon aise. J'avais peur qu'il se soit passé quelque chose de mauvais pour elle, mais sa mine légère m'avoue tout le contraire. En soi, comme elle l'a si bien souligné, si j'avais su, j'aurai pu lui faire meilleur accueil. Pour le coup, je crois bien que je porte malheur à Miss Highwind quand il s'agit de me rencontrer.

Pas de problème.

Le ton est déjà plus posé. Tant mieux ! Son passage à la douche m'offrira, comme prévu, le temps nécessaire à la préparation. Par contre, est-ce qu'elle a déjà mangé ? Comment elle aime son chocolat ? J'aurai dû lui demander plus tôt. J'ai pour principe de ne pas déranger les gens quand ils utilisent la sacro-sainte salle de bain, alors je n'ai plus qu'à improviser. Faisons selon les goûts standards, et puis advienne que pourra. Je commence à faire bouillir de l'eau, je met le lait à réchauffer et, pendant que la technologie fait son boulot, je vais jeter un oeil dans mes rangements. Des affaires de rechange ? Les deux pestes ne sont jamais passées dans les parages, donc ça va être compliqué. Techniquement, j'ai fais une lessive ce matin, donc..

Je pousse un profond soupir.

J'ai oublié de la sortir. J'ouvre les étagères, et tout ce que je constate, c'est la pauvre préférence d'une de mes nombreuses chemises blanches de boulot. Sérieusement ? Je n'ai rien de mieux à proposer ? Elle ne sera même pas à la taille d'Estelle, et sans bas, je ne suis pas sûr que ça conviendra. Sauf que, à part mettre les vêtements de ma camarade au sèche-linge et lui donner ce que j'ai, je crois que je n'ai pas trente-six solutions. Elle est arrivée à l'imprévu, certes, mais j'aurai dû faire mon boulot en temps et en heures. A quoi je pensais ?

J'attrape la chemise blanche, pliée par mes soins, et la pose sur la petite étagère, au fond du couloir. Je ne prête pas attention aux bruits de l'eau, ou à n'importe quel son qui pourrait s'échapper de cette salle de bain. Ça ne me regarde pas. Ça ne me regarde pas. Eh ! C'est la première fois qu'une fille visite mon appartement, je crois. A part la propriétaire. Il faudra que je le note dans mon carnet.

Je passe une main dans ma chevelure, et l'ébouriffe frénétiquement.

A quoi est-ce que je pense ?

Dans le salon, Pavo déclenche sa fonction alarme. Pas un brouhaha, mais plutôt un petit cri aiguë qui, quand j'en ai besoin, me signale que mes préparations sont OK. Pour le coup, l'eau et le lait sont chauds, et je n'ai plus qu'à faire infuser et ajouter mon chocolat. Je m'affaire dans la cuisine ouverte, attrapant au vol mon panier de fruits que, le geste délicat, je dispose au centre de ma table au cas où Estelle aurait un petit creux. Ça faisait un bail que je n'avais pas fais le service express, comme ça. Combien ? Dans les faits, je me transformais en Ren multi-tâche quand mon père était trop occupé, au labo. Comme quoi, même si le docteur Jerry Vive a fais office de piqûre de rappel, tout ça remonte un peu.

Ça y est. Passivement, les fesses posées n'importe comment sur ma chaise, je me retrouve à fixer la porte de la salle de bain. Normalement, j'ai placé la chemise de façon à qu'elle l'aperçoit à l'ouverture de la porte. Pour ce qui est de Pavo.. Il est sagement couché sur la table ? D'ailleurs, j'ai bien vu Orion se glisser dans ma chambre en revenant dans le salon, et il faudra que je lui en touche deux mots. D'accord, je l'ai utilisé comme larbin pour porter toutes les courses de cet après-midi, mais ce n'est pas une raison pour faire le difficile quand une invité arrive. Pareil, Aries ne doit pas être sortie de mon lit. C'est quoi, ces pokémons insectes qui s'éteignent à vingt heures passées ?

D'ailleurs, où est passé Corvus ? Il a beau aimer se cacher, ça fait une bonne demi-heure que je ne l'ai pas aperçu. Est-ce qu'il ne..

Mais malheureusement, pas le temps de songer. Tout se passe très vite. Chose à laquelle je n'avais pas spécialement pensé, Estelle ouvre délicatement la porte de la salle de bain et, sans que je puisse dire un mot, s'en écarte avec pour seul vêtement une de mes serviettes. Et là, pour la première fois depuis mes années, je me surprend à rougir. Alors que je détourne les yeux, j'entend un petit cliquetis qui, Ô malheur, ne m'annonce rien de bon. Ne me dites pas que..

Mais si.

Le petit Anorith s'est caché au-dessus de la porte. Prêt pour une embuscade ! Tranquillement, la mine heureuse, il bondit de son repère et glisse le long du dos d'Estelle. Il se faufile alors entre ses jambes, jusqu'à ramper très rapidement dans le salon et, fier de son méfait, s'allonge lourdement sur mon bureau.

Ehm...

Il y a les fruits, les boissons, Estelle et moi. Mais toi, Corvus, tu n'as pas eu la meilleure idée du monde.


Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Sam 3 Sep 2016 - 19:44
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Estelle Highwind

Estelle Highwind
Ah, une bonne douche chaude! C'est tout ce dont je pouvais rêver, ou presque. J'ai une imagination plutôt fertile il faut avouer alors vaut mieux ne pas me mettre au défi. J'en profitai pour me laver les cheveux, déplorant l'absence de revitalisant pour ma longue crinière de feu, et, me laissant emporter par la satisfaction, chantai même quelques notes ici et là. Pourquoi pas, après tout? Bon, je me gardai une petite gêne; je n'utilisai pas la bouteille de gel douche en guise de micro. Ça, c'était seulement chez moi! Ahem. Plus sérieusement, je fini par fermer l'eau et le silence retombe soudainement, la réalité l'accompagnant. Je suis dans la salle de bain de Ren, à Viridia, et je ne lui ai même pas encore dit pourquoi je suis arrivée comme ça sans prévenir et, surtout, à cette heure. Si ça se trouve il m'en veut et n'a rien osé dire. Je n'ai pas besoin de plus pour angoisser un peu, passant d'un état à un autre comme l'on change de bas. Parlant de vêtements, j'avais réussi, fort heureusement, à trouver une culotte et un soutien-gorge qui soient secs, oh miracle! Je me séchai donc avant de les enfiler, me sentant du coup déjà un peu plus à l'aise en cette pièce inconnue. Après une fouille rapide je mis la main sur une brosse à cheveux et entreprit de démêler ma chevelure rebelle. Une bonne chose de faite et, maintenant, quoi? Plantée au milieu de la pièce, je me mis à la parcourir du regard. Je n'avais pas vraiment porté attention, mais c'est vraiment très propre, rien à voir à l'état de la salle de bain après un passage de mon idiot de grand frère. Je savais que le jeune homme est du genre organisé, mais certaines personnes le sont sans pour autant accorder autant de soin à leur environnement. Une fois de plus, je suis impressionnée par mon camarade. Mais bon, j'ai autre chose à faire là, d'autant plus qu'il commence à faire froid habillée comme ça.

Une nouvelle inspection me laisse comprendre que je vais devoir sortir pour demander à Ren s'il a trouvé quelque chose de sec que je puisse porter. Bon, dans les faits, ça ne me dérangerait pas de sortir comme ça; quelle différence, après tout, entre ça et un bikini noir? Néanmoins, j'ose croire que mon hôte ne sera peut-être pas aussi à l'aise si je me permets de me montrer aussi peu vêtue. Prévoyante, je m'enroule donc de la serviette rendue humide, me disant que ce n'est, de toute façon, que temporaire. Plus qu'à rassembler mes effets, histoire de ne pas gâcher le rangement impeccable de la pièce, et à tourner la poignée pour sortir. La première chose que je vois, une fois de retour dans le couloir, est nulle autre qu'une chemise sagement pliée. La seconde chose que j'aperçois est Ren lui-même et, avant que je n'aie l'occasion de le remercier pour le vêtement, l'impensable se produit. Pour être honnête, j'ai vu le regard du jeune homme s'agrandir en catastrophe avant de le sentir sur moi. Quelque chose tombe sur mon épaule, quelque chose de pas forcément léger et qui a des pattes. Je peux le sentir qui se glisse vers mon dos et c'est bien suffisant. Mes réflexes ont pris le pas sur ma rationalité et, pour moi, qui dit pattes dit forcément araignées et qui dit araignées dit nécessité d'un hiver nucléaire.

- AAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHH!

Le cri est aigu et, surtout, fort. Un cri de détresse, de peur et de panique pure qui a probablement dérangé les voisins, mais pas que. Il y a quelqu'un d'autre qui a entendu mon cri et qui se prépare à voler à ma rescousse. Pendant que je jette la serviette aussi loin de moi que possible pour me débarrasser de l'insecte inconnu, Beast sort de sa pokéball. Le dragon lance un rugissement presque plus fort encore que le mien, sa lourde queue n'ayant pas peur de se balancer d'un côté à l'autre du couloir, quitte à en cogner les murs. Tous crocs dehors, son regard de prédateur cherche le fossile et ses griffes sont prêtes à fondre sur leur proie pour la réduire en charpie. Pour ma part, j'ai simplement reculé vers le mur du fond, tout près de la chemise, et je ne bouge plus. Après un choc comme celui-là, ce n'est certainement pas moi qui va m'interposer entre mon sauveur et l'infâme créature qui a osé glissé le long de ma jambe avec ses pattes si... si... si pleines de pattes, voilà! Espérons juste, pour le propriétaire des lieux, que la situation ne dégénère pas encore d'avantage...

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Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Sam 3 Sep 2016 - 20:59
Région d'origine : Mhyone
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Singing in the Rain
Classique
Mercredi 31 Août 2016, 21h09

Et voilà. Merci, Corvus. Comme si il n'y avait pas encore assez de problèmes dans cet appartement, il vient de m'en rajouter une bonne tripotée. Plus que surprendre Estelle, et surprendre est un bien petit mot, il a littéralement lancé son dragon dans une croisade. Une croisade qui ne s'arrêtera sûrement pas avant que le coupable soit six pieds sous terre. Moi, je suis un peu perdu : est-ce que je dois me lever ? Est-ce quoi je dois rassurer Estelle ? Est-ce que je dois mettre Corvus à l'abri  ? Ouah. Ça fait beaucoup de choses auxquelles réfléchir, et pas beaucoup de temps pour les gérer.

Il va falloir faire vite.

Sans vraiment masquer son animosité, le Carmache s'approche peu à peu du salon, là où mon malandrin d'Anorith se prélasse sur MON bureau. Comme il est, il compte sûrement jouer à Chacripan avec le dragon, sauf que, comment dire.. Je ne suis pas d'accord ? Il y a trop d'éléments fragiles pour que l'endroit se transforme en champ de bataille, et déjà que je suis un peu fauché à cause du tourisme et de la perte de mon smartphone, j'aimerais éviter d'avoir à payer des dégâts supplémentaires. Mais bon, c'est pas gagné. En un coup d’œil, Beast a remarqué Corvus qui, depuis mon plan de travail, le nargue avec ses yeux globuleux. Tout comme le dragon se prépare à charger, l'insecte est fin prêt à esquiver, et c'est précisément le cas pratique que j'aurai aimé éviter.

Mon bureau va y passer.

Tandis que je suspecte le Carmache de prendre de l'élan, je remarque quelque chose. Quelque chose de très mauvais. Déjà, mes pokéballs, oui. Mais.. Mon journal de bord ! Il est posé sur le bureau, juste à côté du pokémon fossile, et en plein dans la charge du dragon. NON ! Je n'ai pas la moindre idée de comment arrêter le combat, ou même d'y mettre un terme avec les compétences de mes compagnons, mais je suis sûr que, peu importe ce qu'il se passera, personne n'abîmera mon carnet.

Mon instinct me pousse à décoller de la chaise en un bond, et de me précipiter vers le plan de travail, tout ça en ignorant les actions conjointes des deux pokémons. Alors que j'arrive droit sur le bureau, et que j'attrape avec succès le fruit de mes efforts, un instant de lucidité me fait percevoir la gravité de la situation.

Je me suis mis en plein dans la trajectoire de Beast.

Pas le temps de réagir. La brute, qui ne regarde plus vraiment où elle va, me percute de plein fouet et m'envoie valser d'un coup de tête, en plein sur la table à manger. Pas un son ne s'échappe de ma bouche : j'ai le souffle littéralement coupé, le dos comprimé par le coin de table et les hanches en bouillie. Il ne m'a pas raté. Je plisse difficilement les yeux, et le geste ralenti par la douleur, j'attrape une des pokéballs propulsées par le choc pour faire rentrer le fossile dans son habitat. Au moins, comme ça, c'est réglé ?

Mon visage se crispe. Le bureau et le journal ont été épargnés, mais le Carmache n'a pas l'air satisfait. Le gros bruit pendant la chute, ça devait être une des chaises qui s'est cassée, ce qui explique pourquoi j'ai le bras tout sanguinolent. Le café et le thé, eux, fument toujours et n'ont pas été renversés. Pavo papillonne jusqu'à moi, se posant sur mon torse, et me regarde avec des yeux compatissants.

Je laisse échapper une quinte de toux. Ça va, je ne suis pas à l'article de la mort. Ça pique.. Juste un peu ? Au moins, j'ai repris mon souffle après le choc.

J'aimerais bien envoyer Pavo voir Estelle, mais Beast ne le laisserait certainement pas passer. Entre moi qui suis mal en point, et elle qui a été littéralement terrifiée par la bêtise de mon Anorith, je crois qu'on a connus mieux comme situation. Toutefois, ce n'est pas le moment de dramatiser. Si j'ai bien appris une chose, après toutes ces années, c'est que c'est en faisant un cas d'école d'une situation grave que celle-ci s'envenime. Non. Je vais plutôt essayer de me relever, et de rassurer la jeune fille. La pauvre, déjà que l'aller a été compliqué pour elle, j'aurai aimé qu'elle puisse se mettre à l'aise.

Je hausse la voix.

Désolé, Estelle. J'aurai dû le laisser dans sa pokéball, c'est ma faute. Je grimace. Ton chocolat est prêt. Tu viens ?

Si tout se passe bien, je pourrais aller chercher des pansements ?

Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Sam 3 Sep 2016 - 21:53
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Estelle Highwind

Estelle Highwind
Uh oh. Les événements s'enchaînent devant moi à une vitesse trop élevée et je n'ai simplement pas le temps de réagir. Même moi, je suis impuissante lorsque mon starter décide qu'il va foncer dans quelque chose. Ça a toujours été mon problème avec Beast et je commence à me dire que ce le sera toujours. Quoi qu'il en soit, le vol planné de Ren est ce qui me fait redescendre dans le moment à la vitesse grand V. Je me retourne et, d'un mouvement, récupère la chemise blanche posée sur la tablette. Sans y penser, je la jette sur mes épaules, sans prendre le temps d'en refermer les boutons, et je m'élance dans la cuisine auprès de Beast qui gronde toujours. Il est encore alerte, toujours prêt à mordre. Sa proie s'est échappée et ça ne lui fait pas plaisir du tout. Prenant une grande inspiration et m'assurant de garder une certaine constance, de ne pas avoir peur de lui et de le dominer, je pose ma main sur son encolure et le flattes. Il a juste besoin d'être rassuré. Le dragon est dans cet état, d'abord et avant tout, car il a cru que j'étais en danger. Lorsqu'il verra que tout va bien, normalement, il devrait se calmer.

- Beast, je suis là. Je vais bien, calme toi. Ça va maintenant. C'est fini. Il est parti. Tout va bien aller mon beau, tu peux te reposer. Je vais bien. Couché maintenant.

Et il n'a pas besoin de plus pour se laisser lentement descendre vers le sol, presque au milieu de la pièce, et s'installer confortablement selon ses critères de dragon. Voilà une bonne chose de faite. Il laisse sortir une expiration plus puissante et pose sa tête contre ses pattes, fier d'avoir conquis ce nouvel espace et d'en être le nouveau maître incontesté. C'est le cas de le dire, je ne pense pas que notre hôte va s'essayer à refaire un bras de fer avec Beast de si tôt. Ceci étant dit, j'entends, derrière moi, Ren qui se relève et, pour une raison ou une autre, tente de faire comme si de rien n'était. Minute papillon, ça ne fonctionne pas avec moi. Mon regard violacé habituellement si doux, si rêveur ou simplement si distrait avait changé du tout au tout pour se consolider devant le sentiment d'urgence. Je le détaille de haut en bas, faisant l'état des lieux aussi précisément que possible pour un examen aussi sommaire. Aller prendre le chocolat chaud maintenant? Ha ha, non.

- Tu n'as pas de divan ou un endroit où te reposer? Vas-y je te rejoins, et ne pense même pas à ce chocolat ou je t'y traînes de force. Laisse-moi deux minutes.

Dis-je avant de tourner les talons, ayant complètement oublié ma tenue du moment, pour mieux retourner dans la salle de bain que je venais de quitter un peu plus tôt. Premier arrêt : la pharmacie. J'en tire des anti-inflammatoires, des pansements, de quoi désinfecter et fouille dans mes propres affaires pour trouver des pinces à sourcils. Il a probablement des échardes à retirer de son pauvre bras meurtri. Cela sous le bras, je cherche l'endroit où se trouvent les serviettes propres et ressorts comme j'étais entrée, en véritable coup de vent. Prochain arrêt : le congélateur. De mes mains nues, je récupère des cubes de glace pour les placer dans la serviette et ensuite humidifier le tout à l'eau froide. Je recommence à trembler de froid, mais c'est loin d'être important : mon patient passe avant moi, mains rougies et tremblantes ou pas. Plus qu'à faire couler un verre d'eau et aller rejoindre Ren pour lui faire part de mes instructions.

- Tiens, c'est pour ton dos. Et avale ça. Donne-moi ton bras, je m'en occupe. Est-ce que tu as mal ailleurs? Est-ce que tu t'es cogné la tête durant le choc? Je suis vraiment désolée, Beast est... très sauvage. Ça ne s'est pas amélioré avec son évolution, au contraire. Est-ce que tu as besoin de quelque chose? Comment tu te sens?

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Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Sam 3 Sep 2016 - 23:00
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Singing in the Rain
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Mercredi 31 Août 2016, 21h19

Bon. Je pensais m'en sortir sans grabuge, mais Estelle n'a pas l'air de mon avis. Du peu que j'ai vu, elle a surmonté sa peur en un clin d’œil, laissant place à un côté plus maîtrisé de sa personnalité. Ce penchant-là, il me rappelle un peu notre escapade dans la forêt aux tilleuls, au moment précis où je m'étais retrouvé à avoir faim, comme ça, au beau milieu des bois. Elle s'était empressée de sortir de quoi me nourrir, comme si c'était devenu impensable que je marche le ventre vide, et elle ne m'aurait jamais laissé souffler ne serait-ce qu'un refus. C'est ce même côté, accompagné de ma curiosité qui, par la suite, nous avait mené vers notre danse inoubliable.

Je grimace. Le dos douloureux, je m'installe en tailleur sur mon lit. Fatigués, dérangés par le bruit et peu concernés par toute cette histoire, mes pokémons se sont réfugiés dans leur pokéball pour profiter de leur nuit. Je ne peux pas leur en vouloir, je ne dirais moi-même pas non à un peu de sommeil ! Et pourtant, je suis bien là, dans mon appartement, à atteindre les soins d'une jeune femme que je vois pour la deuxième fois seulement. Mais c'est Estelle, pas vrai ? J'ai du mal à m'empêcher de penser à ça. Toute cette histoire, toutes ces péripéties.. Ça m'use l'esprit ! Et pourtant, j'ai mal partout. C'est vrai, j'ai beau être moins blessé qu'il n'y parait, je devrais songer à d'autres choses, du genre.. Comment va s'organiser la suite des événements ? Est-ce que les boissons seront encore chaudes quand on reviendra ? Est-ce que je pourrais me faire pardonner de cette bévue ?

Et non.

Tout ce qui me reste en tête, c'est cette Estelle active, prête à faire de son mieux pour me venir en aide. Mais bon ! Je ne suis pas dupe. Je me doute que ce n'est pas exclusif, que c'est probablement pour l'image ou qu'elle se sent potentiellement coupable, et pourtant. Cette seule vision, apaisante, stimulante, excitante, suffit à créer une myriade de nouvelles contradictions dans mon esprit. En réalité, même si cette soirée se montre plus coriace que prévue avec moi, je crois que j'apprécie la tournure que prennent les événements. Un peu bizarre, hein ? Mais sans ça, Estelle n'aurait pas dévoilé ce côté de sa personnalité que j'aime tant.

Tiens, c'est pour ton dos. Et avale ça. Donne-moi ton bras, je m'en occupe. Est-ce que tu as mal ailleurs? Est-ce que tu t'es cogné la tête durant le choc? Je suis vraiment désolée, Beast est... très sauvage. Ça ne s'est pas amélioré avec son évolution, au contraire. Est-ce que tu as besoin de quelque chose? Comment tu te sens?

Je sursaute. Je m'étais littéralement perdu dans mes pensées. Je lève la tête, et c'est alors que je vois Estelle. Dans toute sa splendeur. Chemise blanche ouverte, sous-vêtements noirs, la mine inquiète, un verre d'eau dans la main et de la glace enveloppée d'un tissu dans l'autre. Cette simple vision, pas si banale, mais pas extraordinaire non plus, laisse échapper malgré moi quelques mots de ma bouche. Une locution tout aussi simple. Enfin.. Simple, vraiment ?

Tu es vraiment jolie.

Mon visage se bloque. Quoi ? J'ai vraiment sorti ça ? OK. On va rembobiner le truc, je crois que j'ai manqué un épisode. Ça m'arrive d'être béat devant des pokémons insectes, ou de simplement rester en admiration devant un paysage, mais lâcher ça comme si de rien n'était ? Bravo. Je crois que, pour la première fois de ma vie, j'ai envenimé une situation. Fébrilement, j'attrape le verre d'eau et passe la glace dans mon dos. Je détourne légèrement le regard, pas très fier de ma bêtise. Si Alex et Sirius me voyaient dans cette situation, ils riraient sûrement comme jamais. Est-ce que je me suis déjà autant loupé à ce point ? Pas que je ne le pense pas, mais le tact. OU EST PASSÉ LE TACT !

Euh. Je voulais dire.. Non ! Ça ira, c'est déjà gentil de t'occuper de moi. J'avale une gorgée d'eau. C'est un peu ma faute, d'ailleurs. Je n'ai pas encore fini de dresser Corvus, et surtout à corriger cette manie de prendre les gens en embuscade. Mais il est gentil, tu sais. Il ne pensais pas à mal.

Il FAUT changer l'atmosphère. Qu'est-ce qui importe, pour l'instant ? Quel sujet je peux aborder ?

Et puis, tu peux aller boire ton chocolat pendant qu'il est encore chaud. D'ailleurs, si tu veux rester pour la nuit, je te laisserais mon lit, j'ai un vieux futon dans mon placard, je m'en servirais pour dormir dans le salon. Ne t'en fais pas. Je m'excuserais à Beast, demain, et surtout, je te dois des excuses à toi. J'espère que tu n'as pas trop eu peur en voyant mon Anorith, et..

Bon. C'est tout sauf naturel.

Désolé. C'était déplacé.

Je hoche la tête. J'arrive peu à peu à reprendre mon sérieux, la face impassible. Je me répète un peu, mais ce manque de maîtrise de soi, ça ne me ressemble pas. Qu'est-ce qui m'arrive, au bout du compte ?

Merci de t'occuper de moi. Je vais bien, je t'assure.

Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Dim 4 Sep 2016 - 16:19
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Estelle Highwind

Estelle Highwind
Je suis concentrée plus que d'habitude, dévouée corps et âme à ce rôle qui me va naturellement si bien. Je ne me suis jamais considérée douée pour grand-chose, mais lorsque vient le temps de prendre soin d'autrui, je ne me connais pas d'équivalent. J'ai donc mentalement dressé une liste de toutes les choses dont j'aurais besoin et, sans plus d'hésitation, avais été les chercher pour mieux les ramener à Ren. Cela fait, j'ai poursuivi sur ma lancée, lui partageant mes directives sans une arrière-pensée, avançant encore et toujours avec ce même sentiment d'urgence. Et c'est là que reprend l'histoire alors que je me tiens à côté de lui, l'esprit tournant encore à cent à l'heure. Il me faut chronométrer vingt minutes, puis lui faire enlever la glace. Nous ne pourrons la remettre qu'environ deux heures après, puis l'enlever et la remettre encore plus tard. Simple, efficace, à ne pas oublier. Sauf que Ren a encore une surprise en réserve pour moi, une réplique si innocente, mais si dévastatrice. Elle me prend totalement de court et je pique un fard, réalisant seulement à ce moment la position dans laquelle nous sommes. Je suis quand même dans la chambre d'un jeune homme charmant avec moins de vêtements que jamais, la chemise grande ouverte. Et le pire, c'est que je me suis même assise à côté de lui en me disant que ce serait plus pratique. Ren semble réaliser les paroles qui viennent de s'échapper de ses lèvres alors que son visage se tend. Une fois de plus, le silence tombe entre nous deux. Il est inconfortable, gêné.

Visiblement aussi troublé que moi, le jeune homme tente de se reprendre avec beaucoup de maladresse, me libérant du même coup finalement de mon fardeau pour se munir de son traitement. De mon côté j'en profite pour récupérer mes mains encore gelées et boutonner enfin cette fameuse chemise. Mes doigts, rendus un peu maladroits par leur manque de sensation, effleurent ma peau ici et là dans le processus, me faisant frissonner à nouveau d'une manière différente cette fois. Malgré tout, je ne peux empêcher mes lèvres de former un subtile sourire satisfait tout comme je ne peux empêcher mes joues de conserver une teinte plus rosée qu'à leur habitude. Je compte bien conserver ce compliment et ne pas l'oublier. Ayant plus de mal que moi à récupérer de cet échange involontaire, mon patient du soir continue de parler, déclarant que l'accident était aussi de sa faute. J'avoue ne l'écouter qu'à moitié, amusée par son soudain besoin de parler, de combler le vide. C'est si maladroit. Moi qui lui trouvait un air adulte tout à l'heure, lorsqu'il était décidé à prendre soin de moi, je lui trouve à l'instant des traits plus jeunes, mais véritablement adorables. Le voir passer d'un état à l'autre a quelque chose de presque fascinant et témoigne d'une certaine complexité mystérieuse qui attire mon regard, mon attention. J'ai envie de le comprendre, de le regarder exécuter des arabesques verbales plus maladroites les unes que les autres en espérant retomber enfin sur un terrain stable. Et encore et toujours, je continue à l'écouter en souriant, mes yeux l'air de lui dire : n'essaie pas, tu ne t'en sauveras pas. Ce qui ne l'empêche bien sûr pas de continuer à essayer.

Ren a déjà, en son esprit, réglé des questions auxquelles je ne m'étais pas du tout attardée. Il sait qui va dormir où, quand, comment et pourquoi. C'est une bonne chose, je ne suis pas prévoyante à ce point et c'est l'un des autres avantages à passer du temps avec le membre du Sigle : il est toujours prêt à rattraper mon manque d'organisation. Tout comme je suis toujours prête à rattraper son manque de soin à son propre égard on dirait bien. Comme si je pouvais sincèrement aller boire mon chocolat en le laissant ici sans même lui apporter le sien. Quant aux excuses à venir, c'est un autre registre. Beast est celui qui va devoir courber l'échine devant Ren, pas l'inverse. Je dois y veiller personnellement sans quoi le dragon ne le respectera jamais et c'est un véritable problème. Le jeune homme est un ami proche de moi maintenant, un incident comme celui-ci ne doit plus jamais se reproduire. Nous avons eu de la chance, après tout, que ce soit déroulé dans une cuisine. Une table c'est douloureux, un pan de montagne escarpé ça ne pardonne pas. Ceci étant dit, le brun continue sa tirade et je demeure encore et toujours silencieuse. Sans doute comprend-t-il le message puisqu'il s'arrête enfin, marquant une courte pause pour reprendre sa respiration et remettre de l'ordre dans ses idées en hochant la tête. Déplacé ? Aurait-il grandi dans un environnement si strict que ça ? Je veux dire, enfin, comprenez-moi. S'il m'avait vue ainsi habillée et qu'il ne m'avait pas fait de compliment du tout il me semble que ça aurait été bien plus insultant. Ou peut-être aurais-je simplement été déçue que lui n’ait rien dit ? Après c’est peut-être juste moi, mais pour qu'il l'ait effectivement dit, c'est que Ren est sincère. Si tel est le cas, alors ça me fait d’autant plus plaisir.

Son état naturel vient finalement reprendre empire sur ses traits alors qu'il termine d'une nouvelle phrase sans doute destinée à emballer tout son petit monologue d'une jolie boucle pour clore le sujet. Je lui souris toujours, la mine un peu espiègle, alors que je roule les manches de la chemise pour plus de liberté de mouvement. Avant tout chose, je me laisse aller à mon penchant tactile, couplé à ma tendance à prendre soin des gens à l'excès. Délicatement, du bout des doigts, j'écarte une mèche d'ébène de devant ses yeux. Rien ni personne ne devrait pouvoir m'empêcher d'y regarder, voilà. Accompagnant le geste à la parole, mon ton n'est pas plus fort que cette main délicate, désireuse de ne pas le brusquer.

- Merci du compliment, Ren. Maintenant il faut que tu te reposes un peu au lieu de parler autant, ça te fera du bien. Nous nous occuperons des autres détails plus tard, dans l'immédiat je dois m'occuper de ton bras. Je ne vais pas te mentir, ça va faire mal. Je vais y aller délicatement, mais il faut que tu me le dises si tu as besoin que j'arrête, d'accord ?

Et c'est ainsi que j'ouvre la bouteille de désinfectant pour nettoyer d'abord ma pince à sourcils. Je ne sais pas à quel point ce sera efficace, mais c'est mieux que rien. Concentrée, je parcoure son bras du regard, nettoyant le sang au fur et à mesure à la recherche de bouts de bois à retirer. Une fois propres, ses blessures semblent moins graves que ne le suggéraient les premières impressions, fort heureusement. Je n'ai besoin que d'une quinzaine de minutes pour traiter son bras en entier, laissant ce qui doit l'être bien à l'abri sous un pansement. Plus de peur que de mal en somme, mais je ne serais pas surprise qu'il ait des maux de dos pendant un petit bout de temps s'il ne fait pas attention. Cela terminé, je dépose mon matériel, jette les gazes salis et pousse un grand soupir de soulagement avant de récupérer mon sourire. Mes iris fuchsia retrouvent enfin leur chemin jusqu'aux joyaux verdoyants de Ren, exactement là où ils devraient être.

- Et voilà, comme neuf. Je vais aller me laver les mains et rapporter la glace qui reste. Tu n'en auras plus besoin avant encore un bon deux heures. Je reviens vite.

Ce après quoi je fais exactement ce que j'ai dit. Ça permettra au jeune homme de continuer à se reposer pendant que je m'affaire dans la cuisine, naviguant dans cet espace inconnu comme si j'y avais déjà établit mon repaire. Puisqu’on ne risque pas d'y retourner et que je fatigue un peu après toutes ces péripéties, je me permets de tamiser les lumières de la cuisine une fois mes mains propres. Je me débarrasse aussi des morceaux de glace restant dans l'évier avant de mettre la serviette humide à sécher pour l'heure. Je fais ensuite un détour pour ne pas déranger Beast, le dragon dormant déjà comme un loir, et gagne les tasses rendues froides. Il me revient donc la responsabilité de les réchauffer toutes les deux, tâche dont je m'acquitte en chantonnant doucement pour meubler les murs de l'appartement.  L'endroit porte l'odeur de Ren, sa saveur. Il règne ici une quiétude académique qui, si elle n'est pas mauvaise, s'avère un peu étouffante lorsque laissée à elle-même. Tout y est si parfait, si ordonné, compartimenté. Il y manque un peu de vie.
 

Un jour je serai : Maître Pokémon

J'affronterai les matchs

Sans craindre personne
 

Na, na-na nana

Na-na-na nanan

Les tasses fument d'une odeur sucrée, délicieuse. Même le gros dragon remue dans son sommeil, les naseaux comme titillés par l'arôme riche. Il n'aura rien celui-là, me dis-je en emportant mon butin en direction de la chambre de Ren. J'aurais peut-être dû chercher d'autres vêtements à rajouter à mon ensemble avant, mais le fait est que la chemise, ample, descend jusqu'à ma mi-cuisse. J'ai déjà vu des femmes se promener avec des jupes bien plus courtes. Mon pas toujours aussi serein, je m’arrête néanmoins dans mon élan, prise par surprise. Quelque chose, sous mon pied nu, n’a pas la même texture que le reste du plancher. Plus étrange encore : on dirait que ça colle à ma peau. Curieuse, je baisse les yeux pour découvrir une feuille blanche au sol. Oh. Sans doute était-elle sur la table ou sur le bureau de Ren, peut-être même est-ce tombé de son précieux cahier de notes ? Vu le choc il aurait été surprenant que le document n’ait pas emprunté lui aussi la voie des airs. Sachant que, si je le laisse là, je vais oublier de le ramasser plus tard, je dépose les deux tasses sur la surface la plus proche avant de m’accroupir et de récupérer le papier. Sur le coup je ne comprends pas. Pourquoi dessiner un seul « A » solitaire au beau milieu de rien ? Enfin, pas que ce n’est pas classe, mais le but de la chose me semble obscur. Quelle utilité pourrait-on en tirer ? Et la lumière fut. Ce n’est pas qu’une lettre, je la tiens simplement du mauvais côté. C’est un logo, celui de la Team Anima.

Ma main se crispe et ma comptine pour enfant s’étrangle dans ma gorge. Plus question de chanter maintenant alors que toutes sortes de pensées diverses se bousculent dans ma tête. Je revois le bateau, les sbires et les affrontements. Les civils effrayés et le Maître de Mhyone se dévoiler dans la foule. Pourquoi ce papier est-il ici ? Qu’est-ce qu’il signifie ? Est-ce que Ren est affilié à la Team Anima ? Non, pas lui, impossible. Est-ce qu’il a reproduit leur symbole pour des comparaisons futures ? Sauf que c’est improbable ; non seulement la forme est trop parfaite, trop identique, mais autre chose cloche. Ce truc a une tête de carte d’affaire, une qualité de carte d’affaire. On l’a produit à la chaîne, j’en mettrais ma main au feu. Ren n’a aucune raison de faire ça, n’est-ce pas ? Il n’est pas un terroriste que je sache. Alors si ça n’a pas été fait par lui et qu’il est trop honnête pour être un membre de cette sombre équipe, quelles sont les possibilités qui restent ? Aller, dis-moi, Estelle. Qu’est-ce qui se passe ici ? Qu’est-ce qui se passe en moi pour que je parte à la course en direction de la chambre du jeune homme, ouvrant la porte d’un mouvement quasi violent ? Je parcours la distance restante avec de grands pas et laisse tomber sèchement ce que j’estime être une carte de visite sur le lit, juste devant lui. Remarque ce pourrait tout aussi bien être une carte postale ou un menu de restaurant avec vins à la carte, je n’en ai strictement plus rien à faire. C’est de Ren dont il est question, de sa sécurité. Je ne peux pas prendre ça à la légère. Et pourtant lui il ne m’a rien dit. Je pensais qu’il savait qu’il le pouvait pourtant. J’ai osé croire que nous étions assez proches pour qu’il me parle de quelque chose comme ça. Non seulement est-il demeuré muet comme une tombe, mais, pour ajouter l’insulte à la souffrance, le jeune homme n’a pas non plus pris la peine de cacher l’objet en question. Il était juste là, abandonné dans la cuisine. Comment aurais-je pu réagir à ça ? Il n’y a pas trente-six façons, pas pour moi en tout cas. J’ai besoin de réponses et j’en ai besoin maintenant. Les poings fermés, le regard solide, mais inquiet, je prends la parole.

- C’est quoi ça ? Enfin… si ce n’est rien je suis désolée, mais j’ai besoin de savoir. Je… Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose, Ren. Je fais partie de l’emblème, c’est ma responsabilité de protéger les gens. De te protéger toi.

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Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Dim 4 Sep 2016 - 18:43
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Singing in the Rain
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Mercredi 31 Août 2016, 21h27

Un changement brutal. Les sourires ne font pas long feu, ce soir, et dans la continuité de cette nuit mouvementée, un sujet a pris le pas sur un autre. Moi qui, naïvement, souhaitais modifier l'atmosphère, ne serait-ce que pour dissimuler une petite partie de ma gêne, j'ai été satisfait avec tous les égards dont je pouvais rêver. Et pourtant ! Cette honte mal placée s'est évadée au profit d'une tension palpable, comme si, pour moi, un maux devait logiquement en remplacer un autre. Je n'aime pas ça. En effet, très vite, ces yeux mauve, durcis par l'inquiétude ou je ne sais quel sentiment, ont percés mon regard et touchés le problème en plein cœur. C'est contradictoire. Jusqu'ici, je n'y prêtais pas attention, mais pendant un instant, je me suis senti comme coupable de mon inconscience, coupable d'avoir pris l'enjeu à la légère.

J'attrape une des mes mèches de cheveux. Il est simple, si on écoute le discours de la jeune femme, de deviner qu'elle n'en sait toutefois pas plus que ce qu'elle a aperçu en se promenant plus tôt. C'est vrai que, dans ma hâte, je n'ai pas pensé à le cacher, et que ça m'aurait probablement épargné bien des soucis d'avoir été plus prévenant. Néanmoins, je pars du prince que son jugement est erroné, car même si je commence à la cerner un peu, n'importe qui s'imaginerait milles et unes choses en trouvant pareil indice dans ces circonstances. Ce pourquoi je ne peux pas la blâmer, oui, et ce pourquoi je lui dois des explications.

La mine plus sérieuse, je la regarde, elle et son air inquiet, et libère finalement ce petit bout de tignasse qui ne m'a rien fais. Je tend la main en avant, lui faisant mine d'attendre, et tandis que je jette un discret coup d’œil aux recoins de la chambre, j'attrape mon ordinateur portable, bien caché dans un des tiroirs de mon chevet. Je crois que des mesures s'imposent, car vues les conditions dans lesquelles je me trouve désormais, un peu de prudence ne ferait de mal à personne. Soyons francs. J'ose croire que le papier avait valeur d'avertissement, et si ces gens ont ne serait-ce qu'un minimum de jugeote, alors la présence de parasites n'aurait rien d'une chimère. Pour ça, je sors mon laptop de sa veille et, en quelques clics, ouvre une application de bloc-note. Je place ma main à ma droite, directement sur le lit, pour signaler à Estelle la nécessité de s'asseoir. Ci-fait, j'oriente l'écran de façon à qu'elle le voit et, sans me presser, commence à frapper les touches.

«Ça ne me dérange pas de t'expliquer. Le problème en est devenu un par plus tard que cet après-midi, et même si tout ça peut te sembler étrange, c'est plus simple que tu ne le pense. Pour ce qui est de l'ordinateur, j'en ai besoin, au cas où l'appartement aurait été placé sous écoute. On ne sait jamais.»

Je la regarde. Avec tout cette agitation, mes yeux ont retrouvés leur force habituelle, à soutenir ceux de mes interlocuteurs, à ne plus vaciller dès qu'une erreur est commise. Je me retrouve un peu, et en même temps, je suis à la fois heureux et inquiet de pouvoir en parler directement à quelqu'un. Avec la méthode employée, Estelle ne devrait pas être impliquée dans l'histoire, mais si elle en faisait tout un plat ? Il risquerait d'avoir des ennuis, et comme mon inconscience ne concerne que moi, j'aurai du mal à m'en pardonner. Ça, partagé avec ma confiance instinctive, pose un problème que même mon esprit entraîné fatigue à résoudre.

J'hésite.

Mais pas pur respect, et par volonté d'éviter un malentendu, je choisis de lui en dire davantage. C'est logique. Nous n'avancerons pas si je continue à me montrer circonspect, et si je ne trouve pas de solution à ce visage noyé d'inquiétude, alors je finirais sûrement par le regretter. Mon bras me picote, et mon dos, malgré la glace, me lance encore et encore, mais tout ça ne vaut rien à côté de perdre ma relation avec Estelle. C'est niais, mon moi d'avant Doublonville n'aurait jamais accepté quelque chose comme ça, mais pour cet instant précis, je pense gagner plus à agir de cette façon. Je replace mes doigts sur les touches, et commence à taper.

«J'étais sur l’Éphémère, pendant l'incident qui est passé aux médias. J'ai réussi à tracer l'hélicoptère de la team Anima, avant qu'ils ne repartent pour leur repaire. Grâce à mon portable, j'ai réussi à trouver la direction de leur quartier général, et je travaille sur la position exacte.»

Je laisse à ma camarade le temps de lire. Pas besoin de lui donner davantage d'informations sur cette opération périlleuse, ça serait superflu. Par contre, c'est la suite qui pose problème. Après l'intervention de cet après-midi, je pense avoir été placé sous une certaine surveillance, dans le sens où il ne m'arrivera rien si je ne tente rien, mais que si je commence à divulguer des informations ou fouiller un peu plus, je risque d'en subir les conséquences. C'est logique, et plutôt efficace comme menace, mais pour ce qui est d'en accepter les conditions, je n'y ai pas encore réfléchi. C'est vrai ! Ma famille est à Johto, donc il n'y a aucune chance qu'il leur arrive quelque chose, et mes pokémons sont en sécurité tant qu'ils restent avec moi.

Je regarde la jeune fille.

Par contre.. Il ne faudrait pas qu'ils pensent qu'Estelle est proche de moi. Ce qui me fait revenir au point précédent : je ne dois pas l'impliquer dans mes histoires. Pour ça, je vais devoir jouer finement, en étant assez diplomate pour que, malgré le côté dangereux de la situation, elle ne me suive pas plus que de raison. Je ne suis pas un menteur, et j'aurai du mal à masquer des choses qui me paraissent essentielles à ma camarade, mais avec un certain point de vue, et une certaine façon de l'expliquer, ça devrait passer.

«Je n'ai pas eu de nouvelles, jusqu'à ce que je constate que ma serrure était forcée, aujourd'hui, et que le papier avait été placé sur ma table à manger. En gros, c'est sûrement un avertissement pour que je ne les mette pas en danger, mais je n'ai pas prévu de dévoiler leur position à qui que ce soit, donc..»

Je marque une pause.

«Donc comme tu le vois, je n'ai pas besoin d'être protégé, tant que je reste tranquille. Au contraire, le problème est moins grave qu'il n'en a l'air. Et puis, même si il arrivait quoi que ce soit, ni toi ni moi n'auraient le pouvoir de changer les choses.»

Enfin. Voyons les choses sous un autre angle, aussi attentionnée qu'elle puisse être, elle ne doit pas être très enthousiaste à l'idée de dormir dans un lieu peu sécurisé. En tant qu'hôte, et aussi en tant qu'ami, ou peu importe ce qu'on est vis-à-vis de l'autre, j'aurai aimé lui donner mieux, au moins de quoi la requinquer après une soirée passée sous la pluie. Mais bon ! Ça me désole, mais je n'ai que ça : un lit une place, du chocolat industriel et mon pauvre sourire gêné en guise de consolation.

Tu vois, ce n'est que ça.

Le silence, ce long silence. Pas si long, au final, et il ressemble pourtant à une éternité. Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tout prend une proportion énorme avec Estelle ? Ma responsabilité, pour cette fois, mais aussi cette façon dont je la vois, les rares moments qu'on partage ensemble, et la manière dont elle occupe mes pensées. Cette énigme, mystère qui n'en est pas un, fend mes songes comme un Latios fend le ciel, coupant court à mes plans, mes stratégies, et tout ce qui fait de moi un être rationnel. Je sais ce que c'est, et pourtant ça m'étonne trop pour que je m'en rende compte. Mes idées sont confuses, et plutôt que de sauter aux conclusions hâtives, j'aimerais partager plus de moments. Encore et encore, sans jamais m'arrêter. Pour m'assurer, pour me rassurer, pour prouver que je me fais des idées. Ou peut-être pas ?

Je ne suis pas honnête.

Même si je ne veux pas mentir à Estelle, je peux encore me mentir à moi-même. Je n'ai qu'à relever la tête, et sourire, comme d'habitude, en pensant que tout fonctionne à la logique, et que chaque mouvement se traduit sans arrière-pensée. De cette façon, je ne l'implique pas dans mes actions dangereux, ou pire encore. Prenant une bonne inspiration, je plante mon regard dans celui d'Estelle. Maintenant, c'est à moi de l'écouter. Elle aura sûrement des choses à redire, et me blâmera peut-être pour ma manière d'agir.

On pourrait faire autre chose, comme boire nos boissons plus très chaudes, jouer aux cartes, ou tout simplement dormir pour digérer cette soirée mouvementée ? Mais c'est peu probable. De par le fait qu'elle est tout simplement Estelle, et pour ne pas trahir ma rationalité après mon cœur, il ne faut pas que je changer de sujet. Pas encore. Pour cette fois, je dois l'écouter jusqu'au bout, sans m'enfuir.


Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Dim 4 Sep 2016 - 20:31
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Estelle Highwind

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Ren ne répond pas immédiatement. Fidèle à lui-même et à sa nature posée, intellectuelle, rationnelle, il prend le temps de réfléchir avant d'agir. J'éprouve alors une myriade de sentiments contradictoires. Je ne sais plus si je l'admire pour sa manière d'aborder les choses, si différente de mon impulsivité émotive, ou s'il n'est pas plutôt en train de me tirer lentement sur les nerfs comme on tire un élastique. La patience n'a jamais fait partie de mes vertus et, s'il ne l'a pas compris, il risque de le découvrir rapidement. La seule chose qui me retient est cette main enfouie dans sa chevelure, indice d'une profonde réflexion en cours. Après ce qui me semble aussi long qu'un examen de mathématiques au mois de juin, et donc tout aussi désagréable, le jeune homme revient habiter son corps et me fait signe de patienter juste un peu plus longtemps pendant qu'il se munit de son ordinateur. Il s'exécute en silence, ce qui me fait hausser un sourcil. Ne peut-il pas m'en parler directement ? Est-ce vraiment tant demander ? Je suis pourtant du genre à tenter de respecter les autres et je continue donc de ronger mon frein. Lorsqu'il me fait signe de venir m'asseoir je m'exécute, les sourcils froncés. Cette histoire ne va pas en s'améliorant, mais c'est néanmoins avec obéissance que je prends place, mon bras maintenant pressé contre celui de Ren et mes boucles rousses tombant sur son épaule, petit lit oblige. Lentement, ses mains s'activent sur le clavier alors que la vérité emplit la page blanche, un caractère à la fois. Mes yeux s'agrandissent lorsqu'arrive la possibilité que l'appartement soit sur écoute. Est-ce qu'il est vraiment sérieux là ? Fronçant les sourcils de plus belle, je me racle la gorge pour l'inciter à écrire plus vite. Je veux des précisions, je veux comprendre.

La suite ne m'étonne qu'à demi. Il était donc le bateau lui aussi. Je me souviens avoir vu un Heracross dans la foule, lors des affrontements. J'avais même pensé à Orion sur le coup, mais avais vite chassé l'idée pour me recentrer sur mes priorités. C'était presque fou, maintenant, de réaliser que nous nous trouvions tous deux en cet espace si réduit et que, pourtant, nous avions réussi à ne pas nous voir du tout. Néanmoins, la différence ici, c'est que Ren a eu le temps d'être proactif, il a un coup d'avance sur tout le monde. Le scientifique a réussi à glisser son portable dans l'hélicoptère et travaille sur la localisation du repaire des malfrats. Une telle information, si offerte aux bonnes personnes, pourrait s'avérer cruciale pour retrouver l'organisation et les conduire devant la justice. Imaginons juste qu'F. prenne connaissance de cette donnée, toutes les choses que l'Emblème pourrait faire pour la protection des citoyens. Je suis plongée si profondément dans mes pensées que je ne sens pas le regard de Ren sur mon visage. Ses préoccupations sont si différentes des miennes et, malheureusement pour lui, notre proximité n'est pas ce qui risque de me mettre en danger. Mon impulsivité et mon besoin d'agir, de protéger ceux que j'aime, est une arme à double tranchant bien plus dangereuse. Je ne négocie pas avec les terroristes, proverbe d'Unova. Le retour des cliquetis de clavier me tire de mes pensées alors que je lis la suite. La serrure a été forcée et il a retrouvé le papier en l'état, sur la table. Il ne pense pas être en danger tant qu'il ne partage pas l'information, ce qu'il n'a pas prévu de faire. J'ai deux problèmes avec ça. Si les membres de la Team Anima se rendent compte qu'il a continué de traquer le portable et qu'il obtient la localisation exacte alors Ren sera en danger, qu'il la partage ou non cette satanée information. Le second problème, c'est justement qu'en demeurant silencieux il se sera mis en danger pour rien. Et si l'organisation conduisait de nouvelles représailles ? S'ils décidaient de le faire disparaître ? Notre seule piste s'envolerait avec lui et je n'aurais aucun moyen de le secourir.

La fin du monologue écrit de Ren, pour sa part, est comme une flèche qui vient me couper dans mon élan. Avant j'étais sans peur comme toi, puis j'ai pris un projectile en plein coeur. Il n'a pas besoin d'être protégé tant qu'il reste tranquille, qu'il ne fait pas de vagues ? C'est de la merde, il n'en a aucune idée et il cherche encore à les retracer alors il est incohérent dès le départ. Et malgré cette réflexion aussi pragmatique que possible, je comprends pourquoi il me dit ces choses, instinctivement. Je le sais pour la simple et bonne raison que j'aurais fait exactement pareil. Il cherche à me protéger, à me rassurer, à me tenir loin de cette histoire. Il ne sait pas que j'y suis déjà impliquée de plus d'une façon. Ses mots et son sourire gêné sonnent faux et me désolent. L'intention est bonne, pure, détachée. C'est tout ce qui fait de Ren la personne qu'il est, mais c'est aussi ce qui me chagrine le plus dans cette histoire. Cette impression de me faire mettre à l'écart pour une raison ou pour une autre, cette façon dont il refuse subtilement de me laisser m'impliquer. Je sais qu'on ne s'est pas rencontrés que récemment, que la façon dont je me suis rapidement attachée à lui est peut-être trop brusque, trop inconsidérée, mais le fait est que je ne peux plus rester impassible. C'est trop tard et, dans ce genre de situations, je ne reviens jamais en arrière sans une très bonne raison. S'il devait arriver quelque chose à Ren je ne sais pas si je m'en remettrais, surtout en sachant que j'aurais pu faire le nécessaire pour l'éviter. Prenant une inspiration, le jeune homme se prépare, vient retrouver mon regard, mais c’est à moi de le fuir. Je ne veux pas le laisser voir l'amertume dans mes yeux. Au lieu de cela je m'appuie un peu plus contre lui et j'allonge les bras pour que mes mains atteignent le clavier. J'ai quelque chose à dire moi aussi. Ce n'est pas très long, juste une phrase, mais c'est un aveu qui suffit et, surtout, c'est le seul que je sois capable de formuler.

"J'étais à bord de l'Éphémère moi aussi ce jour-là."

J'ai vu ce dont ils sont capables, l'étendue de leurs moyens et de leur motivation. Je ne peux pas prendre la situation à la légère car je suis informée, je l'ai vécu. C'est bien différent que de voir la nouvelle sur internet et espérer vaguement que personne qu'on ne connaissait n'ait été impliqué avant d'aller voir son horoscope. Il faudrait que je continue, que je dise autre chose. J'ai envie de dire tellement plus. Je sens mon coeur qui bat dans ma poitrine et j'ai soudainement chaud, comme si ma peau n'était plus assez ample pour contenir l'entièreté de mon être. Je déborde. Mais Ren semble tellement détendu, comme l'eau fraîche qui glisse sur les plumes d'un canard. J'ignore s'il comprend sa situation et que ça ne le touche pas ou s'il n'est pas complètement plongé dans le déni. Moi, en tout cas, je n'arrive pas à réagir de la même façon. Je ne peux pas simplement résoudre le problème avec quelques anti-inflammatoires et de la glace, je ne peux littéralement rien faire. Sans doute est-ce pour cela que je cède à une émotivité plus vulnérable, plus attentionnée. Sans doute est-ce pour cela que je baisse la tête, que je me mords la lèvre inférieure et que referme mes mains moites en poings nerveux. Comment lui communiquer toute mon inquiétude ? Lui laisser comprendre que je ne veux pas qu'il continue à prendre ces risques inconsidérés sans m'en parler, sans me laisser être là pour le défendre contre l'adversité ? Comment lui rentrer dans la tête qu'il devrait commencer à prendre soin de lui-même une bonne fois pour toute ? Et dans cet océan de pensées affectueuses et tristes, je me surprends à lui en vouloir, à nourrir un soupçon de colère. Que faire d'autre au fond ?

- Tu n'es vraiment qu'un imbécile, Ren Lowell.

Telles sont mes paroles, lâchées en un murmure teinté d'émotions. Je délaisse l'ordinateur, décidant de manière semi-consciente d’user de la seule méthode de communication que je connaisse : les actes. Mes bras se referment autour de Ren alors que je le serre contre moi sans me soucier de ses blessures. Tant pis pour lui, ça l'aidera peut-être à comprendre comment je me sens que d'avoir mal un peu. J'enfouis mon visage dans le creux de son épaule, ses courtes mèches rebelles venant chatouiller le bout de mon nez et de mes cils. La discrète odeur du thé emplit ma gorge, accompagné de la saveur sobre de son shampoing déjà partout dans ma chevelure. Peut-être n'aurais-je pas dû faire ça, peut-être suis-je en train de le mettre mal à l'aise ? Mais là encore, peut-être que je n'en ai rien à faire. La présence de Ren contre moi est la seule chose qui puisse me rassurer dans l'instant, m'apaiser. Tant qu'il est là, je peux continuer à être immobile, les yeux clos et l'esprit serein. Tant qu'il est là, son coeur battant tout près du mien, il ne peut rien lui arriver.

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Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Dim 4 Sep 2016 - 21:35
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Singing in the Rain
Classique
Mercredi 31 Août 2016, 21h36



Encore une erreur.

Pas de longs discours, pour poser son doigt sur la vérité. Pas de paroles superflues, de tons trop hauts ou de débats interminables. Par la simple amertume d'un regard, par dix mots sur un bloc-note, et par ce simple mouvement des bras, j'effleure le fond d'une pensée. Moi, Ren Lowell, n'ai jamais eu de don pour deviner ce à quoi pensaient les gens. Des connaissances ? Mes amis ? Ma famille ? Tout ça venait à force d'habitude, et malgré les nombreuses années que je passais en leur compagnie, je n'arrivais jamais à savoir ce qui se cachait derrière leur regard. Il pouvait être triste, riant ou espiègle, tout ça m'apparaissait comme un voile illogique, bien loin de ma science adorée. Mais ne pas comprendre l'autre, plonger les mains dans l'ignorance ? C'est risquer intentionnellement la rupture, prendre des risques inconsidérés qui, au bout du compte, se retournent toujours contre vous.

Pour ça, j'ai arrêté de comprendre. J'ai juste cherché à interpréter les gestes du quotidien, à lire la norme. Ça ne m'avait pas posé de problèmes, jusqu'ici ! On ne se mouille pas sans toucher de l'eau, dit-on, et c'est cette même philosophie qui m'a évitée bien des incompréhensions. Mais là, soudainement, après cette phrase hésitante, ce murmure inaudible et ce visage blotti contre mon épaule, j'ai eu envie de comprendre. Pas par curiosité, pas par orgueil ou pour l'image, mais parce que je sentais un malaise en Estelle. Et que ce malaise m'est intolérable. Comment écouter votre raison, quand votre cœur vous hurle dessus à vous briser les tympans ? Alors que la jeune fille m'enlace, mon regard s'éclaircit. Je passe mes mains confuses dans son dos, comme pour soutenir toute cette tension, et je m'arrête de penser.

Ces mots, soufflés et pleins de peine, je les ai compris.

Peut-être nous sommes nous rapprochés plus vite que je ne le croyais ? Ce que je dis n'a pas de sens. J'ai toujours voulu mes propres problèmes par moi-même, n'est-ce pas ? On ne m'a pas prouvé que c'était une bonne ou une mauvaise chose. Juste une méthode, avec ses avantages, et ses inconvénients. Sirius et Alex, eux, me criaient dessus à chaque fois que je gardais mes maux secrets. Ils insistaient jusqu'à que je cède, et se mettaient de mauvaise humeur quand je me montrais têtu. Avec eux, je n'avais pas le choix. Jusqu'ici, on a bousculé mon monde pour s'y faire une place, sans que j'aie mon propre mot à dire, sans que, d'une manière ou d'une autre, je me ferme suffisamment pour y mettre un terme.

Et ça, c'est la mauvaise solution.

Je le clame haut et fort. J'ai aimé qu'on me brusque ! Car sans ça, je n'aurai pas tout ce que j'ai aujourd'hui. Je n'aurai pas changé, je n'aurai pas évolué. Tout comme les pokémons, les humains ont besoin de liens pour grandir. Tout ça, je le pense à cet instant précis car, je me le promet, je ne me laisserais pas brusquer. Ceci, je le consacre à Estelle. Non. Pour cette fois, je ne lui laisse pas forcer les portes de mon monde : ce n'est ni chose aisée, ni chose plaisante. C'est juste un repli, une régression de ma part. En réalité, cette décision qui, pour la plupart des gens, n'aurait de force que la banalité du quotidien, est une autre de ces étapes clés dans ma vie. Je dois m'ouvrir à elle. Je glisse mes mains le long de son dos, jusqu'à les poser sur ses épaules.

En réalité..

Je la regarde.

Je pense qu'on pourrait résoudre ce problème, ensemble. Est-ce que tu veux bien m'aider ?

Si je suis tant attiré par Estelle, ce n'est pas pour son inexplicable caractère attentionné, pour sa beauté ou pour sa façon de me vider l'esprit. C'est parce que, avec mon arrivée à Mhyone, avec ce degré supplémentaire dans mes ambitions, j'avais besoin de tomber sur quelqu'un comme elle. Une personne forte, capable de me donner du courage, mais assez humaine pour que moi-même doive lui en donner en retour. Je ne sais pas si j'ai juste besoin de sa présence, si j'ai besoin de ses conseils, ou si, Ô contradiction, je suis juste amoureux d'elle, mais ce que je sais bien, c'est que je ne dois pas m'aviser de la mettre à l'écart. Plus une seule fois.

Vrai. Je suis incapable de savoir ce à quoi les gens pensent. Mais maintenant qu'elle est si près, comment ne pas le deviner ? Mes yeux l'implorent de me pardonner. Moi qui, jusqu'ici, ai fui la complexité d'une vraie relation pour la logique de la science, j'ai besoin qu'elle m'aide. Même si ma raison m'en dissuade, je préfère m'en convaincre, et que la team Anima, mon futur ou mes voyages m'effraient ou non, quoi que je décide, je pense que je pourrais le partager avec Estelle. Cette décision, elle est impulsive, mais j'y tiens.


Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Lun 5 Sep 2016 - 0:17
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Estelle Highwind

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Je ne bouge plus, toujours accrochée à lui comme à une bouée, peinant à remettre de l'ordre en mon esprit troublé. Il n'y a pas plus grande souffrance, pour moi, que d'être dans l'incapacité d'aider une personne que j'aime. Si je ne peux même pas leur offrir tout mon amour, les protéger, me battre pour eux et leur prouver que rien n'est hors de ma portée lorsque vient le temps de les choyer, alors qu'est-ce qu'il reste de moi ? La réponse à cette question se présente sous la forme d'un contact, d'une main dans mon dos. D'abord délicate, presque maladroite, je la sens me caresser le dos et me concentre sur elle et rien d'autre. J'ai l'impression qu'il a des doigts fins, une main de pianiste comme on dit. Ça lui va bien au fond, ça cadre bien avec son côté... comment dire. Et je réalise ce que je suis en train de faire. Quand bien même le destin ne nous a réuni que récemment, je me permets déjà de penser comme si je le connaissais par coeur, de lier les éléments de sa personne comme les pièces d'un puzzle et d'essayer d'en comprendre l'intégralité pour mieux me l'approprier. C'est comme un besoin qui surgit chaque fois que je suis près de lui. J'ai envie qu'il parle un peu plus, envie de le voir agir, envie de simplement le regarder exister. Chaque petit tic, chaque intonation, j'ai envie de les connaître et de les comprendre, de le prévoir et de le surprendre. Il est si différent de moi, mais nous sommes aussi tellement pareils. Assez pour nous comprendre, assez pour partager la même fréquence. C'est plus qu'assez pour captiver mon intérêt, moi qui habituellement saute d'une chose à une autre dès que les énigmes sont résolues et que ma curiosité décroit.

J'entrouvre les yeux lorsque la main s'immobilise sur mon épaule. J'ignore combien de temps s'est écoulé, mais j'ai presque envie de protester. Pourquoi a-t-il arrêté ? Au moins il aurait pu me laisser ça. Moi, égoïste ? Oui, je l'admets. Néanmoins, c'est une surprise toute autre qu'il me réserve. Le jeune homme revient sur ses positions. Il a reconsidéré la chose et, soudainement, je bats des paupières sous le coup de l'étonnement, de l'imprévisible. Si Ren l'a dit, c'est qu'il le pense sincèrement. Nous sommes si près maintenant. Je peux sentir son souffle effleurer le mien, voir ses yeux qui ne quittent plus les miens. Partager tous les sentiments intenses de la soirée nous aurait-il rapproché sans que je ne le remarque ? Je l'ignore, mais je sais quelle impulsion tente de m'envahir. Il est juste là. Ce n'est qu'une affaire de quelques centimètres, quinze tout au plus. Mais à quoi est-ce que je pense ? À Ren, voilà ce à quoi je pense et à rien d'autre. Nous ne sommes pas que seuls dans cette pièce, nous sommes seuls à un niveau bien plus fondamental que ça. Ce moment n'appartient qu'à nous et, comme toujours, mon envie première est de le posséder jusqu'au bout, quitte à l'incarner en un geste imprévisible et égoïste.

- Ren...

Un murmure. Est-ce un avertissement, un remerciement, une exclamation de surprise ou un simple mot qui n'a plus aucune signification à force d'avoir été répété trop souvent par les méandres de mon esprit ? Sauf que je dois me retenir. Sauf que je me retiens. Détournant le regard, je garde cette envie collée à mes lèvres en un nouveau sourire un peu plus amer que je ne le voudrais. Un petit effort de plus, Estelle ! Ce qu'il vient de te dire est complètement merveilleux, c'est inespéré. Ça me touche d'ailleurs en plein coeur et Arceus sait qu'il en faut peu pour m'émouvoir. Moi, par contre, je ne le savais pas. Je ne pensais pas qu'il me ferait tant plaisir que Ren s'ouvre à moi. Car c'est bien ce dont il est question, non ? Affronter le monde ensemble, main dans la main, telle une équipe. Bon, peut-être que j'exagère un peu, que je rends ça plus gros que ce que c'est, mais n'est-ce pas ma spécialité ? Il faut imaginer trop pour réaliser juste assez.

- Merci. Ça me touche vraiment et... et bien sûr. Je ne comprends même pas pourquoi tu me le demandes, ce n'est pas négociable. Évidemment que je veux t'aider. Je ne peux pas très bien expliquer pourquoi, mais je le sais. Depuis...

Depuis notre valse, depuis notre danse, depuis notre moment à l'extérieur du monde, depuis que je l'ai rencontré, depuis qu'il a prononcé ces derniers mots, depuis qu'il m'a ouvert la porte de chez lui sans même me poser la moindre question, depuis que son regard a croisé le mien.

- Non, euhm... C'est juste... Merci de me faire confiance. Merci de juste être là et d'être mon ami. Merci, voilà. Tu es la première personne, depuis que je suis arrivée à Mhyone, qui me fait me sentir comme si j'étais vraiment chez moi. Il y a quelque temps je me demandais si je ne devrais pas repartir à Unova, j'hésitais vraiment tu sais, mais plus maintenant. Et ça c'est parce que tu es là alors merci. Du fond du coeur.

Mes joues ont rougi un peu durant ma petite tirade et je n'ose plus trop le regarder directement dans les yeux. Je viens de faire un saut périlleux et de le faire sans filet. Pourtant je ne suis pas inquiète, je me sens trop en confiance avec Ren pour craindre de retomber. Ce qui ne m'empêche pas d'être un peu gênée. Pas que manifester mon affection m'ait déjà dérangé avant, mais, quitte à me répéter, Ren est un cas différent. Un cas, un être, à part. Et il n'y a pas que ça ; si j'ose tourner encore la tête vers lui, me perdre dans ses yeux, je sais ce que je vais faire. Je sais que je ne devrais pas le faire. Nous sommes amis après tout, non ? Qu'est-ce qu'il en penserait ? Voudrait-il toujours me parler ? Serait-il au contraire effrayé ou intimidé ou que sais-je encore ? Et puis je ne sais pas, peut-être qu'il n'en a simplement pas envie, que c'est juste moi. Peut-être que je le regretterais. Il me faut changer le sujet, me changer l'esprit, ouvrit une fenêtre et respirer l'air frais peut-être bien. Au lieu de cela, j'opte pour une solution à double tranchant. Une bombe à retardement. En tentant de me sauver, je risque de causer ma perte.

- Sinon ton dos ça va mieux ? Je devrais peut-être jeter un oeil pour m'assurer que ce ne soit pas plus sérieux que ce l'on pensait. Tu as besoin d'aide pour ton t-shirt ?

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Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Lun 5 Sep 2016 - 1:33
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Singing in the Rain
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Mercredi 31 Août 2016, 21h42

Je lui souris.

Faisons ça, alors.

Mon regard ne se décroche plus. Il est planté dans le sien, il oppose toute résistance à qui voudrait l'en déranger. Mon attention, elle, est comme happée par le discours d'Estelle, et je me délecte de chaque mot, de chaque expression qui ose s'évader de ses lèvres rosées. Mon cœur ne fait qu'un bond, car elle m'explique que j'ai eu de l'incidence dans sa vie. J'aurai, à mon insu, relancé le fameux moteur de son courage, je lui aurai peut-être même donné une raison de rester. Est-ce que je suis si important pour elle ? Je pourrais bien lui poser la question. Là, maintenant, sans tact, sans détour et sans somation, pour donner un petit coup de lampe torche sur toute cette histoire. Mais c'est inutile, pas vrai ? Pour moi, ou pour elle, il vaut mieux garder le secret.

Mais bon. Cette proximité est atroce, elle m'accable comme je n'ai jamais été harassé, et pour moi, Ren Lowell, qui n'est en aucun cas un fanatique absolu des courtes-distances, je me retrouve à souhaiter me rapprocher davantage. Je plisse les yeux. IL FAUT SE REPRENDRE ! Ça fait tellement de temps que je n'ai pas rougis que j'ai carrément oublié ce que ça donnait. La dernière fois, c'était quand Sirius m'avait fais manger un mapo tofu à la cérémonie de clôture. Enfin.. Là, c'est quand même moins grave. Cette année-là, j'étais devenu rouge comme une tomate. Et j'avais eu chaud. Très chaud. Ne comparons pas l'incomparable

Mais Estelle a eu l'idée du siècle, et nous avons enfin l'occasion de nous sortir de ce climat un peu tendu. En effet, juste pour modifier ne serait-ce que d'un iota l'atmosphère, je suis prêt à la laisser m'examiner ! Même si, entre nous, je ne pense pas que ma blessure soit grave, sûrement un bleu ou une petite marque, rien de plus. Mais bon ! Il suffit de le vérifier pour savoir, et ça ne se fera pas tout seul. Je n'ai qu'à enlever mon t-shirt.

Ça ira. Je fais ma mine espiègle. Je ne suis pas encore à l'article de la mort.

C'est la fin de notre étreinte. L'affaire est réglée, pas vrai ? Je n'ai plus qu'à faire ce qu'on m'a demandé. En soi, même si ça me picote un peu sur le bras, j'arrive à retirer mon haut en un temps trois mouvements. Je m'écarte davantage, et présente mon dos à ma camarade pour qu'elle fasse son travail d'inspection. Eh ! Cette façon de se bouger, c'est plutôt pas mal. J'ai réussi à chasser toutes les idées un peu étranges de ma tête, et maintenant que nous sommes revenus dans un contexte normal, peut-être qu'on pourra tout préparer pour qu'elle passe la nuit. Bonne idée.

De ce côté, difficile de voir ce que fais Estelle, mais je déduis à son silence que tout doit être en ordre. Je sens une petite pression, juste un peu douloureuse, qui témoigne bien de la présence d'un bleu à l'endroit où j'ai heurté la table. Comme je disais, rien de très grave, et je n'aurai sûrement aucun mal à aller me perdre dans la forêt aux tilleuls le lendemain. Ce n'est pas la première fois que j'ai une mésaventure du genre, et sûrement pas la dernière fois. Principalement si j'accompagne Estelle, avec Beast et son caractère de Gruikui.

Tout va bien, on dirait. On v..

Je me retourne, souriant, et me rend compte de notre ÉNORME erreur. Je suis là, assis sur mon lit, juste à côté d'une jeune femme tout juste plus âgée que moi, habillée d'une de mes chemises blanches et moi-même torse nu. Hem.. D'un coup, le silence se réinstalle. Je ne sais plus trop où me mettre, et j'ai ENCORE UNE FOIS été pris au dépourvu par l'ironie de la situation. Cette soirée, c'est un peu comme si on tombait de Tentacruel en Trioxhydre, tout ça à cause d'un enchaînement de péripéties aléatoires qui nous dépasse. Enfin ! Dans la mesure où je m'efforce à ne pas y penser, je vais éviter le commentaire de tout à l'heure, car même si il n'était pas voulu, il m'a directement touché en pleine confidence. Faisons preuve d'un peu de maîtrise de soi.

Je mime une quinte de toux.

Je vais refaire ton lit et installer mon futon. Je remet discrètement mon t-shirt. Je vais préparer la nourriture pokémon pour demain matin, aussi. J'en rajoute pour Beast ?

Le regard vague, je me lève, et de nouveau habillé, je profite du choc de la situation pour aller m’éclipser vers les étagères. Je ne peux m'empêcher de laisser apparaître un petit sourire amusé. C'est gênant, mouvementé et incompréhensible, mais quand Estelle est là, les soirées sont beaucoup plus amusantes. Je passe ma main dans le futon pour juger son état. Est-ce qu'elle voudra revenir, un jour ? Je secoue la tête. C'est exceptionnel, cette fois-ci, et je devrais plutôt me focaliser sur mon «lit» qui, ma foi, m'a l'air d'avoir bien résisté au voyage.

Je le retire jusqu'à la chambre, pour avoir une vue d'ensemble sur les lieux. Où est-ce que je vais l'installer ? Pour le coup, je n'ose pas trop demander son avis à Estelle, ni même tourner la tête dans sa direction. Mais bon.. Il y a des chances que elle, par contre, elle ne s'en prive pas.


Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Lun 5 Sep 2016 - 2:41
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Estelle Highwind

Estelle Highwind
Il semblerait que mon idée ait trouvé preneur, me permettant du même coup d'échapper au regard de Ren. J'ai l'impression que ses iris sont plus perçants qu'un peu plus tôt, plus insistants. Ou alors est-ce simplement moi qui leur prête un magnétisme plus puissant que de raison ? Toujours est-il que nous nous séparons et que le jeune homme, non sans une petite blague sur son état, retire son haut. En même temps, à bien y penser, c'est sans doute bien mieux qu'il le fasse lui-même. Par contre, ce à quoi je n'ai pas pensé, c'est que mon regard, une fois son examen de la blessure terminée, n'hésite pas un seul instant à continuer ses péripéties. Ce n'est pas de ma faute, c'était à lui de ne pas me faire dos et donc de ne pas me laisser le champ libre du même coup ! Aussi court soit ce moment, j'ai l'occasion de parcourir ses épaules, les découvrant moins délicates que ce à quoi je m'attendais. S'il n'a pas fini sa croissance, c'est clair qu'elle est bel et bien commencée. Il a déjà les épaules un peu plus larges que les miennes et, à dire vrai, il me parait un peu plus grand maintenant que je le détaille plus attentivement. Néanmoins, le jeune homme finit par se retourner, tout sourire, visiblement étranger à mon propre état qui n'a pas changé tant que ça. Mes pensées sont encore pleines d'idioties imprudentes et il faut croire que les siennes ne tardent pas à prendre la même direction. Nouveau moment de malaise, de tension. Si proche, juste là. Je n'ai qu'à tendre la main pour atteindre sa peau nue, je pourrais le faire. Ça n'a aucun sens et je peine à comprendre pourquoi je voudrais le faire, mais je le pourrais si je le décidais.

Heureusement pour moi, Ren est soudainement atteint d'une quinte de toux peu naturelle, mais qui suffit à nous permettre de nous éloigner de nouveau. L'esprit toujours aussi pratique, l'intellectuel effectue une transition quasi parfaite vers les préparatifs que nous devons faire pour la nuit tout en se rhabillant. La catastrophe est évitée, pour l'heure. Faisant un effort titanesque pour me concentrer sur autre chose, j'arrive à comprendre ce qu'il est en train de suggérer et, surtout, ce qu'il est en train de faire. Sans demander l'avis du médecin -c'est presque moi ça-, le voilà qui entreprend de bouger le futon seul histoire de le préparer pour y dormir. Dans son élan, il occulte même totalement la nuit en question de ses pensées pour sauter déjà à la préparation du petit déjeuner de demain. Comme quoi Ren a toujours trois coups d'avance sur moi, au niveau de la planification en tous cas. Je ne suis peut-être pas aussi prévoyante que monsieur, mais je suis bien plus douée pour vivre dans le moment présent et j'ai bien envie de lui faire un petit cours là-dessus. Disons que c'est un peu comme la continuation de notre leçon de danse. L'air espiègle et après avoir juré solennellement que mes intentions sont mauvaises, je me glisse derrière Ren et place ma main sur sa hanche pour le forcer à se décaler sur le côté. Ce faisant, j'ai le champ libre pour attraper le futon à sa place et le faire entrer complètement dans la chambre tout en lui répondant.

- Nous verrons qui mange quoi demain matin. Nous ne sommes pas pressés que je sache alors autant faire les choses une à la fois.

Et j'ai l'impression que cette dernière phrase ne s'applique pas seulement au sens de l'organisation de mon camarade. Dans tous les cas, le choix de la position du second lit m'apparaît très évidente. Je n'ai pas oublié ce qu'il a dit à propos de la serrure forcée plus tôt aujourd'hui même et je compte bien mettre autant de distance que possible entre elle et moi. J'avoue que la présence d'un dragon dans la pièce d'à côté en chien de garde me rassure déjà un peu, mais je n'ai tout de même pas envie de dormir là. Ajoutons à ça les ronflements de Beast qui commencent déjà à s'élever doucement dans la nuit et nous avons un combo fatidique. Nous allons donc dormir dans la même pièce ce soir, mais pas nécessairement en accord avec sa suggestion.

- Tu devrais prendre le lit, ce sera mieux pour toi. Et puis le futon me donnera l'impression de faire du camping, c'est gagnant pour tout le monde.

Conclus-je en mettant en place ledit matelas avec le sourire, profitant de mon occupation pour ne pas être obligée de regarder Ren dans les yeux à nouveau. La seule chose qui va manquer ce sont des draps, une couverture et un oreiller. Satisfaite de mon oeuvre, je décide avec autant de réflexion qu'à l'habitude de m'y laisser tomber pour tester le niveau de confort. Ce n'est clairement pas un matelas cinq étoiles, mais je devrais très bien m'en tirer à dormir là-dessus pour une nuit. Bien sûr, je me doute que mon hôte n'est pas enchanté par la tournure que j'ai choisie pour les événements. Je le connais assez maintenant pour savoir que l'inverse aurait été des plus surprenants. Je me permets donc, confortablement installée sur le futon, de lui faire comprendre que je ne compte pas changer d'avis. Le sourire appelant au défi sans doute un peu plus qu'il ne le devrait, je lève la tête vers Ren pour retrouver mon chemin jusqu'aux émeraudes qui dorment en ses yeux.

- Je sais ce que tu vas dire, mais c'est non, n'y pense même pas ! J'ai pris possession du futon et ne compte pas changer d'avis. Tu aurais toujours pu me bouger par la force, mais ton dos ne te le permettrait pas et Beast est dans mon équipe aloooors, j'ai gagné par défaut !

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