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Singing in the Rain ~ feat. Ren
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Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Lun 5 Sep 2016 - 15:42
Région d'origine : Mhyone
Messages : 507

Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Singing in the Rain
Classique
Mercredi 31 Août 2016, 22h09

Je la regarde, amusé. Elle ne sait absolument pas comment ça fonctionne. Estelle habitait à Unys, c'est ça ? Pas étonnant qu'elle soit complètement perdue, avec toutes ces histoires de futons et de lits. A Johto et Kanto, la désignation «futon» n'a pas du tout la même qu'à Kalos, Unys ou même Mhyone. Je ne peux d'ailleurs pas m'empêcher d'esquisser un sourire moquer quand la jeune femme, fière de son opération, se pose littéralement sur le shikibuton plié. Elle a une excuse : il est grand, et vu comme ça, on pourrait penser que c'est un petit matelas pour enfant. Mais non ! Je vais faire de la magie.

Je ne vais pas te faire bouger par la force, non. Je vais plutôt t'expliquer comment ça marche.


Je me penche légèrement en avant, effleurant par la même occasion l'épaule de mon amie, le regard concentré sur l'amas de coton blanc. Je suis plutôt fier de mes origines, donc faire la démonstration du génie traditionnel de Johto ? Je le fais avec plaisir. En plus, la meilleure utilisation pour un futon, c'est l'emploi occasionnel, destiné aux invités ou aux visites d'un soir. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus pratique à déplier, donc pour le quotidien, le lit reste quand même un gain de temps. Maiiiiis..

C'est simple, il faut passer ta paume entre les couches et les déplier en trois. Je passe délicatement ma main sur son bras et, avec une pression, incite à Estelle à venir de mon côté. Une fois qu'il est déplié, il se sépare en deux : le matelas, qui est assez léger mais cotonneux, donc ça sera moins confortable sur ce parquet que sur un tatami, et le kakebuton, ou la couette en coton, si tu préfères. Il y a aussi deux petits oreillers, dans celui-la.

Je lui souris.

En gros, à Johto, un futon c'est une sorte de lit en kit. Plus confortable qu'un matelas basique, et assez doux. Ce n'est pas très répandu à Mhyone, et encore moins à Unys, pas vrai ?

Je commence à bien ordonner son lit, donnant un aspect quasi-symétrique à l'ensemble. La mine attendrie, je place correctement les oreillers, j'ajuste la couette et, ci-fait, je me tourne vers Estelle pour attester de ma victoire.

Je n'ai pas beaucoup dormi dans celui-la, mais il est assez confortable. Ma mère a toujours insisté pour qu'on dorme dans les futons, à la maison. Elle est très traditionnelle, contrairement à mon père qui, lui, aime davantage le côté moderne qui vient tout droit de chez toi. Personnellement, j'aime les deux.

Je la regarde. Je parle trop ? Pas vraiment. C'est Estelle, après tout. Je m'en suis donné le droit.

J'espère que ça t'ira.

Bien. Après ce prompt instant de contact et d'enseignement qui, je l'avoue, n'avait pas été prémédité, je regagne finalement mon lit. Avec ça, je me rend compte que j'ai, malgré moi, commencé à m'habituer à la présence d'Estelle, comme si, finalement, cette soirée n'était qu'une banalité dans mon quotidien. Un quotidien dans lequel je l'ai d'ors et déjà inclue. Pour la suite, je n'ai pas la force d'y réfléchir. Je bloque, j'y pense, et plus j'y réfléchis, plus je suis à cours d'idées. Ce problème-ci, qui n'a pas d'âge, je devrais peut-être en parler avec Estelle. Mais pas encore. Pas avant que je sois sûr, et qu'elle aussi.

Le lit en ordre, je replace soigneusement mon ordinateur portable dans la table de chevet et, jetant un coup d’œil à Estelle, je passe le doigt sur l'interrupteur. Ça n'a pas l'air d'être allumé, dans le salon, ni dans la salle de bain ? Tant mieux. Pour le coup, je pense qu'il est temps de prendre un peu de repos.

Je peux éteindre ? Ou tu préfères dormir avec la lumière ? Je fronce les sourcils. Tu es bien installée ?

Je marque une pause. Ça a l'air d'aller.

Si tu as besoin de quoi que ce soit pendant la nuit, fais comme chez toi. Mes pokémons ne sortiront pas, ce soir.

Je m'allonge sous ma couette. Le ton mielleux, prêt à m'endormir, je sacrifie mes dernières forces pour une simple phrase. Une locution anodine, et pourtant si plaisante.

Bonne nuit, Estelle.


Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Lun 5 Sep 2016 - 23:59
Région d'origine : Unova
Messages : 197

Estelle Highwind

Estelle Highwind
Moi qui était si fière de ma prise en charge des choses, je retombe vite sur terre en comprenant ma naïveté. Égal à lui-même, c'est par le savoir que Ren va l'emporter sur moi. Si j'avoue être d'abord un peu surprise, j'admets assez rapidement mon erreur à propos du futon. Vrai que ça n'avait pas l'air super pratique de se coucher directement dessus juste comme ça. Je m'écarte donc et laisse faire l'expert, suivant ses mouvements et buvant ses paroles paisiblement. Je ne me lasse jamais de ses explications, de cette confiance qui l'habite lorsque vient le temps de revêtir le rôle d'expert. C'est là qu'il est à son meilleur, qu'il me complète le plus. Je ne retiendrai certainement pas toutes les étapes et tous ces noms exotiques, mais ça ne m'empêche pas d'être fascinée et, de toute façon, je n'ai pas besoin de les mémoriser. Tant que Ren est là je n'en aurai pas besoin. Le petit guide d'utilisation complété, son sourire revient vers moi pour m'expliquer les différences culturelles de nos régions d'origines. Quant à savoir si c'est répandu à Unova... Ce n'est pas vraiment ça, effectivement.

- C'est si répandu que je n'en avais jamais vu un avant. Comme quoi on n'en connait jamais autant que ce que l'on croit sur le reste du monde.

Le jeune homme continue son ouvrage et, au final, le futon semble bien plus confortable et invitant que je ne l'aurais cru. Je me sens presque mal de lui laisser le lit, mais j'ai vraiment envie de vivre cette expérience digne de Johto ne serait-ce que pour une nuit. Ren poursuit en me disant qu'il le sait confortable quand bien même il n'y a pas beaucoup dormi. S'en suit une petite parenthèse sur ses parents qui pique ma curiosité. J’aimerais bien voir à quoi ressemblent les gens qui l'ont élevé tiens. L'important, dans tous les cas, c'est que mon camarade aime autant chacune des deux cultures, ne présentant pas de préférence. Ceci étant dit, il se fait plus tranquille en me demandant si ça va aller. J'ai l'impression qu'il continue de se retenir, de se sentir coupable lorsqu'il parle autant d'un bloc. S'il fallait que je partage ce trait je me sentirais très mal et ce très très souvent. Il me revient donc l'occasion de verser dans ce que je fais le mieux, de le rassurer et de lui donner confiance pour qu'il comprenne qu'il peut être à l'aise avec moi. Tout le temps.

- Ça me va tout à fait. Merci de m'avoir appris tout ça, tu ferais vraiment un très bon enseignant.

Le sourire qui accompagne mes mots est sincère et doux, peut-être même un peu maternel si on veut vraiment aller en cette direction. Cet échange conclu, il est temps pour chacun de nous deux de nous diriger vers l'endroit où nous allons passer la nuit, sagement, chacun de notre côté. Je me glisse sous la couverture et apprivoise cet environnement inédit. C'est vraiment très différent, mais pas nécessairement mauvais. Je sens que je vais bien dormir en tout cas. Je sursaute presque lorsque Ren m'interpelle de nouveau, à propos de la lumière, retrouvant son petit air sérieux et légèrement inquiet. Suis-je bien installée ? La question a l'air de lui tenir à coeur, assez pour me faire rire un peu et le regarder avec un air attendri, la tête légèrement penchée sur le côté. Est-ce que je suis bien installée ? Bah voyons. Je ne suis pas une poupée de porcelaine non plus, je n'ai pas besoin d'être mise sous verre. Je ne suis pas une rose. Je ne suis pas encore sa rose.

- Ren, tout est parfait. Tu peux arrêter de t'inquiéter pour un rien.

La lumière se ferme donc un instant plus tard et, étendue sur le dos, la lumière aveuglant toujours mes yeux qui doivent encore s'adapter à l'obscurité, j'entends Ren qui grimpe dans son lit. Je tends l'oreille, attentive malgré moi aux bruits qui suivent le temps qu'il termine de se placer, tire la couverture par-dessus lui. Puis, le silence. Il est court, cette fois, et se fait briser par trois mots ridiculement simples, mais qui me font chaud au coeur. Il y a quelque chose de tellement satisfaisant à les entendre. Cette fois, je n'ai pas à lui dire au revoir. Pas besoin de lui dire à la prochaine. Pas besoin de m'éloigner de lui. Cette fois, je peux me contenter de lui répondre.

- Bonne nuit, Ren.

Je ferme les yeux et je sens mes joues rougir un peu dans la pénombre alors que je me tourne sur le côté, me faisant toute petite dans le lit, le visage enfoui contre l'oreiller. Je repense aux mains de Ren qui ont disposé le futon pour moi avec autant de soin que possible. J'entends, en provenance de la cuisine, les ronflements de mon dragon. L'odeur des lieux, tranquille, vient également m'enlacer pour m'inciter à sombrer dans le sommeil. Je reste pourtant éveillée un petit moment, laissant mes pensées vagabonder un peu partout. Derrière mes yeux clos, je n'hésite pas à repenser le monde, à jouer avec lui jusqu'à ne plus percevoir les limites entre l'éveil et le rêve. Paisible et sereine, je me suis endormie.

***

J'émerge doucement, d'abord immobile. J'ignore l'heure qu'il est, je n'ai même pas le courage d'ouvrir les yeux. Ce que je sais, c'est que quelqu'un a bougé cette nuit et je n'en suis pas étonnée pour le moins du monde. Mon oreille m'informe la première que Beast est venu me rejoindre, sans doute couché à côté du futon bien sagement. C'est une habitude qu'il a pris durant notre long voyage à Terra Nova. Si qui que ce soit, humain ou Pokémon, devait tenter sa chance et m'approcher, il le regretterait. L'appartement de Ren, néanmoins, est un endroit sécuritaire jusqu'à preuve du contraire et, dans ce contexte, je me contente de trouver cela extrêmement mignon. N'ouvrant pas les yeux au complet, je me tire avec mes avant-bras pour me rapprocher du gros reptile. Souriant, je viens poser ma tête contre son ventre, la joue contre ses écailles fraîches. Son abdomen monte et retombe au rythme de sa respiration longue et puissante, faisant décrire le même mouvement à ma tête et à mes cheveux alors que je ne peux m'empêcher d'en rire doucement. Beast bouge alors sa lourde queue, venant me frapper doucement le côté, comme pour me discipliner. Il y a un dragon qui essaie de dormir ici, ce n'est pas le temps de le déranger ! Mouhahahaha, il devrait pourtant savoir que je suis déterminée et très câline, surtout le matin. Je me permets donc, joueuse, de déposer quelques petits baisers contre ses écailles, juste de quoi le faire réagir. Je n'en ai pas fait trois qu'il lève sa grosse tête plate pour me regarder, l'air grognon. J'ai compris ! Je m’en vais !

Arrêtant finalement de déranger le dragon, je quitte le futon pour mieux m'étirer. Les mains bien en l'air, je laisse m'échapper un petit gémissement de fatigue. Ma longue chevelure rousse va avoir besoin d'être brossée, même pas besoin d'y passer la main pour le savoir. Je fais rouler un peu mes épaules avant de réaliser un ou deux étirements simples. C'est une vieille habitude du temps où je dansais sur une base régulière et je trouve que ça commence mieux la journée. C'est comme de me sourire à moi-même dans le miroir après m'être brossée les dents. Ça a peut-être l'air ridicule, mais au moins comme ça je commence toujours du bon pied. Ceci étant dit, mon attention se porte sur l'autre lit qui se trouve dans la pièce, là où se trouve un autre dormeur. Je m'approche à pas de loups, admirant avec un brin de curiosité Ren qui sommeille toujours. Comme à ma nouvelle habitude, je ne peux m'empêcher d'être attendrie. De mes mains aussi délicates que possible, je prends le temps de replacer la couverture qu'il a dû perdre quelque part durant la nuit en bougeant. Cela fait, je me permets aussi de replacer quelques mèches de cheveux rebelles, m'attardant malgré moi en ce repaire d'encre plus longtemps que je ne l'avais envisagé.

- Tu es vraiment mignon quand tu dors, tu le sais ça ?

Une question qui n'attend pas de réponse. Ren dort après tout et il vaudrait mieux que je m'éloigne si je ne veux pas le réveiller. À regret, je quitte donc la pièce en laissant le duo sur place pour mieux aller récupérer mes effets et aller faire un brin de toilette. Enfin, "un brin", vous comprenez ce que je veux dire. Maintenant que je peux le faire, il est hors de question que je ne sois pas à mon meilleur pour Ren. Belle chevelure bouclée, juste un peu de mascara pour rehausser mes cils du haut et le reste au naturel. Une jolie jupe qui tombe tout juste sous mes genoux accompagnée d'une blouse blanche sans manches (ils ont eu le temps de sécher durant la nuit), quelques bracelets légers pour meubler l'un de mes bras et de petites perles en guise de boucles d'oreille. Je préfère rester pieds nus, toutefois, comme je ne vais pas quitter les lieux pour l'instant.  C'est d'ailleurs une très bonne question : qu'est-ce que je vais faire pour l'instant ? Un regard curieux et rapide dans la chambre m'indique que ça n'a pas beaucoup bougé ici. Ennuyée, je décide de laisser court à ma nature spontanée et ouvre donc les placards et le réfrigérateur. Tiens tiens tiens, j'ai de quoi faire des crêpes ! Enfin, presque. En l'état elles vont être un peu sèches vu ce qu'il y a de disponible pour accompagner. Je tends l'oreille encore un peu, mais il n'y a que le silence pour me répondre. Je dois bien avoir le temps d'aller faire quelques courses. En me dirigeant vers la sortie j'enfile mes sandales et récupère mon portefeuille. Je trouve, également, un certain Crabicoque qui m'attends devant la porte. Depuis quand est-il sorti lui ? Si ça se trouve il m'a regardé durant toute ma routine du matin. Attendrie, amusée et simplement sociable, je m'accroupis donc en plaçant naturellement ma jupe pour lui parler.

- Tu as envie de venir faire des courses avec moi ?

Le Pokémon semble d'accord puisqu'il s'écarte pour me laisser passer sans toutefois me quitter du regard. Et nous voilà donc partis à l'aventure dans les rues merveilleuses de Viridia. Je dois l'avouer, c'est vachement plus accueillant de jour quand il ne pleut pas. Le soleil a déjà commencé à montrer le bout de son nez et il tape un peu. J’en profite donc pour m’acheter un genre de chapeau de plage aux bord larges, assortis à ma jupe. J’ai l’impression d’être tout droit sortie d’un film. Vous savez, l’un de ces films pour jeunes femmes où elles se retrouvent seules dans un environnement inconnu pour la première fois après être venues rejoindre l’être aimé ? Ouch, c’est beaucoup trop précis en fait… Enfin, à quelques détails prêts. J’aime beaucoup Ren, mais voilà, ce n’est rien de plus vraiment. Ce n’est pas comme s’il doit nécessairement y avoir quelque chose entre nous deux, voyons. Il doit me trouver beaucoup trop extravagante, trop bruyante, juste trop féminine peut-être ou qu’est-ce que je sais encore. Et puis je suis plus vieille, ça peut être intimidant ça. Ou plus bêtement je ne suis peut-être pas de son type. Peut-être qu’il est gai, c’est possible ça aussi. Peut-être qu’il a déjà une copine aussi, je ne sais même pas qu’elle est sa situation actuelle à dire vrai. Donc voilà, qu’elles sont les chances qu’il se passe quelque chose dites-moi ! Ha, haha ! Aucune. Aucune… Boah, de toute façon je le vois comme un ami ! N’est-ce pas… ? Comment ça n’est-ce pas ?! Bien sûr que je le vois seulement comme un ami. Elle est bien bonne celle-là. Ou peut-être pas tant que ça…

- Tu sais ce que ça veut dire toi, considérer quelqu’un comme un ami ?

Le crabe n’a pas l’air de le savoir, mais il sait qu’il a trouvé ce que nous sommes venus chercher. Je cligne des yeux un instant, tout juste le temps de revenir dans le temps présent, dans le concret. Devant nous se trouve un étal présentant de petits fruits divers et variés, de la confiture maison, du miel et toutes sortes de produits naturels. Je ne suis peut-être pas une experte dans le domaine culinaire, mais je sais que je ne veux offrir rien de moins à Ren. La vendeuse vient m’accoster et il ne me faut quelques minutes pour conclure la vente et repartir avec ce dont j’ai besoin. J’ai même réussi à m’en tirer avec un petit pot de vrai de vrai sirop d’érable à rabais. Fidèle à moi-même, je prends néanmoins un autre virage sucré, prenant la peine d’aller dans une autre boutique pour ajouter du Nutella et un peu de crème fouettée à mon butin. Ces crêpes seront les meilleures qu’il ait jamais mangé, parole d’Estelle !  C’est avec tous mes achats dans un sac que je prends le chemin du retour, ne m’arrêtant au passage que pour écouter chanter des oiseaux. Ce n’est pas ce à quoi je suis habituée, mais je peux tout à fait comprendre pourquoi l’on pourrait vouloir s’installer ici. Ceci étant dit, je délaisse la brise qui me joue dans les cheveux pour m’engager dans le hall d’entrée et gagner la porte de mon camarade. J’entre en tentant de faire le moins de bruit possible, toujours flanquée de mon accompagnateur de type insecte. Refermant la porte derrière moi, je reste immobile et j’écoute. Pas de mouvement, pas de voix. Tout le monde dort encore. Parfait !

Je range mes petites trouvailles et me prépare à faire un peu de cuisine. Je rince les fruits et coupe en dé ceux qui doivent l’être avant de les mettre dans de petits bols à part. Chacun d’entre eux se fait ensuite recouvrir d’une pellicule de plastique avant d’aller attendre au centre de la table. Une fois de plus, je m’exécute en chantant doucement, me concentrant sur la tâche en cours. Lorsque j’en ai fini avec les fruits, les bols sont disposés de façon à ressembler à une fleur simple aux pétales colorés, sucrés et très appétissants. Je dois avouer que je suis satisfaite, j’ai mis beaucoup de temps à faire tout ça, mais le résultat en vaut la peine. Il ne me reste plus qu’à sortir mon téléphone pour aller trouver une recette officielle de crêpes sur le web. De la farine, des œufs, du lait, un peu d’extrait de vanille, du sucre, une pincée de sel et tout ce qui s’en suit. Je mélange les ingrédients avec détermination, quitte à me rappeler que j’aurais intérêt à refaire un peu d’exercice pour revigorer ces bras mous. Plus qu’à faire cuire le mélange pour en faire de belles grandes crêpes minces et appétissantes. Je m’en tire avec une bonne petite pile de merveilles dorées que je couvre elles-aussi pour en conserver la chaleur. Mon ouvrage terminé, je mets la vaisselle sale dans l’évier. Nous pourrons toujours la laver plus tard à deux lorsque nous serons rassasiés. Faire tout ça m’a creusé l’appétit et j’ai bien hâte que Ren soit levé. Je ne vais quand même pas manger sans l’attendre, n’est-ce-pas ? Mmh… Ce qu’il ne sait pas ne peux pas lui faire de tort. Je prends donc la liberté de voler un ou deux morceaux de fraises, miam, avant de m’essuyer les mains et de finalement partir en direction de sa chambre.

J’ouvre délicatement la porte et, d’abord, n’y fait entrer que ma tête. La pièce est plus sombre que le salon et on n’y entend que les bruits du gros dragon qui a commencé à remuer. Il se réveille lentement. Ren, par contre, est exactement là où je l’ai laissé en partant plus tôt ce matin. Enfin, peut-être s’est-il réveillé pendant que je ne regardais pas ou que j’étais partie, ça je n’ai aucun moyen de le savoir, mais ça importe peu. Ce qui compte, dans l’instant, c’est que le petit déjeuner ne va pas se faire manger tout seul. J’avance dans la pièce sur la pointe des pieds, approchant du jeune homme endormi. Comment m’y prendre maintenant ? Je me mords l’intérieur de la joue en y réfléchissant, éliminant d’office les options trop fantaisistes ou simplement trop soudaines. Dans le doute, je dois y aller avec mon instinct. Je viens donc m’asseoir douuuucement auprès de Ren, sur le bord du lit. Bon, ça n’a pas l’air d’avoir marché. Je vais devoir essayer d’être un peu plus persuasive on dirait. Il est temps d’essayer de murmurer.

- Ren ?

Je ne sais pas trop quoi dire d’autre, ce serait superflu de toute façon. Tactile, je me permets pour la… troisième fois ? Seconde fois ? Je me permets encore de toucher sa chevelure de suie, de la caresser doucement et d’y enfouir une main câline. Je ne m’arrête que lorsqu’il commence à bouger, que j’ai l’impression qu’il se réveille, mais ne quitte pas ses côtés pour autant. Sa présence est bien trop captivante pour que j’envisage seulement de fuir maintenant. J’ai été sa dernière pensée du soir, probablement, et maintenant j’ai envie d’être sa première pensée du matin. Peut-être est-ce une mauvaise idée, peut-être ne devrais-je pas m’incruster autant, mais c’est plus fort que moi. J’ai envie de me faire ma place, de lui voler un pan de son être. J’ai envie qu’il ne puisse plus jamais m’oublier et que son regard ne cesse jamais de me sourire, de me détailler. Je ne pourrai jamais l’admettre, mais j’ai bien trop peur que tout ce qui existe entre nous ne s’envole en fumée mensongère, en espoirs trahis. J’ai bien trop peur que ce ne soit qu’un mirage. La seule chose que je puisse faire pour combattre ces inquiétudes, c’est encore de m’accrocher, d’insister à ma façon. Je ne comprends pas tout ce qu’il y a entre nous et ce n’est sans doute pas possible, mais j’ai au moins une certitude. Quand bien même je n’ai qu’elle, ce devra être suffisant pour l’instant. Je ne veux pas perdre Ren.

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Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Mar 6 Sep 2016 - 2:53
Région d'origine : Mhyone
Messages : 507

Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Singing in the Rain
Classique
Jeudi 1 Septembre 2016, 10h10

Eh.. C'est le matin ? J'ai l'impression d'avoir trop dormi. Je ne suis pas encore bien réveillé, mon crâne me semble plus lourd que d'habitude, et mes fichues articulations me font mal. Et puis, il y a cette sensation de proximité, comme si quelque chose avait caressé mes cheveux avant que j'émerge. C'est troublant. J'ouvre timidement les yeux, assez pour voir que Estelle est là, auprès de moi, la mine figée dans ses songes. Je ne peux réprimer un de ces rougissements imprévus et trop récurrents ces derniers temps. Qu'est-ce qu'elle fait là ? Elle aurait besoin de mon aide ? Mon cerveau se met en marche à toute allure, brusqué par ce bousculement d'émotions venu toquer à sa porte. Je devrais bouger, me lever et m'occuper de mon boulot quotidien, mais.. Comment dire ? J'ai envie de tricher. D'être coupable d'avoir feinté l'ignorance, et de rester un peu plus là, à la regarder penser.

Mais là, je me sens plus lucide qu'hier soir. Assez pour dire que, quoi que j'en pense, je suis tombé amoureux d'elle. Bon, et alors ? Même si c'est très différent, ça m'est déjà arrivé par le passé ! Mais ce n'est pas comparable. Non, la je suis tenté. Trop tenté. La dernière fois, j'avais réussi à garder ce blocage, à ne pas attirer une pauvre âme dans cette pseudo-incarnation du désastre que serait une relation à mes côtés. J'étais autant indécis que têtu : entre mon désir de la garder auprès de moi, et ma foi de l'éloigner, je ne savais plus où donner de la tête. Maintenant, toutes mes idées convergent vers la même idée.. J'ai besoin d'Estelle. La bonne réflexion du matin, hein ! Tout ça, je le pense sans pouvoir détourner mon regard de son visage, bien moins meurtri par ses péripéties qu'auparavant. Si elle me semblait belle par le passé, je ne saurais décrire ce que je ressens par de simples mots. Mais à la contempler comme ça, sans attester de mon réveil, je me sens un peu coupable.

Bonjour.

Je la gratifie d'un sourire heureux. J'ai tout officialisé dans ma tête, pas vrai ? Et pourtant, tout ça semble si brouillon. Mieux vaut changer de sujet. Ce que je sais, c'est que j'ai battu un record. Le record du meilleur démarrage de cerveau au petit matin. Maintenant, je me satisfait de sa mine surprise, extirpée de ses songes par mon réveil qui s'est, sans aucun doute, voulu trop rapide et inopiné. Eh oui, Estelle.. Je suis bien là ! Et moi aussi, je te regarde. Et ça me rend heureux.

Mais ça, je ne lui dirai certainement pas.

Je me frotte les yeux, et jette un rapide coup d’œil à mon horloge électronique. Dix heure douze ? J'ai beaucoup trop dormi, ce n'est pas bien. Je n'imagine pas à quel point mon équipe doit être affamée, moi qui ai l'habitude de lui donner son petit déjeuner une heure plus tôt. Est-ce qu'ils me pardonneront ? J'ai juste vécu une des meilleures soirées de ma vie. Mais l'euphorie de cette nuit, elle est passée et elle est repartie, elle a cédé sa place à une autre, plus subtile cette fois, et plus prompte à la réflexion. Il ne m'aura pas fallu beaucoup de temps pour que je me rende compte de mes sentiments, hein ?

Je fronce les sourcils. Je hume l'air, intrigué par ce que je viens de sentir. Des crêpes ? Oui, ça c'est bien l'odeur des crêpes. Ou des gaufres, on ne sait jamais. Les tartes aux myrtilles de mes cadettes avaient cette odeur, aussi. Mais ça, c'est une autre histoire. Malgré tout, je sais qui est le coupable, et d'un œil mi-inquisiteur mi-attentionné, je ne peux m'empêcher de lui placer une remarque. Attention, je met mon titre de roi du théâtre en jeu.

J'ai bien dormi. Et au hasard, j'aimerais bien des crêpes.

Dis-je en levant les yeux au plafond. Oui, on va miser sur les crêpes. Si ce n'est pas ça, personne n'osera me tourner en ridicule, et puis avec cette petite boutade, je me remet les idées en ordre. Comme elles devraient l'être. Et puis, ne parlons pas de mon jeu d'acteur, on va sûrement vu mieux. A chaque coin de rue. Je me lève, et commence à plier le futon d'Estelle pour l'emmener avec moi. Il faut les aérer après chaque utilisation, ces choses-la ! Une bonne habitude qui date de Johto, hein ? Je ne compte plus le nombre de fois où Maman m'a grondé car j'oublias de le faire. Je me dirige vers la fenêtre et, l'ouvrant en grand, pose le matelas pour le laisser souffler. Une bonne chose de réglée.

Sans dire un mot, j'inspecte la table. C'est magique, tout a été préparé ! Encore un peu, et je pourrais profiter de ce sublime cadeau des cieux. Mais corvées oblige, j'ai certaines choses dont je dois m'acquitter avant de me détendre : la nourriture de l'équipe, l'hygiène et le courrier. L'avantage, c'est que dans cette résidence, et vu qu'il n'y a pas de boîte aux lettres, le courrier est directement délivré devant la porte. Je ne me fais pas trop d'idées, hors période de fête, mais il faut bien vérifier. C'est la routine.

Je me dépêche.

Et je file à la salle de bain. Ça ne change pas de d'habitude, mais je prend une douche express, passe un coup de peigne dans mes cheveux, m'habille rapidement et, ci-fait, remet à sa place tout ce que j'ai dérangé dans la pièce. Je passe ensuite à la nourriture pokémon, que je dispose dans plusieurs petits bols : un pour chaque membre de l'équipe, plus quelques intrus vides, au cas où Estelle voudrait aussi faire profiter ses compagnons d'un petit déjeuner. A proximité des pokéballs, je tape subtilement dans mes mains pour que tout le monde se réveille. Je déclenche un véritable concert d'éclairs rougeâtres, desquels s'échappent dans l'ordre Orion, Pavo, Corvus et Aries. Je leur fais signe de se remplir la panse dans leur coin, car.. Soyons clairs ! Personne n'a le droit d'interrompre mon repas avec miss Highwind. Mu d'une sorte de placidité dynamique, j'arrive à m'occuper de toutes mes besognes et, ayant vérifié qu'il n'y avait pas le moindre courrier, je peux enfin m'asseoir aux côtés de la jeune femme.

Ce matin, j'ai battu un deuxième record.

Plutôt content de ma performance, je m'installe sur une des chaises, bien en face d'Estelle. J'aurai mille et une choses à lui dire, avant qu'on commence, mais je vais plutôt me limiter à un sujet classique. Je n'ai pas envie de l'embêter avec des détails, subtilités qui, en soi, ne concernent probablement que moi, et je préfère encore profiter de ce petit déjeuner préparé par ses soins. Du mieux que je le peux, à ma façon.

Je tâte la texture du doigt. Tu as eu la main lourde sur le sucre.. Je croque un bout, et mon visage s'illumine.

Bon, pas si mal, finalement. En soi, ça devrait à moi de m'occuper de ça. C'est amusant, mais à chaque fois que je suis en position de faiblesse, je me retrouve à être nourri par Estelle, comme si elle attendait simplement que je vacille pour prendre le relais. Ça me fais chaud au cœur, et en même temps, ça me donne encore plus envie de lui rendre la pareille. Je n'ai pas l'esprit de compétition, absolument pas même, mais pour ce qui est de lui faire plaisir, je n'ai certainement pas dis mon dernier mot.

Mais assez parlé, l'accord tacite veut qu'on commence à manger. Moi, je ne m'en prive pas, et j'use de tout ce qui est à ma disposition pour me remplir le ventre. Pour une fois que ce n'est pas moi qui cuisine, je profite ! Et puis, je ne sais pas si c'est parce que c'est Estelle qui l'a préparé, mais ça s'apprécie mieux. Comme quoi, la théorie qui dit que les plats préparés avec amour sont les meilleurs n'est pas totalement fausse ? Même si, pour le coup, je m'avance un peu trop sur le sujet. Difficile de ne pas réfléchir au comment du pourquoi, mais plutôt que de me triturer les méninges avec des songes inutiles, je préfère apprécier l'instant présent comme il vient. Comme elle le fait, elle.

Je ne sais pas pourquoi, mais c'est super bon.

Et pour que je sorte un mot comme ça, qui ne fait en général pas partie de mon vocabulaire, il faut y aller. Je me retrouve à me faire dorloter, et pour cette bonne raison, je me laisse aller. Mais ce compliment, bien que tu, je le pensais de tout mon cœur. J'ai bien remarqué que tout ça avait été préparé et acheté de ce matin, et que la jeune femme avait mis de l'effort dedans. Je ne sais pas pourquoi, et je ne veux pas savoir, mais j'apprécie. Je ne songe même plus à ma mésaventure d'hier soir. Pour l'instant, je suis heureux, et c'est tout ce qui compte.

Et donc. Qu'est-ce que tu comptais faire, cet après-midi ?


Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Mar 6 Sep 2016 - 5:02
Région d'origine : Unova
Messages : 197

Estelle Highwind

Estelle Highwind
La déception m'envahit lorsque je le vois qui s'éveille. Je dois cesser de lui jouer dans les cheveux, cesser de le toucher. Par Arceus, j'ai l'air d'une stalkeuse ! Ça ne se fait pas de penser à ses amis comme ça, mais c'est plus fort que moi. Le regard que Ren me jette alors qu'il est encore à mi-chemin entre rêves et éveil me garde auprès de lui, me donne envie de recommencer. J'ignore ce qu'il se passe au fin fond de cette forêt d'idées, mais j'ai envie de le découvrir. Dans notre silence, je me surprends à m'imaginer le lire, le découvrir. Je le sens me détailler, je vois ses pupilles se dilater et je peux le suivre dans son examen, j'ai l'impression que son visage a changé. Ren n'est plus celui qui m'a accueilli chez lui la veille, j'en ai presque la certitude en cet instant. Le Ren d'hier n'aurait jamais osé me regarder comme ça de face. C'est... presque étrange. Mais le charme se rompt alors qu'il arrive à s'éclaircir la gorge et à me saluer. Un seul mot, mais nous n'avons pas besoin de plus. Je pourrais lui demander s'il a bien dormi, mais ce serait une absurdité superflue. Le sommeil ne compte pas. Seulement ce qui était avant et ce qui vient après. Seulement ces instants où nous sommes ensemble. La bonne question, celle que je devrais lui poser, c'est s'il passe un bon réveil. Sauf que je n'en ai pas besoin, il y a longtemps que ses iris m'ont répondu.

Le temps reprend ses droits et l'intellectuel émerge finalement de ce qu'il lui reste de sommeil, reprenant contact avec la réalité en se localisant dans le temps. C'est quelque chose que je n'ai même pas pensé à faire en me levant et, pour être honnête, je ne sais toujours pas quelle heure il est. Tout ce que je sais, c'est que cette heure je la passe avec lui. Le concerné, d'ailleurs, semble être interpellé par autre chose et j'ai une vague idée de ce que ce peut être. Son regard me revient chargé d'une nuance précise, une légère bravade sous le ton de la complicité. Ce n'est pas tout à fait au point, on parle tout de même de Ren ici, mais c'est assez pour que je mette mon sourire puant l'affection tendre de côté pour retrouver un état d'esprit plus joueur, malicieux. Il m'est tout naturel de venir le rejoindre dans sa plaisanterie et de m'en servir pour rebondir de plus belle. Toute seule je ne suis qu'une fille un peu trop volontaire, périodiquement maladroite et ordinaire. En la compagnie de ce nouveau camarade, je me découvre des qualités qui n'en sont que lorsque nos personnalités respectives s'unissent en un contraste aussi étonnant que confortable et, pourtant, fonctionnel.

- Oh, c'est dommage. Si j'avais su je t'en aurais gardé.

Je sais, elle était sans doute un peu trop facile, mais que dire de plus. Renvoyer la réplique m'est naturel sous cette forme et je ne compte pas déroger à la force de mes impulsions. Je ne suis sans doute pas la seule en ce cas puisque le scientifique, une fois un peu plus éveillé, se laisse aller de nouveau à ses instincts naturels. Si l'homme ordinaire chasse, Ren, lui, entretien sa tanière avec la précision maladive d'une horloge suisse. Ça me va je l'avoue, je suis moi-même sans doute meilleure pour effectuer ladite chasse que pour garder un logis accueillant, mais il faut avouer que le dragon y est pour beaucoup. Je ne le suis qu'à moitié, quittant surtout la chambre par simple principe pour mieux gagner la cuisine. Quand bien même j'y ai passé la nuit, je ne me sens pas à l'aise de rester dans cette pièce toute seule. Après tout l'inverse est aussi vrai, je ne voudrais pas qu'il reste dans ma chambre seul trop longtemps. Ce n'est même pas une question de confiance, mais bien juste de principe. Poursuivant sur sa lancée, le jeune homme me prévient qu'il n'en a pas longtemps et je me contente d'acquiescer. Je ne suis pas pressée d'une part et, de l'autre, j'ai pu prendre mon temps pendant qu'il dormait, le minimum à faire est de lui laisser prendre le sien maintenant. Ça me permet aussi, du même coup, de m'asseoir tranquillement et de réfléchir à tout et à rien. On a tous besoin de petits moments de vide et les miens sont plus fréquents le matin.

Lorsque Ren revient, mes yeux se rallument, comme si je venais de quitter le mode veille. J'ignore si ce n'est qu'une impression, mais je crois qu'il en va de même pour lui. Ses tâches quotidiennes effectuées, il a une occasion de sortir du pilote automatique pour se placer face à moi. Un tête-à-tête au petit déjeuner... On dira ce que l'on voudra, mais soudainement j'ai l'impression que ce cadre rend la chose bien plus intime qu'un souper aux chandelles ne pourrait jamais l'être. Il y a quelque chose de sacré à partager le premier repas de la journée. C'est un moment à partager en famille ou entre amis de longues dates, ce n'est pas quelque chose qui se fait à la légère. Et aujourd'hui, je suis en train de partager ça avec Ren. Je suis comme une petite fille enthousiaste au point que j'en oublie de me servir. Je ne peux que suivre les mouvements du jeune homme des yeux en attendant impatiemment son verdict. Je le sais meilleur chef que moi et, non seulement son opinion m'importe, mais je veux également lui faire plaisir. Je veux revoir son sourire heureux, l'entretenir. Dans ma naïveté, j'en viens presque à m'imaginer que c'est un devoir que je suis la seule à pouvoir accomplir. Les choses dont on arrive à se convaincre avec un peu de volonté... Heureusement que Ren est là pour me garder sur Terre, juste là, à côté de lui.

- Je ferai plus attention la prochaine fois !

Est la réponse que je m'empresse de lui donner à son premier verdict sur le sucre... jusqu'à ce qu'il goûte finalement à mon plat et que ses yeux s'agrandissent. Il va le recracher... c'est pas possible... Il ne les aime pas c'est ça ? Oh non, ne me dites pas que j'ai gâché la matinée, je m'en voudrais tellement ! Dis quelque chose Ren, pitié, dis-moi que ce n'est pas si mal que ça ! Eeeeet... Il prend une autre bouchée et encore une autre. Grand moment de soulagement alors que je pousse un soupir de libération. Je peux maintenant me servir moi aussi avec l'âme en paix. Non seulement je sais qu'il aime ça, mais je suis aussi rassurée quant à la possibilité de m'intoxiquer avec mes propres crêpes ratées. Si le cuistot en chef aime, c'est que ce n'est pas une arme de destruction massive. C'est à croire que je m'améliore !

Durant le repas, aucun de nous deux ne semble éprouver le besoin de parler. Nous sommes confortables dans notre petit silence et les répliques polies et vide de sens n'ont pas leur place à notre table. Nous n'avons pas seulement passé cette étape, nous l'avons survolée sans nous en soucier, sans la regarder. Il règne entre nous une familiarité évidente, mais qu'aucun de nous deux n'a nécessairement envie ou besoin de souligner. C'est comme un non-dit. Le père noël n'existe pas, mais ça non plus on ne le dit pas. On le sait, mais on veut préserver l'illusion, pour les enfants. Dans ce scénario, je suppose que nous sommes tous deux à la fois les adultes et les innocents. Drôle de pensée pour celle qui est le plus clairement dans le déni, encore et toujours. Je n'ai pas la même vision que Ren, pas la même facilité à faire des liens, tirer les conclusions et choisir d'un plan d'attaque. Je me contente d'exister et d'admirer ce que nous partageons, ce que nous sommes, sans jamais remettre en question ce que ça vaut pour moi. Pas un seul instant je ne cesse de me dire qu'il est mon ami. Pas une seule seconde je ne cesse de me leurrer et d'ignorer les battements chaleureux de mon coeur. Même lorsqu'il me pose cette dernière question et que je livre bataille contre mon être pour formuler une bonne réponse, je demeure dans le confort indécent de mes œillères.

- En fait euhm... Pour être honnête.

Ça ne m'empêche pas d'éprouver un peu de gêne, de replacer une mèche de cheveux derrière mon oreille avec un soin nerveux. L'aveu sera difficile de par ce qu'il sous-entend, mais j'arrive à me libérer de son poids avec la méthode habituelle. Je ne suis qu'une gamine inconsciente qui dit tout ce qui lui passe par la tête avec une honnêteté si franche qu'elle ne saisit pas la moitié de ce qu'elle dit réellement.

- J'avais prévu venir te voir. Je suis venue à Viridia juste pour te voir. J'étais supposée arriver demain, mais le Centre Pokémon n'avait plus de place ; tous les lits étaient déjà pleins. Donc pour ce qui est de ce que j'ai de prévu aujourd'hui bah... J'avais simplement prévu de passer du temps avec toi.

Sauf que ce n'est pas tout. J'ai juste oublié, sur le coup, qu'il y existait plus dans les faits que les simples désirs égoïstes de mon coeur. C'est donc après une courte pause maladroite que je sursaute presque en me souvenant de l'évidence. Je dois rectifier le tir, compléter ma parole.

- Oh, et bien sûr, il n'y a pas que ça. Je suis venue pour te présenter Crabi. Je me demande où il est passé d'ailleurs celui-là... Crabiii ?

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Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Mar 6 Sep 2016 - 17:47
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Singing in the Rain
Classique
Jeudi 1 Septembre 2016, 10h21

La raison, en elle-même, est tout ce qu'il y a de plus simple et honnête. Pourtant, cette explication, elle me fait chaud au cœur. Je n'aurai espéré meilleure réponse, ou même pire indice. Elle ne le sait pas, et elle ne le saura peut-être jamais, mais ces paroles innocentes ne font que me saturer davantage d'indécision. Elles hantent mes pensées, tourmentent mes idées, et sans que je m'en rende compte, me poussent à esquisser un de ces discrets sourires satisfaits dont j'ai le secret. Si désintéressé fut le geste, il me comble toutefois de bonheur.

Et à ça, je ne peux pas répondre. Je ne peux qu'être spectateur, car si je me risquais à un autre moment de faiblesse, à ouvrir ma bouche une fois de plus, est-ce que je pourrais me contrôler ? Sans aucun doute. Mais le simple fait de répondre à cet aveu, aussi innocent soit-il, par une de ces locutions préconçues de politesse, par une phrase sans âme ni émotions, je ne pourrais pas m'y résoudre. Ça m'irrite, ça m’écœure, et face à ces sentiments amers, je préfère encore me taire.

Je veux être honnête avec elle.

Mais Estelle, dans sa grande bonté, me laissera le choix d'un repentir. Elle fait appel à Crabi, ou Crabiii selon l'intonation, qui serait en fait un petit pokémon qu'elle aurait attrapé récemment. En partant du principe qu'elle me connait un peu, et qu'elle pense qu'il pourrait m'intéresser, j'en déduis que l'individu en question est un pokémon insecte, et comme il n'y a pas trente-six Crabi dans le règne entomologique, je suppose qu'elle parle en réalité d'un Crabicoque. Pour un instant, et je n'aurai pas espéré mieux, mon attention se focalise totalement sur la rencontre de ce petit spécimen qui, sans que je le sache, se serait faufilé dans mon appartement. Mais le soucis, c'est qu'il n'a pas l'air décidé à se montrer.

Tant pis ! Si il est si timide, c'est moi qui partirai à sa recherche. Je n'ai pas pour habitude d'être invasif, mais quand ma passion est en jeu, je veux bien croire que certaines barrières sont levées. Pour ça, avec un regard plus brillant que jamais, j'incite Estelle à me suivre d'un petit mouvement de tête. Sans ranger quoi que ce soit, car il faut connaître ses priorités dans la vie, je quitte la table et commence à scruter les moindres recoins de mon lieu de vie. Je ne suis pas un as en orientation, mais je suis celui qui a le plus vécu à cet endroit ! Aucune chance qu'il ne m'échappe.

Mon instinct prend le dessus. Sans que ça me choque pour un sou, j'attrape la main d'Estelle avec audace et, posant un doigt sur mes lèvres, la tire avec moi vers l'entrée du salon. Je vois bien Aries et Orion, dans leur coin, qui me regardent avec leurs yeux ronds, vraisemblablement fatigués de mes changements d'humeur et de comportement. Occupez-vous de vos affaires ! Quand vient le temps de la recherche, tous les coups sont permis. Je m'approche petit à petit du couloir, jusqu'à passer ma tête dans l'ouverture.

J'esquisse un sourire.

Comme prévu, il est bien là. Il y a un petit espace entre le mur et l'étagère, et c'est l'endroit parfait pour se cacher, ou observer les passants sans être vus. Du coup, si Estelle était bien franche, il ne pouvait que se cacher-là. Je ne m'attarde pas : je tire doucement la dresseuse avec moi, pour rejoindre le territoire du lapidicole. Rien de mieux que de lui montrer un visage familier pour le mettre en confiance ! A bonne distance, et assez lentement pour ne pas le brusquer, je commence à m'accroupir pour réduire la hauteur. Je fais bien attention à ne pas lui couper un itinéraire de fuite, ni de lui mettre la pression, car c'est bien ce qu'il y a de pire à faire avec un pokémon de cet acabit.

Hey. Moi c'est Ren. Je lui offre un petit sourire attentionné. C'est la première fois que je vois un Crabicoque avec un caillou aussi joli. C'est toi qui l'a poli ? En tout cas, tu as vraiment de bons goûts.

Complimenter cette espèce sur sa maison, c'est un peu ce qu'il y a de mieux à faire. Leur caillou, c'est toute leur vie, et plus qu'un moyen de survivre dans la nature, c'est aussi un enjeu pour impressionner leurs congénères. Mais les flatteries s'arrêtent là, et bien que le spécimen semble plus détendu qu'à l'origine, je ne compte pas l'embêter davantage. D'une part c'est le pokémon d'Estelle, et de l'autre, une relation ne se construit pas en un jour. D'ailleurs, je n'ai pas lâché la main de la jeune fille, et tandis que je commence à me redresser pour retourner à nos occupations, je sens comme un craquement dans mes articulations. Et particulièrement dans mon dos.

Aïe..

Grosse pointe de douleur, bien que je parvienne à ne pas me rétamer par terre. Merci Estelle ! Sauf que, sur le coup, je lui ai plus serré la main que prévu. Réflexe corporel, hein. En tout cas, pour témoigner des séquelles d'hier soir, mon dos recommence à me faire mal. Je suis vraiment si fragile que ça ? Le visage crispé, je passe ma main dans mon dos. J'ai l'impression d'être vieux avant l'heure.


Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Mar 6 Sep 2016 - 18:38
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Estelle Highwind

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Je partage donc les raisons de ma visite à Ren et, en guise de réponse, n'obtient que le silence. Certes, je ne sais pas trop à quel genre de réaction je m'attendais, mais au moins la transition s'effectue sans trop de mal vers le sujet du fameux Crabicoque que j'ai rencontré sur la Route Cendrée. Évidemment, le jeune homme est impatient de rencontrer le spécimen et quitte donc la table avec empressement pour mieux m'inciter à faire de même. Toujours prête pour l'aventure, je viens donc le rejoindre avec un sourire tout aussi enclin aux petites plaisanteries fantaisistes. La main du jeune homme vient chercher la mienne et je la lui confie sans même une arrière-pensée. C'est trop naturel pour moi de lui tenir la main pour que j'y réagisse vraiment. Au lieu de cela, je le suis à pas feutrés dans la pièce d'à côté avec l'impression d'être devenue une véritable aventurière, quelque part dans une forêt tropicale. Nous sommes comme des enfants qui s'amusent à un jeu dont ils sont les seuls à connaître les règles pour la simple et bonne raison qu'ils les inventent ensemble au fur et à mesure. Ajoutant à l'image, je remarque que les fenêtres ont commencé à être assaillies par quelques gouttes de pluie et le portrait est complet. Nous ne sommes que des gamins qui ont décidé de jouer à explorer le monde en intérieur comme il ne peuvent pas aller dehors pour de vrai. Je m'attends à ce que, d'une seconde à l'autre, des péripéties invisibles viennent nous mettre en danger par la simple force de notre imagination. Sauf que nous avons atteint notre objectif sans heurt, Ren nous a mené droit au but et nous avons trouvé notre cible, bien cachée derrière l'étagère.

Je m'accroupi avec Ren, pressée contre lui sur tout un côté de ma personne pour mieux tenter de voir le petit crabe qui se dissimule loin des regards. Il faut dire que vu l'angle, c'est un peu compliqué de faire autrement pour réussir à établir un contact visuel. Quoi qu'il en soit, le chercheur tente d'établir le dialogue, commençant d'abord par se présenter pour mieux complimenter le petit timide sur son choix de caillou. Je me souviens que Tails a dit quelque chose à propos de ça d'ailleurs, quand j'étais à Bord-au-vent, mais j'ai oublié les détails. Cela fait, Ren décide de ne pas insister et je me décale donc pour le laisser se relever... jusqu'à ce que sa main serre dangereusement la mienne et que je le voie s'interrompre dans son mouvement. Laissant mes réflexes s'en mêler, j'arrive à l'aider à demeurer sur ses pieds, mais je me doute bien de ce qui lui a fait faire ce faux mouvement.

- Viens, assieds-toi un peu.

Je le guide jusqu'à la chaise la plus proche avant de l'aider à s'y asseoir en m'assurant qu'il aille bien. Cela fait, je vais récupérer les anti-inflammatoires à la course avant de les lui donner avec un verre d'eau. Je lui fais ensuite signe de se tourner, histoire que son dos ne soit plus face au dossier et que je puisse y accéder plus facilement. Il me suffit alors de relever son t-shirt et de jeter un oeil pour décider de la marche à suivre. Le mieux, c'est encore la glace. Je l'abandonne donc à nouveau pour aller chercher une nouvelle serviette propre et répéter les autres étapes de la veille. À mon retour, je ne me gêne pas non plus pour appliquer moi-même mon "sac de glace" improvisé dans le bas de son dos avec délicatesse. Cela fait, je m'approche toujours un peu plus, passant cette fois ma tête par-dessus son épaule pour une raison ou pour une autre. Je ne réfléchis pas vraiment à la façon dont je me tiens où la proximité à laquelle nous sommes. Je suis juste plus à l'aise comme ça, lorsque nos corps se touchent presque et que ma longue chevelure dégringole jusque sur lui. Lorsque mon souffle effleure presque son oreille et que j'ai l'impression de le voir rougir juste un peu. Lorsqu'il est à ma portée et que rien d'autre qu'une simple décision nous sépare encore.

- Ça devrait te soulager au moins pour l'instant, mais tu as besoin de repos. On peut peut-être se mettre un film ou jouer aux cartes ?

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Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Mer 7 Sep 2016 - 12:38
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Singing in the Rain
Classique
Jeudi 1 Septembre 2016, 12h57

Merci. Je fronce les sourcils. Je n'ai pas de cartes à l'appartement..

Je projette mon regard sur le home cinema, cherchant des yeux ce petit bijou de technologie qui pourrait nous sauver la mise. Là, posé sur l'étagère à côté de la télévision, je remarque enfin le boitier noir, et je m'empresse d'aller le récupérer. A le regarder de plus près, ça a bien l'air d'être le disque dur externe que mes cadettes m'ont laissées. Grâce à ça, j'arriverai sans doute à trouver un film pour nous occuper, Estelle et moi, histoire que tout se passe sans encombres jusqu'au déjeuner. Enfin, j'espère.

♦    ♦    ♦

Je me dirige dans la cuisine, qui m’apparaîtrait presque comme un refuge après ce moment hors du temps. Petit à petit, je reprend mes esprits, et petit à petit, l'horreur grandit en moi. Est-ce que j'ai vraiment fais CA ? Est-ce que, dans mon égoïsme sans bornes, je me suis laissé emporter par mon instinct, par cette attirance illimitée pour elle ? Pour le meilleur ou pour le pire, il faut croire que oui. Ça n'a duré qu'un subtil instant, et pourtant, toutes ces émotions sont restées gravés sur mes lèvres.

Machinalement, je commence à sortir tout ce dont j'ai besoin pour préparer le repas.

Par cette expérience, je suis heureux comme je ne l'ai jamais été, mais d'un autre côté, j'ai peur de m'être enlisé dans un bon paquet de problèmes. Même si je suis sûr que, d'une façon ou d'une autre, Estelle s'est impliquée dans ce baiser autant que moi, j'ai l'impression de lui avoir attiré des ennuis. Je n'ai pas osé regarder son visage, en repartant vers la cuisine, et le meilleur moyen de le savoir serait de lui poser directement la question, mais c'est bien évidemment impossible. Aussi, j'ai l'impression d'avoir trahi ma raison, de m'être placé moi-même dans une position délicate de tension, qui ne pourra maintenant se solder que par un désastre. Je ne sais pas. Je doute, car à chaque moment passé avec elle, je me sens mû d'une force que je n'aurai jamais soupçonné auparavant. Est-ce que c'est possible ? Est-ce que ça ne l'est pas ?

Je ne sais pas.

Je secoue la tête, et je commence à déchirer la salade en petite portions. J'attrape deux bols et une petite tasse que je dispose à bonne distance, ainsi qu'un grand saladier pour plus de pratique. J'attrape une cuillère et, sortant un grand avocat du frigo, je commence à le peler avec un regard vide. Pendant que ma main effectue son geste protocolaire, je continue de penser, de repenser, et de sur-penser cet instant. Le pire, dans tout ça, c'est que j'ai envie que ça recommence : une fois, deux fois, à chaque fois. Pourquoi je n'arrive pas à réguler mon esprit ?

Le pire, c'est qu'elle est encore proche. Dans le salon. Et je n'arrive pas à dire un mot, ni à lui parler.. Je ne sais même pas si je le devrais ! Mais même pour moi, qui suis habitué au calme, ce silence m'accable. Si seulement je pouvais démêler la situation, d'une façon ou d'une autre, et m'excuser de mon comportement. Mais je n'ai pas envie de me faire pardonner, si ? Rah ! Ce cerveau commence à déchanter.

L'avocat découpé en petit dés, je me met aux tomates. Je sors deux grosses tomates fraîches du réfrigérateur, et je commence à les éplucher méticuleusement. D'habitude, je ne prend pas la peine de retirer la peau, mais bien quand je ne cuisine que pour moi, car cette fois, j'ai une invité à contenter. Malgré tout, mon esprit se perd encore. J'en viens à me demander si elle ne va pas me détester, ou si on se reverra après cette journée passée ensembles. Je doute, je doute, je doute, et alors que je doute, le couteau en profite pour ripper.

La lame aiguisée, à toute allure, s'approche de mon pouce.

Par réflexe, ou je ne sais trop comment, j'arrive à retirer ma main avant que le mal soit fait. Un modeste son résonne dans l'appartement, celui-la même de la lame contre la planche à découper, et tandis qu'une goutte de sueur perle contre mon front, je me remet machinalement à ma tâche, cette fois avec davantage de concentration.

Finalement, j'arrive à éplucher ces fichues tomates, à les découper et à en retirer la partie dure. Je verse le fruit de mon labeur dans le saladier, aux côtés de la salade et des dés d'avocat, puis j'agrippe la petite tasse ainsi que la moutarde, le vinaigre et l'huile d'olive. Plus qu'à faire la vinaigrette, ajouter des dés de fromage caillé et quelques minuscules tranches de viande séchée, et ça sera bon. En général, je n'ajoute pas la dernière partie, mais ce n'est pas la première fois que je prépare ce genre de salade, et à force de retours, je me suis rendu compte que ça pouvait manquer à certaines personnes.

Moi, je me demande si je manquerais à une certaine personne..

Mais qu'est-ce que je rajoute ! Ça en devient risible, à ce point-là. Je mélange vigoureusement la moutarde avec le reste des ingrédients, et j'ajoute un peu de sel et de poivre. Bon sang ! Ce n'était qu'un baiser, le meilleur que j'ai jamais partagé, et ce n'est qu'Estelle. Sauf que c'est justement parce que c'est elle que je suis dans cet état. Au final, je me retrouve à ne plus savoir quoi faire, à juste cuisiner sans connaître l'avenir, car même avec ma perspicacité, je me retrouve bloqué dans un brouillard total.

J'assemble le tout dans le saladier, et je mélange. Je vais rapidement débarrasser la table pour faire de la place, sans vraiment laisser le temps à Estelle de faire quoi que ce soit, et je dépose les bols à chaque extrémité, ainsi que deux verres, des couverts et la salade composée au milieu. Une terreur m'effleure alors l'esprit : et si elle n'avait plus faim ? Et si, tout ce à quoi elle pensait, c'était de quitter l'appartement pour rentrer chez elle ? Mon cœur se resserre. J'ai besoin de savoir.

Ça.. te va.. ?

Je pourrais lui faire autre chose, si elle n'en veut pas. Je pourrais lui faire mille choses.


Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Mer 7 Sep 2016 - 15:03
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Estelle Highwind

Estelle Highwind
Le film est passé comme si de rien n'était, ponctué de légers signes d'affections incontrôlés. Une main dans les cheveux, une autre sur une cuisse, rien de très méchant. Juste une position rapprochée, un peu plus de deux heures passées l'un contre l'autre, sagement, à regarder la télévision. Un coussin sur mes cuisses, la tête de Ren sur ledit coussin et voilà, c'était tout. Jusqu'à ce que se termine le film et que je doive me relever, les jambes molles, cotonneuses. Un peu embêtée, je réquisitionne l'aide du jeune homme, sans me douter qu'il va ainsi me tirer un peu trop fort, que mon corps va venir se heurter au sien et que mes bras vont se refermer derrière son cou à la manière des amoureuses. Si j'en ris, m'émerveille de la force insoupçonnée de Ren, le concerné a encore une fois trois mouvements d'avance sur moi. Avec toute la douceur et toute la tendresse du monde, il m'embrasse et, malgré la surprise, je lui retourne la faveur. Lorsque vient le moment de respirer, de s'éloigner, je suis même celle qui le retient, qui relance les hostilités en plongeant une main dans sa chevelure et en retournant me blottir contre ses lèvres. Mais comme on dit : plus on monte et plus la chute est rude.

***

Ren s'éloigne vers la cuisine et moi vers la fenêtre pour lui faire dos. Mon regard améthyste se perd un instant dans la buée, dans les perles de pluie qui roulent le long de la vitre. Puis, au milieu de ce ballet aquatique, j'aperçois la silhouette de Ren, son reflet. Indirectement, comme une voleuse, je suis ses mouvements et mon coeur se serre. Si lui a au moins la chance de pouvoir s'occuper physiquement, je me retrouve à étouffer au milieu de mes pensées contradictoires. N'étais-je pas pourtant certaine de ne le considérer que comme un ami ? Non. Et maintenant moins que jamais. Je ne suis plus sûre de rien. C'est lentement que je me retourne, que je l'observe à la dérobée dans toute sa concentration. J'ignore pourquoi, mais je ne remarque que maintenant la fine ligne de sa mâchoire, comme accentuée par l'angle, par la lumière, par la façon dont il est absorbé dans son travail, peut-être juste simplement à cause de ses propres sentiments qui le triturent. Lentement, je deviens une spectatrice curieuse, à la limite du voyeurisme, dans un monde de plus en plus surréaliste. Je ne vois plus que ses épaules qui me cachent son ouvrage, le mouvement de ses bras et de ses mains alors qu’il cuisine. Sa nuque où tombent quelques mèches à la couleur de la suie. L'esquisse de l'une de ses oreilles, perdue quelque part sous cette tignasse accueillante où j'ai déjà passé la main plus de fois qu'il n'est acceptable de le faire. Je réalise également que le goût de Ren est encore sur mes lèvres, qu'en me concentrant un peu je peux encore sentir ses mains dans mon dos, je peux encore m'imaginer cette étreinte à la fois trop longue et trop brève.

J'ai besoin de recul, j'ai besoin d'air. Je le laisse donc là, sur place, incapable de rester immobile entre deux états à le fixer comme si le reste du monde n'existait plus. Sans le déranger, je traverse donc la pièce pour regagner l'entrée, glisser mes pieds dans mes souliers et me glisser hors de l'appartement alors que j'entends, au loin, le bruit du couteau sur la planche. Après avoir dévalé l'escalier, je pousse la porte et émerge dehors, dans la fraîcheur humide de la pluie. Pas besoin d'aller plus loin, juste de respirer et d'enfouir mon visage dans mes mains alors que l'eau tombe tristement sur mes épaules, s'imbibe dans ma légère blouse blanche pour mieux me faire frissonner. Vaut mieux ça que cette sensation étouffante de chaleur, de désir, de confusion et de passion. J'ai beau respirer à pleins poumons, j'ai l'impression que la seule chose que je vais réussir à accomplir est de me donner le vertige. Tentant de me calmer, j'enroule mes bras autour de ma personne pour mieux me serrer. Il suffit de faire le vide et de commencer par le début. De revenir en arrière et d'essayer de comprendre. Ren. Qu'est-ce qui se passe avec Ren et pourquoi, comment ? Non pas que cet échange fut déplaisant ou quoi que ce soit, mais il est devenu intimidant avec un peu de recul. C'est lui qui a fait le premier pas, mais il faut dire que je n'ai pas fait grand-chose pour l'en décourager, au contraire. J'ai sauté avec lui sans filet, sans aucune considération. La seule chose à laquelle j'arrive encore à penser, c'est à cette étreinte échangée hier soir, lorsqu'il m'a demandé de l'aider, de travailler de concert avec lui contre la Team Anima. Je n'ai eu aucun mal à accepter cet engagement, à en être bercée de joie. Ses bras étaient si confortables, son odeur si délicate et sobre qu'il m'en fallait plus. J'ai osé croire, comme une idiote, que la tension serait partie avec le matin. Je m'étais trompée.

La pensée suivante est presque aberrante. Si Ren a fait ça, il est possible qu'il... soit attiré par moi. Disons-le comme ça. Je n'arrive pas à le croire. Le jeune homme est si intelligent, ses yeux sont si profonds et si beaux, il a tant de focus, de force lorsque vient le temps de traiter de ses passions, d'assurance lorsque le terrain est sous son emprise. Et son visage... Cette aura de douceur, cet amour dans ses yeux, que j'accepte de m'y confronter ou pas. Il aurait littéralement pu choisir n'importe qui, ça aurait pu être n'importe qui. Personne n'aurait pu résister à l'intensité calme qui se cache derrière ses airs détachés. Sauf que c'est moi. Et que je ne résiste pas non plus. Est-ce que ça veut dire que je l'aime ? Sauf qu'on se connait à peine. On ne se comporte certes pas comme telle, mais ça demeure les faits. Je commence à me ronger nerveusement un ongle. Est-ce que je serais sérieusement capable de m'imaginer avec lui ? Cette simple question semble totalement tirée par les cheveux. J'ai envie de crier bien sûr que non et de passer à autre chose en laissant le sujet de côté comme on jette un vieux livre qu'on a décidé de ne pas lire. Sauf qu'il y a des trésors enfouis dans cette histoire encore inconnue, j'en suis convaincue. Des merveilles qui attendent juste là, de l'autre côté des yeux de Ren. Je dois faire le point. Je sais qu'il aime les Pokémons insectes, qu'il a un blog où il publie ses thèses. J'en ai lues quelques unes en diagonale, mais jamais intégralement. Je sais qu'il aime les films de fantasy et euhm, sci-fi ? Oui, je pense que c'était ça. Je sais qu'il vient de Johto, que sa mère préfère les futons et son père les lits. Je sais qu'il aime le thé et qu'il a eu la présence d'esprit de mettre son portable dans l'hélicoptère de la Team Anima. Quoi d'autre ? J'ai l'impression que je devrais en savoir plus, que j'en sais plus, mais que mon esprit bloque.

Je sais que Ren m'aime. Je sais qu'il m'aime juste assez pour m'embrasser, me serrer dans ses bras et me regarder comme si j'étais la huitième merveille du monde. Et vu l'individu en question, pour qu'il en soit à ce point, j'ai l'impression qu'il faut qu'il soit tombé très, très fort. Je pique un fard et, malgré l'atmosphère dans laquelle je me tiens, je recommence à avoir chaud. Bon, ce n'est pas totalement confirmé, mais l'hypothèse est trop vraisemblable pour que je l'ignore. Et déjà, appeler ça une hypothèse ça compte déjà comme du déni. Mais et moi dans tout ça ? Qu'est-ce que je ressens ? ... Je ne sais pas. C'est le plus effrayant. Je n'en ai aucune idée. Chaque fois que je le vois j'ai envie de me rapprocher, de le toucher, de me glisser sous sa peau, mais je ne sais pas pourquoi. C'est simplement une pulsion naturelle, comme deux cordes qui vibrent à l'unisson. Le problème, là-dedans, c'est que ce genre de situation ne peut avoir que deux issues. L'engagement et la catastrophe. On ne reste jamais amis, pas avec quelqu'un comme ça. Mon pire dilemme, c'est que j'ignore lequel m'effraie le plus. Allez, je dois faire mon petit test maison. C'est vraiment con, mais ça fonctionne toujours. Comment réagirais-je si je trouvais Ren en train d'embrasser une autre femme avec cette même tendresse qu'il m'a embrassé moi ? Et oui, j'ai bien dit femme. Je parle en termes d'adultes. Je dois me résigner à comprendre que Ren n'est pas qu'un jeune homme. Ren est un homme. Alors, de quoi ça aurait l'air ? .... Sérieusement aucune idée. Je n'y arrive tout simplement pas. Allez, juste un petit effort d'imagination, ce n'est pas si compliqué. Qu'est-ce que ça me ferait de le voir s'éloigner, main dans la main, avec n'importe qui d'autre ?

Ça fait mal. Merde. Merde merde merde. Je me mords la lèvre inférieure pendant que mon coeur saigne. Espèce d'idiote. Triple imbécile de tête en l'air d'impulsive tactile de mes deux ! Qu'est-ce que je fais maintenant ?! Cet amour est partagé, non ? Mais est-ce que c'est vraiment ça ? Si ça se trouve il a des tics vraiment très dérangeants, peut-être qu'il a les pieds froids la nuit, peut-être qu'il embrasse vraiment très bien et que je n'arrive pas à arrêter d'y penser. Argh ! Je frissonne de nouveau. C'est brillant ça, je vais me retrouver trempée de la tête au pied chez Ren pour la seconde fois. À croire que ça va devenir une habitude. Je rentre donc lentement me mettre à l'abri et, un pas à la fois, regagne l'appartement. Mes pensées sont encore pleines de ce même brouhaha alors que j'essaie de comprendre, de faire le tri, de peser les pours et les contres. Est-ce que je l'aime ? Pour de vrai ? Est-ce que je me verrais avec lui ? Est-ce que je serais capable de le présenter comme telle à ma famille ? Estelle Lowell ça sonne juste bizarre. Je suis perdue tellement loin que, quand Ren me demande si ça me va, je reste figée dans l'incompréhension. Est-ce que quoi me va ? Je baisse les yeux vers la table. Oh. Le repas léger. Est-ce que ça me va ? Je ne sais pas, je n'ai pas faim du tout. J'ai juste cette sensation que mon corps veut que je mange, mais que mon coeur va tout me faire recracher si j'essaie d'en prendre une bouchée. Je dois prendre une décision et vite, je fais attendre Ren.

- C'est parfait.

C'est une réponse pourrie. Ça ne m'empêche pas de tirer une chaise et de m'asseoir, regardant la salade sans la voir. Je sais qu'il l'a préparée avec soin, mais c'est presque pire. Est-ce que je peux l'accepter ? Je ne sais même plus ce qui importe et ce qui est simplement normal. Tout semble avoir pris des proportions bizarres, comiques, inégales. J'ai l'impression que je vais finir par m'évanouir si je ne fais rien. Il fait chaud ici, beaucoup trop chaud. Ou c'est juste moi qui est en train de me rendre malade toute seule. Après l'euphorie de tout à l'heure, c'est presque drôle que j'en vienne à réagir aussi fort. J'ai envie de fuir. De courir sans jamais me retourner. Sauf que je ne peux pas faire ça à Ren, que cette image que je me suis créée plus tôt pour tester les limites de mon propre attachement revient me hanter et que j'ai peur. Si je pars maintenant, il sera peut-être trop tard. J'ai l'impression de me tenir en équilibre sur le point de non-retour et d'attendre que le vent me pousse d'un côté ou de l'autre. Je ne veux clairement pas avoir à prendre cette décision de façon consciente.  Et dire que je suis là, assise à une table, et que je suis supposée manger. La bonne blague. J'ai juste envie d'aller courir aussi loin que possible jusqu'à ce que mes jambes cèdent. Je pourrais m'étaler dans le gazon et suffoquer un peu en paix le temps de me calmer. Quelque chose comme ça de toute façon. Si je reste immobile plus longtemps, je sens que je vais exploser. J’ai même déjà commencé à trembler.

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Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Mer 7 Sep 2016 - 18:14
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Singing in the Rain
Classique
Jeudi 1 Septembre 2016, 13h29

Elle veut partir. Je suis un idiot de ne pas l'avoir remarqué plus tôt. Je peux la comprendre : cette expérience, aussi intense fut-elle, nos cœurs n'y étaient pas préparés. Pire encore, j'ai l'impression de lui avoir imposé mes sentiments. En sachant cela, je commence à apercevoir des bouts de réponses, plus bouleversantes que je ne l'aurai cru. Je me surprend à regretter, non pas mon choix, mais plutôt cette faiblesse contagieuse, ce stupide instinct qui prend un malin plaisir à ébranler notre relation. Je pensais que c'était une bonne chose, que ça me ferait grandir en tant que personne, et que je pourrais ainsi m'éloigner un peu de cet aspect trop strict et académique de ma personnalité. Mais qu'est-ce que ça m'a rapporté ? Un bonheur éphémère et une tension inéluctable ?

Je ne sais pas. Je ne sais plus.

Je prend une bonne inspiration. Je me plonge dans mon monde, car je veux savoir. Je veux être méthodique, remettre mes idées en ordre, et même si ce repas ne sera pas consommé, alors tant pis. Je veux que les choses reviennent dans l'ordre. Le regard vide, j'attrape une de mes mèches, comme à mon habitude, et je fais abstraction de mon environnement. Je n'ai pas beaucoup de temps. Je veux plus de choses que je ne suis capable d'obtenir, et pourtant, impossible de me détacher de ne serait-ce qu'un seul de mes désirs. Ce que je sais, avant tout, c'est que je suis assez amoureux d'elle pour me faire perdre la tête. Ce que je ne sais pas, en revanche, c'est ce qu'elle ressent vis-à-vis tout ça. Ce que je sais, c'est que j'ai instinctivement envie de rester près d'elle, peu importe les circonstances. Ce que je ne sais pas, c'est si je suis prêt pour ça, si mes appréhensions ne finiront pas par me dépasser.

Mais elle, est-ce qu'elle sait ?

C'est toujours le même problème. Savoir ce que ressent la même face à nous, essayer d’interpréter le moindre petit signe, la moindre parole. Tout ça pour se lancer, pour ne pas faire face à l'inconnu et risquer une erreur. Mais l'erreur, ici, elle a déjà été commise, par moi qui plus est. Je sais très bien ce que je devrais faire ! La solution la plus logique, la plus rationnelle, ça serait simplement de lui avouer ce que je pense, de lui donner un avant-goût de mon point de vue, qu'elle me comprenne. Ça serait un risque à prendre, mais aussi une bonne chose de faite.

C'est trop dur.

Maintenant que j'ai réalisé que je l'aimais, je n'ai pas envie d'entendre un refus. C'est égoïste, immature et cruel, mais j'ai envie de rester dans ce statut-quo, cette pseudo trêve qui n'oblige personne à interroger l'autre. La pression est là, mais elle est officieuse, et on pourrait facilement l'ignorer en feignant l'indifférence. Mais Estelle mérite mieux que ça, je la respecte trop pour la laisser en peine davantage, et plutôt que de faire durer le silence, je préfère encore y mettre fin en me sacrifiant. Desquels diraient que ce n'est pas mon genre, je ne serais pas d'accord. Je me sens comme si je pouvais déplacer des montagnes, avec elle. Mes yeux se rallument, je m'évade de mes pensées, et alors que je pose mon coude contre la table, paume contre ma pommette, j'abaisse légèrement mes yeux.

Avec un ton faible, mais assez audible pour elle, je m'exprime.

Moi.. J'en pense que je t'aime.

Je soulève mon regard. Je l'ai dis. Je ne pensais pas que je le dirais un jour. Tout ça s'est déroulé si vite, après tout ! La danse, la deuxième rencontre, la pluie, nos rires, les tentations, et le baiser. En soi, c'est comme si j'avais eu le coup de foudre, mais je ne m'en étais tout simplement pas rendu compte immédiatement. Mais maintenant, je sais, et même si je ne la connais qu'à un demi, voir moins, j'ai envie d'en savoir plus. Comme je le pensais, c'est mon instinct, je suis littéralement attiré vers elle, et même si je me résignais à me contredire, mon corps ne suivrait pas.

C'est comme ça.

J'ai encore été égoïste. Mais j'ai juste envie qu'elle sache, moi. Je veux qu'elle sente la puissance de mes mots, que je suis sérieux. Que tout ce temps passé ensemble, je l'ai vécu à cent pour cent. Peut-être qu'elle ne m'aime pas, peut-être qu'elle voudrait juste me fuir, mais je ne peux pas me résoudre à me montrer moins cruel. C'est en partie pour ça que j'ai peur. Si nous commencions une relation maintenant, elle en souffrirait probablement. Tout serait plus simple si elle ne partageait pas mes sentiments.


Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Mer 7 Sep 2016 - 22:16
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Estelle Highwind

Estelle Highwind
Je suis encore déboussolée. La tête basse, je regarde mon assiette vide sans y toucher. Je sais que je devrais faire comme d'habitude et je me surprends même à invectiver mentalement mon bras pour qu'il bouge. Aller, ce n'est pas si difficile d'avoir l'air naturelle, de simplement faire comme si de rien n'était. Si j'essayais vraiment j'en serais probablement capable. D'autant plus que Ren s'est encore assis directement face à moi. J'ignore ce qui aurait été pire : risquer de croiser son regard chaque fois que je relève la tête ou le sentir à côté de moi s'il avait pris la chaise adjaçante. Toujours est-il que lui non plus ne mange pas et que c'est ridicule. La salade a l'air très bonne, ce serait dommage de la gâcher. Sauf que nous n'avons pas faim, pas pour de la nourriture. Mais que faire? Je me sens tout aussi mal et, même si je devrais avoir une idée de ce que Ren en pense, je ne cesse de me répéter que ce n'était peut-être qu'un accident, de son côté comme du mien. Peut-être est-ce le genre d'événement pour lequel on peut s'excuser tous les deux avant de le mettre de côté et de ne plus jamais y repenser? Car une chose est certaine, je ne veux pas perdre mon lien avec Ren. Je veux apprendre à le connaître et j'ai déjà pensé tout ça par le passé, mais ça n'arrête pas de me revenir. C'est une certitude inébranlable qui aime se rappeler à mon esprit en détresse. Mais, la prochaine question, c'est comment je veux apprendre à le connaître? Est-ce que je l'aime vraiment de cette façon là? Et de son côté, qu'est-ce que lui il--

Moi.. J'en pense que je t'aime.

Je relève les yeux vers lui, le coeur battant la chamade et le souffle rendu court. Appuyé contre sa main, il relève doucement ses iris en ma direction, sans doute pour jauger l'effet de ses mots sur ma personne. Je dois donc réagir, je dois faire quelque chose, dire quelque chose. Mais il n'y a que le vide dans mon esprit et devant mes yeux. J'ai l'impression d'avoir recommencé à sourire, qu'une partie de moi est rassurée, mais c'est étrange. Je ne savais même pas que j'étais inquiète à ce point et, surtout, de cette façon là. Je ne savais pas qu'il m'importerait autant de découvrir la nature des sentiments que porte Ren. Et maintenant, je mettrais ma main au feu, je sauterais dans le volcan Vanora, qu'il meurt d'envie de savoir ce que moi, de mon côté, j'en pense. Je m'humidifie donc les lèvres pour mieux me plonger dans la réflexion, formuler ma pensée. Est-ce que je l'aime? Déjà qu'est-ce que ça veut dire d'aimer quelqu'un? Est-ce qu'il y a une petite liste avec des boites à cocher pour déterminer si, oui ou non, l'amour est dans l'air? Pourtant ce n'est pas la première fois que je vis quelque chose du genre, sauf que ça remonte à il y a une éternité et que c'est suffisant pour me rappeler Port-Lilas. Bien sûr que j'allais finir par tracer un lien et ce n'est vraiment pas dans mon intérêt. Mais Ren attends une réponse, je dois le faire. Comment avais-je su à l'époque? C'est flou. Comme si je l'avais toujours su et qu'il avait suffit d'un élément déclencheur pour que le reste se mette en branle. Surtout que j'avais eu le temps d'en parler avec des amies et de peser l'idée. Un peu plus différent, ici, où je ne connais pratiquement personne. Il y a bien Rachel, je pourrais peut-être en parler avec elle, sauf que ce n'est plus trop le temps là. Je me vois mal lui demander si je peux appeler un ami pour décider de ma réponse. Nous ne sommes pas dans un jeu télévisé!

La gorge nouée, je relève mes yeux de lilas vers le jeune homme pour le regarder à nouveau, le détailler. J'ai commencé à prendre tant de plaisir à faire quelque chose d'aussi simple que ça. J'aurais envie de suivre du bout du doigt la ligne de son profil, d'effleurer sa joue, de parcourir ses sourcils fins et de laisser ma respiration caresser sa peau. Ouah, c'est fort dit comme ça. Est-ce que j'ai toujours été aussi attirée par lui physiquement? Depuis la danse, j'ai envie de dire que oui. Ce moment si parfait, mémorable, immortel. Si je devais suivre tous les signes, la carte de mes sentiments me mènerait sans doute à Ren. Alors je l'aime? J'ai pourtant l'impression que c'est un poil plus complexe que ça. Je me replace donc sur ma chaise, m'éclaircissant la gorge avant de replacer une mèche de cheveux derrière mon oreille pour ne pas être dérangée. Je dois m'exprimer et le faire bien. Il a le droit de savoir où j'en suis dans mes réflexions. Le seul problème, c'est que je dois le faire de telle façon à ne pas le blesser. Je sais que je vais être égoïste, que je risque de lui faire du mal, mais je n'ai pas le choix. Si je fais autrement je vais soit le perdre, soit me perdre moi. Je dois rester en équilibre, au moins pour l'instant. Ne me reste plus qu'à trouver comment traduire ça à haute voix. Je tente de soutenir son regard, mais échoue lamentablement. Tant pis, ça sortira comme ça sortira et c'est tout. Je ne peux pas faire grand chose de plus.

- Écoute...euhm... Comment dire... Mmh... Et puis merde! Je n'en ai aucune idée. Je ne sais pas, je suis juste... perdue. Tout ce que je sais c'est que... erh, je suis tellement désolée, ça va avoir l'air... J'ai juste envie de passer du temps avec toi. Même si ce n'est qu'un truc aussi anodin que de regarder la télé ou juste te regarder cuisiner pendant que tu es tout concentré ou...

Mes joues passent au rouge et je redeviens silencieuse un instant. Je rentre un peu la tête dans les épaules, ne serait-ce que pour les quelques mots qui viennent ensuite. C'est un peu con d'être gênée de parler de quelque chose que j'ai pourtant fait sans aucune retenue quelques minutes plus tôt à peine. Et quelle expérience que ce fut, d'ailleurs...

- Ou même s'il advenait que ça arrive encore. Je n'ai aucune idée du comment ou du pourquoi, mais je sais que si j'en avais la chance, je pourrais passer toute une éternité à simplement te serrer dans mes bras ou à te jouer dans les cheveux.

C'est à mon tour de poser mon coude sur la table, sauf que je pose mon menton dans ma paume, mes doigts repliés devant la bouche. Mes yeux toujours aussi fuyants, c'est un murmure qui vient terminer mes répliques maladroites, mais d'autant plus sincères.

- Ou plus simplement à t'embrasser.

Ouais, bravo Estelle. Viens donc essayer de prétendre après ça que tu ne l'aimes pas, tu n'es plus très crédible!

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Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Mer 7 Sep 2016 - 23:39
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Singing in the Rain
Classique
Jeudi 1 Septembre 2016, 13h33

J'écoute attentivement Estelle. Je l'écoute se justifier, se sentir obligée de répondre à mon aveu, et bien qu'aucun mot ne s'échappe de ma bouche, mon regard, lui, témoigne de tout mon intérêt pour la question. Ma mine ne change pas. Je réalise qu'elle s'est perdue, qu'elle ne sait tout simplement pas comment interpréter ses sentiments, et que tout ce qu'elle demande, c'est un peu de temps pour faire de l'ordre dans tout ce bazar. Et moi, je suis un être rationnel, donc en toute logique, je ne devrais pas pouvoir me contenter de ça, si ? Mais moi, ça me convient. Je suis un être rationnel, mais un être humain avant tout. Je vais là où mon cœur m'a dis d'aller.

Ah.

J'acquiesce légèrement. Je marque une petite pause, sans pour autant être perdu dans mes pensées. Ces précieuses secondes, je les utilise pour faire redescendre toute cette pression. Je vais mieux, les doutes sont plus ou moins passés, et j'ai réussi à faire la lumière sur le point de vue d'Estelle. Ça ne pourrait pas être mieux, pas vrai ? Maintenant, je n'ai plus qu'à lui donner la réponse. Ma réponse.

Ça me va.

Car oui, toutes ces petites choses me conviennent. Elles me rendent heureux, et si elle me propose aussi gentiment de me les approprier, alors raison ou cœur, tous s'accordent pour dire que je ne peux qu'accepter. Je suis un homme égoïste, dans le sens où, inconsciemment, je me suis adjugé Estelle alors qu'elle n'était pas mienne, mais c'est de bonne guerre. Elle, naïvement, elle s'est emparée de mon esprit et de mes sentiments.

C'est pour ça que ce dénouement me plait. Passons un accord tacite entre nos deux cœurs, et laissons faire le temps. Peut-être qu'elle tombera amoureuse de moi, peut-être pas, mais jusque là, je profiterais des moments qui me seront accordés. Avec un peu de courage, j'arriverais, qui sait, à évincer les doutes de mon cœur, et si elle y consent, à porter cette question qui me ronge devant sa bienveillance. Dans cette mesure, ce moment d'adaptation m'arrange.

Et désormais, qu'elle profite de moi comme elle le souhaite, car je ne me gênerais pas.

Je souffle enfin. Mon cœur bat toujours, mais pas de la même manière. Il est plus constant, ordonné, et cette fois, ce n'est pas à cause de la tension ou de la tentation, mais bien parce que, d'une manière ou d'une autre, nous sommes parvenus à réinstaller une certaine forme de paix. Je ne suis pas dupe, c'est aussi parce qu'Estelle est assise à une table de moi, et que même si mon regard se veut moins insistant que précédemment, il lui arrive encore de s'accrocher à celui de la jeune femme l'espace d'une seconde. Maintenant, pire encore qu'une confession, je vais tenter une pointe d'humour.

Ta salade va refroidir.

Eh. C'était pas mal. J'ai bien compris pourquoi Estelle ne mangeait plus, mais ça, ça ne m'intéresse pas. J'ai failli perdre un doigt pour préparer cette salade, donc maintenant que nous sommes tous deux face à notre repas, j'exige qu'il soit consommé. Sans pression, j'attrape ma fourchette et commence à manger dans mon bol. On s'est expliqués, pas vrai ? Alors il n'y a plus besoin de faire de manières. Si elle doute encore, je la remettrais en place. Ce n'est pas mon genre, mais si il faut que je sorte de mes gonds pour qu'elle se sente mieux, alors je n'hésiterais pas.

Et alors que j'attrape une tomate, une idée me traverse l'esprit. Je lève les yeux vers la jeune femme, et avec le même ton posé que précédemment, je place une question simple. Enfin ! Elle est basique, mais elle pourrait m'être utile pour la suite des opérations, et vu la nature de l'interrogation, ce n'est pas dans un mois qu'il faudra la poser.

Ton anniversaire, c'est bien le six septembre ? Comme sur ton blog ?

Oui. Car si il y a un truc pour lequel je suis doué, c'est retenir les dates d'anniversaire. Je les connais toutes : mes sœurs, mes parents, ma famille, mes quelques amis, et même celles de certains pokémons ou auteurs reconnus. Et celle-la, maintenant que je suis sûr de moi, pas question de l'oublier.


Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Jeu 8 Sep 2016 - 0:13
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Estelle Highwind

Estelle Highwind
J'ai réussi à m'exprimer. Certes j'ai fait preuve de beaucoup de maladresse ou, à tout le moins, c'est l'impression que j'en retire, mais c'est mieux que rien. Plus qu'à attendre, tendue et immobile comme une statue, la réaction du jeune homme. J'espère qu'il ne m'en voudra pas, que je ne l'aurai pas déçu. Je suis en train de lui demander tous les avantages sans pourtant proposer de m'engager, comme une gamine qui veut tout avoir sans payer. Et pourtant, Ren me réserve une surprise qui, je dois l'avouer, est plutôt agréable et rassurante. Ça... lui va? Juste comme ça? Juste ça? Rien d'autre? Pas de questions, de réflexions, de propositions ou même de protestations? Et non. J'aurais dû m'y attendre au fond. Lorsque je suis auprès de Ren les choses tendent à devenir ridiculement simple. Il a cette faculté à tout prendre en contrôle, à planifier les choses et à prendre les décisions que je n'arrive pas, moi-même, à prendre. Il agit comme un contre poids à ma fantaisie et à mon esprit libre et incapable de se concentrer sur une chose concrète plus de cinq secondes. J'ose croire, naïvement et de façon inavouée, que je joue peut-être un rôle similaire pour lui. J'ose m'imaginer qu'on se complète à notre façon. Pour le coup c'est assez pour me retirer toute tension des épaules. J'ai l'impression de pouvoir recommencer à être moi-même, la bonne vieille Estelle qui agit sans réfléchir. C'est incroyablement enfantin de penser comme ça, de me dégager de toute responsabilité parce que de toute façon Ren est là pour jouer le rôle de mon garde-fou. Et pourtant...

J'ai recommencé à porter mon sourire vague, celui qui habite mon visage de façon inconsciente. C'est bien le signe que j'ai retrouvé un état plus paisible, plus libéré. Je n'ai plus besoin de soulever ces questions bien trop compliquées pour moi, pas avant un moment au moins. Enfin, c'est sans doute trop facile, mais j'ai toujours été et serai peut-être toujours lâche quant à certaines choses. Toujours est-il que je relève la tête vers Ren lorsqu'il parle et, durant une courte seconde, ne comprend pas ce qui cloche avec ce qu'il vient de dire.

- Sinon on peut toujours la réchau-- Hey!

Je fronce d'abord les sourcils, esquissant l'air un peu mécontent de la personne qui vient de se faire avoir. Il ne me faut pourtant pas long avant que le sourire me revienne et que je ris un peu, allongeant les bras pour me servir un peu de cette bonne salade. Maintenant que je suis apaisée et que mon état commence à se stabiliser, je sens mon ventre qui recommence à grogner pour que je me nourrisse. Dès la première bouchée, mes yeux se retrouvent plein d'étoiles et je continue à manger, prenant le temps d'apprécier les saveurs. Ren n'a pas menti, il s'avère être un très bon cuisinier. Ça me rappelle même un peu la salade que Pascal fait souvent à la maison, mais en mieux. Elle a quand même été faite par Ren, il ne faut pas l'oublier! C'est d'ailleurs se dernier qui se retrouve condamné à relancer la conversation puisque, de mon côté, j'ai déjà l'esprit reparti ailleurs. La question qu'il me pose, néanmoins, a tôt fait de me ramener sur le droit chemin, dans le monde réel.

- Ouep, c'est bientôt en fait.

Nouveau moment de silence alors que je mange un morceau de fromage. S'il a prit la peine de relever la date et d'en parler là maintenant, ce n'est sans doute pas par hasard. En même temps vu ce qu'il vient de me dire, c'est surprenant que je ne fasse pas les liens plus vite! S'il m'aime, alors il n'y a rien de plus normal à ce qu'il me demande des informations sur le moment de l'année où on fête littéralement ma venue au monde. J'hésite un instant à reprendre, mon esprit me rappelant de façon distante que c'est le genre de choses qui fait très "relation sérieuse" comme discussion, jusqu'à me rappeler que j'aurais pu soulever le sujet même avec un ami. Et puis, de toute façon, Ren n'est pas vraiment un ami, n'est-ce pas? J'ai beau être très caline avec mes amis, ils ne m'attirent pas comme lui. Le jeune homme est un cas à part. Un cas qui me donne envie d'expérimenter, d'apprendre, de découvrir. En ces termes, il me fera le plus grand des plaisirs de vivre un premier anniversaire en sa compagnie, peu importe la nature du lien qui nous uni à présent.

- Je n'ai encore rien planifié, si jamais. Mais ça me ferait plaisir que tu sois là!

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Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Jeu 8 Sep 2016 - 2:32
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Singing in the Rain
Classique
Jeudi 1 Septembre 2016, 13h41

Je vois.

Je dis ça, mais je n'ai rien prévu. A quand ça remonte, mon dernier anniversaire ? Bonne question. C'était avec Alex et Sirius, ça ne fait pas de doute, mais je me souviens que, comme à chaque fois, c'était parti en cacahuètes. Sauf que là, c'est de l'anniversaire d'Estelle dont on parle. Si je retiens les dates, c'est bien par politesse, mais même si je suis plutôt bon dans ce domaine, ça ne m'empêche d'accorder assez peu d'importance à ces fêtes, que ce soit pour la mienne ou celle des autres. Pour moi, c'est simplement l'occasion d'offrir ou de recevoir un cadeau, un instant de courtoisie bien pratique, mais qui ne témoigne en rien d'un quelconque événement important. Car oui, gagner un an de plus à chaque même date, ça n'a d'intérêt que de mettre à jour une valeur chiffrée.

Mais ça, c'est mon point de vue. Pour Estelle, il ne changera pas, mais je compte toutefois saisir l'occasion pour passer du temps avec elle. Si je peux la rendre heureuse, ne serait-ce que le temps d'une journée, alors j'aurai réussi mon pari, et je pourrais m’enorgueillir d'avoir, pour au moins une année, suivi sagement cette tradition comme monsieur tout le monde. Maintenant, et même si ce n'est pas encore le moment, il n'y a plus qu'à trouver un cadeau, c'est-à-dire réfléchir à ce qu'elle aime, c'est-à-dire devoir sonder ses préférences. C'est-à-dire quelque chose dont je suis incapable. Bah ! En y réfléchissant un peu, je trouverais bien.

♦    ♦    ♦

Les heures passent, et tout s'enchaîne dans un calme presque incompatible. Pas beaucoup de contacts et juste une once de discute, j'en ai profité pour, après une soirée et une matinée mouvementée, m'occuper de mes pokémons que j'avais malencontreusement délaissé jusque là. Si nos échanges furent plus sages que jamais, ça ne m'empêcha toutefois pas d'admirer Estelle régulièrement, avec mon air contemplatif bien à moi, et de lui accorder de temps en temps quelques discrets sourires.

J'en ai aussi profité pour faire s'excuser Corvus, qui réellement désolé de sa petite bêtise, s'est honteusement frotté à ma jambe pour témoigner de sa culpabilité. Ce n'est pas un mauvais garnement, juste un pokémon qui a besoin d'attirer l'attention pour montrer qu'il existe, qu'il n'a pas été englouti par ces milliers d'années. Je peux le comprendre. Mais tant pis pour lui ! Je l'ai puni, et maintenant qu'il a conscience de son erreur, il ne recommencera pas. J'espère que Estelle en gagnera une meilleure appréhension de lui.

Et nous nous retrouvons donc sur le départ, car la jeune femme ne pourra pas rester indéfiniment ici, et ça serait même pêcher que nous tenter plus longtemps. Enfin, me tenter ? La tenter ? C'est encore flou, tout ça. La pluie continue, et elle ne s'arrêtera sûrement pas avant de longues heures. Le bus d'Estelle arrive bientôt, et bien décidé à braver les flots, je me suis muni de mon plus grand parapluie pour nous mener à bon port. Nous marchons, côte à côte, son épaule frottant contre la mienne, et arrivons très vite à l'arrêt, là où, bien évidemment, personne ne se risque à attendre avec un déluge pareil.

Même si je n'aurai pas pu rêver meilleurs moments, je suis un peu triste de la voir partir. Quand ma raison sait bien que c'est impossible, mon cœur ose la contredire en insinuant qu'elle pourrait rester là, à Viridia, à tout jamais. Mais c'est impossible, pas vrai ? Tout comme en science, il y a bien un moment où les bonnes choses ont une fin. La découverte, ou la séparation avec l'être aimé. Le bus ne va pas tarder à arriver, et je baisse malgré moi le menton, la mine contrariée.

Quand est-ce que je la reverrai ? Son anniversaire ? Cinq jours. Cinq jours, c'est trop long.


Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren
Jeu 8 Sep 2016 - 3:34
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Messages : 197

Estelle Highwind

Estelle Highwind
Il est finalement l'heure de quitter l'appartement et de nous dire au revoir. Le chemin, sous la pluie, semble teinté d'une certaine mélancolie de son côté comme du mien. Les événements ont vraiment dégénéré plus tôt et, maintenant, l'ambiance a encore ce petit quelque chose de lourd, de difficile à naviguer. Silencieuse, je n'ose pas trop parler. J'ai peur que les émotions remontent d'un coup si je devais me montrer trop familière à nouveau. J'ai déjà fait cette erreur une fois et, maintenant que je connais le secret de Ren, n'ait pas envie de la répéter à l'aveugle. Sauf que -et j'ai l'impression d'utiliser cette expression beaucoup trop souvent- c'est différent cette fois. La pluie tombe doucement et mon coeur devient amer. J'ai l'impression que nous avons gâché les dernières heures passées ensemble, que nous avons laissé l'ombre de nos incertitudes nous arracher un peu de ce bonheur que nous partagions de manière si innocente. C'est comme si une lame s'était faufilé pour venir abimer la petite ficelle invisible qui me relie à Ren. Comme si nos fréquences jusque-là parfaitement harmonieuses s'étaient complètement tues. Les lèvres silencieuses, je tente un regard vers le jeune homme qui, la main toujours agrippée au manche de son parapluie, semble patauger dans des pensées moroses. S'il y a quelque chose qui m'attriste bien dans toute cette situation, c'est justement que j'ai le pouvoir de lui rendre ce beau sourire que je n'ai pas vu franchement ces dernières heures. Ce sourire qui me manque et que j'aimerais rapporter avec moi, blotti quelque part au fond de mon coeur. Je retiens mon souffle. Est-ce une bonne idée ? Je ne le sais pas, mais nous allons être séparés sous peu et, si nous nous laissons en cet état, qui sait ce qu'il se passera ? Je ne veux pas de ça. Je ne veux pas devoir tourner les talons et m'éloigner de lui en sachant que ce qui me regarde partir est un regard empli d'une douce mélancolie amère. Je veux raviver la flamme de ses yeux verdoyants, je veux repartir avec son odeur sur mes vêtements.

Au final, je n'y tiens plus. Il me suffit d'un pas pour me rapprocher et glisser mes bras autour de lui, me presser contre son torse et enfouir mon nez contre son chandail pour tenter d'attraper son odeur au passage. Je peux même sentir son coeur qui bas tout près, juste pour moi. Je pourrais certes parler, glisser un mot, quelque chose, mais je suis trop fatiguée. Tous ces rebondissements m'ont épuisée et la simple présence du jeune homme me suffit amplement. Je laisse donc la pluie chanter délicatement contre les toits alors que je ferme les yeux. Ren me manque déjà et je n'ai pas encore quitté son étreinte. Si j'avais le choix j'y resterais, mais la vie ne fonctionne pas comme ça. Le vrombissement du bus me pousse à ouvrir les yeux, à me détacher douloureusement de cet être aux yeux si doux, mais aussi si intelligents. Les iris débordants d'une tristesse affectueuse, je détaille son visage une dernière fois, tente de m'imprégner de ses traits. J'en viens même à poser une main sur l'une de ses joues pour la caresser un instant du pouce avant de me hisser sur la pointe des pieds. Je suis sage, je ne lui embrasse que l'autre joue. Je n'aurais pas pu partir autrement. Je veux qu'il sache que, malgré tout, au fond, je l'aime bien. Je l'aime beaucoup. Vraiment beaucoup. Ce qui n'émeut pas le chauffeur, par contre. Je m'efface donc, m'éloignant de nouveau pour simplement lui glisser une dernière parole avant de me retourner et de grimper les marches du bus.

- Prends soin de toi, Ren.

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Re: Singing in the Rain ~ feat. Ren

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