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When I saw you I fell in love, and you smiled because you knew | ft. Ren
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Re: When I saw you I fell in love, and you smiled because you knew | ft. Ren
Dim 11 Sep 2016 - 3:14
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Mardi 06 Septembre 2016, 21h38

Le repas était parfait, dans tous ses aspects. Première chose, notre préparation était plus que correcte, et je me suis même accordé un petit regard complice avec Pascal pour attester de notre réussite. Deuxième chose, j'ai pu continuer ma conversation avec Arthur, et donc aborder des thèses qui, bien que plus pointues, me tenaient à cœur. Et enfin, le meilleur de ce repas, c'était mon placement. Je n'aurai pas pu rêver mieux ! Être assis en face d'Estelle, et donc pouvoir lui glisser une multitude de petits regards et sourires attentionnés, ça n'a pas de prix. Surtout qu'elle, elle ne se gênait pas pour me les rendre !

L'ambiance à Ecorcia est totalement différente, mais pendant un instant, je me suis senti chez moi. Pourtant, comme les meilleures choses ont souvent une fin, ma béatitude a laissée place à une nouvelle tension. Un peu nostalgique, pour le coup, car c'est bien la même que celle que j'éprouvais il y a de ça quelques heures. Mes appréhensions sur le cadeau, bien que légèrement atténuées par les mots de Pascal, sont toujours bien présentes, et encore plus après avoir aperçu le sourire d'Estelle crouler sous une montagne de présents. Est-ce qu'elle fera le même sourire, quand que je lui aurai offert le mien ? Est-ce qu'elle sera heureuse ?

J'espère.

Jusqu'ici, je me suis plutôt bien débrouillé. J'ai, je pense, donné une impression plutôt correcte de ma personne, et mes moments avec Estelle n'auraient pas pu être plus parfaits. Ce n'est donc pas le moment de me rater. Mais de toute façon, que je le veuille ou non, cette partie de l'équation ne dépendra que des goûts d'Estelle. Aah ! Ça me resserre le cœur, cette histoire, et d'autant plus maintenant que c'est mon tour de passer à l’échafaud. Expirant discrètement, j'empoigne le petit paquet et, mes yeux plantés dans ceux de mon aimée, je lui tend timidement. Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que l'atmosphère a changé ?

Mais tant pis, c'est trop tard.

Joyeux anniversaire, Estelle.

Estelle, sûrement impatiente de savoir ce que j'ai décidé de lui offrir, se lance dans la déconstruction de l'emballage. Elle tire, retire, et arrive enfin à une petite boîte en bois de chêne, précisément gravée au couteau. Elle l'ouvre, et mon cœur rate un battement. Ça y est, c'est le moment. Elle découvre une petite broche mauve, assez détaillée et à la finition rappelant le savoir-faire de Johto. L'accessoire, fait pour être accrochée à une mèche, a la forme typique d'un lotus, ce qui est plutôt ironique en soi, dans la mesure où mon nom veut dire la même chose. Mais ça, elle n'a pas besoin de le savoir, et c'est d'ailleurs encore une idée de mes cadettes.

Cette broche, je l'ai faite faire dans un magasin spécialisé de Rosalia. Ça n'aurait pas été possible si Naho, dans sa grande bonté, ne s'était pas déplacée à mon nom pour passer commande. Évidemment, ça n'a pas été gratuit, et j'ai maintenant quelques dettes qui risquent de me coûter cher, mais à mon humble avis, ça valait le coup. Après tout, cette broche témoigne de tous mes sentiments : mon obsession pour ses yeux, mon attachement à ma terre natale, et mon désir de me faire une place dans son cœur.

C'était inévitable, je suis là, comme un enfant sage, à attendre une quelconque réaction de sa part. J'ai besoin de savoir. Que ça se termine !


Re: When I saw you I fell in love, and you smiled because you knew | ft. Ren
Dim 11 Sep 2016 - 4:10
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Estelle Highwind

Estelle Highwind
Le silence prend possession du salon alors que tous attendent que Ren s'avance avec son petit paquet. Il a l'air tout timide, hésitant. C'est son petit côté tout adorable et réservé, mais également perfectionniste lorsque vient le temps de prendre soin d'autrui ou, plus particulièrement, de moi. Je ne peux m'empêcher de le regarder avec un air attendrit lorsqu'il me souhaite un bon anniversaire et, avant de récupérer le petit présent, je pose mes mains par-dessus la sienne pour mieux le regarder dans les yeux, me l'approprier un petit instant pour lui dire ce que j'en pense réellement. Je veux qu'il sache que, pour moi, ce n'est pas ce paquet le plus important. Il m'apporte tellement de choses qu'un cadeau physique, au fond, ce n'est plus qu'une formalité. Ça ne se compare même pas au bonheur qu'il a commencé à m'apporter et qu'il compte bien continuer à me partager. La mise au point est donc, pour moi, vitale.

- Merci beaucoup, Ren. Merci d'être ici aujourd'hui avec moi.  C'est déjà plus que tout ce que j'aurais pu espérer.

- Alors ça veut dire que je peux avoir le paquet ? Non, mais... si tu l'ouvres pas...

Je me retourne vers mon aîné pour mieux lui tirer la langue. Qu'il se mêle donc de ce qui le regarde lui ! Bien sûr que je vais l'ouvrir et que je meurs d'envie de savoir ce qu'il y a dedans. Quelle merveille Ren a-t-il pu me dénicher ? Là encore, je suis loin de simplement réussir à imaginer quelque chose à la hauteur de ce que lui a trouvé. Sans plus attendre, je déchire le papier pour découvrir une somptueuse boite finement ouvragée. Je ne l'ai même pas encore ouverte que je laisse déjà m'échapper un petit : woah. Curieuse, je lève la boite, l'examine sous toutes ses coutures et passe mon doigt aventureux sur les motifs gravés dans le chêne. Je dois pourtant arrêter mon examen, Ren a commencé à retenir son souffle et je ne voudrais pas qu'il passe au bleu. L'imitant donc en cessant de respirer, je finis par faire basculer le couvercle et découvrir la véritable nature de son cadeau. Les yeux agrandis, je l'effleure presque timidement. J'ai si peur de l'abîmer. C'est trop beau, j'ai peur de la porter dans mes cheveux. Avec toutes les précautions du monde, je l'extirpe de son boitier pour mieux l'admirer à la lumière du salon. Pascal, égal à lui-même, se glisse alors auprès de moi avec un sourire et me tend sa main ouverte. Je lui laisse donc prendre possession du lotus et, sans un mot, le laisse coincer quelques unes de mes mèches de façon élégante. Pendant ce temps, mes iris, de la même couleur que cette fleur précieuse, n'arrivent plus à quitter Ren. J'espère qu'il arrive à y lire toute ma reconnaissance. Il s'est vraiment dépassé à sa façon. Lorsque le blond s'écarte finalement et m'offre un miroir, je ne me jette qu'un coup d'oeil avant d'aller auprès de mon aimé qui attend toujours, sans même oser bouger. À moi, donc, de le ramener parmi nous. Enfin, ou de l'achever tout simplement, c'est sans doute un peu des deux. Toujours est-il que je ne lui dis pas merci. Je me contente d'un baiser chaste, mais qui se veut tout ce qu'il y a de plus tendre. Si si. Devant ma famille. C'est plus qu'un remerciement, c'est un geste symbolique. Après bon, ce n'est pas comme si nous avions été subtils, mais c'est le genre de chose qui compte quand même. Je décide ensuite de rester à ses côtés au lieu de reprendre ma place. Qu'il y en ait un pour essayer de me faire bouger !

- Je savais bien qu'il valait mieux garder le mien pour la fin. Mon sens du timing est toujours aussi impeccable !

Dit-il en me lançant son propre paquet. Je l'attrape au vol, maintenant convaincue qu'il ne s'agit pas de quelque chose de fragile. Qu'est-ce que ce pourrait bien être d'ailleurs ? Je n'aime pas voir Gabriel porter ce sourire-là, comme s'il riait déjà d'une blague qu'il est le seul à comprendre. Sur mes gardes, je commence néanmoins à déballer le paquet pour mieux dévoiler une boite de... Ah non. Mais c'est pas sérieux !! Le visage complètement rouge, mon premier réflexe -bravo moi, vraiment-, est de jeter un regard à Ren, juste à côté de moi, alors que mon coeur fait un triple saut arrière dans ma poitrine. Gabriel, lui, a déjà commencé à s'esclaffer. C'est ce qui me ramène sur Terre alors que je fronce les sourcils et que, mécontente, je lui lance la boite dessus. C'est Pascal, juste à côté de lui, qui la rattrape après l’impact pour mieux examiner le présent avec curiosité.

- Ah, mais c'est une très bonne idée en fait. Même qu'on en donne gratuitement à l'école pour les jeunes qui--

- C'est complètement ridicule ! Gabriel !!

De ma vie, je n'ai encore jamais vu mon père aussi mal à l'aise et, surtout, aussi rouge. Comme quoi il y a une première fois à tout... Ouais, pas le meilleur choix de mots. La tête basse, je n'arrive plus à regarder personne, encore moins mon aimé. Cet imbécile de mes deux va voir ce qu'il va voir ! En attendant je vais continuer à me faire toute petite pendant que notre fée du logis essaie de détendre la situation en haussant une épaule. Il n'y a donc rien pour l'impressionner lui.

- Allons Arthur, elle vient d'avoir vingt ans. Et puis tu ne le sais pas, si ça se trouve ils l'ont déjà fait. Il faut être ouvert sur ces choses-là et au moins, comme ça, tu pourras être certain qu'ils se protègent.

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Re: When I saw you I fell in love, and you smiled because you knew | ft. Ren
Dim 11 Sep 2016 - 13:12
Région d'origine : Mhyone
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Mardi 06 Septembre 2016, 21h49

Oh. Estelle a l'air contente. Et moi aussi, je suis heureux. Elle n'a eu besoin que d'effleurer la petite broche pour que son visage s'illumine, et c'est comme si mon cœur s'était remis en marche. Elle n'a besoin que de ça, juste d'un petit sourire et de sa bouille heureuse, et je me met à fondre. Mais mon ascenseur émotionnel n'est pas terminé. Pascal se propre de lui faire essayer son cadeau, et elle accepte. Délicatement, il accroche la petite broche mauve dans ses cheveux, jusqu'à ce qu'elle soit bien ajustée dans ses mèches.

Et puis elle se tourne vers moi.

Une bouffée de chaleur. C'est comme si, pour la deuxième fois, j'avais eu le coup de foudre pour mon aimée. Elle est si belle, si.. Je n'ai pas les mots. Elle s'approche timidement de moi, qui me suis perdu dans son regard, et se contente de me gratifier d'un petit baiser. Je n'aurai pas rêvé mieux, et à part la regarder amoureusement, je ne suis plus capable de rien. Comment ai-je eu la chance de tomber sur pareille personne ?

Malheureusement, mon moment d'euphorie est terminé. Les paroles de Gabriel me rappellent à la réalité, et surtout, à ses dires précédents sur son propre cadeau. Même si elle ne le remarque pas, je jette un regard à inquiet à la jeune femme. Si son grand-frère est tout ce qu'il y a de plus gentil, ça ne l'empêche pas d'être fidèle à lui-même, et de s'apprêter à nous noyer dans son mauvais coup. Pas besoin de bien le connaître pour déduire que, ce sourire, Ô malicieux, cache un plan plus machiavélique que jamais.

Je n'ai d'ailleurs même pas le temps de voir le cadeau que, aussitôt, celui-ci est retourné à l'expéditeur. Tout ce que je sais, c'est qu'entre temps, Estelle m'a tiré une tronche comme elle n'en avait jamais fais. Les joues rougies, le regard spontané, c'est moi qu'elle a dévisagé en premier. Eh, pourquoi ? Je n'ai pas trop de mal à comprendre que, quoi que c'était, le cadeau ne devait pas être très sain, mais qu'est-ce que je viens faire là-dedans ?

Et là, au fil du dialogue, je commence un peu à comprendre. C'est quand Pascal me glisse subtilement la boîte entre les mains que, enfin, la lumière est faite sur l'histoire. Sauf que, non. Je n'ai pas envie d'avoir ça entre mes doigts. C'est, euh, comment dire.. Qu'est-ce que je vais en faire ? Ce n'est pas mon cadeau..

Et là je réalise.

C'est vrai, nous sommes en couple, maintenant. Même indirectement, le cadeau a le mérite de m'inclure dans l'équation, ou au moins de supposer le faire. Mais qu'est-ce que je suis sensé dire, maintenant ? Le père et la fille sont rouges de honte, Gabriel est mort de rire, et je ne peux que compter sur le soutient du blond pour me sauver de cette situation. Sauf que, en plaçant cette boîte entre ses mains, il a signé mon arrêt de mort.

Merci.

Première chose, je fais tout mon éviter le regard d'Estelle. J'ai quand même un minimum de jugeote, et je n'ai pas envie de finir rouge comme un Darumacho. Pas plus que je ne le suis déjà, en tout cas. Ensuite, la logique voudrait que, bien qu'on ait placé ça sous ma responsabilité, j'évite à tout prix de la ranger dans ma sacoche. Ça fait un peu acquis, non ? Si je met ça comme si de rien n'était dans un conteneur, on va croire que je compte l’utiliser. Sauf que, non ! Enfin, je ne sais pas.. Mais ce n'est pas à moi de réfléchir à ça, bon sang !

Et puis, il y a la supposition d'Arthur. Rien de mieux pour détruire mes relations avec le père, pas vrai ? Il faut que je me rattrape. Prenant une grande inspiration, et posant la boîte sur l'emplacement vide d'une étagère, je me décide à dissiper le malentendu. En réalité, j'aurai plus envie de m'effacer, tant les idées se mélangent dans la tête, mais maintenant que j'ai été projeté au cœur de la mêlée, il ne faut pas que je me fasse dévorer.

Non.. Pas vraiment, Non. Je secoue la tête. Ce n'est pas le cas.

Ouah. Gabriel est gentil, mais il a le don pour détruire l'atmosphère. A cause de lui, je risque de ne plus pouvoir la regarder dans les yeux pour le reste de la soirée, et pour ça, je le déteste. C'est vrai ! Je n'ai jamais été du genre à penser à ces choses-la, mais maintenant que le sujet a été mis sur le tapis, c'est plus fort que moi. Tout ce qu'il me reste à faire, c'est de laisser un peu de temps à mon esprit pour se calmer. Néanmoins, je ne veux pas qu'Estelle croie que je l'abandonne. Doucement, je retourne à ses côtés, conservant toutefois une distance respectable. Je suppose que, pour l'aimer autant, c'est normal de songer à ça.

Mais plus tard, s'il vous plait.

Mon ton, aussi sérieux que possible, a l'air d'avoir un peu rassuré le père. Il est toujours plongé dans son malaise, pas de doute, et comme nous tous, d'ailleurs, mais au moins, il a passé le pire. J'ose espérer que je pourrais reprendre mes discussions avec lui ? Peut-être qu'il me voit avec un mauvais œil, maintenant, et que ce soit pour Estelle ou pour moi, ça m'embêterait pas mal. Plutôt que de me focaliser là-dessus, moi, je préfère fixer cette petite broche, logée bien confortablement dans ses cheveux. Ça a le don de m'apaiser. Mais pas totalement.

Le blond me regarde.

Tu viens m'aider en cuisine, Ren ? Il faut faire les finitions du gâteau.

Oui.

Question simple, réponse simple, je peux m'évader et laisser le temps à la petite famille de régler leurs affaires. Moi, je file aux côtés de Pascal, la mine plus sereine. Nous nous dirigeons en cuisine, et arrivés au plan de travail, il s'autorise tout de même une petite question.

Pas trop gêné ?

Je fronce les sourcils.

Un peu, quand même.


Re: When I saw you I fell in love, and you smiled because you knew | ft. Ren
Dim 11 Sep 2016 - 16:29
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Estelle Highwind

Estelle Highwind
Pascal a sonné la retraite de Ren, ce qui a le mérite de nous laisser en famille pour nous remettre de ces émotions fortes. Gabriel, qui a eu ce qu'il voulait, se fait plus discret pour une fois. Son méfait est accompli, il est en paix maintenant. Ça n'empêche pas que, de mon côté, je n'arrive plus à regarder mon père en face et ça, c'est un assez gros malaise. Arthur retire ses lunettes pour se frotter presque douloureusement le nez. La journée a été longue et s'il n'hésite pas à affronter des situations de vie ou de mort régulièrement, parler avec sa fille de sexualité c'est autre chose. Au final, il lance un dernier regard oblique à Gabriel qui a compris le message. De toute façon, lui, il va où il peut avoir du gâteau et puis c'est tout. Ce qui ne laisse plus, donc, que nous deux. Je n'ose plus relever la tête ou même bouger, je sens qu'il va dire quelque chose et ça me fait peur. Je peux même l'entendre pousser un soupir. L'angoisse...

- Pascal dirait certainement que ce que vous faites ne me regarde pas et il aurait sans doute raison, mais... Est-ce que tu l'aimes ?

Voilà qui est beaucoup moins pire que tout ce que j'étais en train de m'imaginer. Ça suffit même à dissiper une partie de ma gêne pour mieux retrouver un sourire plus doux, plus naturel. Je fais le sourire qui semble toujours attrister mon père, qui lui rappelle une époque révolue depuis longtemps.

- Oui.

Il acquiesce donc de la tête et décide de prendre congé après avoir annoncé que l'on peut passer au dessert sans lui. Je le regarde s'éloigner avec un air reconnaissant, véritablement. Je sais qu'il ne veut que mon bien, que tous les gens sous ce toit veulent mon bien tout autant que je veux le leur. Au fond c'est ça, faire partie d'une famille et, à partir d'aujourd'hui, Ren fait officiellement partie de la mienne. En parlant du loup, c'est au petit pas de course que je vais le retrouver pour ne plus le quitter d'une semelle. La tête haute, je porte fièrement sa fleur de lotus comme s'il s'agissait de la plus belle des couronnes. La suite est classique, on allume des chandelles et on ferme les lumières, quand bien même je leur répète que ce n'est plus la peine à mon âge. C'est peine perdue avec eux, je pourrais bien avoir quarante ans qu'ils me le chanteraient quand même. Gabriel n'hésite pas à se prendre une grosse part, il n'arrête jamais de manger lui de toute façon, pendant que Pascal met de côté un morceau pour son propre chéri. De son côté, Jacynthe, la pachirisu, a volé une belle grosse fraise avec de la chantilly et la savoure avec une joie non dissimulée. Les discussions reprennent à voix plus basse, pour ne pas déranger Arthur qui doit sans doute déjà essayer de dormir à l'étage. Je ne sais pas comment il fait pour aller se reposer comme ça directement après avoir mangé, mais je le comprendrais sans doute si je travaillais plus de douze heures par jour. Toujours est-il que nous terminons et que Pascal décide de nous mettre à la porte.

- Il faut profiter des nuits chaudes d'été, d'autant plus que ça vous fera du bien de marcher en amoureux pour digérer un peu. Bye bye !

Et il referme derrière nous. C'était expéditif, mais c'est une très bonne idée et, comme ça vient de sa part, c'est beaucoup plus facile de simplement suivre le flot. Une fois dehors avec mon aimé, je peux enfin pousser un long soupir de soulagement. J'ai passé une excellente soirée, mais il y a quelque chose de libérateur à enfin se retrouver seule avec mon autre moitié. Lui kidnappant sa main pour mieux entrecroiser naturellement nos doigts, je l'invite à me suivre, mon sourire lumineux bien étampé sur mes lèvres.

- Il y a un petit parc, par là-bas. On peut aller s'asseoir pour discuter un peu, ils ont même des balançoires, des bascules et un genre de structure dans laquelle on peut grimper pour s'asseoir tout en haut et essayer de regarder le ciel. Bon on ne voit pas trop les étoiles ici, mais je me sens bien dans les hauteurs, j'ai jamais trop compris pourquoi.

Et je parle trop, je le sais, mais je suis enthousiaste. Passer un peu de temps seule avec Ren, peu importe à quoi il est employé, c'est trop beau pour que je reste passive. Si lui me fait comprendre la façon dont il se sent via ses regards, je suis expressive au point que tout mon être crie en simultané les émotions que je ressens. C'est un peu comme un livre ouvert au fond, un beau grand livre plein d'images, de structures en 3d et de héros courageux. Toujours est-il que, sur le chemin, je ne peux pas non plus m'empêcher de relancer la conversation. C'est presque comme si je tentais de meubler la nuit en entière à moi toute seule, juste à la force de mon bonheur. Oui, bon, je suis heureuse et c'est tout ! Tant pis si vous trouvez que j'exagère, votre avis ne compte pas !

- Je ne t'ai pas officiellement dit merci pour la fleur alors, merci beaucoup. Elle est vraiment magnifique ! Je vais probablement la garder pour les occasions spéciales histoire de ne pas l'abîmer, mais c'est vraiment le plus bel accessoire que j'ai vu. Et parlant de cadeaux... désolé, pour mon frère... C'est vraiment un imbécile.

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Re: When I saw you I fell in love, and you smiled because you knew | ft. Ren
Dim 11 Sep 2016 - 18:14
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Mardi 06 Septembre 2016, 22h14

Tu n'as pas besoin de me remercier.

Maintenant que je la scrute, encore et encore, avec cette petite broche dans les cheveux, je ne peux pas m'empêcher de la trouver de plus en plus belle. Je suis comblé qu'elle lui aille aussi bien, et je me sens même presque coupable de l'apprécier à ce point, moi qui, à l'origine, souhaitait lui faire un présent qui satisferait ses propres attentes. Mais les choses sont bien comme elles sont, et nous sommes enfin seuls, caressés par la tiédeur du vent, ou peut-être simplement par la douceur de nos sentiments l'un pour l'autre. Mais un certain sujet, plutôt délicat, est très vite ramené sur le devant la scène. Je suppose qu'il fallait y passer un jour ?

Ne t'en fais pas. Ça m'a un peu dérouté, c'est tout.

Je marque une pause. Est-ce qu'elle veut seulement connaître mon avis ?

Disons que j'ai grandi dans une famille.. où ce sujet est très rarement mis en avant. Surtout dans la branche maternelle. Je penche légèrement la tête. Je sais bien que c'est ridicule, mais les traditions font que c'est une sorte de tabou.

Je lui souris, sans vraiment penser à quel effet ça pourrait avoir.

Mais bon. Je ne suis pas né de la dernière pluie. J'ai conscience de ces choses-là.

Dis-je sur un ton affable. Je n'ai pas envie qu'elle se méprenne sur cette histoire, mais je ne veux pas non plus éviter la question. Je lui montre comment je fonctionne et, à ma façon, je sous-entend que je suis capable d'y penser, mais que ça ne m'obnubile pas pour autant. A vrai dire, Sirius me cassait toujours les pieds avec ces histoires, et si je n'avais pas rencontré Estelle depuis, je n'y aurai sûrement pas songé de nouveau avant un moment.

Nous arrivons finalement au dit parc, là où tout se trouve à sa place. Alors que je me dirige vers un banc pour en prendre possession, la jeune femme me tire sévèrement la main et, sans vraiment le laisser le choix, m'emmène jusqu'à la structure en hauteur. Elle grimpe et, d'en haut, me fais signe de la suivre. Eh.. Ca me rappelle mes péripéties dans la nature. Et.. MINCE ! J'ai oublié Pavo à la maison. Enfin, il est en sécurité, là-bas, pas vrai ?

Et puis, tant pis.

Je monte sur la structure. Ce n'est pas très haut, mais maintenant que je suis aux côtés d'Estelle, j'ai l'impression d'être sur le toit du monde. Je la regarde, jusqu'à ce que, elle, daigne me regarder, et j'en profite pour lui voler un subtil baiser. Ça, c'est fait. Je place ensuite mes paumes en arrière, pour stabiliser ma position, et je plonge mon regard dans l'océan d'étoiles.

Mon regard se fait vague.

Tu sais, c'est assez récent, mais je suis heureux de t'avoir rencontré.

Il faut croire que c'est le temps des confessions. Mais si ce n'est pas maintenant, quand est-ce que je pourrais lui dire ?

Au début, j'avais un peu peur. Tu commences à me connaître, je suis passionné par ce que je fais. Je prend une inspiration. Mon père était pareil, et ça a failli détruire sa relation avec ma mère. Ils n'étaient plus très loin de divorcer car, peu importe ce qu'elle faisait, il ne revenait presque jamais à la maison.

Je détourne légèrement les yeux.

Enfin. Ce n'est pas vraiment le même cas pratique, mais.. Je pousse un discret soupir. Tu comprends.


Re: When I saw you I fell in love, and you smiled because you knew | ft. Ren
Lun 12 Sep 2016 - 3:55
Région d'origine : Unova
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Estelle Highwind

Estelle Highwind
Marcher main dans la main avec quelqu'un d'autre, ça semble tellement insignifiant dit comme ça. Si on compare cela aux baisers, aux choses qui ne devraient pas être racontées et aux grands engagements, ça n'a pas l'air d'avoir une si grande portée. À la limite certains trouvent cela anodin, c'est pris pour acquis après un moment. Pour moi, toutefois, c'est une toute autre histoire. Me promener comme ça, sous le couvert de la nuit, les doigts emmêlés avec ceux de mon aimé, c'est un moment extraordinaire. Après avoir parcouru la ville tant de fois par moi-même, il semblerait que de partager la vue a réussi à la redéfinir dans son entièreté. Les bruits du soir ne résonnent pas de la même façon. Les reflets de lumière en provenance du centre-ville sont plus brillants, ils m'aveuglent presque. Les odeurs sont poussées à leur paroxysme, c'est un ballet de contrastes qui tente de nous décrire la vie citadine dans son entièreté. La brise chaleureuse qui fait danser mes mèches rousses est joueuse et accentue mon sourire. Le pas est plein d'entrain, mais également détendu, naturel. À cette heure, il n'y a dans la ville que les gens solitaires et les amoureux. Il se trouve, par un tour habile du destin, que nous somme justement de ceux qui ont la chance infinie de se trouver dans la seconde catégorie. La conversation, elle, a déjà repris et Ren me laisse savoir ce qu'il en est chez lui.

- Je peux comprendre. S'il n'y avait pas Pascal, je suis plutôt certaine que ce serait tabou chez moi aussi.

La branche maternelle... Je me demande bien ce que ma mère en aurait pensé. J'étais bien trop jeune quand elle est partie, jamais nous n'avons abordé ces sujets. Sans doute les choses auraient-elles été très différentes si ma mère n'était pas décédée aussi jeune. Déjà je ne serais pas la seule femme de la maison et elle aurait pu rencontrer Ren. J'aurais tant aimé pouvoir les présenter l'un à l'autre. Enfin, Pascal, en contrepartie, ne serait pas avec nous aujourd'hui. Toutes ces pensées, lourdes pour mes légères épaules, ont pour effet de me faire demeurer silencieuse pour le reste de notre trajet, jusqu'à ce que les silhouettes sombres du parc se dessinent juste pour nous. Désirant repartir les choses du bon pied, je rattrape mon enthousiasme à pleines mains et entraîne Ren dans mon sillage. Sans réfléchir à rien, je m'élance dans la structure, m'agrippant ça et là pour me hisser tout en haut. L'activité physique a le mérite de me forcer à revenir dans l'instant présent, ce qui me permet tout de suite de me sentir mieux. Esquissant un sourire encore un peu amer, je fais signe à Ren de venir me rejoindre. Je ne me sentirai mieux que lorsque mon aimé sera de nouveau tout près de mon coeur. S'il semble d'abord un peu hésitant, il ne faut pas long pour que nous soyons en mesure de faire une réédition du Titanic à petit budget. Nous sommes les rois du monde.

Trop haut pour demander des comptes à qui que ce soit, ma moitié vient me dérober un baiser que je lui rends tendrement. L'air satisfait, il s'installe ensuite pour profiter des autres étoiles, bien plus loin celles-là. Si nous devions comparer, je pourrais presque me proclamer son soleil. Certes, c'est un peu pompeux, mais je ne peux m'en empêcher. J'ai envie que son coeur m'appartienne, envie de faire une différence. Je sais très bien que j'ai déjà commencé à le faire et je ne veux pas que ça s'arrête maintenant. Je ne veux pas que ça s'arrête tout court. Je connais trop bien la sensation de perte, du néant qui suis la disparition. J'y ai déjà survécu, mais j'y ai perdu une aile. Je ne suis plus aussi confiante, je n'arrive plus à prendre la présence des autres pour acquis et, si certains défendraient cela comme une bonne chose, j'en viens à m'inquiéter plus souvent que de raison. Ce faisant, je n'arrive pas à lever la tête vers l'immensité. Il n'y a que Ren pour briller au fond de mes iris de glycine. C'est le moment qu'il choisit pour faire s'élever sa voix dans la nuit. Elle n'est pas plus haute qu'elle n'a besoin de l'être pour surpasser les rumeurs lointaines de Nox Illum, mais suffit à combler tout cette part de moi qui aurait besoin de l'être. La tête inclinée sur le côté, je regarde ses lèvres esquisser les mots, sa chevelure de jais qui se fond dans la nuit, sa peau pâle qui semble adoucie par le clair-obscur. Puis, graduellement, j'attrape ses paroles au vol pour mieux les conserver au creux de ma main chaude.

Il est sur le point d'aller tomber dans les étoiles qui tapissent la nuit et, dans cette situation précaire et magnifique, me partage sa crainte. La passion est son vice et, oui, je le sais. C'est ce qui me pousse à l'aimer, mais qui pourrait aussi aimer me repousser. Il inspire, marque la pause dans la musique, le suspense avant l'apogée de son discours. Ren viens de mettre le pied au bord du précipice et j'ignore si je pourrai le rattraper avant la chute. Toutes les étoiles sont jalouses, je le sais. C'est bien pour cela qu'elles possèdent une gravité si forte. Ce sera donc un combat acharné entre moi-même et celles qui nous regardent d'en haut, perles voyeuses et avides. Et, finalement, c'est le grand saut, l'aveu sincère, le danger. Son père a commis des erreurs ; il en a presque perdu sa propre flamme. Peu importe l'intensité de sa lueur, l'homme avait cessé de s'y réchauffer les mains. Mon aimé s'interrompt de nouveau, s'éloignant des cieux, son regard partant à la recherche d'un autre paysage, intérieur celui-là. Il pose ici le compromis, la différence. Ce n'est pas tout à fait la même chose, mais ça a le potentiel de l'être et ça l'effraie. Mes paupières tombent et, lorsqu'elles se relèvent, j'ai l'impression d'être redescendue dans mon corps. Son soupir m'a serré le coeur. Il m'a peinée. Je pourrais tenter de le soulager d'une blague, lui dire de ne pas s'inquiéter, que je vais toujours revenir vers lui si c'est ce qui l'inquiète. Je n'y arrive toutefois pas. J'ai l'impression que ce serait ne pas le prendre au sérieux, me moquer de cette sincérité pure dont il a encore fait preuve avec moi. Il ne cesse de mettre son coeur à nu, juste-là, à ma portée. Je dois honorer, lui offrir tout l'amour que je possède pour lui permettre de fleurir, de s'épanouir. Je ne saurai me satisfaire de rien de moins.

- Oui, je comprends, mais je sais aussi que tu n'es pas lui. Certes, je ne le connais pas encore, mais j'en suis certaine. C'est écrit partout dans tes yeux, quand tu me regardes. Tu es trop attentionné pour répéter ces mêmes erreurs. Je te fais confiance, de tout mon coeur. J'y crois tellement que je peux même y croire pour deux, en attendant !

Mes joues ont rougit avec cette déclaration. Peu importe ce qui se passera, je sais que je serai incapable de le prendre pour acquis, de cesser de m'émerveiller en le regardant, que ce soit au petit matin lorsqu'il dort encore ou en pleine nuit, lorsqu'il se distingue à peine des ombres environnantes. Je veux lui répéter que je l'aime à en perdre la voix, le chérir à m'en abîmer les mains et l'embrasser au point de ne plus goûter rien d'autre. Ça ne me fait pas peur. Je sais bien trop ce que ça fait de manquer une opportunité, de vivre avec le remords de ne pas avoir assez aimé. Lorsqu'on est jeune tout est permis, même croire que nos parents sont éternels. C'est une erreur que je ne commettrai plus jamais. Un faux pas que je refuse de lui accorder. Je lui apprendrai, lentement, mais sûrement, à chérir tous ces détails. Je lui enseignerai à aimer au jour le jour si c'est tout ce qu'il me demande de faire. Ce n'est pas si difficile, il suffit juste de voir avec le coeur plutôt qu'avec les yeux. Il ne faut jamais manquer une occasion de s'ouvrir à ceux qu'on aime. Je ne dois pas manquer celle-ci.

- J'y crois parce que... Il m'est déjà arrivé de perdre quelqu'un. C'est ce que je regrette le plus, dans toute ma vie, de ne pas lui avoir dit d'avantage que je l'aimais. La vie est trop courte pour avoir peur ou même pour négliger autrui et je le sais. Si tu as peur, alors je tiendrai ta main. Si tu te perds, j'appellerai ton nom jusqu'à ce que tu m'entendes. Si le monde entier venait à nous séparer, alors je le franchirai. C'est ça la promesse que moi je te fais.

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Re: When I saw you I fell in love, and you smiled because you knew | ft. Ren
Lun 12 Sep 2016 - 19:00
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Mardi 06 Septembre 2016, 22h23

Cette confiance, naïve et plaisante, me comble tout autant qu'elle me ronge. Mais comment la blâmer ? Avec cette simple tirade, lourde de sens, elle voulait simplement me témoigner son amour, tout comme me retourner le respect que je lui voue. Moi, et je me déteste pour ça, je n'arrive pas à accepter quelque chose d'aussi naturel. Au final, ce n'est qu'un fardeau supplémentaire, une autre lame pour me suriner dans l'éventualité où, c'est là tout l'enjeu, je finirais par ne pas respecter mes engagements.

Auquel cas, je me détesterais d'autant plus de ne pas avoir su contenter ses convictions. Je ne sais pas quand ça arrivera, ou si ça arrivera tout bonnement, mais je me connais assez pour ne pas pouvoir promettre. Je l'aime, ça ne fait aucun doute, mais j'aime tout autant ma passion, autour de laquelle j'ai quasiment construit toute ma vie. Et puis, même si elle, elle acceptait de m'attendre, de souffrir en silence, comment est-ce que moi, Ren Lowell, pourrai-je la laisser faire en connaissance de cause ? Je serais descendu plus bas que jamais.

Je fronce les sourcils, tout à coup un peu déprimé. Mais Estelle n'a pas terminé, et sans que je puisse quoi que ce soit, elle enchaîne sur plus terrible encore. Ses mots sont empreints de peine, et c'est pour ça qu'ils sonnent aussi puissants à mes oreilles. Avec une simple locution, elle me démontre toute la dévotion que, moi-même, je n'aurai jamais su exprimer. Est-ce qu'elle m'aime à ce point ? Je veux dire. Est-ce qu'elle m'aime au même point que moi je l'aime ?

Je suis stupide ! Je me sens si bête de débattre en silence, quand elle, par sa simple affection, me propose des solutions inébranlables. En réalité, c'est exactement la même chose que pour la Team Anima : nous n'aurions qu'à nous soutenir mutuellement, et comme ça, rien ne pourrait nous faire tomber. Moi, ayant été souvent seul par choix, pendant ma jeunesse, je n'ai jamais considéré le fait de me reposer sur les autres comme un option. Si je suis arrivé jusqu'ici, c'est parce que j'ai agi de moi-même, sans qu'on me dicte ce que j'avais à faire. Par mes propres moyens.

Mais plus j'avance, plus je rencontre de personnes, et plus je me demande si cette décision n'a pas ses limites. Quand je suis avec Estelle, je me dis que je pourrais aller plus loin, toujours plus loin, et qu'en tenant sa main, je pourrais parvenir plus aisément au futur auquel j'aspire. Et pour ça, je dois penser pour nous deux. Cet égoïsme que j'ai déterré à ses côtés, il ne doit exister que pour son bonheur.

De mon bras gauche, j'enveloppe ses omoplates, et plaque la jeune femme contre mon épaule. Je glisse mes doigts contre sa peau, et sans même la regarder, je réduis toute la distance qui pouvait persister entre nous. Le ton plus doux que jamais, je lui souffle alors quelques mots.

Ta mère, n'est-ce pas ?

Je marque une pause.

Tu sais.. Si c'est ta promesse, alors moi non plus, je ne te quitterais plus des yeux.

Son raisonnement est implacable. Trop logique pour que je ne puisse pas y adhérer. Certains se voilent la face en se disant que, de toute façon, tout ça ne les concerne pas. Que ça n'arrive qu'aux autres. Mais rationnel comme je le suis, j'en demeure incapable. Je ne sais pas jusqu'où va aller toute cette histoire avec Estelle, mais je suis certain que, quoi qu'il arrive, je m'enrichirai du moindre détail, de la moindre seconde, du moindre contact. Et que ces choses simples, mais si importantes, me donneront la force pour continuer.

Et comme nous ne nous quitterons plus des yeux, j'aurai toutes les occasions possibles et imaginables pour te dire que je t'aime. Et toi aussi.

Je lui souris. Ça aussi, c'est implacable. Avec ma main gauche, je la serre plus fort contre moi.

Je n'ai pas osé poser la question, pour ta mère..

Je nage dans l'inconnu. Perdre quelqu'un, je ne l'ai jamais expérimenté, et je suis incapable de savoir ce que je ressentirais, ou bien ce que ressent Estelle en ce moment. Pour ça, j'ai peur d'être inutile, de dire des bêtises ou, pire, de lui faire du mal. Mais en même temps, j'ai envie qu'elle me le partage, car c'est une peine que, avec un peu de chance, je pourrais alléger pour elle.

Mais si maintenant, ou même un jour, tu te sens prête à m'en parler.. Je serais là.

Je serais toujours là.


Re: When I saw you I fell in love, and you smiled because you knew | ft. Ren
Lun 12 Sep 2016 - 21:27
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Estelle Highwind

Estelle Highwind
J'ai mis mon coeur sur la table. J'ai laissé ma vérité s'exprimer pour moi, sans artifice d'aucune sorte. Ce n'était plus un pari, rien de ce genre. C'était une nécessité, un besoin m'élançant, une pression désagréable sur les vieux hématomes de mon coeur. Si mon aimé doute, alors je n'ai pas d'autres choix. Il doit comprendre qu'il peut tout risquer ; s'il tombe alors je le rattraperai. Ce serment ne m'est même pas difficile à passer, il coule de source et rien ni personne n'aurait pu m'en dissuader. Je suis, après tout, faite de cette étoffe qui tisse des gens incroyablement têtus, des gens dont on ne se débarrasse jamais vraiment. Ren devra vite s'en rendre compte si ce n'est déjà fait, sans quoi il pourrait être surpris. Ce que je ne lui dirai pas, c'est que je sais bien que les choses ne seront pas parfaites, je sais bien qu'il a ses défauts et je sais bien que nous ne sommes pas fait pareils. Moi non plus, je n'ai pas ce mérite. Ma personnalité enfantine, mes humeurs inégales, ma spontanéité agaçante, ma voix un peu trop forte, mon désir de protéger à l'excès, tout ça joue en ma défaveur. Mais c'est un peu cela aimer, non ? Savoir que l'on peut en mourir et tout de même choisir d'en vivre. Pour ma part, je compte bien en profiter au maximum.

Le point de vue du jeune homme sur la question ? Je n'en ai aucune idée. Il est à la fois si près et si loin. Je ne peux lire ses iris ici, au beau milieu de la nuit. La fenêtre me donnant accès à son âme est condamnée pour l'heure, me laissant en proie aux doutes et à la crainte de ne pas avoir su le toucher comme il faut. De ne pas avoir apaisé ses propres inquiétudes et de ne pas avoir réussi à lui rendre cette confiance inébranlable dont il sait faire preuve. Et pourtant je dois le faire, je ne me le pardonnerais pas autrement. Je retiens donc ma respiration, attendant une réaction, quelque chose. Il teste ma patience si souvent, mais je sais qu'il a besoin de ce temps de réflexion. Une fois de plus j'en reviens à le comparer à un arbre solitaire : grand et inflexible, majestueux et vivant quelque part en dehors du temps. Ce qui ne l'empêche pas de frissonner lorsque la brise effleure son feuillage, lui faisant momentanément oublier tout ce qu'il est déjà et ce qu'il peut accomplir. Puis, lorsqu'il est prêt, qu'il est mûr pour l'action, la vie reprend son cours et, de simple spectatrice, je redeviens actrice. Son bras m'entoure, me tire vers lui, et je le suis. Je ne pourrais pas résister, de toute façon, à son étreinte accueillante, chaude, douce et tendre. Et c'est dans ce moment de confort, de paix et de sérénité qu'il me blesse de ses mots aveugles, de cette vérité lancée en une innocence cruelle. Il a raison, bien sûr qu'il a raison, et ça me fait vaciller alors que ma quiétude s'écoule au loin de moi.

Sans peser l'impact de sa réplique, Ren poursuit dans sa lancée, changeant le sujet sans trop le quitter. C'est comme une esquive, un pas sur un terrain glissant qui l'a fait retomber ici, en cette affirmation moins escarpée. Si telle est ma parole, alors lui non plus ne me quittera plus des yeux. Je relève la tête vers son visage, je tente de le décrypter, d'en séparer les ombres de la lumière. Aurais-je donc réussi au prix de cette révélation douloureuse ? Il semblerait que oui. Le Lotus, fidèle à sa tradition de dévotion et de pureté, répète son mantra. Tant que nous ne nous quitterons pas des yeux, nous aurons toutes les occasions de célébrer ensemble notre amour, de le partager, de le chérir et de le choyer. Malgré la mélancolie, mon regard est doux, reconnaissant, et mes iris ne cessent de dessiner cet homme dont je suis amoureuse. Il a donc accepté de se laisser lui aussi prendre au jeu. Sans doute sommes nous en train de nous voiler la face, d'ignorer volontairement la vérité. Bien sûr que nous allons un jour pleurer, qu'il y aura des soirs où nous douterons, des moments où notre coeur sera broyé, mais tout cela vaut la peine. C'est même justement à cause de cela que nous devons tenter notre chance. Si on pleure, si on rit, si on s'embrasse, si on crie, si on danse, si on se saute à la gorge et si nous ne formons qu'un, ce sera parce que nous nous aimons, encore et toujours. L'amour ce n'est pas toujours parfait, ce peut être sale, dangereux, violent. Mais l'amour vaut toujours la peine car il est beau, il est bon, il est incomparable et il est inéluctable.

Sa main me serre plus fort, m'incite à me presser d'avantage, et je n'hésite pas à le faire, à poser ma tête contre lui en ce geste que nous avons déjà maintes fois répété et ce réciproquement. Il est mon refuge autant qu'il est ma tempête. Mon havre et la source de mes envies. Pour le meilleur et pour le pire, n'est-ce pas la formule ? La question qui suit, qui revient, ne me fait plus mal cette fois. Je peux écouter ce qu'il a à en dire sans agrandir les yeux, sans trembler. Si j'ai envie d'en parler, peu importe quand, alors il sera là. C'est une continuation de la promesse que j'ai formulée, de celle qu'il m'a renvoyée. Tous les deux, à notre façon, nous avons accepté de nous engager ce soir. Chacun en nos termes, chacun en notre propre voeu. Je ne peux qu'apprécier son geste et lui embrasser la joue avec affection. Je reste là un instant, n'ayant pas le coeur à m'éloigner de nouveau, reposant donc simplement ma tête contre lui.

- Je sais.

Je laisse retomber mes paupières alors que je profite de l'air du soir, de la quiétude que m'apporte la présence de mon autre moitié. Je fais le tri, redécouvre les souvenirs, essaie de conserver les informations cruciales de fuir celles qui pourraient faire remonter les larmes. Je fais assez confiance à Ren pour lui en parler, d'autant plus que j'ignore si j'aurai d'autres occasions de le faire. Il a eu le courage de s'ouvrir à moi, c'est donc à mon tour de lui rendre la pareille. Je ne m'y sens pas obligée, pas le moins du monde, mais c'est tout de même ma volonté. Nous avons tous deux nos propres blessures, nos propres souvenirs douloureux. Il n'y a pas de mal à l'avouer.

- Elle nous a quitté quand j'avais dix ans. Elle a été longtemps malade alors... quand j'étais petite je me souviens... j'étais fâchée contre elle. Je pensais que c'était de sa faute, qu'elle avait choisi de passer autant de temps à l'hôpital, loin de nous. Quand elle est morte... Quand elle est morte j'ai commencé à penser l'inverse, à me dire que si j'avais été une meilleure fille elle ne serait peut-être pas partie. J'avais simplement besoin de blâmer quelqu'un je suppose...

Je me mords la lèvre inférieure. J'ai compris, depuis, que rien de tout ça n'est vrai. La vie peut se montrer injuste et personne n'est à blâmer pour ce qui s'est passé, aussi difficile que ce soit à accepter. La vérité ne fait d'exception pour personne, ne fait pas de cadeaux. On ne peut que se faire engloutir par elle ou en ressortir plus mature, plus fort. Je ne peux toutefois pas non plus m'interrompre ici. Ma mère était bien plus qu'une simple personne malade. La présenter seulement en ces termes ce ne serait pas l'honorer à sa juste valeur. Je veux que Ren la connaisse, qu'il ait au moins l'impression de la connaître. Je veux, moi aussi, me la rappeler un peu.

- Elle s'appelait Marie-Léa. Elle était mannequin, quand elle était jeune, et est venue s'installer à Unova pour tenter une carrière au Pokéwood. Elle est débarquée toute seule avec une valise et quelque chose comme trois cent pokédollars, un montant ridicule. Il faut avoir du cran pour faire ça. Mon père l'a rencontrée un jour alors qu'elle a fait un malaise dans les transports en commun, il s'est tout de suite proposé pour l'aider et puis voilà. Le reste s'est fait tout seul. Elle avait un sourire si doux. Je me souviens encore de son parfum à la fraise, elle sentait tellement bon...

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Re: When I saw you I fell in love, and you smiled because you knew | ft. Ren
Lun 12 Sep 2016 - 23:06
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Mardi 06 Septembre 2016, 22h31

J'avais simplement besoin de blâmer quelqu'un je suppose...

C'est humain.

Ce n'est sûrement pas ce qu'elle veut entendre. Elle n'a pas besoin de moi pour le lui dire, et l'a déjà compris. Comme ça la concernait directement, Estelle y a longuement réfléchi, et elle s'est sûrement rendue compte que, peu importe ce qu'elle se disait à cette époque, ça n'avait rien de rationnel. Malgré tout, je commence à ressentir comme un pincement au cœur. Cette douleur, ce n'est pas la mienne, c'est bien celle qu'elle me transmet par le tremblement dans sa voix, par les pores de sa peau.

Par notre lien.

Je baisse légèrement la tête. Je me demande si, quand moi-même j'ai accepté la réalité telle qu'elle était, j'ai pensé à inclure la tristesse qui allait avec. La rationalité n'a rien de mauvais tant qu'elle file droit dans notre sens, mais quand les choses vont mal, on tend à penser qu'on aurait aimé que les choses soient différentes. Et que ce soit pour le décès de sa mère, ou pour notre relation, cette simple idée s'applique et s'appliquera à chaque chose. Mais il doit bien y avoir un moyen, non ? Maintenant que nos cœurs s'entremêlent, je devrais être capable de soulager cette plaie béante logée dans sa mémoire, d'une façon o d'une autre ?

Le contraire serait trop triste.

Je dois réfléchir. Penser, songer et comprendre jusqu'à ne plus en pouvoir. Me mettre à sa place, porter sa douleur, jusqu'à enfin savoir ce dont Estelle a besoin. Le réconfort ne suffira pas, tout comme les froides vérités. Moi qui suis capable de disserter des jours sur un sujet, pourquoi est-ce que je ne suis pas foutu d'aligner deux mots pour qu'elle se sente mieux ?! C'est trop dur. Même en souhaitant me mettre à sa place, je n'arrive pas à comprendre. Je me contente de la serrer contre mon cœur, encore et encore, pour la réchauffer, pour feinter son esprit, pour me laisser de temps de penser, penser et penser, jusqu'à trouver la solution. La seule et unique solution.

Est-ce que je suis si vide de sentiments ? Ma relation avec ma mère n'est pas un exemple, mais je devrais avoir.. Je ne sais pas ? Des peurs. Mais quand je pense à elle, je ne vois que son regard déçu, triste et plein de regrets. Ils n'étaient pas deux. C'est mon père, et mon père seul qui m'a élevé. Pour cette raison, je ne saurais pas faire la différence entre sa présence et son absence, et ça, je ne pourrais pas l'avouer à Estelle.

Elle m'en voudrait.

Je dois me contenter d'une phrase bateau ? D'un banal réconfort pré-construit ? Même moi, je ne pourrais pas infliger ça à mon aimée. Je préfère encore dire ce que j'ai le cœur, de la façon la plus incohérente possible, et la laisser faire le tri dans mes pensées. Je préfère encore manquer de crédibilité que, pour le seul bonheur des apparences, apporter ne serait-ce qu'une once de superficialité dans cette conversation. Je la respecte trop pour ça.

Elle devait être très belle.. Je la regarde. Enfin, je dis ça par déduction. Tu sais..

Je vais être franc avec elle.

Moi, je ne comprend pas. Je n'arrive pas à imaginer à quel point ça a été dur. En terme de bonheur, je sais bien que je ne pourrais pas la remplacer, et je ne t'inciterais jamais à l'oublier. Mais.. Je me mord la lèvre. Si par ma présence, ou quoi que ce soit d'autre, je peux t'aider à surmonter cette blessure, alors sens-toi libre de m'utiliser tout entier.

Je penche légèrement la tête pour la caler contre la sienne.

Car tout ce que je sais, c'est que je n'aime pas voir cet air triste sur ton visage.

Je marque une pause.

Mais, maintenant que tu m'en parle, ta mère avait l'air d'être une personne remarquable. Est-ce que tu voudrais bien m'en dire davantage sur elle ? J'ai envie de la connaître.


Re: When I saw you I fell in love, and you smiled because you knew | ft. Ren
Mar 13 Sep 2016 - 0:34
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Estelle Highwind

Estelle Highwind
J'ai parlé sans le moindre soin, laissant tomber mes souvenirs avec fracas contre la carapace de Ren, sous-estimant sa sensibilité. Je suis simplement partie sur ma lancée, j'ai suivis le cours de mes peines pour composer cet hommage mélancolique, cette expression triste sur le visage sans trop le remarquer alors que mes yeux s'émerveillent encore d'images que le temps a rendu floues. Quand bien même je ne cesse de le considérer comme ma moitié, quand bien même je ne cesse de l'aimer, j'ai sous-estimé l'impact de mon coeur dans le sien. Je le sais car je viens de réaliser la force à laquelle il me serre. Ren est en train de me faire mal au bras. Qu'est-il donc en train de se passer de l'autre côté de ses iris frais comme la menthe ? Je ne peux que spéculer, essayer de rassembler les parties du puzzle par essai-erreur. Était-ce donc un faux pas que de lui en parler ? Non, l'erreur était d'oublier toute la délicatesse de son âme, toute la pression qu'il s'impose lorsqu'on en vient à moi. Je ne dis pas ça pour flatter mon égo, mais c'est littéralement le seul contexte où je l'ai vu s'en faire autant. Je peux presque l'entendre qui se fissure de l'intérieur en quête de je ne sais trop quoi. Ça n'empêche pas sa voix de s'élever, de risquer un compliment dans le vide, de parler pour parler. Il cherche encore, il s'est perdu, n'est-ce pas ? Une pause plus tard, je sens son regard tomber sur moi alors que mon aimé plonge à nouveau.

Ren ne comprends pas, il n'arrive pas à imaginer tout ça, à le voir comme moi je le vois. Bien sûr que non, c'est normal après tout. J'aurais été bien plus offensée si, au contraire, il avait prétendu que ce soit le cas d'un mensonge éhonté. La suite, elle, a le mérite de m'ébanler jusque dans mes fondations. Le jeune homme s'est mis dans l'idée de régler le problème, de faire n'importe quoi pour me soulager. Quitte à ce que je l'utilise tout entier, une formule qui, à elle seule, me semble affreuse. Mon aimé n'est pas un objet ou un accessoire. Il n'est pas un moyen d'arriver à des fins quelconques. Et le pire c'est qu'il est si sincère, si simple dans sa demande. Il ne veut plus me voir triste, peu importe le prix, peu importe ce qu'il doit faire. Je ne sais pas comment répondre à cela, je suis à la fois touchée et effrayée. Je ne veux tout de même pas qu'il se mette en cet état chaque fois qu'il m'arrive quelque chose. Oui, ma mère me manque, oui il m'arrive d'en pleurer encore parfois lorsque je me réveille en pleine nuit une fois tous les trente-six du mois, mais ce n'est rien qui vaut de voir Ren se torturer de la sorte. Il continue comme si ce qu'il venait de dire était parfaitement normal, qu'il n'y avait pas de retour à faire là-dessus et que je pouvais juste le laisser s'enfoncer tout seul. Cette demande-ci, celle d'en apprendre plus sur ma mère, est louable, mais je ne peux tout simplement pas l'exaucer sans rien dire. Mais comment m'y prendre alors? Déjà, peut-être, par mon bras rendu sensible par la prise de ma moitié.

- Ren... tu me fais mal, mon bras...

Je n'ose pas le dire trop fort. Je sais qu'il ne le prendra pas bien, qu'il n'a sans doute pas réalisé de lui-même. Je le connais assez pour le savoir capable de s'en vouloir et de culpabiliser pour ça, aussi insignifiant que ce soit. Je ne veux pas qu'il s'enfuie, qu'il s'éloigne à cause de cela. Je sais qu'il va tenter le recul, je le sais. Je referme donc mes doigts dans le tissu de son chandail, tentant de le forcer à rester près de moi, peu importe comment. Vite, je dois parler avant qu'il ne se referme, qu'il ne prenne la fuite de tous les moyens possibles.

- C'est vrai qu'elle me manque beaucoup parfois, mais s'il-te-plait ne te mets pas dans un état pareil pour ça. Je refuse de t'utiliser, Ren. Tu es bien plus que ça pour moi, tu es l'homme que j'aime et pas un vulgaire objet, alors ne dis pas n'importe quoi.

Je marque une pause. Je dois respirer, structurer mes idées. Si je laisse Ren comme ça, si je lui permets de dériver dans ses pensées, qui sait quelle solution ridicule il est capable de proposer lorsqu'il est dans ce mode de réflexions. Car c'est bien de quoi il s'agit, non ? Mon autre moitié est incapable de se trouver confronté à un problème sans y chercher des solutions. À croire que l'impuissance est l'une de ses plus grandes angoisses. Simplement vivre les émotions sans chercher à les résoudre doit lui être incroyablement difficile pour qu'il se borne à toujours agir de la sorte. Je dois trouver autre chose, trouver un baume à lui appliquer sur le coeur. Le choix est difficile. Dire ce qu'il a envie d'entendre ou dire ce que j'en pense réellement en espérant que cela l'aidera à s'élever au dessus de toute cette pression qu'il se met ? Comme mon aimé avant moi, j'ose croire qu'il mérite mieux que de simples paroles dans lesquelles je ne crois pas vraiment. Si je lui parle avec mon coeur, là et seulement là, Ren va m'entendre.

- Bien sûr que ça me rend triste, mais... Elle va toujours me manquer un peu, c'était quand même ma mère. Tu sais Ren, je pense que parfois, c'est normal d'être triste. Parfois il ne faut pas lutter contre ça, il faut juste accepter qu'on l'est, le vivre et se relever ensuite. Je ne veux pas que tu combles le vide ou que tu me fasses l'oublier ou quoi que ce soit du genre. Je veux juste pouvoir continuer à marcher main dans la main avec toi en sachant qu'il y aura toujours une place dans tes bras où je peux venir me réfugier si j'en ai besoin. Et je veux aussi que tu saches que c'est réciproque.

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Re: When I saw you I fell in love, and you smiled because you knew | ft. Ren
Mar 13 Sep 2016 - 16:33
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller

Mardi 06 Septembre 2016, 22h47

Je hoche lentement la tête, le regard perdu. Si j'avais su que j'étais autant dans le faux, je n'aurai rien dis. J'ai l'impression d'avoir été comme un gamin trop ambitieux, à déblatérer des inepties sur un sujet qu'il ne connait pas, et à finir, à la toute fin, par se faire remettre en place par la réalité des choses. Porté par l'euphorie de nos promesses, je me suis surestimé au point d'en devenir orgueilleux. Trop orgueilleux. J'ai cru que, par ma simple existence, je pourrais atténuer chez elle un sentiment aussi fort que la perte d'un être cher.

C'était faux.

Néanmoins, je ne pense pas qu'elle m'en veuille. Peut-être m'a t-elle trouvé un peu stupide, tout au plus, mais de la rancune ? C'est peu probable. La seule colère ici, c'est la mienne. Celle que je dirige contre moi, contre mon manque de jugement, une colère qui s'est très vite mue en honte, jusqu'à plonger mes yeux dans le vide complet. Je l'aime toujours, et je n'arrêterais pas de l'aimer, mais j'en viens à me demander si, au final, je pourrais vraiment être ce qu'il y a de mieux pour elle. Des doutes irréfléchis, évidemment précipités par ma déception, mais des doutes dont je n'arrive pas à me défaire.

Mais bon ! C'est son anniversaire, et comme ce jour est sacré, je ferais tout pour ne pas le gâcher. Ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de mettre un terme à cette conversation, de la façon la plus naturelle possible, et lui masquer mon amertume pour qu'elle retrouve le sourire. Je n'aurai pas dû poser de questions, et je reçois la monnaie de ma pièce. C'est tout. Simple, n'est-ce pas ?

Je ferme les yeux un instant.

Pas si simple. Difficile de faire l'impasse quand on sait que, d'une part, on a déçu l'être qu'on aime, et de l'autre, qu'on lui a fais du mal en ne dominant pas ses émotions. Ça ne me ressemble pas, et je me déteste pour ça. Qu'elle le veuille ou non, je suis certain que ma faute influera sur ses jugements futurs. Mais je ne peux pas revenir en arrière, et même si je le pouvais, je ne trouverais pas les mots. J'étais juste incapable de gagner cette manche, et je le resterais.

Je n'ai pas réussi à répondre à ses explications. Je me suis juste contenté d'acquiescer, et maintenant que la tempête est passée, le silence est revenu. Je détourne un peu la tête, je n'arrive plus à la regarder. Les secondes passent inexorablement, je me sens dans l'urgence de mettre fin à ce malaise. Ou plutôt, son malaise. Je me mord la lèvre, et tournant mon visage vers le sien, je lui mime un petit sourire.

Il commence à être tard. Et à faire un peu froid. On rentre ?

C'est une question sans en être une. C'est la meilleure solution, car peu importe combien de temps nous resterons ici, je n'arriverais à rien. Le mieux reste d'aller de se coucher, et de laisser la suite faire disparaître cette bévue. Nous descendons la structure, et nous mettons en route jusqu'à la résidence.

♦    ♦    ♦

Nous sommes rentrés. Le pokémon du père nous attendait. Avec plus d'aisance que je ne l'aurai cru, j'ai réussi à conserver ce sourire jusqu'à la toute fin. Devant Pascal, Gabriel, Arthur et Estelle. Avec assez de volonté, j'ai réussi à mimer le naturel. Et maintenant, il est l'heure de se coucher. La route jusqu'à la maison, elle, a été silencieuse comme jamais. J'ai tout donné pour que ce silence n'éveille pas de soupçons, pour qu'il traduise seulement de la sérénité de notre marche, et que, au final, Estelle n'ait pas à s'inquiéter de ce que je ressens.

Il fallait qu'elle soit heureuse jusqu'au bout.

Et comme prévu, je dors dans le salon. Le vœu n'a pas officiellement été formulé, mais j'ai bien compris que, dans la mesure du possible, dormir assez loin de la jeune femme soulagerait le père. Je ne peux pas le blâmer. C'est son père, après tout, et même si nous avons échangés longuement pendant le repas, c'est encore trop tôt pour qu'il me fasse pleinement confiance. Et puis, est-ce que je le mérite vraiment ?

Ça ne sert à rien de s'acharner. Je le sais, et pourtant..

Les lumières s'éteignent. Je suis allongé sur le dos, le regard dans la pénombre, et je me met à penser à tout et à rien. Est-ce qu'elle dort déjà ? Notre au revoir fut bref, mais devant sa famille, nous n'aurions pas pu faire mieux. Tout ce que j'espère, c'est que passé mes erreurs du parc, son anniversaire s'est déroulé comme elle le voulait. J'aurai sûrement pu faire mieux, ou pire, mais si cette conjoncture lui convenait, alors je serais comblé.

Je serre les dents.

Re: When I saw you I fell in love, and you smiled because you knew | ft. Ren
Jeu 15 Sep 2016 - 15:33
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Estelle Highwind

Estelle Highwind
Le retour s'est fait dans un silence inconfortable, oppressant. Un silence qui ne nous ressemble pas alors que je n'ai même pas osé prendre sa main dans la mienne. Une fois à la maison, il a été plus facile de mettre de côté mes inquiétudes et ma tristesse pour l'aider à s'installer pour la nuit, mais c'est le genre d'activité qui se termine toujours plus rapidement qu'on ne le pense. Sur ce je me dirige donc vers ma propre chambre pour aller tourner et retourner dans mon lit. La pénombre me protégeant, je décide bravement d'aller retrouver Ren au salon et, après quelques hésitations, fini par m'excuser directement à l'intéressé de crainte d'avoir été trop directe dans mes paroles de plus tôt. Interpellé, d'autant plus qu'il croit être celui qui me doit des excuses, Ren tente de me prendre dans ses bras sans penser aux couvertures qui le retiennent et qui, malencontreusement, l'empêchent de bien terminer son mouvement. Il n'en faut pas plus pour que je me retrouve par-dessus lui, là où la conversation se poursuit d'abord. Il s'excuse à son tour, me présentant une fois de plus ses intentions qui sont totalement louables, accompagné de sa crainte de m'avoir blessée. Je lui fais donc comprendre que la seule chose qui m'a blessée, c'est ce satané faux sourire qu'il a porté tout le reste de la soirée, que je n'aime pas le voir aussi distant. Lorsqu'il en parle comme d'une erreur quasi académique plutôt que de continuer sur cette bonne voie qu'il avait déjà commencé à emprunter, je me raidis et tente de le raisonner -ou de le déraisonner dans son cas- de nouveau.

Je m'interrompt toutefois lorsqu'un bruit monte du couloir et mon aimé, dans la panique, me cache sous les couvertures. C'était une fausse alerte, mais il n'en demeure pas moins que je suis auprès de lui et que l'ambiance a encore changé. Après m'avoir enlacé amoureusement, ma moitié s'engage à faire mieux la prochaine fois, mentionnant qu'il ne s'attendait simplement pas à ce que je le change autant. Ne sachant pas trop s'il s'agit d'une bonne ou d'une mauvaise chose, je lui laisse donc savoir que je l'aime dans tous les cas, peu importe la personne qu'il choisit d'être. Enfin, s'il pouvait quand même rester mon Ren au bout du compte ça m'arrangerait beaucoup, mais vous comprenez ce que je veux dire. C'est ponctué de baiser, de câlins et d'une ou deux tendres caresses que se poursuit la discussion, en tête à tête sous le couvert de la nuit. On parle de danse, de cette valse qui l'a forcé à s'ouvrir. Je me félicite de ne pas lui avoir fait faire un tango et lui, prêt à tout pour revivre cette expérience, me fait m'engager à le refaire danser. Ce sera un plaisir pour moi. C'est de tout ce confort, cette proximité, qu'émerge le désir de Ren. Il n'a pas envie de partir, demain. Pour être honnête, moi non plus je n'ai pas envie qu'il me quitte, peu importe pour combien de temps. Vient alors la grande demande, enfin, on va dire la moyenne demande. Il désire parcourir Mhyone et aimerait que je vienne avec lui. C'est une grosse question et je ne sais pas trop ce que je devrais répondre. Je ne sais pas trop quel est mon grand projet à moi, justement. J'ai bien envie d'étudier les pokémons sauvages, de les voir évoluer sur place et de les côtoyer, de les aider au besoin, mais j'ignore si j'en aurais les capacités ne serait-ce que sur le plan intellectuel. Et c'est là que Ren fait l'erreur de me dire que, si quelque chose me passionne, je dois donc m'attarder jusqu'au bout et simplement me démener pour tout apprendre sur elle, ni plus ni moins.

Prenant son conseil un peu trop littéralement, c'est sur lui que je braque mon attention. Commence donc l'interrogatoire à distance rapprochée alors que je le nargue un peu, que j'échange des baisers contre des informations. J'apprends la signification cachée de cette belle fleur de lotus, ce qui ne peut que m'attendrir et me charmer. Dans la même veine, je le questionne sur son anniversaire alors qu'il me laisse le loisir de deviner. Ma première hypothèse est qu'il est un enfant de l'hiver, ils ont toujours la classe. Mais c'est raté. J'opte donc pour l'automne car je n'arrive pas à quitter Ren des yeux, comme les magnifiques feuilles colorées de cette saison. J'approche, plus qu'à trouver le mois. J'élimine d'office septembre -je veux plus de temps pour lui trouver un cadeau- et tente novembre. Encore faux. C'est le deux octobre. Front contre front, j'essaie maintenant de lui soutirer des idées de cadeau entre de nouvelles marques d'affections. Ren n'est pas trop doué pour ces choses et me donne l'exemple de son père qui lui a offert un fossile. Intimidée par la compétition, je me referme un peu, sachant que rien de ce que je vais trouver ne pourra égaler ça. Le jeune homme fait donc savoir que, aussi bien que soit ledit pokémon, il ne peut pas l'embrasser lui. Et, bien sûr, c'est là que je choisis de dire une phrase pleine d'innuendo sans trop m'en rendre compte, sans y penser du tout. C'est le genre de chose qui compte probablement comme un lapsus révélateur à bien y penser... "Tu n'es quand même pas en train de me demander de m'offrir à toi pour ton anniversaire ?" Beaucoup moins louche dans ma tête avant que je ne l'ai dit, je vous le jure ! Il n'en faut pas plus pour provoquer un malaise d'un côté comme de l'autre et pour que je lui tourne le dos. Notre petite conversation se termine donc bien confortablement en cuillère pendant qu'il donne des idées plus standard comme du matériel de travail, des ustensiles ou des livres. J'en profite pour lui rappeler le tablier qui lui allait si bien, mentionnant que je devrais peut-être lui prendre ça. L'apprenti-chef est d'accord, à condition que j'accepte de manger ses salades à l'avenir. Tous deux sereins ainsi pressés l'un contre l'autre, et fatigués par notre journée, nous dérivons à l'unisson au royaume des rêves, là où personne ne peut nous séparer.

***

Au petit matin, nous réalisons que nous sommes seuls dans la maison. Sans doute que le reste de la famille Highwind est déjà partie au travail sans nous avoir réveillé. Nous partageons donc un petit déjeuner, je prends mon rendez-vous chez la coiffeuse tel que promis. Ces choses faites, nous profitons du temps qu'il nous reste ensemble avant son départ en début d'après-midi. Il faudra quand même quelques jours avant que nous ne nous retrouvions et, après tout ceci, ça a bien l'air d'une véritable éternité. C'est le coeur lourd que je le regarde partir, tournant les talons pour aller faire le nécessaire de mon côté. Au revoir le roux, rebienvenue le chocolat.

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