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Code 38 — feat Troy
Code 38 — feat Troy
Lun 6 Juin 2016 - 22:52
Région d'origine : Mhyone
Messages : 507

Nathaniel Miller

Nathaniel Miller
Le brun pousse un profond soupir. Aussi fou que ça puisse paraître, son long sommeil l'a mis de bonne humeur. Puisque les meilleures nuit font les meilleures journées, c'est sur une base idiomatique que le garçon s'est mis en tête de sortir pour la matinée, et c'est donc d'autant plus motivé qu'il a franchi le palier du petit appartement pour se rendre en centre-ville.

Et même avec une petite idée de la destination.

Marchant lentement, James se démène tant bien que mal avec son téléphone pour lancer l'application. En trois coups de pouce, il parvient à se donner une direction : une petite ruelle en contrebas du centre-ville qui, bien que très étroite, est plus fréquentée qu'on ne pourrait le penser.

«L'Escargaume..»

Un établissement connu. Déjà, parce qu'il est accueillant et qu'on peut y boire n'importe quoi, mais aussi car il est rempli de livres, de babioles et de tout ce qui fait le patrimoine culturel de la ville. Lui qui aime particulièrement cet aspect de Méridian, il n'aurait absolument pas pu repartir sans expérimenter au moins une fois la meilleure taverne de Mhyone.

Et du coup, il marche.

Le regard vagabond, il arrive finalement près de la devanture de l'enseigne qui, vu le peu de gens présents, doit être ouverte depuis une dizaine de minutes. Le garçon, main droite en avant, passe la porte et s'engouffre dans le lieu atemporel.

«Eh, bienvenue mon brave ! Nouveau ? Le menu est juste derrière moi, alors hésite pas à prendre ce que tu veux.»

Bon. L'endroit est joli, mais il se serait bien passé de cette entrée en scène un trop voyante.

«Bonjour.»

Il s'avance un peu, scrutant par la même occasion le tableau noir qui trône derrière le comptoir. Sans trop réfléchir, il annonce sa commande qui, vu les prix pratiqués par l'établissement, ne devrait pas le ruiner tant que ça pour un petit déjeuner.

«Dans ce cas, un croissant et un jus de pomme maison, s'il vous plait.»

«Très bien ! Installe-toi où tu veux, je t'amène ça.»


Le brun ne se fait pas prier. Il s'installe à une table de deux, les plus petites, et ce pas trop loin du comptoir, mais pas trop près des clients non plus. Il n'a même pas le temps de sortir son téléphone que, comme une fusée, le barman s'approche avec sa commande et la dépose sur la table, plus petit supplément.

«Ton croissant, ton jus de pomme maison ET ton Monorpale Pâle. Si tu connais pas, c'est le journal régional qu'un petit club aime publier quotidiennement. Il est offert aux nouveaux clients mais, entre nous, il est tellement peu cher que ça revient au même.»

En même temps, il ne va pas dire que le produit de ses collaborateurs est hors de prix. Quand même satisfait, James atteste d'une politesse et commence à profiter de son petite déjeuner. Affamé, il entame les hostilités avec une bouchée de son croissant, à la fois croustillant à l'extérieur, moelleux à l'intérieur et chaud sans être brûlant.

Il déglutit. Ces gens sont des génies.

Entre deux morsures, quelques syllabes lui titillent l'oreille. A gauche, deux hommes sont accoudés au comptoir et discutent de tout et de rien, sûrement des habitués. Moins banal, ils ont l'air de parler d'une affaire de police non-résolue, sûrement un des faits divers de la région. Rien de mieux pour apprécier son déjeuner, en gros.

«Ouais. C'est arrivé à ma nièce aussi. Son gloupti est toujours introuvable, et pourtant dieu sait qu'il était voyant.»

«Si ça continue, on pourra même plus laisser les enfants sortir avec leur pokémon. Y'a vraiment plus de saisons.»

Trop concentré sur la discussion, James en oublie de regarder ailleurs.



Re: Code 38 — feat Troy
Mar 7 Juin 2016 - 0:27
Région d'origine : Kanto
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Troy O'Bowen

Troy O'Bowen
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Troy s'installa à la table du gamin.

Hey. Tu ne m'as pas dit ton nom, la dernière fois.

Pour une première approche, ce fut réussi. Certes, le cerveau de l'ainé O'Bowen accouchait en permanence de nouveaux versets pour la bible de la Parlotte, mais cette dernière pierre à l'édifice venait de se trouver une place sur la pierre tombale de l'homme en guise d'héritage laissé à l'humanité.

Déjà deux jours qu'il crapahutait dans les rues malfamées de Méridian. Le Moyen-Âge a beau faire mouiller les rôlistes qui fuient leur incompétence à la recherche de raccourcis vers la force, la beauté ou le savoir, Troy préférait le confort de son monde. Après tout, le taux de mortalité de l'époque avait autant de saveur qu'un plat sans épice. La faute a une hygiène inexistante qui fauchait les âmes du peuple par centaines – l'injustice en personne. Et, dans certains coins de la ville, l'hommage à cette ère d'ignorance extrême transcendait la réalité, comme dans cette taverne par exemple, dont l'urine répandue sur le mur côté ruelle poignardait les narines de Troy.

Un panneau avait attiré l'homme dans ce piège à rats atypique. Le service distribuait un journal 100% terroir aux clients, et ce pour des kopecks. Le moyen idéal pour s'informer des rumeurs locales sans éventrer son porte-feuilles, subir les propos évasifs du cador de la presse, ou maugréer des politesses obligatoires à l'oreille de foutus arracheurs de sourire.

Le « tavernier » empiéta sur les semelles de Troy O'Bowen.

La même chose que le gamin, je vous prie.
Je vous donne ça tout de suite, mon bon monsieur !

Troy fit mine de dissimuler sa gêne tandis que son agresseur le quitta.

Ne fais pas attention à moi. Je suis invisible.

Le serveur revint avec un croissant et un jus de pomme. Du jus, vraiment ? Le policier jeta un œil du côté des prix, et tendit des pokédollars à son ennemi.

Troy se débarrassa du superflu ; son nouveau copain de toujours se vit gratifié d'un verre perlant de fraicheur. L'homme s'empiffra de la moitié du croissant puis s'attaqua aux gros titres du papelard, l’œil vif. Au programme : une vieille dame qui lance une collecte de fonds pour goudronner les routes ; un justicier masqué donnant des friandises à des gamins en échange de leur bon comportement ; la disparition de pokémons signalée dans plusieurs foyers.

~ Nous sommes de retour, pour vous jouer un mauvais tour... ~, chantonna Troy avant d'abaisser son journal à hauteur d'yeux, rivés sur le gamin. Désolé. Ça va, toi ? Ton croissant est-il assez croustillant et moelleux à tes yeux ?

Le frère O'Bowen se cacha derrière son journal en un tour de main. Il reprit aussitôt sa lecture, feuilletant les pages jusqu'à celle du rapt des pokémons.

~ La Team Rocket, plus rapide que la lumière... ~ Putain. Je hais ces types.

Troy posa son journal grand ouvert. La photographie d'un Gloupti dans les bras de sa dresseuse trop choupinette trônait en plein cœur de l'article.

Au fait. Je te dois un pain à la viande. Tu n'y échapperas pas.

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Re: Code 38 — feat Troy
Mar 7 Juin 2016 - 19:48
Région d'origine : Mhyone
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller
«C'est James.»

L'homme identifié, le brun a répondu du tac-au-tac : à question simple réponse simple, c'est quand même la moindre des choses que de donner son nom à la deuxième entrevue. En soi, il n'aurait jamais imaginé recroiser le gaillard des lumivoles, vu la taille de Nox Illum et du nombre de bonhommes qui ont jonché le festival.

Et pourtant ! Le voilà qui l'aborde l'air de rien en plein Méridian, un peu comme si se retrouver relevait d'une irréfragable logique.

Le gars commande, à son aise, et s'installe près du brun sans se faire prier. Ok. Il est de bonne humeur, et peut-être à même de supporter un spécimen de type Troy pour la matinée. James s'enfonce dans son siège, désormais totalement détaché de la conversation des deux habitués. Il n'aurait pas dis non à davantage de détails croustillants mais, vu le comportement de son interlocuteur, toute l'affaire est imprimée dans le journal.

Il termine son croissant et avale une gorgée de jus.

«Il l'était, oui. Quant au pain, ceux-la ne ressortent qu'à l'occasion des grands festivals. A vos risques et périls.»

Le garçon étale son propre journal de son côté de la table, franchement décidé à en apprendre plus sur cet épisode digne d'un bon roman. Voilà deux semaines qu'il n'a pas pu toucher aux forums, et les mini-enquêtes qui y étaient postées commencent à lui manquer. Pour lui, il n'y a pas de meilleur exercice que de se triturer les méninges.

«Des pokémons d'enfants qui disparaissent les uns après les autres.. Pas de coupables, la police stagne..»

Il aurait bien insisté sur la blague de l'autre fois, mais mieux vaut éviter de reproduire les mêmes erreurs. Troy a l'air d'être patient, du moins en apparence, et ça serait néfaste d'abuser de sa miséricorde.

«Ça serait amusant de suivre la piste.»

Il a parlé trop vite. Le brun avale une gorgée de jus de pomme, pas très disposé à en dire plus sur ses passions.

«Et sinon, votre quête du meilleur dresseur ?»



Re: Code 38 — feat Troy
Mar 7 Juin 2016 - 23:36
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Troy O'Bowen

Troy O'Bowen
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Troy s'arma d'une cigarette, l'embrasa, la cala entre ses lèvres. Il secoua l'allumette encore chaude pour étouffer la flamme et l'abandonna sur la table.

Des pokémons d'enfants qui disparaissent les uns après les autres... Pas de coupables, la police stagne... Ça serait amusant de suivre la piste.
On s'improvise détective privé ? Tu n'as pas l'air du genre de type qui risque son petit confort pour sauver l'opprimé. Tu as perdu un pari ?

Il souffla un peu de fumée sur le côté, transvida le jus de pomme à moitié vide de James dans l'autre, à ras bord, puis y tapota sa cigarette. Des cendres barbotèrent dans le fond de liquide, créant une couche grisâtre à sa surface.

Et sinon, votre quête du meilleur dresseur ?
Déjà achevée. Je suis le meilleur dresseur.

Troy s'affala sur sa chaise, passa son bras par-dessus le dossier, promena son regard dans la taverne. Une serveuse en robe d'époque se pencha vers une table ; son fessier rebondi sublima ses atours. L'ainé O'Bowen sourit en coin.

Blague à part, le Maître n'a toujours pas refait surface. J'ai quelques pistes mais... Oui. J'ai l'âme d'un enquêteur, si tu te le demandes. Je ne peux te partager qu'un seul détail : le champion des champions trempait dans des affaires louches. Mais de là à faire le lien avec cette disparition de pokémons...

L'homme retourna son journal, tapota la photographie du Gloupti de l'index.

Écoute. Ce machin n'a aucune valeur. Son espèce difforme n'attirerait aucune paire d'yeux en état, et encore moins ceux des jurés des concours. Une forme physique exemplaire pour servir de main d’œuvre ? Non. Un talent particulier qu'il sort de sa botte ? Non. Un corps de rêve pour les détraqués sexuels en manque d'humanité ? Non. Le voleur, car aucune organisation criminelle digne de ce nom ne se cacherait à Méridian, a commis cette série de kidnappings pour se venger. Je mise sur une connaissance des gamins ayant demandé aux bras d'un adulte de l'aider – un grand frère sans scrupule, par exemple. Il y en a toujours un dans une famille. Toujours.

Troy tira une énième fois sur sa cigarette, un sourire narquois aux lèvres. Il empoigna sa moitié de croissant et lui arracha la tête d'un coup de crocs.

Excellent, ce croissant.

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Re: Code 38 — feat Troy
Mer 8 Juin 2016 - 0:12
Région d'origine : Mhyone
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller
Il hausse un sourcil. Le garçon, avec une voix plus monotone que la couleur grise elle-même, se révolte à la pointe d'une réplique cinglante inventée sur le tas.

«Petit confort ? Il m'arrive de ne pas utiliser de balais pour chasser un mimigal. Et même parfois d'aller jusqu'à la mairie pour récupérer mon courrier.»

Il croise les bras.

«Par contre, pour sauver les fesses de quelqu'un d'autre ? Attendez. Laissez-moi rire.»

Il mime un rire, très court, très douloureux, et surtout très faux. Ça serait le monde à l'envers que lui, le solitaire par excellence, se mette à œuvrer pour la veuve et l'orphelin, et ce pour une raison bateau comme l'ordre public ou le bonheur des innocents. Ça serait drôle, bidonnant même, étant donné que la majeure partie de ces déchus est coupable de sa propre façon d'être, et que d'une manière ou d'une autre, neuf individu sur dix n'a que ce qu'il mérite quand un malheur lui tombe sur la tête. A ça, on lui répondrait que ce ne sont que des enfants, qu'ils n'ont pu commettre de crime de par leur jeune âge.

Sauf que les gamins, ce sont les pires.

«Tant mieux, alors.»

Plus réfléchi que prévu, Troy se lance dans une première analyse des cas, à laquelle le brun répond par une attention toute particulière et d'une rapide recherche internet. La conclusion amenée avec brio, le garçon ne peut qu'approuver la solidité du raisonnement, mais s'autorise toutefois à apporter sa pierre à l'édifice. C'est triste, mais qu'importe le point de vue qu'on adopte dans l'affaire, l'idée est fausse.

«Regardez.» Il montre son portable. «Des petits malins de l'emblème ont posté des chiffres : trente-six disparitions de pokémons, appartenant pour la plupart à des enfants. Je n'ai pas d'amis pour en témoigner, mais pourquoi un gamin voudrait se venger d'un nombre aussi important de ses camarades ? C'est irrationnel.»

Sans une once de fierté, c'est plus par intérêt que le brun s'avance sur l'enquête. Débattre, contredire et développer : c'est le fil rouge d'une affaire, tout ce qu'il y a de plus excitant dans une série policière. Et si il parvient à convaincre Troy, il y a moyen qu'il soit au cœur de tout ça.

«Moi, je pense qu'il y a trop de zones d'ombre pour s'avancer sur le sujet. On ne connait pas le mobile, ni le lien entre les victimes de vol, d'ailleurs. C'est par là qu'il faudrait commencer.»

Il glisse son doigt contre l'écran pour faire défiler le message.

«Et j'ai une piste. Toutes les victimes sont sous protection de la police, donc pour les interroger, on peut oublier. Par contre..» Il désigne la fin du message. «La dernière victime n'a pas été rendue publique.»

A l'extrémité du message, un nom et un pseudo : Kimberley Fairmier, alias Kimberley du 38, aurait en outre été victime du vol de son pikachu, le soir du six juin aux alentours de vingt heures. Elle aurait déclaré un appel à l'aide sur les réseaux sociaux, implorant de «sauver son choupidou» avant qu'il ne soit trop tard.



Re: Code 38 — feat Troy
Mer 8 Juin 2016 - 1:55
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Troy O'Bowen

Troy O'Bowen
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Trente-six disparitions en quelques semaines. Le voleur avait-il poussé sa vengeance personnelle jusqu'au bord de la colline ? ou Troy s'était-il brûlé les ailes devant la prétendue innocence de la région ?

Méridian, capitale du crime. Ridicule, mais le plus grand bluff du Mauvais est de faire croire aux gens qu'Il n'existe pas, après tout.

Du haut de ses vingt-huit pommes – pourries jusqu'au trognon pour la moitié d'entre elles –, Troy avait déjà côtoyé ces associations de malfaiteurs dont les bénéfices atteignaient les six chiffres à la semaine. Les fantômes du passé le tourmentaient encore à ce jour, mais ce n'était pas pour le déplaire.

Une enquête en bonne et due forme, donc ? Ça me plaît.

Troy ôta sa veste, la déposa sur le dossier de sa chaise. Il déboutonna les manches de sa chemise, les retroussèrent jusqu'aux coudes. Balança son mégot dans le fond de jus de pomme cendreux, se pencha vers James.

Le gamin pointa l'écran de son téléphone de l'index ; l'ainé O'Bowen le suivit du regard. « Kimberley Fairmier, alias Kimberley du 38 ». Voici l'unique victime que le duo branlant pouvait revendiquer. La police avait déjà kidnappé les lèvres des trente-cinq autres afin de garantir le retour de leurs pokémons adorés, avalant leurs témoignages jusqu'à plus soif. Troy aurait pu demander un service à son contact des forces de l'ordre de Méridian, mais l'ampleur du dossier faisait pale figure comparé au risque d'ébranler la discrétion de leur alliance contre la corruption du gouvernement de Mhyone.

Et puis, ce n'est pas comme si Troy ne connaissait aucun moyen direct de contacter @NekoKimberley. Encore une fois, il rebondit sur l'une de ses erreurs – et pas n'importe laquelle – pour contourner un obstacle trop contraignant.

Je lui donne rendez-vous près de la place de la fontaine.

Troy rédigea la demande en moins de 144 caractères. S'il en avait la possibilité, et surtout les moyens, il aurait vidé tout un jerricane d'eau bénite pour se nettoyer les yeux. Le droit de converser avec la reine de la toile s'octroie à un prix douloureux : éventrer son éthique de la gorge au nombril.

Je ne suis pas un pédophile. Seulement un dresseur borné qui ne crache sur aucune méthode pour dénicher des informations sur la disparition du Maître.

Il montra le message au gamin pour qu'il en prenne de la graine. Ou plutôt, qu'il appréhende la balafre incrustée dans son esprit à cause de ce sacrifice.

« hey @NekoKimberley, comment ça se fait que t'aies plus ton pikachu ? il était tout mignon... :-( j'ai RT tes photos tout à l'heure, mes yeux ils pleuraient tellement qu'il était rigolo avec ses pattes en trèfle ! lol ».

Troy fait glisser son doigt pour faire défiler le message.

« d'un sens, ils sont trop nuls les poulets, ça fait hyper longtemps et ils sont même pas capables de trouver le coupable grrrr >:-(... tu sais quoi, faut qu'on le trouve nous-mêmes, parce que c'est trop pas cool de voler des pokémons !!! :'( :'( même qu'on peut poser des questions aux gens et tout ... :3 en plus tu seras trop une star si on y arrive ! wow ! tu le mérites trop en plus »

Une icône d'enveloppe s'arrima dans le bord supérieur droit de l'interface. Troy actualisa l'onglet « messagerie » de la page du réseau social de la région.

Il pouffa de rire.

— « C'est trop vrai ça, les poulets connaissent pas les bails... mon pikachu est trop kawaii :'( je veux le tenir dans mes bras mais je peux pas ! la vie est trop triste sans lui... lol... mais toi tu me comprends trop ! j'arrive avqjp »

Devant l'incompréhension de James, le policier s'obligea d'intervenir.

C'est un acronyme pour « aussi vite que je peux ». Pour briller dans ce boulot, il faut avoir les mains sales. Il faut les tremper dans la merde et dans le sang. Dommage pour cette ville, les autorités semblent privilégier leur petit confort au détriment de la justice. Mais nous sommes là, pas vrai ?

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Re: Code 38 — feat Troy
Mer 8 Juin 2016 - 20:00
Région d'origine : Mhyone
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller
Ouah.

Le brun jongle du message au visage de Troy. Plus que du dépit, il ressent une once de pitié, l'espoir que, dans un avenir proche, une entité supérieure vienne délivrer le monde de ce fléau qui l'accable. L'approche n'a pas eu l'effet escompté, mais plutôt un double-impact : d'une part, ils pourront bientôt rencontrer Kimberley pour en apprendre plus sur l'affaire, et d'un autre côté, James lutte maintenant contre son pesant désir d'éteindre son téléphone à tout jamais.

Et encore. Il plaint l'adulte.

«Les mains sales ? Je pourrais plonger sur un miasmax que je me sentirais plus propre que ça.»

Mais l'enquête continue. Le garçon lâche un profond soupir. Il referme le journal sur la table, aligne les deux verres vides près du bord et, sans trop se presser, rassemble ses affaires. Si la tactique de Troy est correcte, et il n'y a pas de raison qu'elle échoue, ils n'ont plus qu'à aller rencontrer la chose concernée près de la place.

«Ne perdons pas de temps.»

Le garçon se lève.

«Hey ! Bonne journée à vous deux, n'hésitez pas à repasser !»

«Bonne journée.»

Certainement qu'il repassera. Il a tout de suite accroché à l'atmosphère du lieu, et la qualité des produits n'était pas à sous-estimer. Sur le coup, son passage a été plus mouvementé que prévu, mais ça n'a en rien terni l'image qu'il avait de l'établissement. Au contraire, il profitera de l'ambiance à sa prochaine étape. Et puis ces croissants !

Le duo se plante sous la devanture. Pas d'hésitation. James dirige son camarade vers le dédale de ruelles qui, si bien emprunté, permet de se rendre à la place de la fontaine sans trop d'encombres. Par chance, les rues sont assez différentes les unes des autres, et ce n'est pas la première fois qu'il passe dans les environs : après une bonne dizaine de minutes à marcher sur les chemins pavés, ils arrivent enfin sur le lieu de rencontre.

Le garçon balaye l'endroit du regard.

«Elle n'est pas encore là, on dirait.»

Il se tourne vers son partenaire.

«Je vous laisse lui parler, vous avez l'air à l'aise avec ces gens-la. Je vais prendre des notes sur mon téléphone.»



Re: Code 38 — feat Troy
Mer 8 Juin 2016 - 21:38
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Troy O'Bowen

Troy O'Bowen
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Troy récupéra sa veste de costume et la porta sur son épaule. Il rangea son portable et embarqua le journal avec lui, roulé dans sa paume. Le tavernier lui adressa un adieu chaleureux, mais l'homme se contenta de marcher dans l'ombre de son confrère pour rejoindre la route pavée.

Ils crapahutèrent dans les rues de Méridian en direction de la place de la fontaine. L'endroit jurait avec la cohérence relative des lieux, au sein d'artères sinueuses dont les embranchements composaient un dédale à l'arrière-goût de similitude. Troy suivit les indications du gamin jusqu'à destination.

Elle n'est pas encore là, on dirait. Je vous laisse lui parler, vous avez l'air à l'aise avec ces gens-là. Je vais prendre des notes sur mon téléphone.
Je ne suis à l'aise avec personne. Par chance, je n'ai pas besoin de préserver l'illusion plus longtemps. Kimberley a beau avoir la jugeote d'une huitre sans perle, elle ne se laissera pas berner par un gars louche aux SMS excentriques. Ne t'inquiète pas, j'ai une idée. Fais-moi confiance.

La silhouette de la reine du pokéweb se dessina à l'embouchure d'une ruelle. Une jolie jupe rose bonbon virevoltait au gré du vent, les coutures rouges de sa petite culotte s'autorisant des passages éclairs vers l'indécence. Elle reconnut le visage de Troy et s'empressa de le rejoindre d'un pas sautillant, comme si elle marchait sur un parterre de braises incandescentes. Le profil de la fille affichait seize ans, mais son comportement en criait dix.

C'est toi @Troy_Kanto ? T'es encore plus cool que sur tes photos lol !
Hey.

Troy tira une cigarette de son chapeau magique et l'embrasa à coups de poudre de perlimpinpin. Il renfonça son paquet dans la poche de sa veste, qu'il délaissa sur un bord sec de la fontaine. Un feu d'artifice éclata dans les yeux de la fille ; ses hanches, tremblantes, semblaient désirer le grand final.

Content de te voir, Kim. Ça ne te dérange pas que je t'appelle comme ça ?

Un rictus carnassier pulvérisa l'innocence de l'homme d'une boule de bowling dans les parties génitales. Trop louche. Trop flippant. Il se ravisa sur la formule « sourire narquois + yeux plissés » à volonté, le midi uniquement.

Kimberley papillonna des cils, humecta ses lèvres pulpeuses, gonfla son buste pour feinter l'âge mûr qu'elle n'avait pas encore atteint.

Faut qu'on fasse un selfie ensemble !

Elle s'empressa d'armer le chien de son portable. Le tic nerveux de Troy, caché dans les rides de son œil gauche, apparut à l'écran. La bouche en cul de poule de @NekoKimberley l'accompagnait et, prise en étau entre ces deux extrêmes, la demi-silhouette d'un pokémon rare et sauvage nommé James fut capturée.

Vous m'avez trop eue en fait ! Je vais le retweet à mes copines, elles vont être genre... trooooooop jalouses quoi.

Elle tapota sur son clavier à une vitesse folle. Ses doigts se multiplièrent, dignes des pattes d'une tarentule dactylographe naviguant sur la toile.

Désolé de ne t'avoir rien dit, mais j'avais besoin de te parler seul à seul. Je suis détective privé. Lui, c'est l'apprenti dont l'imagination viciée transcende « mes » messages privés, dit-il en désignant James du pouce. On attaque l'affaire incognito pour éviter le flair paranoïaque de la police, et l'omniprésence des responsables dans le pokéweb. Un informateur prétend qu'ils utilisent les réseaux sociaux pour sélectionner leurs cibles, et qu'ils n'hésitent pas à hacker certains comptes pour étendre leur influence.
Mon compte a été piraté ?!

Elle se rua sur la page de son profil, des yeux de hibou en ligne de front.

Non... James a vérifié tes fenêtres de connexion, et rien ne lui a parut anormal, rassura Troy en virant l'excroissance cendreuse du bout de sa clope. Nous t'avons demandé de venir ici pour répondre à des questions. Je savais que tu étais assez intelligente pour nous filer un coup de main. Tu es assez intelligente, pas vrai ?
Neko-ouiiiiiii !
...
Pardon.

Troy se retourna vers son collègue, la promesse d'une caresse sarcastique sur le bout de la langue.

Pas de doute, on a bien la championne du partage devant nous.
Merciiiii !
Tu le mérites, Kim. Mais, tu sais, j'ai besoin de tes souvenirs en retour. Raconte-nous l'accident en détails. Décris-nous le faciès des voleurs de poule qui t'ont agressé. Chaque détail pèsera sur la balance ; et dans les plus anodins pourrait se cacher la clé du salut, ou de la vengeance de trente-cinq pokémons. Aide-nous, Kim. Je m'en voudrais vraiment si ton pikachu se faisait…

Troy enfila une paire de lunettes de soleil venue de nulle part.

… pikashooter.

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Re: Code 38 — feat Troy
Jeu 9 Juin 2016 - 16:56
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Nathaniel Miller

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Non.

Le mot se répète comme un cantique dans l'esprit du garçon. Si sa détresse n'a d'égal qu'un naufragé en plein banc de carvanha, son dépit lui, a atteint un extrême qu'il ne pensait pas possible d'effleurer en une vie. Mais la patience est une vertu. C'est même la plus belle des vertus, une qualité sans égale, un hymne à son amour propre, ou même un ange-gardien contre les tirs perdus de draco-rage. Combien de vies ont été sauvées par le sang-froid des plus imperturbables ?

Mais bon. Le dommage corporel est un délit.

James regarde la chose, fin prêt à noter le flot amer. Nulle complaisance pour les individus de son espèce, car entre le terrible friendzone et son comportement infernal, il n'y a plus une once d'espoir pour ce triste spécimen.

«Oui, alors, alors..» Elle fait mine de réfléchir. Le brun craint une mort cérébrale imminente. «Donc déjà, avant de rentrer à la maison, j'étais au lac avec une bestah. On s'enjaillait bien, et tout et tout..»

Certaines personnes veulent juste voir le monde brûler.

«Et puis j'ai pris des photos trop kawaii de pikachu. Genre, regardez, sérieusement, il est pas trop chou ? Je lui avais mis deux petites noeuds roses dans les oreilles, trop un top-modèle lol.»

Elle montre l'image. Le garçon baisse immédiatement le regard vers son téléphone, par peur d'y perdre un œil ou deux. Il note les quelques détails intéressants même si, pour l'instant, rien de transcendant n'a été évoqué.

«Et puis on est rentrés vers, euh. Vingt-heure ? Je postais mes photos en chemin et puis, quand je me suis retournée, POUF ! Choupidou était plus là, le pauvre choupimimi..»

James hausse un sourcil.

«Et tu n'as rien vu ?»

«Euh, si ! Il y avait un petit chiffon tout rose et tout mignon par terre.» Elle regarde le brun, pas convaincu. «Pas à moi ptdr, je l'ai récupéré si vous voulez, j'avais prévu de le mettre à la poubelle.»

Elle jette les pièces à conviction ? Ok. La gamine sort son chiffon de son sac, et le place dans les mains de Troy, attestant d'un petit sourire dégueulasse qui occasionne une profonde envie de vomir chez son partenaire.

«Fin voilà, c'est tout ce que je sais.»

Il se tourne vers l'adulte.



Re: Code 38 — feat Troy
Sam 11 Juin 2016 - 21:59
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Troy O'Bowen

Troy O'Bowen
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La reine-araignée sortit le « petit chiffon tout rose et tout mignon » de sa poche. De la dentelle de qualité, récupérée à même le sol, condamnée à la poubelle du coin de rue par la clairvoyance de sa majesté Cruche IV de Médimbécile. Des motifs symétriques se répétaient sur la toile/filet de pêche.

Du bel ouvrage, s'autorisa Troy d'un air connaisseur – une blague éhontée.

Il l'examina de plus près, frotta le tissu, palpa les fines mailles. Il chercha une signature, quelque chose, mais la pièce à conviction ne daigna pas vendre l'identité de son propriétaire au premier inconnu sur sa route.

Une femme aurait acheté la version « mariage ». Le rose appartient aux gamines prépubères ; ou aux bourgeois virils de l'Ancien Régime. Désolé, Kim, ça m'a échappé des lèvres. Tu portes très bien ce rose.
Han mais tu m'as trop clashé quoi ! Je ne vois plus le respect lol !

Troy photographia le chiffon en dentelles sous toutes les coutures – littéralement, ou presque. Il plia le chiffon en quatre, le confia au wannabee enquêteur, et soutint le regard perdu de Kim.

Tu n'aurais pas une amie qui s'habille en princesse, par hasard ?
Ben, avec les copines, on fait partie d'un groupe top secret, genre, trop secret comme la Team Rocket quoi, mais tu peux pas venir car c'est seulement pour les giiiiiiirlz ! Nos vieux appellent ça des « soirées pyjamas » mais, genre, c'est quoi ce truc des années 50 ? Allô ? Vous avez hypothéqué votre goût ? Lol, comment je viens de les casser sans le vouloir ! Je vais TROP le partager !

Kimberley asséna une pluie de phalanges sur les touches de son portable. Il couina dans un éventail de tonalités loufoques, personnalisées en toute connaissance de cause, et ce pour coller au personnage.

Des idées, James ? J'ai les pseudonymes de ses amies, dit-il en désignant la fille du menton. Ces abruties ont laissé leurs adresses sur le net. C'est quoi, la prochaine étape ? Poster des images d'elles à moitiés nues ?

Il défila la page de son index, écarquilla les yeux, réprima un relent acide.

Oh bordel...

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Re: Code 38 — feat Troy
Mar 14 Juin 2016 - 21:53
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Nathaniel Miller

Nathaniel Miller
«Ça m'étonnerait qu'elles aient quelque chose à voir avec tout ça.»

Kimberley l'aurait su. Elle est quand même pas assez stupide pour ne pas reconnaître les vêtements de ses sacro-saintes copines. Le brun se frotte le menton. Le chiffon est un indice, et de taille qui plus est, mais il reste inutile avec le peu d'informations dont ils disposent. Le mieux, ça serait de trouver une personne un peu calée sur la région, quelqu'un qui, par ses connaissances diverses et variées, pourrait identifier l'origine de la pièce à conviction.

«...»

La mairie, ça serait trop suspect, mais l'office de tourisme ? Les gens sont sûrement moins suspicieux là-bas, et peut-être même mieux renseignés sur les environs. Le garçon commence à malaxer une de ses mèches, engouffré dans ses songes. Peu importe ce qu'il s'imagine, il n'arrive pas à faire ne serait-ce qu'un début de lien entre les éléments.

C'est frustrant.

«Je propose d'aller à l'office de tourisme.» Il montre le bout de tissu. «C'est tout ce que nous avons pour l'instant.»

Avis favorables, et plus de temps à perdre. Dos aux ruelles, ils longent la fontaine et se dirigent droit vers l'allée principale. De là, ils marchent un moment, puis tournent à l'angle pour se retrouver face à trois grands bâtiments : le commissariat, la mairie et l'office du tourisme et de la culture. Le garçon jette un bref coup d’œil à Kimberley qui, moins discrète qu'un Wailord, s'agite dans tous les sens sous la pression.

«Hey mais trop super agent quoi. Omg faut que je mette à jour mon statut, genre j'ai commencé à travailler chez les services secrets.»

Il craque.

«Kimberley ?»

«Neko ?»

Il réprime un uppercut.

«Tu peux aller faire ta déposition au commissariat ? On s'occupe de tout.»

«C'est chimique comme vous assurez ! C'est trop la hype dans ma galaxie lol. J'arrive, partez surtout pas sans moi parce que ça se ferait genre trop pas quoi.»

«Promis.»

James souffle un bon coup. L'orage est passé, et il ne reviendra pas. Une promesse ? En à peine une demi-heure, toute sa politique sur le mensonge s'est éclipsée en un claquement de doigt, et c'est sans le moindre regret qu'il compte planter Kimberley sur place. Une bonne fois pour toutes.

Le garçon se tourne vers son partenaire. Un petit hochement de tête comme signal, et ils entrent chacun leur tour dans l'office. L'établissement n'a rien de bien original : des bureaux, des brochures, encore des bureaux, et Ô surprise, encore des brochures. Pas dépaysé pour un sou, le brun s'approche du comptoir avec le bout de chiffon en main.

Au moins, c'est vide de monde.

«Je peux vous aider ?»

Il mime une quinte de toux.

«Si possible. D'où est-ce que ça vient ?»

Pas de détour. Pourquoi s'encombrer avec une histoire à dormir debout quand on peut poser la question directement ? Réponse simple : car les gens ne sont pas dupes, et que la plupart ont la fâcheuse tendance de se mêler de ce qui ne les regarde pas.

«Eh bien..» La fonctionnaire force un sourire. «Pour quoi donc?»

Un peu comme cette grognasse.

«J'ai une petite sœur qui est A-BSO-LU-MENT fan des coutures comme ça. Si je pouvais connaître l'acheteuse, je pourrais peut-être négocier des informations sur la provenance. Comprenez, ça lui ferait tellement plaisir.»

Dieu qu'il se sent sale.

«Oh.. Vous êtes du genre attentionné, comme grand-frère. J'aurai aimé en avoir comme ça, le mien est un jour parti sur les routes, et puis on ne l'a plus jamais revu.»

«Ah.»

Plus que tapoter, la dame martèle littéralement son clavier. A chaque touche enfoncée, on peut sentir des kilogrammes de sel et de haine entremêlés qui se diluent dans l'air. En gros, elle a des comptes à régler avec son frangin.

Dommage que James n'en ai rien à faire.

«Tiens. C'est marrant, c'est du tissu de maid.»

«De maid ?»

«Oui. De servante, quoi. C'est la dentelle qui se place sur la tête.»

Le garçon regarde son partenaire, un peu décontenancé. Certes il y a un petit air de ressemblance, mais une servante n'a, à priori, rien à faire dans toute cette histoire.

«D'accord. Vous savez si quelqu'un emploie des maids dans la région ?»

«Moi, non, mais mon manager est calé en bonnes familles. Il est à la bibliothèque, si vous voulez.»

Le brun interroge Troy du regard.



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