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► #4 — Lueurs du Passé | [RP Normal — feat. Estelle]
► #4 — Lueurs du Passé | [RP Normal — feat. Estelle]
Ven 19 Aoû 2016 - 18:43
Région d'origine : Sinnoh
Messages : 92

Allen Wills

Allen Wills
QUAIS, PORT-LILAS ★ 16H49

Allen prend ses responsabilités de président et reste avec l'équipage de l'Ephémère pour s'occuper et rassurer les passagers du bateau.
★ FIRST POST ★

La main contre le cœur, les yeux fermés, la posture droite mais légèrement inclinée vers l'avant, je présente humblement mes excuses aux passagers qui passent devant moi. Certains s'arrêtent pour me remercier, d'autres me prennent quelques fois par le col et m'accusent d'avoir laissé une telle chose leur arriver. Je retiens mes gardes du corps d'agir, ces victimes ont le droit d'être énervées. Quelques employés ont essayé de s'approcher de moi, mais mon regard perçant et hors de contrôle les en a dissuadés.

Je repense à tout ce qui s'est passé. Mon incompétence me frappe en plein cœur, je n'ai pu aider que deux personnes : ma guide et ma meilleure amie. Tu parles d'un président. Si seulement j'avais pu choisi d'appeler mon Onix, peut-être que les choses auraient tourner différemment. Non, ça aurait été trop dangereux. De toute façon, ce qui est fait est fait, il faut prendre des mesures de telle sorte à annihiler les possibilités d'une réitération de ce style.

▬ "Monsieur Wills. Voici la liste des personnes blessées. Certaines d'entre elles se trouvent encore sur le quai."

▬ "Bien. Je m'en occupe sur le champ."

Je récupère la liste des mains du secrétaire, normalement Théodora ne m'aurait même pas laissé connaître l'existence d'un tel document. Agir soi-même sur le terrain va me servir d'expérience. D'un pas pressé, je me rends aux côtés des victimes, mais je me fais intercepter par un homme à grande stature, que j'ai déjà rencontré quelques heures plus tôt. Le Capitaine du bateau. Il se place devant moi, cela signifie qu'il a quelque chose à me dire, mais surtout, que je n'ai pas à me rendre auprès des victimes. L'expression dure et neutre, il a l'air d'avoir pris sa décision.

▬ "Capitaine."

▬ "Monsieur le Président. Je sais ce que vous ressentez, mais c'est à nous que revient la tâche de nous occuper des passagers. Ayez confiance en vos employés, ayez confiance en mon équipage."

▬ "..."

▬ "Vous êtes la réplique parfaite de votre grand-père. Sensible et vertueux, mais ferme et décidé. J'ai l'impression de revivre une scène du passé."

Sur ces mots, il se rapproche suffisamment de moi pour poser sa main sur mon épaule, pour me glisser un "Accroche-toi petit, ce n'est que le début, sois fort et prends les bonnes décisions." inaudible aux autres. Il me laisse là et retourne auprès de son équipage. Cette frustration me fait froisser la liste que j'ai en main, je sais pertinemment qu'il a raison. Mon grand-père a vécu ce genre de situation donc, c'est une première pour moi, mais ça me donne matière à réfléchir.

Il y a des choses que seul l'équipage peut faire, et il y a des décisions que moi seul peut prendre. C'est le message caché derrière l'intervention du Capitaine. Encore quelques heures avant la fin de l'après-midi, tout a été pratiquement couvert. Les passagers, les blessés, la liste des réparations, ainsi que tout le reste de la logistique. Mon travail ici est terminé. Cela nous a pris beaucoup de temps, heureusement que je n'ai pas laissé les filles rester avec moi.

Avec tout ça, je me sens un peu fatigué, j'en profite pour me poser sur un banc sur le quai. La mer me regarde, les gens passent et repassent, sans le moindre souci en vue. Je les envierai presque, mais ma fierté et mon sens du devoir me confortent dans mon utilité. Hm ? Depuis deux bonnes minutes, une petite fille se tient debout devant moi, une femme - qui doit être sa mère - la regarde d'un peu plus loin. La petite s'approche et me tend une fleur. Un Lilas.

▬ "C'pour vous. Vous étiez trop cool quand les méchants ont attaqué ! Merci de nous avoir protégé !!"

Je suis sans voix. La mère se rapproche à son tour, m'expliquant que des sbires que mon Insécateur a jetés par-dessus bord s'en étaient pris à elles. Je les avais donc sauvées sans même le savoir. Je récupère mes mains de la petite fille en lui offrant en retour un sourire. Elle attrape mon visage à deux mains et me laisse une bise sur le front. "Quand je serai plus grande, je me marierai avec vous !", une phrase qui m'a fait éclater de rire. Ma main posée sur sa tête, je lui rétorque un "On verra quand tu seras plus grande" ce qui lui fait gonfler les joues.

Désormais debout, je regarde les deux femmes partir paisiblement. Tout cela me donne envie de donner le meilleur de moi-même, ce n'est pas le temps de m'apitoyer sur mon sort. Je fais à peine un pas qu'au loin je constate qu'une jeune femme repousse un homme, qui ne semble pas vouloir la laisser tranquille. Normalement je ne me mêle pas de ce genre de situation, mais mon moral gonflé à bloc me pousse à réagir. Avec toute la prestance dont je peux faire preuve, je m'avance vers eux et m'interpose entre l'homme et la femme.

▬ "T'es qui toi ? Qu'est-ce qu'tu crois qu't'es en train d'faire ? HEIIN ?! Tu t'prends pour un héros c'est ça ?! Rattata !! GO !"

Un Rattata. Qu'un Pokémon soit chétif ou paraît faible n'est pas un critère de discrimination pour moi. Cela dit, je le plains de se retrouver avec un dresseur pareil. Sans trop de mouvements, je laisse rouler ma Pokéball au sol, et de celle-ci apparaît mon plus grand partenaire dans tous les sens du terme : Sylver. L'homme recule d'un pas, il n'est pas totalement stupide après tout. Le regard dédaigneux de mon Onix en dit long, il semble tout aussi frustré que moi. Les bras croisés, la tête légèrement placée sur le côté, je fixe mon "adversaire".

▬ "Disparais."

Ni une ni deux, il prend ses jambes à son cou, son Pokémon le poursuivant à pattes. Hmpf, une perte de temps. Je me retourne afin de m'assurer du bien-être de la jeune femme, mais au moment d'ouvrir la bouche, mes yeux s'écarquillent à la place. Il n'y a pas d'erreur possible. La brise marine souffle de belle, comme pour accentuer le côté dramatique de la situation. Dans ma vie, j'ai vécu peu de grands moments, mais ce sont des moments que je ne pourrai jamais oublier. Aujourd'hui, le passé vient me frapper en pleine face. Revoir Elisthel à Mhyone est un évènement auquel je m'étais plus ou moins préparer, mais je n'étais pas du tout prêt pour ça.

▬ "Es... telle ?"

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Re: ► #4 — Lueurs du Passé | [RP Normal — feat. Estelle]
Sam 20 Aoû 2016 - 18:47
Région d'origine : Unova
Messages : 197

Estelle Highwind

Estelle Highwind
Le ressac, un va et viens lent se heurtant à la côte. J'en battais la mesure, retenant un bâillement, épuisée par cette traversée interminable. Enfin je pouvais partir, m'éloigner du port et des gens que j'avais dû y aider. Certes j'étais libre de prendre congé plus tôt, mais pourquoi acquérir des connaissances en premiers soins si l'on prend la poudre d'escampette dès que possible? Traînant ma petite valise derrière moi, ses roulettes sautant d'une planche à une autre le long du quai inégal, je contemplai l'idée de libérer Beast. La solitude était aussi pesante que la fin de l'après-midi, l'astre solaire illuminant les eaux et aveuglant partiellement les passants alors que la chaleur, quant à elle, nous rappelait que l'été n'avait pas dit son dernier mot. Malgré tout je ne le fis pas, il méritait bien son repos et j'étais une grande fille pour ne pas dire une femme; je saurais m'occuper de moi-même. Tristement tous n'avaient visiblement pas la même vision des choses puisqu'un étranger décida de me barrer la route. Oh, bien sûr, il ne voulait pas mal faire, bien au contraire, mais il aurait gagné à apprendre quelques notions de respect pourtant élémentaires.

- Attendez! S'il-vous-plait, laissez-moi tirer votre bagage, vous avez été si formidable avec ces gens. Je vous paye quelque chose? Si vous n'avez pas réussi à avoir de réservation dans les hôtels du coin on peut partager ma chambre si vous voulez. Enfin, je ne veux pas vous déranger bien sûr.

Si ça ce n'était pas de l'intrusion alors je n'y connaissais plus rien. Estomaquée et, surtout, bien fatiguée, je ne su quoi répondre sur le coup, ouvrant la bouche pour mieux la refermer sans trouver d'explications. Extrêmement mal à l'aise, mon premier réflexe fut étrangement de sourire en cherchant mes mots, étant trop polie sans doute pour simplement m'indigner directement. L'autre avec son grand sourire colgate et son syndrome du gentleman interpréta ce manque de réponse comme une invitation à me retirer ma valise des mains je suppose car c'est bien ce qu'il fit devant mes yeux. Déjà il me tournait le dos, prêt à me guider en relançant la conversation comme si de rien n'était, sans se soucier d'avoir ou non mon consentement explicite. Je devais faire quelque chose pour rectifier la situation et le faire vite.

- Si c'est votre premier voyage à Terra Nova je peux vous faire visiter! Enfin, je ne propose pas ça à toutes les jeunes femmes que je rencontre, mais c'est quelque chose dans vos yeux, ils sont si... Captivants. Je suppose que l'on vous dit ça souvent? Enfin, dans tous les cas, après un événement traumatisant comme ça c'est normal d'avoir envie de compagnie, de se faire rassurer.

- Écoutez...euhm... C'est bien gentil, mais je peux me débrouiller. J'aimerais récupérer ma valise s'il-vous-plait.

Haussant un sourcil, l'inconnu me regarda par dessus son épaule avec un air complice, comme convaincu que j'étais en train de plaisanter. Pourquoi serait-ce le cas? Aucune fichue idée, mais dans sa tête le tout semblait plus que plausible en tout cas. Voyant mon air embarrassé, il avança un peu le menton vers moi, me demandant à sa façon si j'étais sérieuse. Bon sang, je n'en revenais strictement pas. J'avais déjà vécu une ou deux situations similaires à Castelia City, mais ça frôlait quand même des niveaux de surréalisme inédit dans le genre. Bien décidée je tendis donc la main en direction de mon bagage pour le lui réclamer une seconde fois, espérant qu'il saurait se montrer compréhensif et simplement laisser tomber l'affaire. Et pourtant il souriait toujours, l'air de ne pas comprendre pourquoi je "jouais les difficiles".

- Il y a un soucis? Allons, je peux au moins vous reconduire jusqu'à votre hôtel alors, on verra ensuite pour le reste. Quel est le problème, c'est un petit copain c'est ça?

Oh pitié.

- Écoutez c'est aimable de votre part, mais je n'ai pas besoin d'avoir de copain pour savoir tirer ma propre valise toute seule. Cette traversée a été aussi rude pour moi que pour n'importe qui et je n'ai pas envie de vous suivre ou d'aller manger avec vous ou quoi que ce soit du genre. Je vais simplement prendre mes trucs, aller à mon hôtel toute seule et faire peu importe ce que je vais faire, toute seule. Maintenant rendez-moi mon bagage s'il-vous-plait.

Si j'étais en droit d'espérer que ça fonctionne dans un univers parallèle ou quelque chose du genre, ce n'était malheureusement pas le cas dans ce contexte. Le scénario venait de changer du tout au tout en quelques répliques et nos rôles avec lui. Tout à coup il était devenu le bon gars qui ne faisait qu'être poli en proposant son aide d'une façon qu'il pensait tout à fait correcte et j'étais la fille coincée et un peu folle qui ne le reconnaissait pas à sa juste valeur. Soudainement toute cette situation devenait ma faute purement et simplement car j'aurais dû "partager mon désintérêt plus tôt et plus clairement". Et voici venir la suite du numéro alors qu'il haussait le ton et que je reculais d'un pas, fronçant les sourcils. L'homme avait bien une tête de plus que moi et, maintenant qu'il me paraissait sincèrement menaçant, je remarquais ses grandes mains et ses épaules larges.  Déjà rendue nerveuse par l'attaque de la Team Anima plus tôt, je n'eu pas besoin de plus pour que ma main aille se refermer directement sur la sphère bicolore contenant mon Gabite. S'il osait faire ne serait-ce qu'un pas de plus c'est avec la mâchoire de Beast qu'il allait devoir s'expliquer, plus avec moi. Fort heureusement une tierce personne décida de s'interposer à cet instant, s'attirant les foudres de l'homme au... Rattata. Sérieusement? Si je n'étais pas aussi tendue j'aurais presque pu en rire.

La suite des événements ne dépendait plus de moi alors que le second inconnu se contenta de libérer son propre Pokémon sans un mot et il n'était pas des moindres. Quand on dit que le Farfetch'ed crie plus fort que les Tauros je suppose que c'est une métaphore assez juste finalement. Il n'en fallait pas plus pour que l'homme borné revienne sur ses positions, comprenant visiblement ce langage là. Les épaules toujours aussi tendues qu'un élastique sur le point de rompre, je poussai néanmoins un soupir de soulagement en récupérant ma valise. Je ne jetai qu'un regard superficiel au blond qui avait volé à mon secours. Non pas que je ne fus pas reconnaissante, mais j'avais plus qu'hâte de pouvoir me poser quelque part et de laisser cette journée toute entière derrière moi. Je tentai de lui sourire, mais même une action aussi simple m'étais devenue laborieuse.

- Merci, je commençais à croire qu'il ne comprendrait jamais. Allez, salut.

Conclus-je en lui tournant le dos sans plus de considération, ignorant la brise qui s'intensifiait avant de s'engouffrer dans ma chevelure. Et c'est là qu'il a dit mon nom. Si j'avais marché juste un peu plus vite, si le vent avait soufflé juste un peu plus fort, si j'avais été juste un peu plus pressée je ne l'aurais sans doute même pas entendu. Sauf que sa voix a atteint mon oreille et que je me suis figée sur place, réalisant que j'étais bien plus alerte, éveillée et vivante que je ne l'avais cru une demi-seconde plus tôt. Troublée, je me retournai vers lui juste assez pour voir son visage et le jauger sans pour autant lui faire face, ma main plus serrée sur la poignée de ma valise. L'air troublé, mes grands yeux d'améthyste le dévisageaient, parcourant sa crinière d'or, son regard hébété, la fine ligne de sa mâchoire, sa carrure noble et cette prestance naturelle légèrement mise à mal par la surprise. Je devais le connaître, forcément, sans quoi...

- Comment connaissez-vous mon pré...nom...

Un battement de cil, un court moment de défaillance à l'image d'un plongeon dans la mer. Le souffle coupé, la panique alors que le sol se dérobe et que la surface est trop loin pour être atteinte, le tout jumelé à la lumière perçant la surface et à cette sensation enveloppante, chaleureuse, complète. Les mains moites, les lèvres entrouvertes, la perle de sueur qui glisse au milieu du dos, juste à côté de la colonne vertébrale. Mes doigts qui glissent, laissant mon bagage s'échouer au sol avec un bruit mat qui n'attirat pas mon attention. C'était impossible. Ce l'était presque. Je devais me tromper, forcément, ou alors non. Une envie soudaine de m'approcher, de le toucher juste du bout des doigts, me déstabilisa presque plus encore que mon épiphanie elle-même. Et pourtant je devais m'assurer de sa présence, de la réalité de cette rencontre, d'une façon ou d'une autre. C'est vocalement que je décidai de m'y prendre, retenant mon impulsion physique au dernier moment.

- ...Wills?...A... Allen...Wills?

Les mots s'étaient étouffés dans ma gorge, produisant au final un appel incertain et presque rouillé tant il était lointain. Ce nom appartenait à un autre âge, une époque révolue depuis si longtemps. Ce qui ne l'empêchait pas de se tenir tout juste là, devant moi. Voyant qu'il ne disparaissait pas, la surprise et l'incompréhension se muèrent lentement en un autre sentiment bien différent, mais pas moins inattendu. Si l'on m'avait dit que nous nous retrouverions et que je réagirais comme ça, je ne pense pas que je l'aurais cru. Néanmoins, c'est bien une pointe d'euphorie qui illumina mon visage alors qu'un sourire s'imposa sur mes traits. Les yeux brillants, je pris le temps de le regarder une seconde fois, m'émerveillant presque des changements que le temps avait apportés en sa personne. Lorsque nos regards se mêlèrent à nouveau, le mien était empli d'étoiles chaleureuses.

- Je n'en reviens pas. C'est... C'est vraiment toi, Allen?

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Re: ► #4 — Lueurs du Passé | [RP Normal — feat. Estelle]
Mer 24 Aoû 2016 - 4:38
Région d'origine : Sinnoh
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Allen Wills

Allen Wills
Le kaléidoscope qui défile devant mes yeux n'est autre que le recueil de tous les bons moments passés durant mes vacances dans la région d'Unys. Un groupe d'adolescents qui rient, s'éclatent, jouent, explorent, découvrent, vivent, s'aiment. Mais tout ça remonte à il y a maintenant cinq ans déjà. Ce passé que j'ai gravé au plus profond de mon cœur se reflète dans les yeux d'une profonde lueur violette d'Estelle. Je ne compte plus le nombre incalculable de fois que je me suis perdu dans son regard.

Nous avons tous les deux grandi, nous ne sommes plus les adolescents que nous étions autrefois. Un jeune homme, une jeune femme, nos chemins ont été tracés différemment, mais nous sommes là aujourd'hui, l'un en face de l'autre. Elle n'y croyait pas, moi non plus. Alors que mes lèvres esquissent un des sourires les plus chaleureux de ma vie, mon esprit lui travaillait encore. Si la présence d'Estelle à Mhyone est une surprise d'une envergure inimaginable pour moi, le fait qu'elle soit ici-même sur ce quai à une toute autre signification. Elle était à bord de l’Éphémère, il n'y a pas de doutes là-dessus. Vivre cette tragédie fait d'elle, comme tous les autres passagers du bateau, moi y compris, une victime de la Team Anima. Elle ne semble pas blessée, ni traumatisée au premier abord, peut-être qu'elle est restée la fille pleine de caractère qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, comme je l'ai connue. Malgré tout, je ne peux m'empêcher de penser que tout ceci aurait pu être évité si j'avais été plus vigilant, plus avenant. Mais ce n'est pas le moment pour ça.

▬ "En personne. Tu as beaucoup changé, je ne t'ai presque pas reconnue."

Comme si j'avais activé un interrupteur, je range toutes ces pensées dans un coin, tout ce qui compte réside en cette demoiselle qui se tient devant moi. Je jette machinalement un regard à ma montre, afin de prendre une décision adéquate. On n'allait tout de même pas restés debout sur ce quai pour de telles retrouvailles. La suite de mon mouvement est de regarder à ma droite, mais alors que je m'apprête à ouvrir la bouche, je m'arrête. Il n'y a personne à ma droite. Ai-je déjà pris l'habitude de compter sur Théodora dès qu'une question concernant des lieux de cette région entre en jeu ? C'en est risible, totalement. Gêné de cette action inutile, je m'affaire à regarder autour du port, histoire d'identifier un quelconque café à proximité. Par chance, il y en a bel et bien un tout près d'ici.

▬ "Que dirais-tu d'une collation ? Le sel de la mer m'a donné soif."

En bon gentleman, je tends le bras vers la direction du café, l'autre bras placé derrière mon dos. Après toutes ces années, il est difficile de croire que l'on a rien à se dire, rien à partager. Lentement mais surement, on s'assied l'un en face de l'autre, avec la mer comme compagnie. Une terrasse ouverte au gré du vent marin, sous la bienveillance d'un soleil couchant. N'aimant pas les choses amères, je me contente d'un jus de Bais Sitrus bien frais, de quoi me désaltérer avec efficacité - et parce que j'aime la Baie Sitrus surtout.

Il y a tant de choses que j'aimerai savoir, tant de questions que j'aimerai lui poser, je ne sais pas par quoi commencer. Je n'ose pas non plus. Pourquoi ? Je suis celui qui ait mis fin à notre relation, pensant que l'on ne se reverrait sans doute jamais. Un amour de jeunesse, un amour éphémère, comme cette fleur de lilas que je tiens dans ma main depuis le début. Néanmoins, je ne suis plus le garçon timide d'autrefois, j'ai beaucoup changé.

▬ "Si un jour on m'avait dit que l'on se reverrait ainsi dans une autre région, je ne l'aurais jamais cru. Je suis heureux de te revoir, Estelle."


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Re: ► #4 — Lueurs du Passé | [RP Normal — feat. Estelle]
Mer 24 Aoû 2016 - 20:46
Région d'origine : Unova
Messages : 197

Estelle Highwind

Estelle Highwind
C’est d’abord le silence qui tombe entre nous deux, court, mais également si long. Nos sourires n’ont pas besoin de mots pour exprimer notre joie, notre surprise, peut-être même un peu de notre confusion. Il y a si longtemps que nos chemins ne se sont plus croisés. Enfin, c’est peut-être un peu léger. Il y a longtemps que nos destinées se sont déchirées, partant en des directions bien différentes pour des raisons hors de notre contrôle. Rien n’est éternel, après tout, et nous l’avons appris à la dure, en un autre temps. Il y a donc quelque chose d’étrange, mais également de magnifique, à se tenir tous deux en un même endroit de nouveau, sans qu’aucune frontière ne se dresse entre nous. Malgré tout le monde, lui, n’a pas fini de tourner pour autant et le blond répond finalement à cette question qui n’en est pas vraiment une. C’est lui, en chair et en os. Bien sûr, qui d’autre après tout? Poursuivant en cette même lancée, il admet que j’ai beaucoup changé, qu’il a bien failli ne pas me reconnaître. À moi, donc, d’être un peu gênée. Je n’oserais pas l’avouer, pas devant lui en tout cas, mais c’était bien le but. Quitter l’adolescence et les souvenirs qui y sont enfermés n’est-il pas infiniment plus facile lorsque le reste change aussi? C’est toutefois une réponse bien trop crue pour être partagée, trop profonde. Il n’a pas besoin de savoir ça et il ne le veut probablement pas.

- On me le dit souvent.

Est donc la réponse facile, timide, que je lui offre. Il semble que cela soit suffisant puisque le jeune homme ne revient pas sur la question, enchaînant en tournant la tête vers la droite, se préparant manifestement à enchaîner, sans résultat. Le dialogue lui est-il si difficile? Remarque c’est bien facile à dire, je ne suis pas un modèle de conversation là maintenant. Que dire, que demander, que lui confier? Tant de choses changent en cinq ans, comment savoir ce qui intéressera l’autre et ce qui ne l’intéressera pas? Durant un instant, je commençai à me dire que c’était peut-être l’une de ces rencontres là. On croise un vieux camarade, on se demande comment on va, une petite tape sur l’épaule et chacun repart sur son chemin. La discussion semble fluide, aisée, mais le texte en fond est bien clair sans que quiconque n’ait à l’expliquer : les vieux amis sont devenus des étrangers. Était-ce notre cas? J’en avais bien l’impression jusqu’à ce qu’il me fasse une proposition inattendue. Voulais-je aller m’asseoir avec lui à une terrasse? La proposition me prend de revers, mais libère un peu mon cœur du poids amer qui commençait à y peser doucement. Au final, j’acquiesce avec cette même retenue d’adulte.

- Pourquoi pas, je meurs de soif.

Et il n’en faut pas plus pour que le quasi noble se décale en m’invitant à marcher à ses côtés. Je réprime un sourire, admirant ses manières d’une part et me disant malgré moi qu’il n’avait vraiment pas l’air naturel comme ça. Est-il comme ça en tout temps ou est-ce seulement le stress? Je sais que je suis plus droite qu’à l’habitude en tout cas, les joues un peu rosées en imaginant ce que le personnel du café pourrait bien penser notre arrivée en duo. Malgré cela je m’installe, m’assurant que ma valise ne nuise pas à la circulation des autres individus passant un moment au café. Cela fait, le silence tombe de nouveau le temps que le blond reprenne la parole, tentant de lancer une conversation dont les limites et les règles restent encore à définir. La première partie est évidente, facile. C’est comme une simple formule de politesse destinée à emporter la révélation qui suit. Il est heureux de me revoir. Bizarrement, je ne sais comment le prendre et je me sens petite sur ma chaise. Je devrais être heureuse, j’ai fait le point avec cette partie de ma vie et, même si ça n’a pas été facile au départ, je ne lui en veux plus. J’ai bien fini par comprendre que ce n’était pas sa faute, qu’il n’avait après tout jamais vécu à Unova et que sa place n’était pas là. L’expérience était devenue un petit trésor personnel et la peine qui avait suivie avait été oubliée ou, à tout le moins, voilà ce que je me disais. Jamais je n’aurais cru, après tout ce temps, que tout ceci avait compté à ce point pour moi. Jamais je n’aurais cru que, quelque part, ça comptait encore. Peut-être était-ce ça, peut-être était-ce simplement la fatigue. Peut-être était-ce la faute de cette journée surréaliste qui me faisait douter, quelque part, de l’existence de ce moment même. Toujours est-il que je suivis mon impulsion, étouffant trop en ce début de discussion bien polie, propre et vide pour être à l’aise, jus de baie ceriz ou pas. Allongeant juste assez le bras, je franchis la barrière invisible nous séparant et déposai ma main sur la sienne. Je ne la serrai pas, ne m’y appuyai pas, rien. À dire vrai, on peut presque dire que je ne faisais que l’effleurer avec la brise, mais c’était juste assez pour me faire retrouver le courage de le regarder dans les yeux et avec le sourire.

- Moi aussi, je suis vraiment contente de te voir.

Puis le retour à la réalité, retirant ma main avec le vent et réalisant ce que je venais de faire. Être entreprenante c’est bien règle générale, mais j’avais franchement peur d’en avoir trop fait pour ce coup là. Qu’est-ce qu’il m’avait prit? Enfin, ce n’était en soi pas grand-chose, ce n’est pas comme si je lui avais fait une accolade ou rien, c’était une main sur une autre. Même des enfants à la petite école trouveraient ça ridicule. Sauf que c’était la symbolique, c’était le fait de m’inviter dans son espace sans y penser à deux fois, de me permettre cette proximité que nous n’avions plus partagée en cinq ans. Nerveuse, je replaçai une mèche de cheveux derrière mon oreille en me raclant la gorge. Allen était devenu un homme du monde, juste et droit, et j’étais toujours cette jeune femme aux yeux un peu trop brillants et au cœur trop impulsif. Il valait mieux, pour moi et mon imagination bien trop fertile, de ne pas l'oublier.

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Re: ► #4 — Lueurs du Passé | [RP Normal — feat. Estelle]
Mar 13 Sep 2016 - 19:00
Région d'origine : Sinnoh
Messages : 92

Allen Wills

Allen Wills
J'ai beaucoup changé. Propre spectateur de mes souvenirs passés, ce n'est là que le triste constat auquel je suis parvenu. Triste ? Suis-je véritablement insatisfait de l'homme que je suis devenu ? Toutes ces années à appliquer tout ce que l'on m'a appris, toutes ces années à me cultiver et à m'élever face aux règles de ce monde, un dur labeur soigneusement entretenu par le biais de ma propre volonté. Je suis ce que je suis. Tout cela me parait plus philosophique qu'autre chose, pourtant, c'est une conviction inébranlable enfouie au fond de moi qui vient enterrer le débat. Je ne suis plus l'adolescent qu'Estelle a connu.

Le mouvement se veut concis et léger, hésitant et éphémère. Si autrefois il en aurait fallu bien moins pour que je vienne attraper cette main, mon cœur aujourd'hui ne sait pas, il ne sait plus. Cependant, il s'agit de nos retrouvailles après tant d'années sans que nos chemins ne se croisent ne serait-ce qu'une fois, je n'ai pas envie de gâcher ce moment si précieux. Mon expression se veut à la fois désolée et ravie, car malgré la manière et la raison de notre séparation, elle ne semble pas me porter de haine apparente. Un soulagement que je tente de masquer avec le plus de neutralité possible, mais il ne faut pas se mentir, je ne suis pas très doué pour ça.

▬ "Tu es arrivée dans la région depuis longtemps ?"

Ce changement de sujet parait brusque, forcé, mais je ne peux décemment pas laissé le silence s'installer après cette délicate approche de sa part. Cela me fait presque mal de devoir agir ainsi, mais la réalité est là, même si nous savons qui nous sommes, nous ne connaissons pas la personne qui se tient actuellement en face l'un de l'autre. Comme si tous ces bons moments, ces aventures, ces rires, ces pleurs n'existaient plus, il nous faut recommencer de zéro. C'est le sentiment que j'ai en tout cas. Ce n'est pas mon style de dramatiser autant, je n'étais clairement pas préparé à renouer avec cette partie de mon passé, de notre passé.

Il est hors de question de renier toutes ces émotions que j'ai ressenties cependant. Elles font partie de moi, elles vivent encore dans mon cœur, dans mon âme. Comme pour prouver que tout ceci n'était pas une illusion de mes sens, un préjugé de mon esprit, je me lève à peine afin de m'approcher du visage d'Estelle. Je pose une main sur son visage, sa joue, tandis que l'autre vient placer la fleur que je tiens depuis déjà une bonne dizaine de minutes au creux de son oreille. Chose faite, je reprends ma position initiale, sans perdre des yeux le nouveau tableau dessiné devant moi. Il n'y a pas à dire, je ne regrette aucun instant de cet été, même s'il remonte désormais à plus de cinq ans maintenant.


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Re: ► #4 — Lueurs du Passé | [RP Normal — feat. Estelle]
Jeu 15 Sep 2016 - 16:44
Région d'origine : Unova
Messages : 197

Estelle Highwind

Estelle Highwind
Ça me semble encore incroyable, irréel. Suis-je vraiment là, assise en face de lui ? Je sais maintenant que oui. Je n’aurais pas pu sentir sa main autrement et, maintenant, je regrette un peu. J’aurais presque préféré qu’il ne revienne pas, qu’on ne se croise pas, qu’il ne m’aide pas. C’est un sentiment d’impuissance, celui qui vient toujours avec le souvenir des vieux amours. Sauf qu’il est trop tard et que je ne peux fuir, d’autant plus qu’une part de mon être ne le veut pas, du tout. Déjà que la rationalité n’est pas mon fort, il y a des moments où je sombre plus que d’autres, où mon cœur aveugle est seul dictateur de mes pensées. Je ne suis encore qu’une enfant incapable de se contrôler face aux aléas de son cœur, probablement. Bien que je le soupçonne d’être aussi troublé que moi, Allen est plus doué pour garder son calme, pour nourrir une conversation banale. Il est plus contrôlé, plus habile. En même temps essayer de convaincre une étoile de maîtriser la force de ses éruptions, disons que c’est une entreprise vouée à l’échec. Mais je dois faire un effort, entrer dans ce même moule et faire ce qu’il est attendu de moi. Je n’aurais pas cru que ce serait aussi difficile et, en même temps, je ne comprends pas non plus pourquoi. Le regard toujours évasif, je laisse tomber une réponse approximative. Je ne suis pas du genre à compter les jours après tout, l’exactitude ne fait pas partie de mes qualités.

- Quelques semaines, mon père a été transféré à Nox Illum et toute la petite famille a suivi.

C’est une réponse courte, mais claire. Une réponse qui n’a pas la force de se changer en question, qui ne veut pas vraiment savoir au fond. J’ai le cœur serré et je n’ose pas trop m’avancer. Je pense qu’il l’a senti. C’est sans doute pour cela que j’entends glisser légèrement les pattes de sa chaise et qu’une main vient me relever le visage, se posant contre ma joue avec douceur. Mes iris à la couleur de glycine vont rencontrer les siens, aussi assurés que la marée. Une fois de plus, une certaine sincérité arrive à se glisser au-delà des conventions. Nos mots, depuis que nous avons mutuellement croisé le chemin de l’autre, ne sont que façades vides de sens. Nos gestes, eux, ont le mérite d’exprimer avec plus d’aisance toute la complexité de nos émotions actuelles. Poursuivant sur sa lancée, il effleure mes cheveux sans que cela ne soit toutefois le but définitif de son entreprise. Ce qu’il fait est à la fois bien plus simple et bien plus entreprenant. Il vient glisser un lilas, parfaitement assorti à mes yeux, juste au-dessus de mon oreille. En ce geste aussi simple, c’est comme si Allen venait de se permettre de s’approprier une partie de moi à nouveau. Tous les autres clients autour, en tout cas, sont probablement convaincus que notre relation n’est pas ce qu’elle est depuis cinq ans. J’ignore si je devrais me froisser ou quelque chose du genre, mais ma réaction naturelle est bien différente. Je ne peux m’empêcher de baisser les yeux en souriant, de laisser mes joues se teinter de rose alors que je ris un peu de ses manières. Le blond est de ces gens qui aiment suivre de petits rituels, faire des gestes symboliques pour marquer le coup et les esprits. Un peu à l’image de Ren, c’est le genre de personne que j’aime bien m’amuser à dégourdir, à leur faire comprendre la valeur d’un peu d’improvisation de temps à autre. Les codes de conduite c’est bien, l’expression spontanée des sentiments c’est mieux.

- J’aurais dû m’y attendre, tu as toujours eu le don de faire ces petits gestes adorables. Même la couleur est la bonne…

En même temps vous me direz un lilas qui n’est pas mauve, ce n’est pas ce qu’il y a de plus courant. Toujours est-il que son regard sur moi est plus profond et que je me risque à y plonger. Certaines choses sont probablement condamnées à ne jamais changer ; la façon dont je m’égare dans ses yeux avec une intensité ridicule fait sans doute partie de celles-là. Nous ne sommes plus que des étrangers, mais à une époque j’étais prête à l’aimer toute une vie. Une partie de moi, la jeune fille que j’étais durant ce fameux été, l’aimera probablement dans toute sa vie à elle. Ce qu’il en reste aujourd’hui ? Impossible à dire, d’autant plus que j’ignore quelle partie de lui existe encore sous cette chevelure dorée. Ce que je sais, par contre, c’est que nous sommes différents, nous l’avons toujours été. Après pareille invitation, je me sens assez en confiance pour simplement me laisser aller à l’honnêteté. Je ne suis pas du genre à faire de belles manières, j’ai beau essayer ça ne me parait pas naturel et j’étouffe. Tant pis s’il me trouve trop directe, j’aurai au moins le mérite d’avoir le cœur tranquille.

- Je n’arriverai pas à tenir comme ça cinq minutes de plus. Te parler comme à un étranger c’est juste… mal. Je n’ai pas envie de savoir depuis combien de temps tu es ici ou rien d’idiot dans le genre. Ça ne me concerne probablement pas de toute façon… Dis-moi plutôt si tu vas bien, si tu es heureux ? Si tu as enfin réussi à t’améliorer aux jeux d’adresse.

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Re: ► #4 — Lueurs du Passé | [RP Normal — feat. Estelle]
Mar 20 Sep 2016 - 18:05
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Messages : 92

Allen Wills

Allen Wills
Mon geste a été bien plus qu'apprécié, aucun mot n'est nécessaire pour me le confirmer, tout est écrit sur le visage d'Estelle. Ce visage illuminé d'un magnifique sourire teinté d'un rose pâle déclenché par tant d'émotions. Il n'y a pas de doute, ce simple cadeau a brisé la glace entre nous. Je ne reste pas de marbre face aux dires de la demoiselle. Outre le fait qu'elle ait envie d'enlever ce voile qui nous sépare, je me rends surtout compte que mes actions, mes mots, tout était calculé, comme si je me trouvais devant un bureau entouré d'actionnaires ou d'investisseurs. Je suis complètement perturbé, peut-être que tous ces événements m'ont profondément atteint au final. De quoi ai-je peur ? De me rapprocher d'elle ? De quoi ai-je honte ? De n'avoir pas gardé contact durant toutes ces années ? Tout ceci n'est que futile spéculation, il y a bien plus important en ce moment. Estelle a raison, je ne peux pas continuer ainsi, je ne peux pas ignorer qui nous sommes, qui nous avons été, sous prétexte qu'aujourd'hui tout est différent.

D'une ferme poigne, j'attrape mon verre pour le terminer cul-sec. Suis-je heureux ? Si ce n'était pas pour l'incident d'aujourd'hui, j'aurai sans doute moins réfléchi à cette question. Depuis mon arrivée à Mhyone, je découvre de nouvelles choses, de nouvelles notions, de nouvelles expériences. J'ai attrapé pour la première fois un Pokémon, j'ai rencontré de nouvelles personnes, j'ai retrouvé une part de mon passé, que de bons souvenirs jusqu'à présent, à part cette petite tache noire posé au milieu du tableau.

▬ "Je pense, oui, que je suis heureux en ce moment. Enfin, si on ne compte pas ce qui s'est passé sur le bateau, bien sûr... Mais bon, passons. Et toi ? Es-tu heureuse en ce moment ? As-tu des nouvelles de Gabriel, Ivan, Megan, Rick et Judy ?"

Ces noms résonnent encore dans mon esprit comme s'il s'agissait d'une incantation capable de me renvoyer dans le passé. Mon moi passé n'était pas quelqu'un d'assuré, ni de confiant dans ses aptitudes sociales. A vrai dire, cette rencontre n'était que le fruit du hasard, non, du destin je dirais. Les rencontrer m'a sauvé de vacances sans vagues et dérisoires, à observer les divers paysages autour de moi sans vraiment les imprimer dans ma mémoire. Je peux remercier Judy de m'avoir poussé à rester avec eux. Grâce à elle, j'ai pu me faire des amis inoubliables, ainsi qu'une idylle des plus magiques. Le coude posé sur la table, je loge ma tête contre ma main, mes yeux rivés sur la protagoniste principale de cette idylle.

▬ "C'était le bon temps... Tu te rappelles de notre excursion à la bibliothèque ?"

L'une de nos activités préférées était de percer les mystères Pokémons autour de la ville de Volucité. Ce jour-là, on cherchait des informations sur des Pokémons pouvant vivre dans les égouts. Malgré notre vaine tentative, nous étions restés toute la journée à la bilbiothèque, jusqu'à ce que les autres nous abandonnent Estelle et moi. Décidés à ne pas repartir bredouille, on continuait notre enquête sans relâche, mais les sables de Munna nous plongèrent dans un profond sommeil. La nuit tombée, nous étions désormais enfermés au sein de la bibliothèque. Une situation cocasse et imprévue, qui conduisit à cette palpitante rencontre avec un autre des mystères de la ville. Impossible de passer outre ce souvenir.

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Re: ► #4 — Lueurs du Passé | [RP Normal — feat. Estelle]
Sam 24 Sep 2016 - 22:05
Région d'origine : Unova
Messages : 197

Estelle Highwind

Estelle Highwind

Que de soulagement, Allen a compris ce que je voulais dire et, maintenant que l'évidence est devant lui, je le sais incapable d'ignorer complètement la façon dont les gens qui l'entourent se sentent. Enfin, je sais qu'il était comme ça et il n'a pas l'air d'avoir changé. Il pense toujours autant à ce qu'il fait, à la façon dont il le fait surtout. Le jeune homme aux cheveux d'or termine donc son breuvage d'une traite, comme pour mettre derrière nous ce prétexte inutile. Nous ne sommes pas ici parce que nous avons soif, nous sommes ici car c'est un endroit neutre où nous pouvons partager de vieux souvenirs sans perdre cet équilibre précaire nous sauvegardant du malaise comme de la nostalgie larmoyante. Un instant de court silence plus tard, petit moment de réflexion, sans doute, pour mettre de l'ordre dans ses idées, l'héritier Wills reprend la parole. Au moins il est heureux, si on oublie cet incident lié à la Team Anima. Je peux comprendre, pour moi aussi cet événement encore récent a été brutal. Néanmoins, lorsqu'il me retourne ma propre question, je suis un peu surprise. Aussi idiot que ce puisse paraître, je ne m'y attendais pas du tout. Pire, je n'en ai aucune idée à bien y réfléchir. Heureusement la question ne vient pas seule, m'offrant l'occasion de me rattraper avec un autre sujet, mais ça ne veut pas dire que je ne vais pas me confier. Je suis comme ça, je parle plus que je le devrais. Mettons ça sur le compte de la sincérité, au moins ça en fait une qualité plutôt qu'un défaut.

- Je vois encore Gabriel régulièrement, en même temps puisque c'est mon frère... J'ai parlé à Megan il y a quelques semaines, en ligne. Elle m'a dit que Judy et Rick ont fini par emménager ensemble, au centre-ville. Ils se sont mis ensemble l'été suivant ton départ du coup il était temps. Je pense qu'Ivan est parti faire la tournée des arènes d'Unova et Megan se prépare à reprendre la crèmerie de ses parents.

Je marque une pause. J'ai répondu à la seconde partie, mais pas à la première. Est-ce que je suis heureuse à Mhyone? En tout cas je ne suis pas triste, à tout le moins je ne pense pas l'être. Suis-je épanouïe? Ça c'est une toute autre question beaucoup plus compliquée. Remarque, pour une personne aussi sociable que moi, c'est difficile de vraiment être à l'aise dans un endroit où je connais si peu de gens. Aller, je l'ai assez fait attendre, je dois réussir à dire quelque chose, même si ce n'est qu'une réponse approximative que j'improvise au fur et à mesure.

- Et honnêtement je ne sais pas trop si je suis heureuse. J'ai suivit ma famille sans trop me poser de questions, mais je dois encore trouver ma place à Mhyone. J'ai réussi à me faire un ou deux amis, dont un fan des insectes quand même charmant, mais sinon c'est pas mal ça. Enfin, je ne suis pas triste ni rien, mais Unova me manque. Je pense me donner encore quelques semaines et prendre une décision ensuite.

Ouais, je pense que ça résume bien mon état d'esprit. Ce n'est pourtant pas le genre de choses sur lesquelles j'ai envie de m'attarder trop longtemps, surtout quand ce profond regard océanique me détaille avec autant d'intensité. Je me demande presque comment j'ai fait pour enligner plus de trois mots sans m'enfarger. C'est un talent que j'ai développé avec le temps je suppose, réussir à croiser de front le regard d'Allen Wills sans rougir comme toutes ces jeunes filles timides et pleines de rêve qui ne peuvent s'empêcher d'imaginer quel genre d'homme il est. Le genre qui repart après un été sans plus jamais donner de nouvelles, voilà le genre. Ouch. Ça, même si c'était juste dans mon esprit, c'était un coup bas. Je déglutis, contente qu'il relance la conversation dans une autre direction, évoquant cette fois notre expédition nocturne à la bibliothèque de Castelia City. Cette nuit-là, impossible de l'oublier ou même de l'évoquer sans qu'un grand sourire prenne empire sur mes traits, chassant mes pensées précédentes pour me plonger dans le confort des souvenirs. Je me cale dans ma chaise, rejetant mon regard vers le haut alors que mes iris se portent sur des tableaux autrefois cachés sous de vieux draps.

- J'ai eu la peur de ma vie. Dire qu'ils ont verrouillé la bibliothèque sans vérifier que nous soyons bien partis! Et puis il y a eu Totoro...

Mon attention se porte sur le jeune homme de nouveau alors que j'attrape mon propre verre, évoquant avec enthousiaste cet extrait de nos aventures inoubliables. Ce que je donnerais pour les vivre une nouvelle fois, sauf qu'il est trop tard pour ça. Beaucoup trop tard.

- Dire que tu as osé fermé la porte! Je ne sais plus trop si j'ai été soulagée que tu ne puisses pas me voir pendant que j'avais l'air idiote ou si je ne me suis pas plutôt outrée parce que tu m'avais abandonné là avec lui. Probablement un peu des deux à dire vrai! Les autres étaient tellement fâchés d'avoir raté ça. Ils ont insisté pour qu'on y retourne durant une bonne semaine, mais Totoro n'est jamais revenu, pas pour eux. Je me demande ce qu'il est devenu.

J'humecte mes lèvres d'un peu de jus de baie ceriz avec un sourire attendrit avant de reposer mon verre. Ça fait quand même du bien en fait. J'appuie mon coude sur la table avant de poser ma joue contre mon poing, mon regard de lilas retournant se loger au creux du sien. Il y a encore beaucoup de choses que nous pouvons aborder. C'est tout un musée mental qui nous attends, que nous avons mis de côté avant de barriquader les portes à double tour car il était trop douloureux de nous séparer. Mais aussi difficile que ce fut, c'était aussi inéluctable. Séparés par un monde entier, rien n'aurait pu nous garder ensemble. Rien.

- Il y a aussi eu la fois de cette vieille maison abandonnée, un peu en retrait de la ville. Tu sais, celle qui avait été infestée d'araignées? J'ai encore peur d'elles à cause de ça, même si depuis j'ai trouvé un ami qui essaie de m'aider à m'y faire.

Un ami qui, par un habile tour du destin, est ironiquement bien plus concerné par cette discussion que tout ce que nous pourrions imaginer dans l'instant. Comme quoi on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve.

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